jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200733 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MARTINS-MESTRE |
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 17 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Martins-Mestre, doit être regardée comme demandant au tribunal : 1°) à titre principal, de condamner solidairement le centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers et son assureur, la société anonyme (SA) CNA Insurance Compagny ou à défaut, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à lui verser la somme de 43 787,35 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, à la suite de sa prise en charge en date du 21 août 2016 ; 2°) à titre subsidiaire, d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale ; 3°) de mettre à la charge solidaire de tout succombant la somme de 4 800 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens. Elle soutient que : - la preuve de la responsabilité fautive de l'hôpital est rapportée par le rapport amiable établi le 30 novembre 2021 ; - les préjudices qu'elle a subis sont certains et directs ; - l'ensemble de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux doit être indemnisé. Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers, représenté par Me Zandotti, conclut : 1°) à titre principal, au rejet de la requête ; 2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente de la désignation d'un expert et du dépôt de son rapport ; 3°) à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient : - à titre principal, que sa responsabilité ne peut être engagée ; - à titre subsidiaire, qu'il ne s'oppose pas à ce qu'une expertise soit diligentée ; qu'il formule toutes protestations et réserves concernant la demande d'expertise et le principe même de sa responsabilité. Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Moreau, conclut : 1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ; 2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit pris acte qu'elle ne s'oppose pas, sous les protestations et réserves d'usage, à l'expertise sollicitée. Il soutient que : - les dommages subis par Mme B ne relèvent pas de son champ d'intervention ; - sa présence aux opérations d'expertise ne serait pas utile. Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, la mutuelle APGIS renonce à intervenir dans la présente instance. Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2022, la société anonyme (SA) CNA Insurance compagny (Europe) conclut : 1°) à sa mise hors de cause ; 2°) à ce que les dépens de l'instance soient supportés par Mme B. Elle soutient qu'elle n'est pas l'assureur du centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers. Un mémoire produit par la caisse primaire d'assurance maladie du Var, enregistré le 12 août 2022, n'a pas été communiqué. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de Me Martins-Mestre, représentant Mme B, - les observations de Me Saint-Oyant, substituant Me Zandotti, pour le centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers et la CNA Insurance compagny. Considérant ce qui suit : 1. Le 21 août 2016, Mme A B, née le 19 septembre 1974, s'est blessée à l'index de la main gauche en utilisant un couteau, à son domicile. Elle a été conduite au service des urgences du centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers (Marie-José Treffot), où a été pratiquée une suture de la plaie, puis a regagné son domicile le même jour. Le 6 septembre 2016, Mme B a pris attache avec le centre de la main de Toulon, qui lui a diagnostiqué une section totale du nerf et a programmé une suture nerveuse en urgence, le 8 septembre suivant. Par un courrier du 15 juillet 2021, Mme B a demandé au centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers de diligenter une expertise médicale amiable, ainsi que de lui verser une provision de 8 000 euros. Le rapport d'expertise a été établi le 30 novembre 2021. Le 17 janvier 2022, l'hôpital a rejeté la demande présentée par Mme B. Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers : 2. En vertu des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements publics d'hospitalisation ne sont en principe responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. 3. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () " 4. Il résulte de l'instruction que seul un rapport amiable et non contradictoire, diligenté par la société d'assurance Lloyd's, à la demande de Mme B, a été établi, le 30 novembre 2021. Selon ce rapport, l'examen clinique de la requérante n'a pas pu être effectué dans de bonnes conditions et il y a eu un retard de prise en charge de sa lésion nerveuse. Néanmoins, selon l'expert, ce retard de 17 jours n'a entraîné aucune perte de chance et aucun retentissement fonctionnel, de sorte qu'aucune faute n'est caractérisée. Il est toutefois simultanément retenu que le retard de prise en charge est responsable d'une majoration du déficit fonctionnel permanent à hauteur de 2%. En outre, alors que Mme B soutient qu'elle souffrait de vives douleurs jusqu'à l'opération du 8 septembre 2016, l'expert, qui ne mentionne que la persistance d'une anesthésie de l'index ainsi que des troubles de mobilisation, n'en a pas identifié les causes. 5. Dans ces conditions, l'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier la responsabilité du centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête de Mme B, d'ordonner une expertise sur ce point, ce à quoi les parties ne s'opposent pas. Sur l'indemnisation au titre de la solidarité nationale : 6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 30 novembre 2021 qu'aucun accident médical ou infection nosocomiale n'ont été décrits ou retenus. Par suite, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est fondé à demander sa mise hors de cause. Sur les conclusions tendant à la condamnation de la SA CNA Insurance Compagny : 7. La société CNA Insurance Compagny soutient, sans être contredite, que si l'en-tête du document d'autorisation de consultation du dossier médical mentionne " CNA Hardy ", elle n'est pas pour autant l'assureur de l'hôpital et renvoie à la première page du rapport d'expertise amiable, qui mentionne " Compagnie mandante : Lloyd's Insurance Compagny ". Par suite, cette société est également fondée à demander sa mise hors de cause. D É C I D E :Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et la SA Insurance Compagny (Europe) sont mis hors de cause.Article 2 : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme B, procédé par un expert, désigné par la présidente du tribunal, à une expertise avec mission de :1) prendre connaissance de l'intégralité du dossier médical de Mme B en se faisant communiquer tous les documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de sa mission ;2) procéder à son examen et décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à la prise en charge du 21 août 2016 ;3) dire si la prise en charge de Mme B, le 21 août 2016 par le centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers a été conforme aux bonnes pratiques, s'agissant notamment de l'absence de réalisation d'une radiographie ou de demande d'avis spécialisé ; dans la négative, dire si cette absence a eu des conséquences sur la suite de la prise en charge et si elle a retardé le diagnostic de section complète du nerf collatéral radial ; 4) dans l'hypothèse où des manquements du centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers seraient relevés, indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec chacun de ces manquements ; déterminer, dans le cas où ces manquements ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre à Mme B une chance de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ; 5) préciser la date de consolidation ; 6) évaluer la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de Mme B, notamment sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par Mme B du fait de ces manquements.Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.Article 5 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier d'Hyères-les-Palmiers.Copie en sera adressée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la SA Insurance Compagny (Europe).Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, Mme Mathilde Montalieu, conseillère,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 02 mai 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLYLa République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2200733
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026