jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200734 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MASSUCO AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mars 2022 et 23 février 2023, Mme D B, représentée par Me Massuco, doit être regardée comme demandant au tribunal : 1°) avant dire droit, d'ordonner une expertise médicale, afin d'évaluer les préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de sa chute sur la voie publique, en date du 26 décembre 2019 ; 2°) de condamner la commune de La Londe-les-Maures à lui verser une provision de 5 000 euros, à valoir sur la réparation intégrale de son préjudice corporel ; 3°) de réserver les frais de l'expertise pour y être statué en fin d'instance ; 4°) de mettre à la charge de la commune de La Londe-les-Maures la somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - le défaut d'entretien de l'ouvrage public est caractérisé et cette anomalie excédait celle à laquelle tout usager normalement attentif pouvait s'attendre ; - il existe un lien de causalité direct et certain entre le défaut d'entretien de l'ouvrage en cause et ses préjudices ; - elle n'a commis aucune faute à l'origine de son dommage ; - il apparaît nécessaire d'ordonner une expertise médicale, dès lors que l'existence de souffrances physiques et psychiques et d'un déficit fonctionnel temporaire est incontestable. Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 mai 2022 et 23 mars 2023, la commune de La Londe-les-Maures, représentée par Me Gaulmin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - la preuve du lien de causalité entre le préjudice et l'ouvrage public n'est pas rapportée ; - le défaut d'entretien normal n'est pas caractérisé ; - la faute de la victime est entièrement exonératoire de responsabilité ; - la mesure d'expertise ne présente pas de caractère utile ; - sa demande de provision ne remplit pas les conditions posées à l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier. Vu le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - et les observations de Me Massuco, représentant Mme B. Considérant ce qui suit : 1. Le 17 novembre 2021, Mme D B, née le 19 mars 1953, a adressé une demande indemnitaire à la commune de La Londe-les-Maures, afin d'obtenir la réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis à la suite d'une chute sur un chemin piétonnier. La commune n'a pas répondu à sa demande. 2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure. 3. Mme B soutient que son pied s'est coincé dans l'une des planches en bois mal fixée d'un chemin piétonnier destiné aux personnes à mobilité réduite, situé sur la plage de l'Argentière. Les attestations versées au dossier, rédigées par Mme C, qui se promenait alors avec Mme B, ainsi que par M. A, partenaire de la requérante, suffisent à établir la matérialité des faits allégués. 4. Toutefois, les photographies produites par Mme B montrent que la surélévation de cette planche en bois demeure légère et suffisamment visible, la chute étant d'ailleurs intervenue à 11h30, sans qu'il soit allégué que les conditions de visibilité étaient alors mauvaises. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que ce chemin de plage présentait un état excédant les difficultés auxquelles un usager normalement prudent et attentif de la voie publique peut s'attendre à rencontrer ou imposant une signalisation particulière. En outre, la seule circonstance que cette planche en bois ait été réparée postérieurement à la chute de Mme B ne permet pas de caractériser, à la date de survenue du dommage, un défaut d'entretien normal de l'ouvrage. Dans ces conditions, la responsabilité de la commune de La Londe-les-Maures n'est pas engagée à l'égard de Mme B. 5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que la requête de Mme B doit être rejetée. 6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de La Londe-les-Maures, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.Article 2 : Les conclusions de la commune de La Londe-les-Maures présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à la commune de La Londe-les-Maures. Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2200734
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026