lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200800 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MUNOZ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 21 mars 2022, la présidente du tribunal administratif de Nice a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Toulon le dossier de la requête de Mme F G.
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Nice et le 23 mars 2022 au greffe du tribunal administratif de Toulon, Mme F G, représentée par Me Munoz, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014.
Elle soutient que :
- elle accepte les rectifications afférentes aux sommes versées directement par la société Charly sur son compte personnel, soit 62 700 euros ;
- bien qu'elle fût la gérante statutaire de l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Léo, elle ne s'occupait pas de la gestion de la société qui était assurée par son père, dirigeant de fait ;
- elle a porté plainte contre son père et le cabinet comptable pour abus de confiance ;
- elle n'a jamais appréhendé les sommes créditées sur son compte courant d'associé au sein de la société Léo ;
- sa situation et ses revenus actuels ne lui permettent pas de faire face aux sommes mises à sa charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G était, d'une part, gérante et associée de l'EURL Léo, liquidée le 25 avril 2016 et, d'autre part, associée au sein de la société à responsabilité limitée (SARL) Charly, radiée du registre du commerce et des sociétés le 22 octobre 2019. Ces deux sociétés ont fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. A l'issue de ces vérifications, les époux D ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces. Par une proposition de rectification en date du 21 décembre 2017, des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux leur ont été notifiées au titre de l'année 2014. Suivant un avis du 31 janvier 2020, ces impositions ont été mises en recouvrement pour un montant total, en droits, intérêts de retard et majorations, de 120 212 euros. Par sa requête, Mme G demande la décharge de ces impositions supplémentaires.
2. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ". Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés sont, sauf preuve contraire, à la disposition de cet associé, alors même que l'inscription résulterait d'une erreur comptable involontaire, et ont donc, même dans une telle hypothèse, le caractère de revenus distribués, imposables entre les mains de cet associé dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en vertu du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Pour que l'associé échappe à cette imposition, il lui incombe de démontrer, le cas échéant, qu'il n'a pas pu avoir la disposition de ces sommes ou que ces sommes ne correspondent pas à la mise à disposition d'un revenu.
3. Il résulte de l'instruction, qu'au cours de l'exercice clos en 2014, des sommes ont été désinvesties de la SARL Charly au profit de M. E C à hauteur 2 000 euros et de Mme G à hauteur de 59 700 euros. Dans sa requête, cette dernière accepte les rectifications opérées suite à la vérification de comptabilité de la société précitée pour un montant de 62 700 euros, ramené à 47 579 euros après déduction de ses rémunérations déjà déclarées. En outre, des sommes en provenance de la SARL Charly ont également été portées au crédit du compte courant d'associé de Mme G dans les écritures de l'EURL Léo à hauteur de 81 149 euros. La requérante conteste expressément les rectifications en résultant.
4. En premier lieu, l'intéressée soutient qu'elle n'a pas appréhendé les sommes portées au crédit de son compte courant d'associé au sein de la société Léo. Elle fait valoir que son père, M. B D, était le dirigeant de fait de la société Léo et expose avoir porté plainte contre ce dernier et le cabinet d'expertise comptable pour abus de confiance. Toutefois, par les pièces produites à l'appui de la requête, à savoir essentiellement, d'une part, une attestation du cabinet d'expertise comptable indiquant que les questions administratives relatives à l'EURL Léo étaient traitées avec M. B D et, d'autre part, la décision du 14 janvier 2022 rejetant la réclamation contentieuse des contribuables après examen des pièces produites à l'appui de ce recours, la requérante n'établit pas que son père exerçait la responsabilité effective de l'ensemble de la gestion administrative, commerciale et financière de société et disposait, sans contrôle, des fonds de la société, de sorte qu'il devait être qualifié de maître de l'affaire. En toute hypothèse, et surtout, Mme G ne démontre pas avoir été dans l'impossibilité, en droit ou en fait, de procéder au prélèvement des sommes portées au crédit de son compte courant d'associé ou que ces sommes ne correspondaient pas à la mise à disposition d'un revenu mais constitueraient la transcription comptable d'une opération impliquant une contrepartie pour la société. Par suite, en l'absence d'une telle démonstration par l'intéressée, c'est à bon droit que ces dernières ont été imposées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers en application du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts.
5. En second lieu, la circonstance alléguée que la requérante ne pourrait pas faire face aux sommes mises à sa charge est sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige. Par suite, un tel moyen doit être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme G n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014. Par suite, sa requête ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F G et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. A et M. Martin, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026