jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200928 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | LUCIANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022 et un mémoire, enregistré le 27 septembre 2023, la société anonyme (SA) Chromalu, représentée par Me Luciani, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2015, 2016, et 2017 ;
2°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 août 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les frais administratifs et financiers lui ayant été refacturés par la société Holding Livon sont parfaitement justifiés à hauteur respectivement de 58 581 euros au titre de l'exercice clos en 2015, 85 415 euros au titre de celui clos en 2016 et 69 743 euros au titre de celui clos en 2017 ;
- les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés mises à la charge de la société Holding Livon ont fait l'objet d'un dégrèvement ;
- le service ne saurait fonder des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en se référant à un acte anormal de gestion ; dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il s'agit soit de factures fictives, soit de factures de complaisance, les rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée sont infondées ;
- le bail conclu pour un local situé à la Seyne-sur-Mer n'étant pas fictif, il n'existe aucun fondement justifiant le rejet d'une partie de la charge que représente le loyer de ce local et de la taxe sur la valeur ajoutée déductible grevant cette dépense ;
- le service ne pouvait pas, dans le même temps, refuser la déduction d'une quote-part de la charge de loyer et inscrire une recette supplémentaire d'un même montant au titre du produit de la sous-location ; l'administration a ainsi procédé à une double imposition ;
- l'application d'une pénalité de 40 % pour manquement délibéré est injustifiée et excessive ;
- elle n'est pas en mesure, en tant que " petite entreprise locale ", d'assumer une telle majoration.
Par un mémoire en défense, enregistré 19 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge à hauteur du dégrèvement de 59 040 euros accordé en cours d'instance ;
- pour le surplus, les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme (SA) Chromalu a fait l'objet de deux vérifications de comptabilité, l'une en matière de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 août 2018 et l'autre portant sur l'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos le 30 septembre 2015, le 30 septembre 2016 et le 30 décembre 2017. A la suite de ces contrôles, par deux propositions de rectification en date du 12 décembre 2018, des rappels de taxe sur la valeur et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés lui ont été notifiés selon la procédure contradictoire. Après que la réclamation contentieuse de la société ait été partiellement admise, ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement pour un montant total, en droits et pénalités, de 163 179 euros. La SA Chromalu demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
Sur le quantum du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, par un avis de dégrèvement en date du 19 octobre 2022, postérieur à l'introduction de la présente requête, l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement portant sur une partie des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour un montant total, en droits et pénalités, de 59 040 euros. Les conclusions aux fins de décharge de la requérante sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Par suite, il n'y pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
4. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que la société requérante n'a pas répondu aux propositions de rectification du 12 décembre 2018 qui lui ont été régulièrement notifiées. Dans ces conditions, la charge du caractère exagéré des impositions en litige lui incombe.
En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés :
S'agissant des charges relatives à la convention de prestations de services conclue avec la société Holfing Livon :
5. D'une part, aux termes de l'article 38 du code général des impôts applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation () ". Il résulte de ces dispositions que le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés provient de toutes les opérations faites par l'entreprise, quelle que soit leur nature, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion commerciale normale. Constitue ainsi un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt.
6. D'autre part, aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions du 1 de l'article 39 du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du même code que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.
7. Il résulte de l'instruction que la société Chromalu a conclu le 1er octobre 2012 avec sa société mère, la société Holding Livon, une convention d'assistance, de services et d'animation commerciale. En vertu de cette convention, la Holding Livon s'engage à réaliser au profit de la société Chromalu des prestations de services en matière administrative et financière, juridique et fiscale, technique et commerciale ou encore en matière de gestion des ressources humaines. Pour chacun des exercices vérifiés, la société requérante s'est acquittée d'une charge de 72 000 euros au titre de ces frais. Le vérificateur a estimé qu'à défaut d'une feuille de calcul justifiant le montant des frais refacturés à la société Chromalu, le montant susceptible d'être admis en déduction devait être calculé de la manière suivante : le montant des salaires et traitements du personnel administratif de la Holding Livon divisé en fonction d'une clé de répartition fixée selon la part du chiffre d'affaires de la société Chromalu dans les différentes sociétés du groupe bénéficiant des services supports de la société mère. Ce mode de calcul a conduit le vérificateur à procéder à un rehaussement en charge de 55 097 euros sur chacun des trois exercices objets de la vérification de comptabilité.
8. La société requérante fait valoir que le montant des prestations de services réalisées par la Holding Livon au profit de ses filiales s'élevait respectivement à 120 441 euros au titre de l'exercice clos en 2015, 147 504 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et 101 164 euros au titre de l'exercice clos en 2017, et qu'après application de la clé de répartition retenue par l'administration, le montant des charges refacturées par la société mère qu'elle était fondée à déduire de son résultat imposable s'élevait ainsi à 69 743 euros en 2015, 85 415 euros en 2016 et 58 581 euros en 2017.
9. En premier lieu, la société Chromalu ne peut utilement faire valoir que ces éléments ont été validés par l'administration dans le cadre du contrôle sur pièces dont a fait l'objet la société Holding Livon dès lors que les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés notifiées à cette dernière et ultérieurement dégrevées avaient résulté de la constatation de discordances entre les salaires déclarés sur les déclarations annuelles des données sociales et les déclarations de résultats et étaient ainsi sans lien avec le présent litige.
10. En second lieu, la société Chromalu sur laquelle pèse la charge de la preuve ainsi qu'il a été précédemment exposé, ne saurait être considérée comme justifiant ses allégations par les diverses pièces produites, y compris à l'appui de son mémoire complémentaire enregistré le 27 septembre 2023, lesquelles ne sont assorties d'aucune précision ni commentaire utile et ne permettent pas à elles seules de corroborer les montants qu'elle présente comme étant justifiés. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
S'agissant des rectifications relatives aux charges de loyers :
11. Il résulte de l'instruction que la société Chromalu a pris à bail un ensemble immobilier situé à la Seyne-sur-Mer dans lequel est hébergée la société Holding Livon. L'entier loyer d'un montant mensuel de 6 666 euros est acquitté par la requérante sans refacturation partielle à la société mère. Le vérificateur a réintégré dans le résultat imposable de la société Chromalu une quote-part de 1 000 euros par mois au titre de l'occupation par la société Holding Livon d'un espace de bureau de 82 m² situé au sein du local loué par la requérante.
12. En premier lieu, si la société fait valoir que l'administration a procédé à une double imposition en refusant la déduction d'une quote-part de la charge de loyer et en inscrivant une recette supplémentaire d'un même montant au titre du produit de la sous-location, il résulte de l'instruction que par sa décision d'admission partielle du 10 février 2022, l'administration a déjà fait droit à l'argumentation de la requérante en abandonnant les rectifications relatives, d'une part, à l'intégration d'un produit de sous-location dans le résultat imposable de la société et, d'autre part, à la taxe sur la valeur ajoutée collectée rappelée à ce titre. En conséquence, l'administration a déjà accordé un dégrèvement de 17 624 euros en droits et majorations au titre de l'impôt sur les sociétés et de 12 859 euros en droits et majorations au titre de la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, un tel moyen est inopérant sur les impositions demeurant en litige.
13. En second lieu, pour contester le motif de rectification, exposé au point 11, l'intéressée fait valoir que dès lors que le bail conclu pour la location de ce local n'est pas fictif, il n'existe aucun fondement pour procéder à un rehaussement représentant une partie du loyer acquitté. Toutefois, dès lors qu'il est constant que la société Holding Livon dispose de son siège au sein de cet ensemble immobilier, qu'elle y réalise son activité et qu'y travaillent ses salariés, le loyer acquitté par la requérante n'apparaît pas justifié au sens des dispositions précitées de l'article 39 du code général des impôts pour son entier montant. Enfin, si la société Chromalu soutient qu'il lui arrive également d'utiliser l'espace de bureau au soutien de ses propres activités, cette circonstance, au demeurant non établie, n'est pas de nature à priver de fondement le rehaussement en litige. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a pu procéder à un rehaussement du résultat imposable de la SA Chromalu d'un montant de 12 000 euros au titre de chacun des exercices vérifiés.
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :
14. D'une part, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () / II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ". Il résulte de ces dispositions que la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les biens et services que les assujettis à cette taxe acquièrent n'est pas déductible si ces biens et services ne sont pas utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables.
15. D'autre part, aux termes de l'article 205 de l'annexe II au code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Selon l'article 206 de la même annexe : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. / II. - Le coefficient d'assujettissement d'un bien ou d'un service est égal à sa proportion d'utilisation pour la réalisation d'opérations imposables. Les opérations imposables s'entendent des opérations situées dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée en vertu des articles 256 et suivants du code général des impôts, qu'elles soient imposées ou légalement exonérées. / III. - 1. Le coefficient de taxation d'un bien ou d'un service est égal à l'unité lorsque les opérations imposables auxquelles il est utilisé ouvrent droit à déduction. / 2. Le coefficient de taxation d'un bien ou d'un service est nul lorsque les opérations auxquelles il est utilisé n'ouvrent pas droit à déduction () ".
16. Il résulte de la proposition de rectification du 12 décembre 2018 que la société Chromalu a déduit la taxe sur la valeur ajoutée grevant les loyers du local pris à bail à la Seyne-sur-Mer. Ainsi qu'il a été dit aux points 11 et 13 du présent jugement, cet ensemble immobilier était également occupé en partie par la société Holding Livon et n'était donc que partiellement utilisé pour les besoins de ses opérations imposables, de sorte que l'intéressée n'était pas fondée à déduire de son résultat imposable l'entier loyer acquitté. Par suite, et l'administration ne s'étant pas fondée sur la théorie de l'acte anormal de gestion pour procéder à la rectification en litige, contrairement à ce que soutient la SA Chromalu, la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé la quote-part des loyers en litige n'ouvrait pas droit à déduction.
En ce qui concerne les pénalités :
17. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ". Selon l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, () la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration ". Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
18. Pour justifier l'application d'une pénalité pour manquement délibéré, l'administration a notamment relevé, d'une part, que l'absence de feuille de calcul détaillé des frais administratifs démontrait l'intention de ne pas justifier les frais facturés par la société Holding Livon et, d'autre part, qu'en payant l'entier loyer du local situé à la Seyne-sur-Mer alors qu'une partie de ce loyer aurait dû être pris en charge par la société Holding Livon, la requérante a nécessairement manifesté sa volonté de majorer les charges et la taxe sur la valeur ajoutée déductible. L'administration apporte ainsi la preuve du caractère inexact des déclarations et du caractère intentionnel des manquements commis par la SA Chromalu. En se bornant à alléguer que les charges refacturées par la société Holding Livon étaient justifiées et que l'application d'une pénalité de 40 % pour manquement délibéré n'était pas fondée, la requérante n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les éléments relevés par l'administration. Enfin, la requérante ne peut utilement contester l'application de la pénalité en faisant valoir qu'elle ne serait pas en mesure d'assumer financièrement une telle charge fiscale.
19. Par suite, la société Chromalu n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante pour l'essentiel, la somme demandée à ce titre par la requérante.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de décharge présentées par la SA Chromalu à hauteur du dégrèvement de 59 040 euros accordé par l'administration le 19 octobre 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SA Chromalu est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Chromalu et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEULa greffière
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026