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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200981

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200981

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200981
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre - Juge Unique
Avocat requérantPOLITANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 8 avril 2022, sous le numéro 2200981, M. D A B, représenté par Me Politano, demande au Tribunal :

A titre principal :

1°) D'annuler la décision du 18 novembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var lui a notifié des indus de prestations sociales de revenu de solidarité active (RSA) pour un montant de 13 369,82 euros, d'aide au logement social (ALS) pour un montant de 4595 euros, de prime de fin d'année au titre des années 2019 et 2020 pour un montant de 304,95 euros et d'aide exceptionnelle de solidarité pour un montant de 300 euros ;

2°) D'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle la commission de recours amiable (CRA) a rejeté sa contestation relative à un indu de RSA, référencée, INK 001, d'un montant de 13 369,82 euros pour la période courant du 1er août 2019 au 31 octobre 2021 ;

3°) D'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle la CRA primes diverses a rejeté sa contestation relative à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020, référencé ING 001, d'un montant de 304,90 euros.

4°) D'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle la CRA APL a rejeté sa contestation relative à un indu d'aide au logement Social (ALS), référencé IN4 002 d'un montant de 4595 euros, pour la période courant du 1er août 2019 au 31 mai 2021 ;

5°) D'annuler la décision du 4 février 2022 par laquelle la CRA d'aide exceptionnelle de solidarité a rejeté sa contestation relative à un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, référencé INQ 001, d'un montant de 300 euros pour la période courant du 1er mai 2020 au 30 novembre 2020.

A titre subsidiaire :

6°) D'enjoindre à la CAF du Var de ramener l'indu pour l'ensemble des prestations sociales au montant de 11 939,51 euros ;

7°) En tout état de cause de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- Les décisions en litige sont insuffisamment motivées en fait, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- Les indus sont infondés car s'il n'a pas respecté les 122 jours maximum en dehors du territoire national en 2019, 2020 et 2021, c'est indépendamment de sa volonté et uniquement en raison des circonstances exceptionnelles liées au covid-19 ; la force majeure s'oppose donc à ces décisions, qui sont de ce fait entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

- En outre, le calcul des prestations qu'il a perçues au cours de la période tel qu'effectué par la CAF du Var est erroné ; il y a lieu ainsi de ramener l'indu réclamé pour cette période à la somme de 11 939,51 euros, en lieu et place de la somme de 18 573,77 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2022, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la procédure de recouvrement est régulière ;

- la décision en litige est motivée en droit et en fait ;

- le requérant reconnait s'être absenté du territoire national ;

- l'indu d'ALS d'un montant de 4595 euros, pour la période du 1er août 2019 au 31 mai 2021, est fondé dès lors que le requérant s'est absenté 148 jours en 2019, 184 jours en 2020 et 133 jours en 2021 ;

- l'argument tiré de la force majeure est inopérant dès lors que les dates d'absence du territoire français ne correspondent pas aux dates de fermetures de la frontière entre la France et la Tunisie ; le requérant n'apporte aucun document contradictoire justifiant des problèmes de santé qui l'auraient empêché de rentrer en France et contraint de rester en Tunisie.

II. Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, sous le numéro 2201111, M. D A B, représenté par Me Politano, demande au Tribunal :

A titre principal :

1°) D'annuler la décision du 18 novembre 2021 en tant que la CAF du Var lui a notifié un indu d'ALS, d'un montant de 4595 euros, ensemble la décision du 4 février 2022 de la CRA APL rejetant son recours gracieux.

A titre subsidiaire :

2°) d'enjoindre à la CAF du Var de ramener le montant de l'indu d'ALS à la somme de 4057 euros ;

En tout état de cause

3°) de mettre de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser directement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- S'il a effectivement résidé hors du territoire national plus de 122 jours en 2019, 2020 et 2021, c'est uniquement en raison d'un cas de force majeure, et notamment en raison de la crise sanitaire liée au covid-19 ; il s'est retrouvé bloqué à de nombreuses reprises en raison de la fermeture des aéroports et en raison des confinements stricts en Tunisie ;

- le calcul de l'indu en litige est erroné dans la mesure où il n'a perçu que la somme de 4057 euros durant la période considérée et non la somme de 4595 euros, qui lui est réclamée par la CAF du Var.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la CAF du Var conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la procédure de recouvrement diligentée le 18 novembre 2021 est régulière ;

- la décision en litige est motivée en droit et en fait ;

- l'indu d'aide au logement est fondé dès lors que M. A B, qui est connu sans activité depuis le 29 juillet 2017, a été salarié du régime général du 1er juillet 2019 au 31 juillet 2019 et du 12 mai 2020 au 12 juin 2020 ; en outre, le requérant reconnait s'être absenté du territoire national du 6 août 2019 au 6 février 2020 et du 6 août 2020 au 14 mai 2021, soit 148 jours en 2019, 184 jours en 2020 et 133 jours en 2021.

Par un courrier du 2 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision initiale du 18 novembre 2021 en tant qu'elle notifie un indu d'aide au logement, référencé IN4 002, contre laquelle M. A B a formé un recours préalable le 9 décembre 2021, dès lors que la décision expresse du 4 février 2022 qui est intervenue suite au recours préalable obligatoire devant la commission de recours, prévu par l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation, s'est nécessairement substituée à la décision du 18 novembre 2021.

Par une décision du 6 septembre 2022 M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans la procédure n° 2201111.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2023, la présidente du Tribunal administratif de Toulon a désigné M. Bailleux, pour statuer sur les litiges prévus à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné, juge statuant seul, a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné,

- les observations de Mme C, représentant la CAF du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 18 novembre 2021, la CAF du Var a notifié à M. A B un indu de RSA, un indu d'aide au logement, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année et un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, pour des montants respectifs de 13 369,82 euros pour la période courant du 1er août 2019 au 31 octobre 2021, de 4595 euros pour la période courant du 1er août 2019 au 31 mai 2021, de 304,95 euros au titre des années 2019 et 2020 et de 300 euros pour la période courant du 1er mai 2020 au 30 novembre 2020. L'intéressé a formé un recours administratif préalable obligatoire contre l'indu de RSA, un recours administratif préalable obligatoire contre la décision fixant l'indu d'aide au logement et un recours gracieux contre les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité. Par quatre décisions, la CAF du Var a confirmé chacun des indus en litige. Par un courrier du 13 avril 2022, le greffe du Tribunal a informé Me Politano que la requête n°2200981 concernait des décisions distinctes ne présentant pas un lien suffisant entre elles et de la nécessité de déposer des requêtes distinctes à l'encontre de chacune de ces décisions. Suite à ce courrier du greffe, le requérant a introduit la requêtes n° 2201111 relative à l'indu d'aide au logement sociale d'un montant de 4595 euros, la requête n° 2201135 relative à l'indu de RSA d'un montant de 13 369,82 euros, la requête n° 2201136 relative à l'indu de solidarité d'un montant de 300 euros et enfin la requête n° 2201137 relative à l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 et 2020 d'un montant de 304,90 euros. En outre, le Tribunal administratif de Toulon a déjà rendu une décision en date du 20 juin 2023 sur les requêtes n° 2201135, 2201136 et 2201137 pour se prononcer sur les indus de RSA, l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année et l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité contestés initialement par M. A B.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision initiale du 18 novembre 2021 en ce qu'elle fixe un indu d'aide au logement

2. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation, " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 825-3 du même code, " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : 1° Les contestations des décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement ou des primes de déménagement ; 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Enfin, l'article R. 825-2 de ce code dispose que : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. Ses décisions sont motivées ".

3. Le recours administratif préalable effectué le 9 décembre 2021 par M. A B contre la décision de la CAF du Var en date du 18 novembre 2021, ayant un caractère obligatoire, la décision expresse de rejet prise par la CAF du Var le 4 février 2022, à la suite de ce recours préalable obligatoire, s'est substituée à la décision initiale du 18 novembre 2021. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 18 novembre 2021 doivent être rejetées comme irrecevables, ainsi que les parties en ont été informées par un courrier du 2 novembre 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la commission de recours du 4 février 202S'agissant de la régularité de la décision :

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu ALS, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

5. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".

6. Il résulte de l'instruction que la décision de la CAF du Var qui rejette le recours préalable obligatoire, formé par M. A B, après avis de la CRA du 4 février 2022, fait d'abord référence au rapport d'enquête du contrôleur assermenté de la CAF du Var, et mentionne ensuite que M. A B a résidé hors du territoire français 148 jours en 2019, 184 jours en 2020 et 133 jours en 2021, alors que la durée maximum d'un séjour hors de France pour prétendre au maintien RSA et de l'aide au logement, est de 122 jours. Cette décision comporte ainsi, et contrairement à ce que soutient le requérant, les motifs de fait ayant conduit la CAF du Var à confirmer l'indu d'aide au logement en litige. Le moyen tiré du défaut de motivation en fait est infondé et doit être écarté.

S'agissant du bien- fondé de l'indu d'aide au logement :

7. Aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation, "I. Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : 1° Les personnes de nationalité française ; 2° Les personnes de nationalité étrangère remplissant les conditions prévues par les deux premiers alinéas de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. II. Parmi les personnes mentionnées au I, peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement celles remplissant les conditions prévues par le présent livre pour son attribution qui sont locataires, résidents en logement-foyer ou qui accèdent à la propriété d'un local à usage exclusif d'habitation et constituant leur résidence principale. Les sous-locataires, sous les mêmes conditions, peuvent également en bénéficier ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 822-23 du même code, " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ".En outre, l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " () Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d'un titre exigé d'eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France () ". Enfin, l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dispose que : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. Des praticiens-conseils et auditeurs comptables peuvent, à ce titre, être assermentés et agréés dans des conditions définies par le même arrêté. Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire () ".

8. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'aide au logement, une personne doit occuper le logement pour lequel cette aide est destinée qui doit par ailleurs constituer sa résidence principale, pendant une durée au moins de huit mois au cours d'une année.

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi le 9 septembre 2021, que l'indu d'aide au logement en litige a pour origine l'absence de M. A B du territoire national pendant une période de 148 jours en 2019, 184 jours en 2020 et 133 jours en 2021, sans que l'intéressé ait informé les services de la caisse d'allocations familiales du Var des dates et motifs de ses séjours à l'étranger.

10. Il résulte notamment du rapport d'enquête du 9 septembre 2021, qui, conformément aux dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, fait foi jusqu'à preuve du contraire, que M. A B a reconnu s'être absenté du territoire national du 6 août 2019 au 6 février 2020, puis du 6 août 2020 au 14 mai 2021. M. A B justifie son absence du territoire national par une impossibilité matérielle de retour sur le territoire français suite aux différents confinements et invoque un cas de force majeure et des problèmes de santé. Toutefois, la mise en place par l'Etat des confinements, en raison de la crise sanitaire liée à la Covid -19, a couvert la période du 17 mars 2020 au 11 mai 2020, puis celle du 30 octobre 2020 au 15 décembre 2020 et enfin celle du 3 avril 2021 au 3 mai 2021. La CAF du Var fait également valoir, sans être contestée sur ce point, que la période de fermeture des frontières entre la France et la Tunisie, entre le 18 mars 2020 et le 27 juin 2020, n'a pu l'empêcher de rentrer en France puisqu'il était déjà en France au cours de cette période. Dans ces conditions, M. A B ne peut utilement invoquer l'impossibilité matérielle de retour sur le territoire national pour la période courant du 6 août 2019 au 6 octobre 2020, période non couverte par le confinement. Il ne peut pas davantage l'invoquer pour les autres périodes dont il fait état faute de produire des pièces de nature à établir qu'il aurait été empêché de rentrer en France par les décisions de confinement, l'absence de transports ou tout autre élément. Enfin, il n'établit pas qu'il aurait été empêché de rentrer en France pour les raisons de santé qu'il invoque.

11. Ainsi, M. A B n'a pas occupé son logement plus de huit mois en 2019, 2020 et en 2021. Il ne peut ainsi prétendre, comme le fait valoir la CAF du Var dans ses écritures à l'allocation d'aide au logement pour la période du 1er août 2019 au 31 mai 2021. Il résulte donc de l'instruction que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 février 2022 de la CAF du Var en ce qu'elle lui réclame une somme de 4595 euros au titre de l'indu d'ALS.

12. Il résulte donc de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 février 2022 fixant un indu d'ALS doivent être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions subsidiaires à fin d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales du Var de ramener le montant de l'indu à la somme de 4057 euros

13. Le requérant soutient que la CAF du Var a fait un calcul erroné car les sommes qu'il a perçues au titre de l'allocation logement pour la période du 6 août 2019 au 6 février 2020, puis du 6 août 2020 au 14 mai 2021 s'élèvent à la somme de 4057 euros alors que la CAF du Var lui réclame la somme de 4595 euros.

14. D'une part le requérant n'explique pas en vertu de quelles dispositions il aurait pu percevoir l'allocation de logement pour les périodes comprises entre ses séjours en Tunisie, ces périodes étant inférieures à huit mois. En outre, la période de huit mois au moins par an doit se comprendre pour une année civile. Ainsi, en raison de ses absences du territoire français, il résulte de l'instruction que M. A B n'avait pas droit à l'ALS pour la période du 1er août 2019 au 31 mai 2021, ainsi que le fait valoir la CAF du Var dans ses écritures. En tout état de cause, le requérant n'établit pas qu'il n'aurait perçu que la somme de 4057 euros et non la somme de 4595 euros pour les périodes considérées. Ainsi, ses conclusions à fin d'enjoindre à la CAF du Var de ramener le montant à la somme de 4057 euros ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, supporte la charge des frais exposés par M. A B et non compris dans les dépens.

DECIDE

Article 1er : La requête n° 2200981 est rejetée.

Article 2: La requête n° 2201111 est rejetée.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. D A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie pour information en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le Magistrat désigné,

Signé :

F. BAILLEUX

La greffière

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et au préfet du Var, chacun, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

2-2201111

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