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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201020

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201020

jeudi 9 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201020
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantFEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a examiné la requête de M. A C, qui demandait réparation des préjudices subis suite à une chute sur une plaque d'égout non scellée à La Seyne-sur-Mer. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la matérialité des faits n'était pas établie en raison de contradictions entre les attestations produites et le procès-verbal de dépôt de plainte. La responsabilité de la commune et de la Métropole Toulon Provence Méditerranée n'a donc pas été retenue. Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Var ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, M. F A C, représenté par

Me Lauer, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de La Seyne-sur-Mer et tout succombant dont la Métropole Toulon Provence Méditerranée, à lui verser la somme totale de 7 397, 50 euros en réparation des préjudices subis ;

2°) de mettre en cause la caisse primaire d'assurance maladie du Var ;

2°) de mettre à la charge de la commune de La Seyne-sur-Mer la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le 4 avril 2018 aux alentours de 18h, alors qu'il marchait entre le casino Joa et la chambre des métiers à La Seyne-sur-mer, il a posé son pied sur une plaque d'égout qui s'est dérobée et a entrainé sa chute. Il s'est alors retenu en apposant ses mains à chaque extrémité de la bouche d'égout ;

- il a alors été transporté à l'hôpital de La Seyne-sur-mer par les pompiers. Des dermabrasions au niveau des tibias et une douleur au niveau du tibia gauche ont été constatées par certificat médical établi le jour-même. Le lendemain, un autre certificat médical a attesté des dorsalgies et douleurs aux poignets, aux jambes et des plaies au niveau des jambes. Un scanner lui a été prescrit en raison d'une lombosciatique gauche hyperalgique après une chute sur les fesses. Une ITT de 2 jours lui a également été prescrite ;

- ses préjudices ont été causés par l'absence de verrouillage de la plaque couvrant la bouche d'égout ;

- l'ensemble de ses préjudices extrapatrimoniaux et patrimoniaux résultant de sa chute doivent être réparés.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 18 juillet 2022 et le 31 janvier 2024, la caisse primaire d'assurance maladie du Var, représentée par Me Céline Vergeloni, demande :

- à titre principal :

- de condamner la commune de La Seyne-sur-Mer à lui verser la somme de 3.128,80 euros représentant le montant de sa créance définitive ;

- à titre subsidiaire ;

- si la responsabilité de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée ( TPM) était retenue sur l'appel en garantie de la commune de La Seyne-sur-Mer, de condamner TPM à lui verser la somme de 3.128,80 euros représentant le montant de sa créance définitive ;

- assortir la condamnation des intérêts au taux légal à compter du 18 juillet 2022, avec capitalisation annuelle sur le fondement des dispositions de l'article 1343-2 du code civil ;

- de condamner la commune de La Seyne-sur-Mer et subsidiairement, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, à lui payer la somme de 1.191 € au titre de l'indemnité prévue par les dispositions de l'article L. 376-1 alinéas 9 et 10 du code de la sécurité sociale ;

- de mettre à la charge de la commune de La Seyne-sur-Mer et subsidiairement la Métropole Toulon Provence Méditerranée la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, la Métropole Toulon Provence Méditerranée, représentée par Me Phelip, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire appelle en garantie la compagnie des eaux et de l'ozone et demande que la somme de 1.200 euros soit mise à la charge de M. A C sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du CJA.

Elle soutient que :

- sa responsabilité n'est pas manifestement établie en l'absence de certitude quant à la matérialité des faits ;

- le regard litigieux n'est pas un regard d'assainissement ;

- en tout état de cause, le service public de l'assainissement collectif a été délégué à la compagnie des eaux et de l'ozone.

La compagnie des eaux et de l'ozone, à laquelle la requête a été communiquée le 18 juillet 2024, n'a pas produit de mémoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, la commune de La Seyne-sur-mer, représentée par Me Caroline Fel, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire appelle en garantie la métropole Toulon Provence Méditerranée, compétente en matière d'assainissement, à titre infiniment subsidiaire formule les plus expresses réserves quant à sa propre responsabilité et demande que la somme de 2.000 euros soit mise à la charge de M. A C en application des dispositions de l'article L.761-1 du CJA.

Elle soutient que :

- les attestations produites sont contradictoires avec le procès-verbal du dépôt de plainte de M. A C ;

- la matérialité des faits n'est pas établie ;

- la compétence assainissement a été transférée à la métropole Toulon Provence Méditerranée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le rapport du 6 mai 2021 de l'expertise ordonnée par le tribunal ;

- l'ordonnance du 25 mai 2021 par laquelle la présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur D.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Karbal, rapporteur,

- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 4 avril 2018 vers 18h00, M. A C, âgé de 36 ans, alors qu'il marchait entre le Casino JOA et la chambre des métiers sur le territoire de la commune de La Seyne-sur-Mer, a fait une chute sur la voie publique en marchant sur une plaque d'égout non scellée. Après une évaluation de ses préjudices par une expertise ordonnée le 3 septembre 2019 par le juge des référés du tribunal administratif de Toulon, il a présenté vainement à la commune de La Seyne-sur-Mer, à la métropole Toulon-Provence-Métropole (TPM) et à la compagnie des Eaux et de l'Ozone une réclamation préalable le 20 décembre 2021, en invoquant un retournement de la plaque d'égout à l'origine de sa chute.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le régime de responsabilité :

2. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'ils ont subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, les usagers doivent démontrer devant le juge administratif, d'une part, la réalité de leur préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure.

3. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'attestation d'intervention des sapeurs-pompiers du centre d'incendie et de secours de La Seyne-sur-Mer, du procès-verbal de la plainte qui a été déposée par M. A C et des attestations produites par M. E et M. B, que celui-ci a été victime d'une chute après avoir posé son pied sur une plaque d'égout non scellée laquelle s'est dérobée et l'a fait lourdement chuter. Il résulte en outre de l'instruction que les blessures présentées par M. A C, après cette chute, constatées par un certificat médical établi le 4 avril 2018 par un médecin du service des urgences du centre hospitalier intercommunal de Toulon La Seyne-sur-Mer et consistant en des dermabrasions de deux tibias et des douleurs au niveau des jambes, sont parfaitement compatibles avec les affirmations de M. A C quant aux circonstances de sa chute. Dans ces conditions, la matérialité de l'accident et le lien de causalité entre l'ouvrage public du réseau d'assainissement et les préjudices résultant de cet accident sont établis.

En ce qui concerne la personne responsable :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales : " I.- La communauté d'agglomération exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences suivantes : () 9° Assainissement des eaux usées, dans les conditions prévues à l'article L. 2224-8 ; () ". D'autre part, aux termes du premier alinéa du XII de l'article 133 de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République : " Sauf dispositions contraires, pour tout transfert de compétence ou délégation de compétence prévu par le code général des collectivités territoriales, la collectivité territoriale ou l'établissement public est substitué de plein droit à l'Etat, à la collectivité ou à l'établissement public dans l'ensemble de ses droits et obligations, dans toutes ses délibérations et tous ses

actes ".

5. Il résulte des dispositions précitées que, sauf dispositions législatives contraires, le transfert de compétences par une collectivité territoriale à un établissement public de coopération intercommunale, effectué sur le fondement des dispositions du code général des collectivités territoriales, implique la substitution de plein droit de cet établissement à la collectivité dans l'ensemble de ses droits et obligations attachés à cette compétence, y compris lorsque ces obligations trouvent leur origine dans un événement antérieur au transfert.

6. En l'espèce, il est constant que l'accident dont a été victime M. A C est dû à un ouvrage public appartenant au réseau d'assainissement situé sur le territoire de la commune de

La Seyne-sur-Mer.

7. Il résulte des dispositions précitées que la compétence en matière d'assainissement, auparavant exercée par la commune, a été transférée à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ainsi, la plaque d'égout en litige constituait un accessoire de la voirie dont l'entretien incombait, en application des dispositions du code général des collectivités territoriales citées au point 4 et 5, à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Comme rappelé précédemment, le dommage causé à M. A C résulte du descellement de la plaque d'égout qui s'est dérobée et l'a fait lourdement chuter, sans que cette défectuosité n'ait été signalée. Cette défectuosité est imputable au fonctionnement de l'ouvrage public que constitue cette dépendance de la voie. Alors qu'il n'est pas établi que le requérant a commis une faute d'imprudence, M. A C est donc fondé à rechercher la responsabilité de la métropole Toulon-Provence-Méditerranée en tant que gestionnaire de la voie sur lequel se trouve l'ouvrage en litige.

8. Il résulte de ce qui précède que M. A C est fondé à engager la responsabilité de la métropole Toulon Provence Méditerranée pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage en cause.

En ce qui concerne les préjudices temporaires :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

9. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'en raison des dommages causés par l'accident, M. A C a été en situation de déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 10% sur la période du 4 avril au 31 juillet 2018 (soit un total de 119 jours). Sur la base d'un forfait journalier de 14 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 190 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

10. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, évaluées à 1,5 sur 7 dans le rapport d'expertise, en les fixant à la somme de 1 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices permanents :

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

11. Il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel permanent a été évalué à 2 % dans le rapport d'expertise au titre d'une lombalgie mineure, d'une radiculopathie et d'un déficit sensitif n'entraînant pas de gêne très significative. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel permanent en le fixant à la somme de 2 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

12. Le préjudice esthétique permanent supporté par M. A C, résultant d'une cicatrise sur sa jambe gauche, a été évalué à 0,5 sur 7 par l'expert. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de

500 euros.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C doit être indemnisé des préjudices subis à hauteur de 3 690 euros.

Sur les conclusions d'appel en garantie :

14. En premier lieu, la commune de La Seyne-sur-Mer demande à être garantie de ses condamnations par la métropole TPM. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que la responsabilité de la commune de La Seyne-sur-Mer n'est pas engagée. Par voie de conséquence, ses conclusions d'appel en garantie sont sans objet.

15. En second lieu, la métropole TPM demande à être garantie de ses condamnations par la société Compagnie des eaux et de l'ozone.

16. D'une part, en cas de délégation limitée à la seule exploitation de l'ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables à son fonctionnement relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et son dimensionnement, appartient à la personne publique délégante. Ce n'est qu'en cas de concession d'un ouvrage public c'est-à-dire d'une délégation de sa construction et de son fonctionnement, que peut être recherchée par des tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage.

17. D'autre part, il résulte de l'instruction que la Compagnie des eaux et de l'ozone, ayant en sa qualité de fermier reçu délégation de la seule exploitation de l'ouvrage, sa responsabilité ne pouvait être recherchée qu'au titre de cette exploitation, la métropole TPM demeurant responsable des dommages aux tiers imputables à son existence, à sa nature et à son dimensionnement. La circonstance que le fermier, en vertu du contrat d'affermage, était chargé de l'entretien de tous les ouvrages et canalisations nécessaires à l'exécution du service d'eau et d'assainissement qu'il avait le droit exclusif d'assurer est sans incidence. Par suite, la métropole TPM est responsable du dommage subi par M. A C, imputable à l'existence de l'ouvrage, et l'appel en garantie ne peut qu'être rejeté.

Sur les débours de la CPAM du Var :

18. Il résulte de l'instruction, en particulier de la notification définitive des débours et de l'attestation d'imputabilité établie le 23 mars 2021 par son médecin-conseil, que la CPAM du Var a versé au bénéfice de M. A C, son assuré, la somme de 3 128,80 euros au titre de frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques, d'appareillage et des indemnités journalières résultant directement de l'accident. Par suite, la CPAM du Var est fondée à obtenir le remboursement de cette somme.

Sur les intérêts leur capitalisation :

19. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

20. La CPAM du Var a demandé les intérêts au taux légal dans son premier mémoire enregistré le 18 juillet 2022. Dès lors, cette caisse a droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal sur la somme de 3 128,80 euros. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 18 juillet 2023, date à laquelle était due une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

21. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. () ".

22. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024. " Lorsque, par application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale précité, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions.

23. Eu égard au montant de 3 128,80 euros dont le remboursement est obtenu par CPAM du Var dans le présent jugement, elle est en droit d'obtenir le paiement d'une indemnité forfaitaire de gestion de 1 191 euros.

Sur les frais liés au litige :

24. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ". Et aux termes de l'article L. 761-1 du même code : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

25. En premier lieu, il y a lieu de mettre à la charge définitive de la métropole TPM, partie perdante dans cette instance, les frais et honoraires de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Toulon du 25 mai 2021.

26. En second lieu, la métropole TPM étant tenue aux dépens, il y a lieu de mettre à sa charge le versement à M. A C d'une somme qu'il convient de fixer, dans les circonstances de l'espèce, à un montant de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la commune de La Seyne-sur-Mer sur ce même fondement.

D É C I D E :

Article 1er : La métropole Toulon Provence Méditerranée est condamnée à verser la somme de

3 690 euros à M. A C.

Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros sont mis à la charge définitive de la métropole Toulon Provence Méditerranée.

Article 3 : La métropole Toulon Provence Méditerranée TPM versera à M. A C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La métropole Toulon Provence Méditerranée est condamnée à verser à la CPAM du Var une somme de 3 128,80 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du

18 juillet 2022. Les intérêts échus à la date du 18 juillet 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 5 : La métropole Toulon Provence Méditerranée versera à la CPAM du Var la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. F A C, à la commune de

La Seyne-sur-Mer, à la métropole Toulon Provence Méditerranée, à la caisse primaire d'assurance maladie du Var et à la société Compagnie des eaux et de l'ozone.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

M. David Helayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.

Le rapporteur,

Signé

Z. KARBAL

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

A. CAILLEAUX

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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