jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201064 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FEAT SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 avril 2022 et, un mémoire, enregistré le 13 décembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Bbryance, représentée par Me Peltier-Féat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge du rappel de retenue à la source lui ayant été notifié au titre de l'exercice clos en 2017 pour un montant total, en droits et pénalités, de 14 267 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la proposition de rectification du 19 juin 2019 est insuffisamment motivée dès lors que l'administration n'explique pas pourquoi la société Just Kress LLC n'aurait pas disposé d'une installation professionnelle permanente en France alors qu'il est admis que Mme A résidait en France en 2017 ;
- à titre subsidiaire, l'administration a méconnu les dispositions de l'article 182 B du code général des impôts, la société Just Kress LLC disposant d'une installation professionnelle permanente en France ;
- l'instruction du 26 juillet 1977 et la documentation de base 5 B-7124 n° 53 du 1er août 2001 confirment qu'elle disposait d'une installation professionnelle en France ;
- à titre infiniment subsidiaire, en procédant au rappel de retenue à la source en litige, l'administration a méconnu les stipulations de la convention fiscale franco-américaine et la doctrine administrative relative à cette convention fiscale ; elle entend ainsi se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
- la société Just Kress LLC s'assimile, au regard du droit français, à une société de personnes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Bbryance, dont le siège social est situé à Six-Fours-les-Plages, a pour objet la vente sur internet et dans les pharmacies de produits pour blanchir les dents. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er février 2016 au 31 décembre 2017, étendue en matière de taxe sur la valeur ajoutée jusqu'au 30 novembre 2018. A l'issue de ce contrôle, par une proposition de rectification du 19 juin 2019, l'administration lui a notamment notifié un rappel de retenue à la source au titre de l'exercice clos en 2017 pour un montant total, en droits et pénalités, de 14 267 euros. Cette retenue à la source s'est appliquée sur le prix d'une prestation de publicité versée à la société américaine Just Kress LLC. La SAS Bbryance demande la décharge de cette imposition.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article 182 B du code général des impôts dans sa version applicable aux impositions en litige : " I. - Donnent lieu à l'application d'une retenue à la source lorsqu'ils sont payés par un débiteur qui exerce une activité en France à des personnes ou des sociétés, relevant de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, qui n'ont pas dans ce pays d'installation professionnelle permanente : () c. Les sommes payées en rémunération des prestations de toute nature fournies ou utilisées en France () II. - Le taux de la retenue est fixé à 33 1/3 % () ". Il résulte de ces dispositions que sont soumises à retenue à la source les sommes payées par une société qui exerce une activité en France à des personnes ou des sociétés qui n'y disposent pas d'une installation professionnelle permanente en rémunération de prestations qui sont soit matériellement fournies en France, soit, bien que matériellement fournies à l'étranger, effectivement utilisées par le débiteur pour les besoins de son activité en France.
3. D'autre part, aux termes du I de l'article 209 du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable aux exercices d'imposition en litige : " I. Sous réserve des dispositions de la présente section, les bénéfices passibles de l'impôt sur les sociétés sont déterminés () en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, () ainsi que de ceux dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions ()". Aux termes de l'article 4 bis du même code : " Sont également passibles de l'impôt sur le revenu : 2° Les personnes de nationalité française ou étrangère, ayant ou non leur domicile fiscal en France, qui recueillent des bénéfices ou revenus dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions ".
4. Il résulte de l'instruction que la SAS Bbryance a versé en 2017 une somme de 25 300 euros à la société américaine Just Kress en rémunération des interventions de Mme A sur les réseaux sociaux français en faveur des produits distribués par la société requérante. L'administration a estimé que le paiement de cette prestation devait faire l'objet de la retenue à la source prévue à l'article 182 B du code général des impôts.
5. Il résulte en outre de l'instruction que Mme A a créé en 2017 la société Just Kress LLC à Miami (USA) dont elle est l'unique associée. Toutefois, en 2017, Mme A résidait en France. Il ressort de la réponse des autorités américaines à la demande d'assistance administrative internationale adressée par la France qu'en 2017, la société Just Kress LLC ne disposait d'aucun bureau ni d'aucun salarié aux Etats-Unis et que Mme A travaillait pour sa société depuis son lieu de résidence. Il résulte également de l'instruction que le contrat relatif à la prestation de publicité entre la SAS Bbryance et Just Kress LLC a été conclu en France. Enfin, il est constant que la prestation de publicité réalisée par Mme A au profit des produits de la société Bbryance a été effectuée en France. Dans ces conditions, la société Just Kress LLC doit être regardée comme ayant disposé, en 2017, d'une installation professionnelle permanente en France. Par suite, le paiement de la prestation de publicité à la société de Just Kress LLC ne pouvait pas donner lieu à l'application de la retenue à la source prévue par les dispositions précitées de l'article 182 B du code général des impôts.
6. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la SAS Bbryance est fondée à demander la décharge du rappel de retenue à la source lui ayant été notifié au titre de l'exercice clos en 2017.
Sur les frais liés au litige :
7. L'Etat versera à la SAS Bbryance la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La SAS Bbryance est déchargée du rappel de retenue à la source lui ayant été notifié au titre de l'exercice clos en 2017 relatif au paiement d'une prestation de publicité à la société américaine Just Kress LLC.
Article 2 : L'Etat versera à la SAS Bbryance la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Bbryance et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice du contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEULa greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026