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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201215

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201215

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201215
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantGARRY & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 mai 2022, le 17 août et le 26 août 2022, M. B D, représenté par Me Garry, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 mars 2022 par laquelle le président du département du Var a rejeté sa demande préalable indemnitaire ;

2°) condamner le département du Var à l'indemniser des préjudices liés à sa chute sur la voie publique le 21 août 2021 à hauteur de 10 875,70 euros ;

3°) d'ordonner une expertise avant-dire-droit afin de déterminer l'étendue des préjudices causés par sa chute ;

4°) de mettre à la charge du département du Var la somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le défaut de signalisation de la chaussée constitue un défaut d'aménagement et d'entretien normal de l'ouvrage public de nature à engager la responsabilité du département du Var ;

- il appartient à la commune de justifier d'un entretien normal de la voie publique ;

- le lien de causalité entre la chute à vélo et le défaut d'entretien de l'ouvrage public est établi.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le département du Var conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Karbal, rapporteur,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 21 août 2021, alors qu'il circulait à vélo sur la route départementale N7 située sur le territoire de la commune de Brignoles, M. D a percuté, à hauteur du 4 chemin du Luc, un renflement bitumeux qui se trouvait sur le côté droit de la route. M. D demande la condamnation du département du Var à lui verser la somme de 10 875,70 euros en réparation des préjudices subis résultant de sa chute, et d'ordonner une expertise médicale afin de déterminer l'étendue des préjudices causés par sa chute.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, d'établir la réalité de son préjudice et l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre celui-ci et l'ouvrage public. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. Il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation de Mme A C, qui était présente le jour des faits, que M. D a chuté le 21 août 2021 après avoir percuté un renflement bitumeux situé sur le côté droit de la chaussée sur la route départementale N7 à hauteur du 4 chemin des Luc à Brignoles. Il résulte par ailleurs d'un certificat médical que l'intéressé a fait l'objet d'un examen le jour de la chute à l'issue duquel ont été diagnostiquées des douleurs au coude droit, à l'épaule gauche et au genou droit. M. D, usager de l'ouvrage public, justifie dès lors la matérialité de l'accident, dont la localisation n'est au demeurant pas contestée par le département. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la surélévation du renflement bitumeux, même estimée à plus de 5 centimètres de hauteur, était suffisamment importante pour relever d'un défaut d'entretien normal de la chaussée, alors même que cette bosse n'était pas signalée. En outre, M. D circulait en plein jour, sur une route en ligne droite, sèche et dégagée, dans des conditions atmosphériques normales. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que la surélévation du renflement bitumeux en cause excédait, par ses caractéristiques, les inconvénients auxquels doivent s'attendre les usagers d'une voie publique et contre lesquels il leur appartient de se prémunir eux-mêmes en faisant preuve de la prudence nécessaire. Il s'ensuit que M. D n'établit pas le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public dont le département du Var est propriétaire. Par suite, M. D n'est pas fondé à demander la condamnation du département du Var à l'indemniser de ses préjudices.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de diligenter une expertise, que, la requête de M. D doit être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le département du Var, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser à M. D la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner M. D à verser au département du Var la somme qu'il demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du département du Var présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au département du Var.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

Z. KARBAL

Le président,

Signé

Ph. HARANG La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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