jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201317 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | LEXSTONE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mai et 17 juillet 2022, M. A B, représenté par la Selarl Lexstone Avocats, agissant par Maître Josselin Bertelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire, ensemble les décisions de retraits de points visés par cette décision ;
2°) enjoindre à l'Etat de restituer à son permis de conduire le nombre de points correspondant à la nature du stage qu'il a suivi à savoir quatre points, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient qu'Il a suivi un stage de récupération de points non pris en compte.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 juin et 8 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable car tardive et que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Harang, magistrat délégué, a été entendu à l'audience, les parties n'étant, ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. " Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées " Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
2. Si le requérant soutient qu'il n'a pas reçu la décision " 48 SI ", il résulte de l'instruction, notamment de l'accusé de réception produit en défense, qu'un pli contenant la " 48 SI " d'invalidation du permis de conduire de ce dernier lui a été présenté, le 10 mars 2021, au dernier domicile connu de l'administration et figurant sur le certificat d'immatriculation de l'intéressé. Dans ces conditions, la décision " 48 SI " doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée au plus tard à cette date, soit antérieurement au stage réalisé.
3. Il en résulte que le requérant n'était plus titulaire le 10 mars 2021 d'un permis de conduire valide. Dans ces conditions, le préfet du Var était tenu de rejeter la demande du requérant tendant à la reconstitution de points sur son permis de conduire à la suite du stage de sensibilisation qu'il a suivi les 30 juin et 1er juillet 2021. Par suite, le moyen tiré de l'absence de prise en compte d'un stage de récupération suivi avant la notification de la décision " 48SI " doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la présente requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Var
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A.CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,00
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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