LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201324

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201324

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201324
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantPLMC AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de la SAS LTI, qui contestait des rappels de taxe sur les salaires pour 2018-2019. La société soutenait que ses directeurs généraux, dépourvus de pouvoirs dans le secteur financier depuis une modification statutaire, ne devaient pas être soumis à la taxe. Le tribunal a jugé que, malgré cette modification, les fonctions de président et de directeur général confèrent par principe des pouvoirs étendus dans tous les secteurs, y compris financier, et que la société n'a pas démontré que ses dirigeants étaient effectivement dépourvus de tout contrôle et responsabilité en la matière. La solution retenue est fondée sur les articles 231 du code général des impôts et L. 227-6 du code de commerce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, la société par actions simplifiée (SAS) LTI, représentée par le cabinet PLMC avocats agissant par Me Marty, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur les salaires qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 pour un montant total, en droits et intérêts de retard, de 31 883 euros.

Elle soutient qu'en l'espèce, la présomption de transversalité relative aux attributions des dirigeants doit être renversée dans la mesure, où depuis une modification de ses statuts adoptée le 27 juin 2017, seul le président bénéficie des pouvoirs en ce qui concerne le secteur financier, les directeurs généraux étant désormais dépourvus de tous pouvoir dans ce secteur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen invoqué n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de commerce ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) LTI est une société qui a pour objet, d'une part, l'acquisition et la gestion de tous titres de sociétés, et d'autre part, la fourniture de prestations de services aux entreprises. Elle a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel l'administration lui a notifié des rappels de taxe sur les salaires au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2019 pour un montant total, en droits et intérêts de retard, de 31 883 euros. La société demande la décharge de ces impositions supplémentaires.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. D'une part, aux termes de l'article 231 du code général des impôts : " Les sommes payées à titre de rémunération aux salariés sont soumises à une taxe () à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés () lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 227-6 du code de commerce relatif aux sociétés par actions simplifiée : " La société est représentée à l'égard des tiers par un président désigné dans les conditions prévues par les statuts. Le président est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l'objet social () Les statuts peuvent prévoir les conditions dans lesquelles une ou plusieurs personnes autres que le président, portant le titre de directeur général ou de directeur général délégué, peuvent exercer les pouvoirs confiés à ce dernier par le présent article ".

4. Il résulte des travaux parlementaires de l'article 13 de la loi n° 2012-1404 du 17 décembre 2012 de financement de la sécurité sociale pour 2013, dont est issu l'article 231 du code général des impôts, que le législateur a entendu rendre l'assiette de la taxe sur les salaires identique à celle de la contribution sociale généralisée, sous réserve des seules exceptions mentionnées à la première phrase du 1 de cet article 231. En vertu des dispositions combinées de cet article et de l'article L. 131-2 du code de la sécurité sociale, sont inclus dans l'assiette de la taxe sur les salaires les revenus d'activité des personnes mentionnées à l'article L. 311-3 du code de la sécurité sociale. Ce dernier article mentionne notamment, à ses 11°, 12° et 23°, les gérants minoritaires des sociétés à responsabilité limitée, les présidents du conseil d'administration, directeurs généraux et directeurs généraux délégués des sociétés anonymes et les présidents et dirigeants des sociétés par actions simplifiées. Ces dirigeants, sans avoir la qualité de salarié au sens du droit du travail, sont au nombre des personnes dont les rémunérations sont soumises à la taxe sur les salaires en vertu de l'article 231 du code général des impôts.

5. Les fonctions de président et de directeur général d'une société par actions simplifiée confèrent à leurs titulaires, en vertu de l'article L. 227-6 du code de commerce, les pouvoirs les plus étendus dans la direction de la société et une responsabilité générale. S'agissant d'une société holding, ces pouvoirs s'étendent en principe au secteur financier, même si le suivi des activités est sous-traité à des tiers ou confié à des salariés spécialement affectés à ce secteur et si le nombre des opérations relevant de ce secteur est très faible. Toutefois, s'il résulte des éléments produits par l'entreprise que certains de ses dirigeants n'ont pas d'attribution dans le secteur financier, notamment lorsque, compte tenu de l'organisation adoptée, l'un d'entre eux est dépourvu de tout contrôle et responsabilité en la matière, la rémunération de ce dirigeant doit être regardée comme relevant entièrement des secteurs passibles de la taxe sur la valeur ajoutée et, par suite, comme placée hors du champ de la taxe sur les salaires.

6. Il résulte de l'instruction qu'en l'espèce, l'administration a réintégré dans l'assiette soumise à la taxe sur les salaires, d'une part, les rémunérations versées aux trois directeurs généraux de la société, et d'autre part, les rémunérations versées à trois salariés de l'entreprise. La requérante ne développe aucun moyen pour contester la rectification relative à la rémunération des trois salariés. Elle fait, en revanche, valoir que les trois directeurs généraux de la société n'avaient pas d'attribution dans le secteur financier.

7. En premier lieu, aux termes de l'article 17 des statuts de la SAS LTI : " () seul le président bénéficie des pouvoirs en ce qui concerne le secteur financier, les directeurs généraux sont dépourvus de tous pouvoirs en ce qui concerne ce secteur ". Aux termes de l'article 30 de ces statuts : " () Sont nommés en qualité de directeur généraux avec les mêmes pouvoirs que le président () ".

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 227-9 du code de commerce : " Les statuts déterminent les décisions qui doivent être prises collectivement par les associés dans les formes et conditions qu'ils prévoient. / Toutefois, les attributions dévolues aux assemblées générales extraordinaires et ordinaires des sociétés anonymes, en matière d'augmentation, d'amortissement ou de réduction de capital, de fusion, de scission, de dissolution, de transformation en une société d'une autre forme, de nomination de commissaires aux comptes, de comptes annuels et de bénéfices sont, dans les conditions prévues par les statuts, exercées collectivement par les associés () ". A ce titre, l'article 19 des statuts de la SAS LTI prévoit, d'une part, que sont prises à la majorité des deux tiers des associés les décisions relatives à l'augmentation et à la réduction du capital, à la fusion, scission et apport partiel d'actif, à la nomination des dirigeants à la fixation de leur rémunération et, d'autre part, que sont notamment prises à la majorité simple des associés, les décisions relatives à l'approbation des comptes annuels et à l'affectation des résultats.

9. L'incohérence de rédaction entre l'article 17 et l'article 30 des statuts ne permet pas, en l'absence de précisions quant aux fonctions réellement exercées par les trois directeurs généraux et à l'organisation adoptée au sein de l'entreprise, d'établir que les trois directeurs généraux étaient dépourvus de tout contrôle et responsabilité en matière financière. Au surplus, il résulte de l'instruction que deux des trois directeurs généraux sont associés de la société et y détiennent chacun un tiers des parts sociales de sorte qu'au regard des décisions qui relèvent de la collectivité des associés, ces derniers ne peuvent être regardés comme étant dépourvus de tout contrôle et responsabilité en matière financière. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a estimé que les rémunérations des dirigeants et salariés en litige devaient être incluses dans l'assiette soumise à la taxe sur les salaires.

10. Il résulte de ce qui précède que la SAS LTI n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de taxe sur les salaires lui ayant été notifiés au titre au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2019. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS LTI est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée LTI et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA78Plein contentieux

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076

03/08/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870

03/08/2026

TA59Plein contentieux

Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781

03/08/2026

← Retour aux décisions