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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201378

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201378

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201378
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de M. et Mme B qui sollicitaient la restitution de 7 842 euros d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux acquittés lors de la cession d'un bien immobilier à Sainte-Maxime. Les requérants invoquaient le bénéfice de l'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts pour la première cession d'un logement autre que la résidence principale, sous condition de remploi du prix de vente. Le tribunal a jugé que, bien que la demande d'exonération puisse être formulée par voie contentieuse, les époux B ne justifiaient pas avoir respecté les conditions de l'exonération, notamment l'engagement de remploi dans les délais, et a donc rejeté leur requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mai 2022, M. A B et Mme C B demandent au tribunal de prononcer la restitution des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux acquittées, pour un montant total de 7 842 euros, à l'occasion de l'imposition d'une plus-value de cession immobilière.

Ils soutiennent que :

- ils peuvent bénéficier de l'exonération pour la première cession d'un logement autre que leur résidence principale avec l'engagement de réemployer le prix de vente dans l'acquisition et la construction d'une maison à usage de résidence principale ;

- les conditions de cette exonération sont notamment prévues par l'article 41 duovicies-0 H de l'annexe III au code général des impôts ; le tribunal administratif de Lyon a déjà reconnu la possibilité de solliciter cette exonération par voie contentieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte notarié du 21 décembre 2017, les époux B ont acquis un ensemble immobilier sis à Sainte-Maxime pour un montant de 110 000 euros. Par un acte notarié du 23 novembre 2020, les intéressés ont cédé ce bien immobilier pour un prix de 147 000 euros. L'acte de cession a été déposé et publié au service de la publicité foncière et de l'enregistrement le 1er décembre 2020 accompagné d'une déclaration de plus-value immobilière. A cette occasion, des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ont été acquittées pour un montant de 7 842 euros. Les époux B demandent le remboursement de ces impositions.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts dans sa rédaction en vigueur à la date de la cession du bien immobilier ayant appartenu aux époux B : " I- Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques () sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH () II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : () 1° bis Au titre de la première cession d'un logement, y compris ses dépendances immédiates et nécessaires au sens du 3° si leur cession est simultanée à celle dudit logement, autre que la résidence principale, lorsque le cédant n'a pas été propriétaire de sa résidence principale, directement ou par personne interposée, au cours des quatre années précédant la cession. / L'exonération est applicable à la fraction du prix de cession défini à l'article 150 VA que le cédant remploie, dans un délai de vingt-quatre mois à compter de la cession, à l'acquisition ou la construction d'un logement qu'il affecte, dès son achèvement ou son acquisition si elle est postérieure, à son habitation principale. En cas de manquement à l'une de ces conditions, l'exonération est remise en cause au titre de l'année du manquement () ". Aux termes du I de l'article 41 duovicies-0 H de l'annexe III à ce code : " Pour l'application du 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, l'acte constatant la cession à titre onéreux d'un logement au titre de laquelle le bénéfice de l'exonération est demandé mentionne : / 1° L'identité du bénéficiaire de l'exonération ; / 2° Les droits du bénéficiaire sur le prix de cession ; / 3° La fraction du prix de cession correspondant à ses droits, que le bénéficiaire destine au remploi à l'acquisition ou la construction d'un logement affecté à sa résidence principale ; / 4° Le montant de la plus-value exonérée ".

3. Le 1° bis du II de l'article 150 U précité du code général des impôts exonère d'impôt sur le revenu la plus-value réalisée par un particulier à l'occasion de la première cession d'un bien immobilier qui ne constitue pas sa résidence principale, s'il n'est pas propriétaire de sa résidence principale et s'il remploi le prix de cession à l'acquisition ou la construction de sa résidence principale dans un délai de vingt-quatre mois.

4. Les dispositions qui prévoient que le bénéfice d'un avantage fiscal est demandé par voie déclarative n'ont, en principe, pas pour effet d'interdire au contribuable de régulariser sa situation dans le délai de réclamation prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, sauf si la loi a prévu que l'absence de demande dans le délai de déclaration entraîne la déchéance du droit à cet avantage, ou lorsqu'elle offre au contribuable une option entre différentes modalités d'imposition dont la mise en œuvre impose nécessairement qu'elle soit exercée dans un délai déterminé.

5. En premier lieu, contrairement à ce que soutient l'administration, si les dispositions du I de l'article 41 duovicies-0 H de l'annexe III au code général des impôts prévoient que l'acte de cession du bien immobilier précise la nature et le fondement de l'exonération et mentionne l'identité du bénéficiaire de l'exonération, ses droits sur le prix de cession, la fraction du prix de cession destinée au remploi et le montant de la plus-value exonérée, il ne résulte pas des termes de cet article, ni de ceux du 1° bis du II de l'article 150 U de ce code, que la demande tendant au bénéfice de l'exonération de la plus-value doive nécessairement intervenir, à peine de déchéance du droit correspondant, à la date de la cession du bien immobilier en faisant porter dans l'acte notarié l'ensemble de ces mentions. L'objet de cette exonération comme les conditions auxquelles elle est assujettie n'imposent pas davantage qu'elle soit nécessairement exercée à cette date. Ainsi, en l'espèce, les époux B étaient recevables à présenter par voie de réclamation, avant l'expiration du délai prévu à l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, une demande tendant à bénéficier de l'exonération prévue par le 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts.

6. Toutefois, en second lieu, par les seules pièces produites à l'appui de leur requête, dont notamment une attestation issue d'une étude notariale faisant valoir, sans préciser aucun prix, que les époux B ont acquis le 7 juillet 2021 un terrain situé sur la commune du Plan de la Tour, les intéressés ne justifient pas avoir effectivement remployé le prix de la cession du 23 novembre 2020 dans l'acquisition ou la construction de leur résidence principale. Pour ce motif également invoqué en défense par l'administration fiscale, ces derniers ne sont donc pas fondés à demander le remboursement des impositions en litige

7. Il en résulte que leur requête doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/ le Greffier en chef,

La greffière,

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