jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201414 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RUBIN |
Vu la procédure suivante : Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 25 mai 2022 et les 23 et 25 février 2024, Mme B D, M. A D, Mme E D et M. C D, représentés par Me Boulisset, demandent au tribunal : 1°) d'enjoindre à la société anonyme (SA) ENEDIS de procéder à l'enlèvement du poteau électrique situé sur leur propriété, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de soixante-quinze euros par jour de retard ; 2°) de condamner la SA ENEDIS à leur verser la somme de 50 000 euros, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de cette implantation ; 3°) de mettre à la charge de la société ENEDIS la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - la société ENEDIS ne justifie pas de la régularité de l'implantation de la ligne électrique ; - le déplacement de l'ouvrage ne porte pas une atteinte excessive à l'intérêt général ; - aucune mesure de régularisation n'est possible ; - l'ensemble de leurs préjudices, causés par l'implantation de l'ouvrage, doit être réparé. Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, la société anonyme ENEDIS, représentée par Me Rubin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés. Par une ordonnance du 9 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2024. Les requérants ont été invités, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire une pièce en vue de compléter l'instruction, laquelle a été communiquée le 27 août 2024. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'énergie ; - la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ; - le décret du 29 juillet 1927 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de M. D. Une note en délibéré, présentée par la SA ENEDIS, a été enregistrée le 9 septembre 2024. Considérant ce qui suit : 1. Le 15 novembre 1996, M. A D, M. C D et Mme E F, sont devenus propriétaires d'une parcelle de terrain à bâtir, cadastrée section B numéro 584, située sur le territoire de la commune de La Cadière d'Azur. Par un acte du 25 février 2005, M. C D et Mme E F ont effectué une donation des 4/10ème de leur propriété à leur fils A. Par un courrier du 2 février 2022, les requérants ont mis en demeure la société d'ENEDIS de déplacer un poteau électrique lui appartenant, situé sur leur terrain et ont sollicité la réparation de leurs préjudices du fait de cette emprise. Le 31 mars 2022, la société ENEDIS leur a, à nouveau, proposé de prendre en charge, à titre amiable, 50% du montant des frais de déplacement de l'ouvrage, en leur proposant deux solutions techniques différentes (passage en aérien ou en souterrain). Le 21 avril 2022, les requérants ont refusé cette offre, au motif que les frais de déplacement n'étaient pas entièrement pris en charge par ENEDIS. Sur les conclusions à fin d'injonction : 2. Aux termes de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie, dont les dispositions sont désormais reprises par les articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie : " () La déclaration d'utilité publique d'une distribution d'énergie confère, en outre, au concessionnaire () le droit : / 1° D'établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens d'électricité, soit à l'extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments () ; / 2° De faire passer les conducteurs d'électricité au-dessus des propriétés privées () ; / 3° D'établir à demeure () des supports pour conducteurs aériens, sur des terrains privés non bâtis, qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes ; () / L'exécution des travaux prévus aux alinéas 1° à 4° ci-dessus doit être précédée d'une notification directe aux intéressés et d'une enquête spéciale dans chaque commune ; elle ne peut avoir lieu qu'après approbation du projet de détail des tracés par le préfet. / () ". L'article 1er du décret du 6 octobre 1967 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie et de la loi du 16 octobre 1919 relative à l'utilisation de l'énergie hydraulique, applicable au litige, dispose que : " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, () prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article. / Cette convention produit, tant à l'égard des propriétaires et de leurs ayants droit que des tiers, les effets de l'approbation du projet de détail des tracés par le préfet () ". 3. Il résulte de ces dispositions que les servitudes mentionnées par l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, codifié aux articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie, peuvent être instituées par une convention passée entre le concessionnaire d'un service de distribution d'énergie et le propriétaire de la parcelle concernée. 4. Il résulte de l'instruction, et notamment des actes notariés établis les 15 novembre 1996 et 25 février 2005, que les vendeurs et acquéreurs ont déclaré qu'à leur connaissance, il n'existait aucune servitude sur leur bien. Par un courrier du 11 octobre 2011, la société ENEDIS a indiqué à M. A D que si la ligne électrique en cause existait depuis une soixantaine d'années et qu'une convention avait certainement été signée avec les propriétaires précédents, elle n'était pas en mesure de la retrouver. Il n'est donc pas établi, en l'absence de déclaration d'utilité publique ou de convention instituant une servitude, que le poteau électrique situé sur la parcelle des requérants, lequel revêt le caractère d'un ouvrage public, y aurait été régulièrement implanté. L'implantation de celui-ci doit donc être regardée comme constituant une emprise irrégulière. 5. D'une part, la société ENEDIS fait valoir que cette irrégularité est susceptible d'être régularisée, par la signature d'une convention de servitude amiable. Néanmoins, en vertu des dispositions citées au point 2 du présent jugement, seuls les terrains non bâtis et non fermés de murs ou autres clôtures équivalentes peuvent être grevés de servitudes. En toute hypothèse, les requérants ne peuvent être regardés comme étant favorables à une mesure de régularisation, laquelle est de nature à faire obstacle au déplacement de l'ouvrage public en cause. Il s'ensuit qu'aucune mesure de régularisation de l'implantation du poteau électrique n'est possible. 6. D'autre part, la société ENEDIS soutient que le coût du déplacement du poteau électrique serait élevé et que la mise en œuvre des travaux, dont l'issue est incertaine du fait des autorisations administratives nécessaires, entraînerait une interruption de l'alimentation en électricité. Toutefois, il résulte de l'instruction que les deux solutions techniques envisagées ont été chiffrées à 9 200,48 euros et à 11 455,98 euros, sommes qui ne peuvent être regardées comme excessives. La société ne saurait donc sérieusement se prévaloir du report de ce coût sur les autres usagers du service public de l'électricité ou des conséquences de cette dépense sur sa politique d'investissements. En outre, la société n'apporte aucun élément permettant d'établir les conséquences excessives du déplacement de l'ouvrage sur la continuité du service public de l'électricité. Enfin, il n'est pas contesté que la ligne électrique en question alimente uniquement le voisin des requérants. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, au regard de l'atteinte portée au droit de propriété de ceux-ci et des nuisances invoquées, le déplacement sollicité n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général. 7. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la société Enedis de procéder au déplacement du poteau et du câble électriques irrégulièrement implantés sur la parcelle des requérants en dehors de leur propriété, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Sur les conclusions indemnitaires : 8. Les poteau et câble électriques en cause étaient déjà installés sur la parcelle lorsque les requérants en ont fait l'acquisition, le 15 novembre 1996. Les intéressés se sont donc exposés, en connaissance de cause, au risque du maintien de cet ouvrage public. Il s'ensuit que la demande tendant à l'indemnisation des préjudices subis du simple fait de la présence de cet ouvrage sur leur propriété doit être rejetée. Sur les frais du litige : 9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société ENEDIS demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société ENEDIS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : Il est enjoint à la SA ENEDIS de procéder au déplacement du poteau et du câble électriques situés sur la parcelle des requérants hors de leur propriété, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.Article 2 : La société ENEDIS versera aux requérants une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et à la SA ENEDIS. Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2201414
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026