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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201604

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201604

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201604
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de M. C, associé de la SCI Di Santa, qui contestait un rehaussement d'impôt sur le revenu pour 2016. Le tribunal a jugé que l'administration avait à juste titre réintégré des dotations aux amortissements non justifiées, faute de factures probantes et en raison d'incohérences comptables. Il a également validé la requalification de certaines dépenses courantes en immobilisations, conformément au plan comptable général (règlement n° 2014-03) et à l'article 38 quater de l'annexe III du code général des impôts. La requête a été intégralement rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, et un mémoire, enregistré le 22 février 2023, M. B C, représenté par la société KS conseil, mandataire, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction, à hauteur 8 839 euros, en droits, intérêt de retard et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- les dotations aux amortissements remises en cause par l'administration sont justifiées par la société civile immobilière (SCI) Di Santa qui a présenté tous les documents en sa possession ;

- l'administration a considéré que certaines dépenses comptabilisées en charges étaient relatives à des immobilisations ; or, en l'espèce, ces dépenses sont relatives à de menus travaux d'entretien ou des dépenses courantes qui ont seulement pour but de maintenir la construction dans son état d'utilisation et de fonctionnement.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 septembre 2022 et le 7 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le règlement n° 2014-03 du 5 de juin 2014 de l'Autorité des normes comptables relatif au Plan comptable général ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin ;

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;

- et les observations de M. A de la société KS conseil pour M. C.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière (SCI) Di Santa a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. Par une proposition de rectification du 25 juillet 2019, des rehaussements lui ont été notifiés en matière de taxe sur la valeur ajoutée et de bénéfices non commerciaux (BNC). Les conséquences de ces rectifications au titre des BNC ont été notifiées, sur le fondement de l'article 8 du code général des impôts, par une proposition de rectification du même jour à M. C, associé à hauteur de 50 % des parts de la SCI. Par sa requête, ce dernier demande la réduction, à hauteur de 8 839 euros, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016.

Sur les conclusions à fin de réduction :

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'en l'absence de factures d'immobilisations et en présence d'incohérences entre le compte d'immobilisation 214 " construction sur sol d'autrui " et le tableau présenté sur la liasse fiscale n° 2035, le service a refusé d'admettre en déduction du résultat de la SCI Di Santa au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016 des dotations aux amortissements pour un montant de 9 442 euros.

3. Ainsi que le relève l'administration, seulement treize factures sur les dix-huit figurant sur le tableau d'amortissement ont été transmises par le requérant. S'agissant des factures libellées " Mas du Golf ", il est relevé qu'elles font état de prestations de services et qu'aucune corrélation entre le paiement de ces factures et les débits figurant sur les relevés bancaires produits ne peut être établie. Si l'intéressé produit à l'appui de ses écritures enregistrées le 22 février 2023 des factures d'immobilisations, l'administration fait valoir, sans être contredite, que, d'une part, ces factures ne permettent pas de justifier entièrement le montant de la base amortissable portée par la SCI Di Santa sur le tableau d'amortissement figurant sur sa déclaration n° 2035 au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016, et d'autre part, que certaines de ces factures, telles que les factures " Design Bâti " et " Eurofaçade " et " S B ", société au demeurant radiée en 2015, ne correspondent pas, s'agissant du libellé, du montant ou du numéro Siret, à celles inscrites dans le tableau n° 2035 déposé par la société. Le règlement des factures pour ces trois fournisseurs n'est pas non plus établi. Dans ces conditions, eu égard à ces incohérences et imprécisions, c'est à bon droit que l'administration a pu réintégrer, au titre de l'exercice 2016, un montant de dotations aux amortissements non justifiées de 9 442 euros.

4. En second lieu, aux termes de l'article 38 quater de l'annexe III au code général des impôts : " Les entreprises doivent respecter les définitions édictées par le plan comptable général, sous réserve que celles-ci ne soient pas incompatibles avec les règles applicables pour l'assiette de l'impôt ". Aux termes de l'article 211-1 du plan comptable général issu du règlement n° 2014-03 du 5 juin 2014 : " 1. Un actif est un élément identifiable du patrimoine ayant une valeur économique positive pour l'entité, c'est-à-dire un élément générant une ressource que l'entité contrôle du fait d'événements passés et dont elle attend des avantages économiques futurs ". Aux termes de l'article 211-6 de ce plan comptable général : " Une immobilisation corporelle est un actif physique détenu, soit pour être utilisé dans la production ou la fourniture de biens ou de services, soit pour être loué à des tiers, soit à des fins de gestion interne et dont l'entité attend qu'il soit utilisé au-delà de l'exercice en cours ". Aux termes de l'article 212-1 du plan comptable général : " Une immobilisation corporelle, incorporelle ou un stock est comptabilisé à l'actif lorsque les conditions suivantes sont simultanément réunies : / il est probable que l'entité bénéficiera des avantages économiques futurs correspondants () son coût ou sa valeur peut être évalué avec une fiabilité suffisante () ".

5. D'une part, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la facture " Aselman " du 20 mars 2016 de 1 550 euros relative à l'achat et à l'installation d'une climatisation pouvait être inscrite en charge de l'exercice et ouvrir droit à déduction immédiate alors qu'un tel équipement, identifiable, non consommable sur l'exercice en cours et ayant vocation à rester durablement dans l'entreprise, devait nécessairement s'analyser en une immobilisation.

6. D'autre part, la facture " Comuobat " du 1er juin 2016 d'un montant de 15 490 euros concerne, contrairement à ce que soutient le requérant, d'importants travaux d'électricité, dont la fourniture et la pose d'un chauffage électrique, d'un tableau électrique, d'un volet roulant ou de nouveau moteur pour un rideau métallique, ayant nécessairement pour effet de prolonger la durée de vie des immobilisations en place. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a pu rectifier, au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016, le montant des bénéfices non commerciaux de la SCI Di Santa d'une somme de 17 040 euros.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la réduction, à hauteur de 8 839 euros, en droits, intérêts de retard et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre de l'année 2016.

Sur les frais relatifs au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. C.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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