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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201612

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201612

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201612
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juin 2022 et des mémoires enregistrés les 6 mars 2023 et 13 octobre 2023, M. A B, demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties et de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2021, pour un bien situé 30 corniche des Pins sur la commune du Rayol-Canadel-sur-Mer et d'ordonner le remboursement du trop perçu.

Il soutient que :

- les montants de sa taxe foncière et de sa taxe d'habitation sont trop élevés au regard des caractéristiques de son habitation ;

- concernant le chauffage et la surface pondérée, il y a lieu de retenir une surface de 4 m2 pour 2 pièces au lieu de 8 m2 tel que retenu par l'administration ;

- l'agencement intérieur a été modifié, concernant une pièce à vivre et une salle d'eau ;

- la surface retenue par l'administration pour la partie principale de 55 m2 est erronée dès lors qu'il n'y a qu'une surface de 45 m2 à laquelle a été ajoutée une terrasse couverte de 19 m2 ;

- la terrasse couverte ne peut être considérée comme une surface habitable ;

- le nombre de pièces repris par l'administration de six est également inexact, puisqu'il n'y a que deux pièces ;

- le descriptif produit fait état d'une terrasse isolée de 25 m2 et d'une pièce habitable de 19 m2 qui n'existent pas sur son terrain ;

- le garage mesure 29 m² et non 45 m² comme retenu par l'administration ;

- il s'interroge sur les 140 m2 de surface de son habitation, sur les six pièces et la catégorisation de son habitation classée en 6 alors qu'il dispose de documents classant son habitation en catégorie 5 ;

- le coefficient d'entretien doit être diminué à passable.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire, présenté pour le directeur départemental des finances publiques du Var, enregistré le 4 août 2023, n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Hamon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hamon,

- les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été assujetti à la taxe d'habitation et à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021 pour un bien situé 30 corniche des pins sur la commune du Rayol-Canadel-sur-Mer. Il a, par des réclamations du 14 septembre et du 12 novembre 2021, sollicité le dégrèvement de l'imposition litigieuse. Sa réclamation ayant été rejetée le 17 janvier 2022 par l'administration fiscale, le requérant demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions litigieuses.

Sur la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 175 du livre des procédures fiscales : " En ce qui concerne la taxe sur les propriétés bâties, la taxe d'habitation et les taxes annexes établies sur les mêmes bases, les omissions ou les insuffisances d'imposition peuvent être réparées à toute époque lorsqu'elles résultent du défaut ou de l'inexactitude des déclarations des propriétés bâties mentionnées aux articles 1406 et 1502 du code général des impôts " ; Aux termes de l'article 1388 du code général des impôts (CGI), " la taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis par les articles 1494 à 1508 et 1516 à 1518 B et sous déduction de 50 % de son montant en considération des frais de gestion, d'assurances, d'amortissement, d'entretien et de réparation. ". Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts (CGI), " la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. ". L'article 1495 du même code indique que " chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. ". L'article 324 B II de l'annexe III du CGI précise que " pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. ". L'article 1496 dispose que : " I. - La valeur locative des locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une activité salariée à domicile est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis, dans la commune, pour chaque nature et catégorie de locaux. II. - La valeur locative des locaux de référence est déterminée d'après un tarif fixé, par commune ou secteur de commune, pour chaque nature et catégorie de locaux, en fonction du loyer des locaux loués librement à des conditions de prix normales et de manière à assurer l'homogénéité des évaluations dans la commune et de commune à commune. Le tarif est appliqué à la surface pondérée du local de référence, déterminée en affectant la surface réelle de correctifs fixés par décret et destinés à tenir compte de la nature des différentes parties du local, ainsi que de sa situation, de son importance, de son état et de son équipement. "

3. Par ailleurs, aux termes du I de l'article 324 G de l'annexe III au même code : " La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction () les diverses catégories de locaux d'habitation ou à usage professionnel existant dans la commune ".

Aux termes du I de l'article 324 H de la même annexe : " Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories () ". Aux termes de l'article 324 M de la même annexe : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S () ".

4. Selon l'article 1517 du code général des impôts : " - 1. Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement () ". Il appartient au contribuable d'apporter la preuve de la réalité des faits qu'il invoque à l'appui de sa contestation.

5. En vertu des dispositions de l'article 1415 du code général des impôts, la taxe foncière sur les propriétés bâties est établie pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. Les dispositions des articles 1517 et 1508 du même code, relatives à la révision des valeurs locatives en fonction des changements pouvant affecter les propriétés bâties et des insuffisances d'évaluation résultant du défaut ou de l'inexactitude des déclarations souscrites par les contribuables, n'excluent pas, pour l'administration, le droit de modifier chaque année, si elle s'y croit fondée, les éléments concourant à la détermination de la valeur locative d'un logement devant servir de base à son imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties.

6. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement de la taxe d'habitation et de la taxe foncière.

7. En premier lieu, M. B soutient que les montants de sa taxe foncière et de sa taxe d'habitation sont trop élevés au regard des caractéristiques de son habitation. Il expose qu'il s'interroge sur le classement en catégorie 6 de son bien, sur les 140 m2 de surface de son habitation, que la partie principale de sa maison n'est que de 45 m2 au lieu des 55 m2 retenus par l'administration, que sa terrasse couverte de 19 m2 ne peut être considérée comme une surface habitable et que son garage mesure 23 m² au lieu de 45 m² tel que relevé par les services fiscaux. Il soutient également que le nombre de pièces repris par l'administration est de six alors qu'il n'y en a que de deux. Toutefois, M. B n'apporte pas la preuve que lui seul peut apporter sur les éventuelles erreurs qui auraient été commises par l'administration fiscale dans les caractéristiques de son bien et son classement. Les quelques pièces produites par le requérant consistant en des plans de l'étage datés de 1996 et des photographies partielles de son bien sont, en l'espèce, insuffisantes pour venir au soutien des allégations du requérant. La circonstance que son bien ait pu être classé dans la catégorie 5 est sans influence sur son classement dans la catégorie 6 dès lors qu'il peut être procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. En outre, s'agissant de la terrasse, l'administration fiscale fait valoir, qu'en août 2020, un géomètre du cadastre a constaté qu'une terrasse couverte de 19 m2 avait été aménagée en surface habitable, modifiant de fait la surface pondérée nette et la valeur locative. Il résulte des photographies prises par le géomètre que la terrasse couverte de tuile est entièrement entourée de murs comportant trois ouvertures dont deux comprenant des volets et l'autre étant fermée par un panneau de bois. En l'espèce, M. B n'apporte pas la preuve que lui seul peut apporter de ce que ce local ne relève pas d'une surface habitable. M. B soutient enfin que le descriptif établi par l'administration fiscale fait état d'une terrasse isolée de 25 m2 qui n'existerait pas sur son terrain. Toutefois, les états produits par le requérant édités en 2023 et mis à jour à la suite de la visite d'un géomètre le 24 mai 2022, ne permettent pas d'établir que pour l'année d'imposition 2021, une terrasse isolée de 25 m2 a été prise en considération par les services fiscaux dans le calcul de l'imposition litigieuse. Il ne résulte d'ailleurs pas du tableau présenté par l'administration fiscale dans son mémoire en défense qu'une telle terrasse ait été prise en considération dans le calcul des surfaces.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 324 T du code général des impôts alors en vigueur : " I. - La surface pondérée totale de la partie principale est obtenue en ajoutant à sa surface pondérée nette les surfaces représentatives des éléments d'équipement en état de fonctionnement. Ces équivalences superficielles sont déterminées conformément au barème suivant : () Chauffage central, par pièce et annexe d'hygiène (que l'installation soit particulière au local ou commune aux différents locaux de l'immeuble) : 2 mètres carrés. () ". En prévoyant la présence éventuelle du chauffage central dans les immeubles, l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts n'exclut pas les techniques qui permettent de chauffer les différentes pièces d'une maison, dans des conditions équivalentes à une installation fixe de délivrance de la chaleur.

9. Il résulte de l'instruction que la construction comportait à l'étage selon le plan initial réalisé le 27 avril 1988, deux chambres avec une cuisine un hall d'entrée et un espace dédié aux toilettes et à la salle de salle de bain. Si le requérant soutient qu'il aurait réalisé des modifications dans l'aménagement intérieur de son habitation en 1996 et qu'il y a lieu de retenir une surface de 4 m2 au lieu de 8 m2 tel que relevé par l'administration concernant le chauffage et la surface pondérée, il n'en rapporte pas la preuve que lui seul peut apporter. Par suite, M. B n'établit pas le bien-fondé de sa contestation portant sur la surface appliquée au titre des équivalences superficielles pour chauffage central.

10. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts qu'un coefficient est attribué en fonction de l'état d'entretien du bien. Le requérant expose que l'état d'entretien de son bien est passable et qu'il ne peut se voir appliquer un coefficient de 1,20. Toutefois, les seules productions photographiques non datées et partielles de la maison, sans aucune vue de l'intérieur ne permettent pas de regarder la construction de M. B comme se trouvant dans un état passable. Par suite, le requérant ne remet pas utilement en cause le coefficient de 1,20 que l'administration fiscale aurait retenu et correspondant à un bien en bon état.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, qui n'est pas fondé à soutenir que les montants de sa taxe foncière et de sa taxe d'habitation seraient surévalués au regard des caractéristiques de son habitation, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. HAMON

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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