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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201616

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201616

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201616
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantLEXALTO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 17 juin 2022, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Toulon, le dossier de la requête de M. A B.

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022 au greffe du tribunal administratif de Nantes, et un mémoire, enregistré le 19 janvier 2024 au greffe du tribunal administratif de Toulon, M. B, représenté par le cabinet d'avocat LexAlto agissant par Me Gaillard, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 pour un montant total, en droits et pénalités, de 9 377 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le solde de son compte courant d'associé n'était pas débiteur mais créditeur ; l'administration n'a pas pris en compte des écritures passées au crédit de ce compte ;

- c'est à tort que l'administration soutient ne pas disposer d'éléments suffisants de nature à lui permettre d'apprécier la réalité et la date des apports en compte courant d'associé réalisés ; la réalité de ces apports en compte courant d'associé est justifiée par les écritures comptables du grand livre ainsi que par les éléments produits dans le cadre de la présente instance ;

- le service ne rapporte pas la preuve de sa volonté délibérée d'éluder l'impôt et il a toujours répondu, dans les délais, à l'ensemble des demandes d'informations formulées par le service vérificateur ; l'application d'une pénalité de 40 % n'est donc pas justifiée.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 janvier 2023 et le 30 octobre 2024, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société par actions simplifiée (SAS) Azur Financements, dont M. B est le président et unique associé, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017. Par une proposition de rectification du 13 mars 2019, tirant les conséquences en matière d'impôt sur le revenu de la vérification de comptabilité de la SAS Azur Financements, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ont été mises à la charge de l'intéressé selon la procédure de rectification contradictoire. L'administration ayant prononcé un dégrèvement de 2 207 euros le 17 février 2022, M. B demande la décharge des impositions supplémentaires restant à sa charge pour un montant total, en droits et pénalités, de 9 377 euros.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes () ". En application de ces dispositions, doivent être regardés comme des revenus distribués, sauf preuve contraire, les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d'une société au nom de ses associés, actionnaires ou porteurs de parts au 31 décembre de l'année en cause. En cas de variation de ce solde d'une année civile sur l'autre, seule la différence positive entre ces deux soldes peut légalement être incluse dans le revenu imposable de l'associé, l'actionnaire ou le porteur de parts pour l'année en cause.

3. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a imposé M. B, au titre de l'année 2017, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et sur le fondement des dispositions précitées de l'article 111 a. du code général des impôts, à hauteur du solde débiteur du compte courant d'associé ouvert à son nom dans les écritures de la société Azur Financements. Ce solde débiteur d'un montant de 3 816,96 euros a été déterminé par le service vérificateur après un retraitement consistant à rejeter, comme étant injustifié, le solde créditeur de ce compte courant d'associé de 4 177 euros figurant en a-nouveau au 1er janvier 2017.

4. Le requérant soutient que l'administration n'a pris en compte quatre écritures passées au crédit de ce compte courant d'associé : un apport de 22 500 euros le 31 janvier 2017, un apport de 1 200 euros le 1er juillet 2017, un apport de 1 322,71 euros le 26 juillet 2017, et un apport de 1 246,19 euros le 28 août 2017. Toutefois, il résulte de l'annexe n°4 à la proposition de rectification du 13 mars 2019, retraçant les opérations du compte courant d'associé de M. B dans les écritures de la SAS Azur Financements, que les apports cités par l'intéressé n'ont pas été écartés par l'administration afin de déterminer le solde du compte courant d'associé, ce dernier présentant un solde débiteur du fait de la non-prise en compte du crédit de 4 177 euros porté en a-nouveau au 1er janvier 2017 et pour lequel l'intéressé n'apporte aucune justification. En tout état de cause, la justification des apports en comptes courants ne saurait être établie du seul fait de leur inscription au grand livre des comptes. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a imposé entre les mains de M. B la somme précitée en application du a. de l'article 111 du code général des impôts.

En ce qui concerne la majoration pour manquement délibéré :

5. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses () ". Selon l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée (), la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".

6. Il résulte de ces dispositions que la pénalité pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.

7. Pour justifier l'application de la pénalité pour manquement délibéré aux cotisations supplémentaires en litige, l'administration a relevé que M. B, seule personne décisionnaire au sein de la société Azur Financements, ne pouvait pas ignorer les nombreux retraits effectués en compte courant d'associé alors que cette même société ne déclarait aucune rémunération ou avantage en nature le concernant. L'administration a également relevé que ce mode de fonctionnement existait depuis 2014 et qu'il lui avait fallu mettre en œuvre son droit de communication auprès de la Société Générale pour déterminer que le compte libellé " Croix rouge " appartenait au requérant. Ainsi, l'administration apporte la preuve tant du caractère inexact des déclarations que du caractère intentionnel des manquements. En revanche, en se bornant à faire valoir qu'il avait répondu à l'ensemble des demandes d'information de l'administration fiscale, l'intéressé n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les éléments relevés par l'administration ni, par suite, le bien-fondé de l'application des pénalités.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des impositions contestées.

Sur les frais relatifs au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 2 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

E. PERROUDON

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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