lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201978 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VILLALARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 juillet 2022 et 31 octobre 2023, la société civile immobilière (SCI) Maise, représentée par Me Villalard, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2017.
Elle soutient que :
- elle n'a pas perçu de loyers d'un montant de 72 000 euros toutes taxes comprises (TTC) de la société à responsabilité limitée (SARL) Le Selevan lors de l'exercice 2017 ;
- le bail commercial liant les deux sociétés a été résilié avec effet au 31 décembre 2016 ;
- les écritures comptabilisées par la SARL Le Selevan au 31 décembre 2017 étaient erronées et provisoires car cette société a prolongé son exercice social jusqu'au 30 juin 2018 ;
- l'expert-comptable a attesté que le seul loyer réglé par la SARL Le Selevan à la SCI Maise au titre de l'exercice clos le 30 juin 2018 est de 5 200 euros ;
- à l'exception de cette dernière somme, aucun flux d'argent n'a été constaté entre les deux sociétés ;
- les rectifications reposent ainsi sur des opérations inexistantes.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 novembre 2022 et 11 mars 2024, l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Maise, qui a notamment pour activité de louer des biens immobiliers et dont le gérant est M. B A qui détient 44 % de son capital social, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 16 novembre 2018, le service lui a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2017, établis selon la procédure de rectification contradictoire. Après que ses deux réclamations des 23 mars 2021 et 15 février 2022 ont été rejetées par des décisions respectives des 27 septembre 2021 et 23 mai 2022, elle demande au tribunal de prononcer la décharge de ces suppléments d'imposition, en droits et pénalités.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Il ressort des mentions non contredites de la proposition de rectification du 16 novembre 2018 que la SCI Maise a conclu le 2 janvier 2015 un contrat de bail commercial, d'une durée d'un an courant du 1er janvier au 31 décembre 2015 mais renouvelable par tacite reconduction, par lequel elle a loué à la SARL Le Selevan, ayant également pour gérant M. A, un local situé 14 avenue des Genêts, ZA des Ferrières II sur le territoire de la commune du Muy, pour un loyer de 5 000 euros par mois soit une somme de 60 000 euros par an, cette dernière étant soumise à la taxe sur la valeur ajoutée soit un montant de taxe de 12 000 euros par an. Le vérificateur a constaté que la SCI Maise avait comptabilisé et déclaré les sommes de 60 000 euros au titre des produits soumis à l'impôt sur les sociétés et de 12 000 euros au titre de la taxe sur la valeur ajoutée collectée sur chacun des exercices 2015 et 2016, mais qu'elle ne l'avait pas fait sur l'exercice 2017, alors que, pour sa part, la SARL Le Selevan avait enregistré dans sa comptabilité, qui a également fait l'objet d'une vérification, une écriture datée du 30 décembre 2017 sous les libellés " Location salle Ferrière " et " SCI Maise " et correspondant à une charge de loyer de 60 000 euros, une somme de 12 000 euros à titre de taxe sur la valeur ajoutée déductible, ainsi qu'une somme globale de 72 000 euros portée au crédit du compte courant d'associé de M. A. Le vérificateur en a déduit, en matière de taxe sur la valeur ajoutée, que la somme de 12 000 euros était exigible chez la SCI Maise et devait ainsi être rappelée au titre de l'exercice 2017 et, en matière d'impôt sur les sociétés, que l'absence de comptabilisation du produit de 60 000 euros caractérisait, de la part de cette SCI, une renonciation à recettes constitutive d'un acte anormal de gestion.
3. La SCI Maise, qui ne conteste pas les règles de droit appliquées par le vérificateur, se borne à contester, en fait, l'existence même de ce loyer de 60 000 euros et de la taxe sur la valeur ajoutée collectée correspondante de 12 000 euros, au titre de l'exercice 2017 en litige.
4. En premier lieu, la requérante fait valoir que le contrat de bail commercial conclu le 2 janvier 2015 avec la SARL Le Selevan avait été résilié d'un commun accord avant le 1er janvier 2017, premier jour de l'exercice considéré. Elle produit sur ce point un acte de résiliation daté du 10 décembre 2016 et prenant effet le 31 décembre 2016. Toutefois, cet acte, signé deux fois par la même personne, en l'occurrence par M. A en qualité de gérant à la fois de la SCI Maise (bailleresse) et de la SARL Le Selevan (preneuse), ne présente pas de date certaine, ainsi que l'oppose l'administration. De plus, la SCI Maise ne s'était pas prévalue de l'existence d'un tel acte de résiliation lors des opérations de vérification de comptabilité qui se sont déroulées du 27 juin au 12 novembre 2018, ni dans sa lettre du 17 décembre 2018 portant observations à la proposition de rectification du 16 novembre précédent. Au contraire, cette dernière indique : " Le service vérificateur a demandé à Monsieur B A s'il existait un acte de résiliation du bail du 02 janvier 2015. La réponse apportée par le dirigeant a été négative ". La SCI Maise n'a jamais contredit ces indications de la proposition de rectification. Ainsi, l'acte de résiliation produit par la requérante est en contradiction avec les propres déclarations de son dirigeant faites au cours des opérations de contrôle. Il résulte de l'instruction que cet acte de résiliation a été produit pour la première fois au stade de la réclamation du 23 mars 2021. Si la SCI Maise soutient l'avoir produit lors de la séance du 1er décembre 2020 de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, elle ne le démontre pas. En toute hypothèse, il est constant que cet acte n'avait jamais été produit ni même mentionné par la requérante avant cette séance, alors qu'elle aurait été en mesure de le faire. Dans ces conditions, un tel acte de résiliation est dépourvu de toute valeur probante.
5. En deuxième lieu, la SCI Maise soutient que la SARL Le Selevan a prorogé la date de clôture de son exercice social ouvert le 1er janvier 2017 jusqu'au 30 juin 2018, de sorte que l'écriture du 30 décembre 2017 comptabilisant le loyer de 72 000 euros TTC serait " naturellement erronée et provisoire ". Toutefois, la prolongation de l'exercice comptable ne suffit pas, en tout état de cause, à démontrer que l'écriture passée le 30 décembre 2017 était erronée.
6. En troisième lieu, la SCI Maise se prévaut du compte de charge intitulé " location salle Ferrière ", extrait de la comptabilité de la SARL Le Selevan, faisant apparaître seulement deux débits les 2 et 7 février 2018 pour un montant total de 5 200 euros, ainsi que d'une attestation de l'expert-comptable de cette SARL, établie le 22 mars 2021, indiquant que le loyer passé dans la comptabilité de cette dernière au titre de l'exercice clos le 30 juin 2018 concernant la SCI Maisse s'est limité à cette somme de 5 200 euros. Toutefois, les deux exemplaires de ce compte versés aux débats par la requérante diffèrent quant à leurs mentions, l'indication " du 01/01/2017 au 30/06/2018 " n'apparaissant pas sur l'exemplaire qui porte pourtant la mention " copie certifiée conforme à l'original ". En outre, ce compte mentionne une facture libellée " Loc Evénément " dont l'administration fait valoir sans être contredite qu'elle se rapporte à une location événementielle et non au contrat de location à l'année du 2 janvier 2015. Il n'est pas démontré que cette location événementielle facturée en février 2018 aurait fait obstacle à la poursuite de l'exécution du contrat de bail jusqu'à la fin de l'année 2017. En tout état de cause, ainsi que l'observe l'avis émis par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires à l'issue de sa séance du 1er décembre 2020, la requérante ne produit aucun extrait des fichiers des écritures comptables définitifs de la SARL Le Selevan qui constaterait l'annulation, sur la base d'une pièce justificative probante, de l'écriture du 30 décembre 2017.
7. En quatrième lieu, ainsi que le souligne là encore l'administration, il existe des discordances de dates et de montants entre le compte de client de la SARL Le Selevan dans la comptabilité de la SCI Maise et le compte de fournisseur de la SCI Maise dans la comptabilité de la SARL Le Selevan. Ces documents contradictoires ne permettent pas de justifier de l'ensemble des opérations entre les deux sociétés lors de l'exercice 2017. En tout état de cause, ils n'établissent pas l'annulation de l'écriture du 30 décembre 2017 passée dans la comptabilité de la SARL Le Selevan.
8. En dernier lieu, la SCI Maise fait valoir qu'aucun flux financier correspondant au loyer de 72 000 euros TTC n'a été constaté entre elle et la SARL Le Selevan en 2017 et 2018. Elle se prévaut de ses écritures comptables qui n'ont pas enregistré un tel règlement de la part de la SARL Le Selevan. Toutefois, cette omission ressort précisément de l'écriture comptabilisée le 30 décembre 2017 par la SARL Le Selevan qui mentionne que la somme de 72 000 euros TTC a été portée au crédit du compte courant d'associé de M. A, gérant des deux sociétés. Le flux financier s'établit ainsi entre la SARL Le Selevan et M. A, ce qui confirme que la SCI Maise a renoncé à cette recette.
9. En définitive, la SCI Maise ne justifie pas de l'absence de comptabilisation et de déclaration fiscale du loyer de 72 000 euros TTC comptabilisé par sa locataire au titre de l'exercice 2017. Le moyen doit ainsi être écarté en toutes ses branches.
10. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander la décharge des suppléments d'imposition en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Maise est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Maise et à l'administratrice générale des finances publiques, directrice de la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-Mer.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026