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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202280

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202280

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202280
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique
Avocat requérantHUBLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 août 2022 et des mémoires enregistrés les 9 mai et 18 octobre 2023, M. C B, représenté par le cabinet PRAD Avocats agissant par Me Hubler, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 et le remboursement de la dite imposition y compris les pénalités et intérêts mis à sa charge ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les éventuels dépens.

Il soutient que :

- il a une activité de loueurs de meublés professionnels (LMP) depuis 2008 et dispose de deux biens qu'il loue de manière permanente ;

- alors qu'il bénéficiait jusqu'à présent d'une exemption de taxe d'habitation, l'administration a remis en cause celle-ci sur le bien qu'il possède sur la commune de Hyères ;

- il lui est reproché d'avoir failli à son obligation d'inscription de son activité au registre du commerce de Toulon ;

- en outre, la condition que le loueur en meublé soit professionnel ou non professionnel est sans pertinence pour apprécier la condition de disposition du bien au 1er janvier de l'année d'imposition s'agissant de la taxe d'habitation ;

- il est inconstitutionnel d'obliger un non commerçant à s'inscrire au registre du commerce afin de bénéficier du régime de loueur non professionnel.

Par des mémoires en défense enregistrés les 27 février 2023 et 28 juillet 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce que la réclamation du 2 mai 2022 est irrecevable ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Hamon en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Hamon a été entendu au cours de l'audience publique du

1er juillet 2024 lors de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, propriétaire d'un bien situé 51 allée Prince A sur la commune de Hyères, a été assujetti à la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 pour un montant de 4 169 euros. Ses réclamations du 16 février 2021 et du 2 mai 2022 ayant été rejetées par l'administration fiscale, le requérant demande au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition.

2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. La taxe d'habitation est due : 1º Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Selon les termes de l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".

3. Il résulte de ces dispositions, qu'est redevable de la taxe d'habitation le propriétaire d'un local imposable qui peut être regardé, au 1er janvier de l'année d'imposition, comme entendant s'en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année. Tel est le cas s'il l'occupe ou le fait occuper gracieusement une partie de l'année, sans qu'y fassent obstacle les circonstances que ce local meublé serait mis en location pendant l'autre partie de l'année et que ce propriétaire disposerait d'une autre habitation ou qu'il donnerait directement le bien en location sans passer par un intermédiaire. Par ailleurs, un propriétaire qui a loué un logement meublé plusieurs mois pendant l'année, au titre de laquelle l'imposition est due, est redevable de la taxe d'habitation au titre de cette année, dès lors qu'au 1er janvier il n'avait donné aucun mandat à une agence pour mettre l'appartement en location, il doit donc être regardé comme s'en réservant la disposition en dehors des périodes de location saisonnière ".

4. Il résulte de l'instruction que M. B est propriétaire d'un bien situé sur la commune de Hyères qu'il loue pendant une partie de l'année dans le cadre d'une activité professionnelle de location de meublé. Si le requérant se prévaut d'un contrat de gestion avec la société interphone qu'il a conclu le 26 juillet 2018, ce document n'apporte aucune information sur la durée du contrat signé. Il ne peut donc être tenu pour établi que ce contrat de gestion concerne l'année de l'imposition litigieuse. La circonstance que, dans ce courrier, il soit mentionné que la maison serait ouverte à la location toute l'année n'est pas de ce fait, de nature à démontrer que l'imposition en litige serait irrégulière. Si par ailleurs, le requérant produit un tableau des locations réalisées entre 2018 et 2020, il résulte de ce document daté du 24 septembre 2018, que le bien en cause n'est pas loué, du 28 novembre 2020 jusqu'à la fin de la même année, M. B ayant ainsi la disposition de ce bien durant cette période. Compte tenu de ces éléments et en l'absence de mandat à une agence pour mettre le bien litigieux en location à compter du 1er janvier 2020, M. B peut donc être regardé, à cette même date, comme ayant entendu se réserver la disposition du bien en litige en dehors des périodes de location saisonnière et particulièrement entre le 28 novembre et 31 décembre 2020. Ce motif suffit à lui seul à justifier l'imposition en litige, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête tirés de l'inconstitutionnalité de l'obligation d'un non commerçant de s'inscrire au registre du commerce et des sociétés afin de bénéficier du régime de loueur non professionnel et de l'absence de pertinence de la condition que le loueur en meublé soit professionnel ou non professionnel pour apprécier la condition de disposition du bien au 1er janvier de l'année d'imposition. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a imposé le requérant à la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 à raison du bien litigieux situé sur la commune d'Hyères. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2020 et le remboursement de la dite imposition y compris les pénalités et intérêts mis à sa charge.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, les conclusions du requérant tendant à la décharge de l'imposition litigieuse doivent être rejetées, ensemble celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. HAMON

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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