jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202314 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GRIMALDI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au tribunal administratif de Paris le 1er juillet 2020, dont le dossier a été transmis au tribunal administratif de Toulon le 24 août 2022, la commune de Brignoles, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement les sociétés PNAS et ETHIAS à lui verser la somme de 147 702,44 euros, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge solidaire des sociétés PNAS et ETHIAS la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le juge administratif est compétent dès lors que le contrat d'assurance, fondement du litige, est un contrat administratif ;
- la responsabilité contractuelle de la société PNAS, dont l'assureur est la société ETHIAS, est engagée en raison du manquement à son obligation de conseil commis dans la gestion d'un dossier de dommage de travaux publics ;
- ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux doivent être réparés à ce titre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la société ETHIAS, représentée par Me Angrand, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de la mettre hors de cause et de rejeter les conclusions dirigées à son encontre ;
2°) à titre subsidiaire, de limiter la condamnation solidaire à la somme fixée par le tribunal dans son jugement du 10 janvier 2020 et de condamner la société PNAS à la relever et garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Brignoles la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable comme prescrite ;
- aucune faute ne lui étant imputée, elle doit être mise hors de cause ;
- dès lors que la commune ne s'est pas prévalue de la forclusion du recours indemnitaire de la victime de dommage de travaux publics, aucun lien de causalité entre le préjudice et la faute allégués ne peut être retenu ;
- l'attitude contradictoire de la commune de Brignoles exclut l'existence d'une faute ;
- la gestion du dossier ayant été assurée par la société PNAS, cette dernière doit la relever et garantir indemne d'une éventuelle condamnation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la société PNAS, représentée par Me Phelip, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter l'appel en garantie formé par la société EHTHIAS et de condamner cette dernière à la relever et garantir de la condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Brignoles la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'action de la commune est prescrite ;
- elle n'a commis aucune faute au titre de ses obligations contractuelles ;
- dès lors qu'elle a agi en qualité de mandatrice de la société ETHIAS, assureur de la commune, la société ETHIAS doit la relever et garantir indemne d'une éventuelle condamnation.
Des mémoires enregistrés le 15 septembre 2023, le 3 octobre 2023 et le 9 octobre 2023, présentés par la société ETHIAS ou la commune de Brignoles, n'ont pas été communiqués en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 7 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 octobre 2023 à 12h.
Un mémoire présenté par la société ETHIAS, enregistré le 10 octobre 2023, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubecq, substituant Me Grimaldi, représentant la commune de Brignoles, et de Me Bedahane, substituant Me Angrand, représentant la société ETHIAS,
- la société PNAS n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Brignoles a souscrit auprès de la société ETHIAS un contrat d'assurance de responsabilité civile pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2017. En janvier 2016, l'assureur d'un usager de la voie publique, qui estimait avoir subi un dommage imputable à la commune, a adressé une demande préalable indemnitaire à celle-ci ainsi qu'à la société PNAS, mandatrice de la société ETHIAS pour l'instruction, la gestion et le règlement des sinistres. Par deux courriers du 4 février 2016 et du 11 mai 2016, la société PNAS a indiqué à l'assureur de l'usager que, compte tenu des éléments du dossier, la responsabilité de la commune de Brignoles n'était pas engagée. Cet usager a ensuite formé un recours indemnitaire à l'encontre de la commune de Brignoles devant le juge administratif. Par un jugement du tribunal du 10 janvier 2020, puis un arrêt du 15 avril 2021 de la Cour administrative d'appel de Marseille, la responsabilité pour défaut d'entretien normal de la voie publique de la commune a été reconnue. Elle a, en dernier lieu, été condamnée au versement de la somme de 22 635,31 euros à la victime et remboursement des débours de la CPAM du Var. Estimant avoir subi des préjudices imputables à la société PNAS, la commune de Brignoles a, par des courriers du 14 juin 2021 et du 4 mars 2022, réceptionnés respectivement le 18 juin 2021 et le 14 mars 2022, formé des réclamations indemnitaires auprès de cette société, qui n'a donné aucune suite.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la commune de Brignoles était liée par un contrat d'assurance de responsabilité civile à la seule la société ETHIAS et que, d'autre part, la société PNAS était la mandatrice de la société ETHIAS pour l'instruction, la gestion et le règlement des sinistres, et non pas le réassureur de cette société comme l'indique à tort la commune. Dans ces conditions, la commune de Brignoles n'est pas fondée à rechercher la responsabilité contractuelle de la société PNAS qui n'était pas sa cocontractante.
3. En tout état de cause, à supposer que la commune de Brignoles puisse être regardée comme recherchant également la responsabilité contractuelle de la société ETHIAS, elle ne rapporte pas la preuve d'un manquement à l'obligation contractuelle de conseil de son assureur en se bornant à se prévaloir du fait que, par deux courriers, il a été indiqué à l'assureur de la victime d'un dommage de travaux publics, après analyse des éléments du dossier, que la responsabilité de la commune n'était pas engagée. A cet égard, la circonstance que la commune a finalement été reconnue responsable du dommage par le tribunal administratif, puis par la Cour administrative d'appel de Marseille, au demeurant sur appel principal de la commune, ne saurait suffire à caractériser le manquement allégué.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par la commune de Brignoles ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Brignoles une somme de 1 500 euros à verser à chacune des sociétés défenderesses sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge des sociétés défenderesses, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que demande la commune de Brignoles au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la commune de Brignoles est rejetée.
Article 2 : La commune de Brignoles versera à chacune des sociétés PNAS et ETHIAS une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Brignoles, à la société PNAS et à la société ETHIAS.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026