jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202380 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et plusieurs mémoires, enregistrés les 31 août, 20 septembre et 12 octobre 2022, Mme B A, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de la perte de validité de son permis de conduire.
Elle soutient que :
- Elle n'a pas reçu notification de son retrait de point dans les conditions prévues à l'article R. 223-4 du code de la route ;
- Le stage de récupération de points suivi les 10 et 11 août 2022 n'a pas été pris en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable car tardive et, en outre, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Harang, magistrat délégué, a été entendu à l'audience, les parties n'étant, ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de notification des décisions portant retrait de points :
1. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. La requérante ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés.
En ce qui concerne l'absence de prise en compte d'un stage de récupération de points :
2. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. " Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
3. Si Mme B A soutient qu'elle n'a pas reçu la décision " 48 SI " qui lui aurait été adressée, le ministre de l'intérieur produit en défense l'avis de réception postal n° 2C 155 535 4735 3 émanant du bureau national des droits à conduire (BNDC). Cet avis mentionne le numéro de dossier de permis de conduire de Mme B A tel qu'enregistré au fichier national des permis de conduire, à savoir le n° 960395300487, qui est précédé de la lettre " S ", ce qui est de nature à établir qu'il s'agit de celui concernant l'envoi d'une décision référencée " 48 SI ". Il résulte également des mentions portées sur cet avis que le pli dont il s'agit, adressé à Mme A, a été présenté le 4 août 2022 au 1377 boulevard Bois Maurin à Bandol (Var). Le pli a été retourné à l'administration par les services postaux avec la mention " Pli refusé par le destinataire ". Les mentions portées sur cet accusé de réception ne sont pas utilement contestées par l'intéressée. En particulier, la requérante n'établit pas que cette adresse ne correspond pas à l'une de ses résidences. Il résulte de ces mentions que Mme A a été nécessairement avisée par le dépôt à son domicile d'un avis de passage, de la mise en instance du pli recommandé au bureau de poste pendant le délai réglementaire avant le renvoi de celui-ci à l'administration. Le relevé d'information intégral produit par le ministre, confirme à cet égard la notification de la décision référencée " 48 SI " à la date du 4 août 2022 et le dépôt d'un avis de passage par la mention " A/P ". L'intéressée ne fait état d'aucune circonstance ayant fait obstacle à ce qu'elle ait pris connaissance en temps utile du contenu de l'envoi recommandé qui lui était adressé en retirant le pli aux services de la poste dans le délai réglementaire de quinze jours. Dans ces conditions, Mme A doit être regardée comme ayant reçu notification le 4 août 2022 de la décision référencée " 48 SI " et des différentes décisions de retrait de points qu'elle mentionne.
4. Il en résulte que la requérante n'était plus titulaire le 4 août 2022 d'un permis de conduire valide. Dans ces conditions, le préfet du Var était tenu de rejeter la demande de Mme A tendant à la reconstitution de points sur son permis de conduire à la suite du stage de sensibilisation qu'elle a suivi les 10 et 11 août 2022. Par suite, le moyen tiré de l'absence de prise en compte d'un stage de récupération suivi avant la notification de la décision " 48SI " doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée,
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Var
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2202380
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
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03/08/2026