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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202528

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202528

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202528
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre - Juge Unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 13 septembre 2022 sous le n° 2202528 et un mémoire complémentaire enregistré le 11 août 2023, la société gardéenne d'économie mixte (SAGEM), représentée par le cabinet Richer et Associés droit public, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à hauteur de 12 646 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision rejetant sa réclamation est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte et d'une insuffisance de motivation ;

- elle est fondée à obtenir une décharge de la taxe foncière sollicitée au titre des prestations de transport des personnes à mobilité réduite, de course et de portage de repas qui sont considérées à tort par l'administration comme des prestations de services provisoires qui ne peuvent être assimilées à des dépenses de travaux induits ;

- l'administration fiscale a ainsi commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2023 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire enregistré le 27 octobre 2023 pour la SAGEM n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

II°) Par une requête enregistrée le 19 septembre 2022 sous le n° 2202590, la société gardéenne d'économie mixte (SAGEM), demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à hauteur de 12 646 euros.

Elle soutient qu'elle est fondée à obtenir une décharge de la taxe foncière sollicitée au titre des prestations de transport de personnes à mobilité réduite et de portage de courses qui sont considérées à tort par l'administration comme des prestations de services provisoires qui ne peuvent être assimilées à des dépenses de travaux induits.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2023 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Hamon pour exercer les fonctions de magistrat prévues par les dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus :

- le rapport de M. Hamon, magistrat désigné,

- les observations de Me Petizon pour la SAGEM dans l'instance n° 2202528.

Considérant ce qui suit :

1. La SAGEM, propriétaire d'immeubles sur la commune de La Garde, a été assujetti à la taxe foncière au titre de l'année 2020. Sa réclamation du 30 décembre 2021 contestant partiellement le montant de ladite taxe, ayant été rejetée pour partie par l'administration fiscale le 1er juillet 2022, la requérante demande au tribunal de prononcer la décharge de cette imposition à hauteur de 12 646 euros.

Sur la jonction

2. Les requêtes n° 2202528 et 2202590, qui concernent la SAGEM, sont dirigées contre les mêmes impositions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

3. Les vices propres dont peut être entachée la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable, sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé de l'imposition contestée. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de l'incompétence de l'auteur de l'acte de la décision du 1er juillet 2022 rejetant la réclamation formulée par la SAGEM, doivent être écartés.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :

4. En application de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes du I de l'article 1391 C du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " Les dépenses engagées par les organismes d'habitations à loyer modéré ou par les sociétés d'économie mixte ayant pour objet statutaire la réalisation ou la gestion de logements ou par les organismes mentionnés à l'article L. 365-1 du code de la construction et de l'habitation, pour l'accessibilité et l'adaptation des logements aux personnes en situation de handicap sont déductibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties versée aux collectivités territoriales.".

5. Les dépenses déductibles au titre des dispositions rappelées au point 5 incluent l'ensemble des dépenses exposées pour la réalisation des travaux qui, dans leur totalité ou pour partie, améliorent effectivement l'accessibilité des immeubles et logements pour les personnes en situation de handicap, y compris celles correspondant à la réalisation des travaux préparatoires ou de remise en état indispensables à ces travaux d'amélioration et qui en sont indissociables. Par ailleurs, si, pour être déductibles en application de ces dispositions, des dépenses doivent avoir été engagées pour des travaux qui, dans leur totalité ou pour partie, améliorent effectivement l'accessibilité des immeubles et logements pour les personnes en situation de handicap, ces travaux ne doivent pas nécessairement porter sur des équipements spécialisés pour les personnes handicapées.

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, dans le cadre de la réalisation des travaux portant sur les ascenseurs, la SAGEM a mis en place un service de transport, de course et de portage de repas pour les personnes en situation de handicap résidant dans les immeubles afin de permettre leur maintien à domicile, les personnes en fauteuil n'ayant pas la capacité d'utiliser les escaliers. La SAGEM soutient que ces prestations de service entre dans le champ d'application du I de l'article 1391 C du code général des impôts susvisé. Toutefois, ces prestations, pour utile qu'elles soient, constituent une opération distincte et ne peuvent être regardées comme des dépenses participant à l'amélioration de l'accessibilité des immeubles ni même considérées comme un préalable indispensable et indissociable à la réalisation des travaux, la SAGEM ne démontrant pas qu'aucune autre solution ne pouvait être mise en œuvre, liant d'une manière incontestable l'exécution des travaux portant sur les ascenseurs à ces prestations. Si, en outre, la SAGEM se prévaut des dispositions de l'article R. 162-3 du code de la construction et de l'habitation relatives aux obligations d'installation d'ascenseurs dans certains immeubles, ainsi que de celles de l'article R. 163-1 du même code relatives au maintien des conditions d'accessibilité, lesquelles n'étaient pas en vigueurs en 2020 et qu'elle doit être regardée comme se prévalant des dispositions des articles R111-5 et R111-18-8 du code de la construction et de l'habitation alors applicables, celles-ci sont toutefois sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions contestées au regard des dispositions du I de l'article 1391 C du code général des impôts. Par suite, la SAGEM n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale aurait commis une erreur de droit et fait une inexacte appréciation de sa situation au titre de la taxe foncière 2020.

7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête n° 2202592, les conclusions de la SAGEM tendant à la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 doivent être rejetées.

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la SAGEM.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2202528 et n° 2202592 de la société gardéenne d'économie mixte sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société gardéenne d'économie mixte et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

L. HAMON

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

2 2202590

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