jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301186 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2023, M. A D et Mme C B, doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022.
Ils soutiennent que :
- ils ont acheté le 22 septembre 2017 un appartement, sis 26 rue droite sur la commune de Fayence, qui a subi d'importantes infiltrations d'eaux en mars 2018 ;
- cet appartement est inexploitable depuis le 5 octobre 2018 ;
- compte tenu de ces éléments, ils sont légitimes à demander le remboursement des taxes foncières et d'habitation qu'ils ont versées à tort.
Par un mémoire en défense, enregistré 11 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les requérants n'ayant pas adressé de réclamations préalables s'agissant des années 2018, 2019, 2020 et 2021 et de la taxe d'habitation 2022, les conclusions présentées à ce titre son irrecevables ;
-les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hamon, magistrat désigné,
- les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D et Mme B, propriétaires d'un appartement, sis 26 rue droite sur la commune de Fayence, ont été assujettis à la taxe foncière sur les propriétés bâties et à la taxe d'habitation au titre des années 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022. Les requérants doivent être regardés comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des dites taxes.
En ce qui concerne les taxes foncières et taxes d'habitation établies au titre des années 2018, 2019, 2020 et 2021 et de la taxe d'habitation 2022. En application de l'article R.*190-1 du livre de procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Aux termes de l'article R*196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; b) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation ; ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 ; c) De la réception par le contribuable d'un nouvel avis d'imposition réparant les erreurs d'expédition que contenait celui adressé précédemment ; d) Au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance certaine de cotisations d'impôts directs établies à tort ou faisant double emploi ; e) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement. "
3. Il ne résulte pas de l'instruction que les requérants aient présenté des réclamations préalables à l'administration fiscale afin de contester les taxes foncières et taxes d'habitation établies au titre des années 2018, 2019, 2020 et 2021 ainsi que la taxe d'habitation 2022 et ce en méconnaissance de l'article R.*190-1 du livre des procédures fiscales. Par suite, faute d'avoir adressé à l'administration fiscale une réclamation préalable, les conclusions tendant à ce que le juge de l'impôt prononce la décharge desdites cotisations sont irrecevables.
En ce qui concerne la taxe foncière établie au titre de l'année 2024. En application de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Aux termes du I de l'article 1389 du même code, : I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".
5. Pour demander la décharge de la taxe foncière litigieuse, les requérants soutiennent qu'ils ont été dans l'impossibilité de louer le bien litigieux, des travaux importants de remise en état étant nécessaires à la suite des nombreuses infiltrations d'eaux affectant leur habitation. Il résulte de l'instruction que les requérants ont acheté leur appartement le 22 septembre 2017 dans le but de l'occuper jusqu'au mois de juin 2018 puis de le louer. Au mois de mars 2018, leur logement a cependant subi d'importantes infiltrations d'eau, celui-ci devenant inhabitable le 5 octobre 2018 malgré la réalisation de certains travaux d'étanchéité. Il ressort ainsi de ces éléments que le logement litigieux a uniquement fait l'objet d'une occupation par M. D et Mme B, la location du bien n'ayant jamais été mise en œuvre. Il suit de là que cet appartement ne peut être regardé comme ayant été normalement destiné à la location au sens des dispositions du I de l'article 1389 du code général des impôts et susceptible de bénéficier d'un dégrèvement de la part de l'administration. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander la décharge de la taxe foncière 2022.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D et Mme B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et Mme B et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
L. HAMON
La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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