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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301196

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301196

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301196
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationAide sociale

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2023, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var ne lui a accordé qu'une remise partielle d'un indu de prime d'activité (d'un montant initial de 1088,14 euros), à hauteur de la somme de 544,07 euros pour la période du 1er janvier 2022 au 31 avril 2023 ;

2°) la remise totale de sa dette de prime d'activité.

Il doit être regardé comme soutenant d'une part, qu'il est de bonne foi dès lors qu'il a toujours déclaré exactement sa situation et ses ressources auprès de la caisse d'allocations familiales, d'autre part, que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2023, la CAF du VAR, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que M. C n'est pas dans une situation de précarité qui permettrait de justifier la remise totale de l'indu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les observations de Mme A, pour la caisse d'allocations familiales du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Mme A pour la CAF du Var, à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est allocataire de la prime d'activité dans le département du Var depuis le mois d'octobre 2020. Suite à la réception de ses bulletins de salaire pour l'année 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var lui a notifié un indu de prime d'activité de 1088, 14 euros pour la période du 1er avril 2022 au 31 janvier 2023. Par un courrier du 4 mars 2023, M. C a formé un recours gracieux contre cette décision auprès de la CAF du Var demandant la remise totale de cette dette. Dans une décision du 28 mars 2023, la CAF du Var lui a accordé une remise partielle de l'indu en cause pour un montant de 544,07 euros. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 28 mars 2023 en tant qu'elle laisse à sa charge un indu de 544,07 euros.

Sur la demande de remise de dette :

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

4. M. C doit être regardé comme soutenant que sa situation familiale et financière ne lui permet pas de rembourser l'indu de prime d'activité qui reste à sa charge, compte tenu, notamment, des frais de loyer s'élevant à plus de 350 euros mensuels, de la pension alimentaire à verser chaque mois pour un montant de 205 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C percevait début 2023, un salaire net moyen de 1400 euros et des prestations de 64 euros environ. Dans ces conditions, M. C ne justifie pas se trouver dans une situation de précarité telle qu'il serait dans l'incapacité de rembourser l'indu restant à sa charge. Par suite, et même si sa bonne foi n'est pas remise en cause, il n'est pas fondé à solliciter du tribunal qu'il lui accorde la remise totale de la somme de 544,07 euros restant à sa charge.

5. Si M. C a entendu contester en outre le bien-fondé de l'indu de prime d'activité, ce moyen est inopérant au soutien des conclusions de la requête qui tendent à obtenir la remise de l'indu restant à sa charge et non l'annulation de l'indu en cause.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. D

La greffière,

Signé

G. GUTH

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

N°2301196

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