mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301328 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Aide sociale |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 avril 2023, Mme E B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de la caisse d'allocations familiales du Var du 18 avril 2023 par laquelle lui a été refusé une remise de dette pour indu de prime d'activité d'un montant de 406,93 euros pour la période du 1er février 2020 au 28 février 2023 ;
2°) de lui accorder une remise gracieuse totale de cette dette.
Elle soutient que sa situation est précaire.
Par un mémoire enregistré le 27 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales du Var, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que Mme B n'est pas de bonne foi et que sa situation n'est pas précaire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C D ;
- et les observations de Mme A, représentant la caisse d'allocations familiales du Var.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Mme A, pour la CAF du Var, à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Madame B a fait une demande de prime d'activité le 1er janvier 2016. Elle a bénéficié de cette prestation en fonction de ses déclarations trimestrielles de ressources (DTR). Le 30 décembre 2022, un contrôle de ses ressources est mis en œuvre. Le 21 mars 2023, un indu de prime d'activité d'un montant de 406,93 euros est notifié à Mme B pour la période du 1er février 2020 au 28 février 2023. Le 23 mars 2023, Madame B demande, à la caisse d'allocations familiales du Var, une remise de dette qui lui est refusée par un courrier du 18 avril 2023.Dans la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant la remise de la dette en cause.
2.Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. " Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'allocation, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4.D'une part, il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité a pour origine des omissions déclaratives de Mme B qui n'a pas déclaré les rentes maladies professionnelles perçues trimestriellement depuis décembre 2020 ni les salaires perçus de novembre 2021 au 31 janvier 2023 avec exactitude. Dans la présente instance, Mme B n'apporte aucune explication sur ses omissions déclaratives. Par suite, elle ne saurait être regardée comme étant de bonne foi.
5.D'autre part, Mme B soutient qu'elle vit seule avec un salaire modeste et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. Il résulte des bulletins de salaires qu'elle produit que son salaire mensuel net s'élevait à 1160 euros au printemps 2023, avec une charge de loyer de 565 euros, selon ses déclarations. Elle indique en outre que la caisse d'allocations familiales du Var a suspendu l'ensemble de ses aides sociales. Toutefois, la CAF fait valoir dans son mémoire en défense, sans être contredite, que les droits de prime d'activité et d'aide au logement n'ont pas été suspendus mais ont fait l'objet de retenues, destinées au remboursement du trop-perçu d'indu de prime d'activité, effectuées avant la communication du recours à la caisse d'allocations familiales du Var, et que le solde de l'indu s'élève, à la date de l'enregistrement du mémoire, le 27 octobre 2023 à 149,58 euros. Enfin, si Mme B indique dans ses écritures et en particulier dans la régularisation de sa requête enregistrée le 31 mai 2023, qu'elle a déménagé pour un logement moins conséquent, elle n'a communiqué aucune pièce justifiant du loyer dont elle doit s'acquitter. Dans ces conditions, Mme B ne peut pas être regardée comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait pas rembourser la somme de 149,58 euros, le cas échéant en demandant un échéancier à la CAF du Var.
6.Il résulte de ce qui précède que Mme B ne remplit pas les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité pour obtenir la remise de la somme restant à sa charge au titre de l'indu de prime d'activité. Par suite, la demande de Mme B tendant à ce que le tribunal lui accorde la remise totale de sa dette doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B doit être rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme E B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie de la présente décision sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La présidente du tribunal,
Signé
M. DLa greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ le Greffier en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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