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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2301717

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2301717

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2301717
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationAide sociale

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la demande de Mme A tendant à obtenir la remise gracieuse d’un indu de prime d’activité de 976,46 euros, notifié par la CAF du Var. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité pour solliciter l’annulation de la décision de refus du 9 mai 2023. Le tribunal a constaté que si la bonne foi de Mme A n’était pas contestée, ses ressources mensuelles (environ 1 600 à 2 100 euros de salaire et 200 euros de pension alimentaire) ne la plaçaient pas dans une situation de précarité justifiant une remise de dette. En application des articles L. 845-3 et R. 846-5 du code de la sécurité sociale, le tribunal a jugé que les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité n’étaient pas remplies, rejetant ainsi la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 31 mai 2023, le 16 juin 2023 et le 26 juin 2023 Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 mai 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a rejeté sa demande tendant à la remise d'une dette de prime d'activité (IM1 001), d'un montant initial de 976,46 euros ;

2°) de lui accorder la remise totale de sa dette de prime d'activité (IM1 001).

Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales du Var conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la bonne foi de l'intéressée n'est pas remise en cause ;

- la requérante n'est pas dans une situation de précarité telle qu'elle se trouverait dans l'impossibilité de rembourser sa dette ;

- les retenues effectuées sur ses prestations sociales afin de rembourser son trop-perçu sont conformes aux dispositions de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de Mme Doumergue ;

-les observations de Mme C pour la CAF du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée après les observations de Mme C, pour la CAF du Var, à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1.Mme A, à qui la caisse d'allocations familiales du Var a notifié un indu de prime d'activité (IM1 001), d'un montant de 976,46 euros, a demandé la remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 9 mai 2023, la caisse d'allocations familiales du Var a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, Mme A demande la remise de cette dette.

2.Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3.Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4.Au cas d'espèce, Mme A ayant reconnu avoir commis une erreur dans ses déclarations trimestrielles de ressources et ayant rectifié cette erreur, sa bonne foi n'est pas remise en cause. Par ailleurs, elle doit être regardée comme soutenant se trouver en situation de précarité au motif qu'elle assumerait seule la charge de ses deux enfants et ne percevrait une pension alimentaire que de façon aléatoire. Il résulte de l'instruction et des pièces produites par l'intéressée, qu'elle est employée par la société La Poste pour un salaire mensuel de 1537 euros en mars 2023, de 1557 euros en avril 2023 et de 2 131 euros en mai 2023 pour un loyer de 663 euros, duquel il faut déduire 68 euros d'APL versé par la CAF au bailleur. Dans son courrier enregistré le 20 août 2024, Mme A indique, sans produire les pièces justificatives correspondantes, qu'elle perçoit mensuellement un salaire de 1605 euros net et une pension alimentaire de 200 euros pour un total de charges mensuelles (loyer et charges, assurances, EDF-GDF, frais de cantine et de périscolaire) chiffrées à 1338,95 euros. Lors de l'audience, la CAF a produit la déclaration de ressources renseignée par Mme A pour les mois de décembre 2023 à février 2024, de laquelle il résulte qu'elle a perçu, à titre de salaires, respectivement les sommes de 1 974 euros, 2100 euros et 1 905 euros ainsi que 220 euros de pension alimentaire au titre du mois de janvier et de février 2024. Dans ces conditions, Mme A, malgré les difficultés dont elle fait état, ne peut pas être regardée comme se trouvant en situation de précarité à la date du présent jugement. Par suite, faute de remplir les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité, la remise de dette sollicitée par Mme A doit être rejetée.

D E C I D E:

Article 1er: La requête de Mme A doit être rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. DOUMERGUELa greffière,

Signé

G. GUTH

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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