lundi 15 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2301851 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2023, la société à responsabilité limitée Trissima, représentée par M. B A du cabinet d'expertise comptable A et experts associés, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle est bénéficiaire à hauteur de 15 515 euros pour la période du 1er au 30 juin 2022.
Elle soutient qu'elle a produit tous les justificatifs nécessaires en vue d'établir la réalité du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle dispose.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la société n'est pas représentée par un mandataire dûment habilité ;
- à titre subsidiaire, le moyen soulevé n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bernabeu ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 février 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) Trissima a déposé une déclaration rectificative de taxe sur la valeur ajoutée au titre de juin 2022 et demandé le remboursement du crédit de cette taxe y figurant à hauteur de 15 515 euros. Dans le cadre de l'instruction de cette demande, le service des impôts des entreprises de Fréjus lui a adressé plusieurs courriers en date des 28 février, 23 mars et 20 avril 2023 afin d'obtenir des renseignements et notamment des pièces justificatives. Le service estimant ne pas disposer des pièces justificatives suffisantes, sa demande de remboursement a été rejetée par décision du 2 mai 2023. Par sa requête, la société à responsabilité limitée Trissima, représentée par M. B A du cabinet d'expertise comptable A et experts associés, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle s'estime bénéficiaire à hauteur de 15 515 euros.
2. Aux termes de l'article R. 200-2 du livre des procédures fiscales : " Par dérogation aux dispositions des articles R. 431-4 et R. 431-5 du code de justice administrative, les requêtes au tribunal peuvent être signées d'un mandataire autre que ceux qui sont mentionnés à l'article R.431-2 du même code. En ce cas, les dispositions de l'article R. 197-4 du présent livre sont applicables ". Aux termes de l'article R. 197-4 de ce livre : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qu'il autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte. Toutefois, il n'est pas exigé de mandat des avocats inscrits au barreau ni des personnes qui, en raison de leurs fonctions ou de leur qualité, ont le droit d'agir au nom du contribuable. Il en est de même si le signataire de la réclamation a été mis personnellement en demeure d'acquitter les impositions mentionnées dans cette réclamation ". Il résulte de ces dispositions que les requêtes introduites devant le tribunal administratif peuvent être signées d'un mandataire autre que les avocats, lequel doit justifier d'un mandat régulier.
3. Il résulte de l'instruction que la requête présentée au nom de la société Trissima, tendant au remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée dont elle se dit bénéficiaire à hauteur de 15 515 euros, a été présentée par M. B A du cabinet d'expertise comptable A et experts associés. Dans son mémoire enregistré le 17 novembre 2023, mis à disposition du cabinet précité le 21 novembre 2023 et réputé lu deux jours ouvrés après cette transmission en application de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, le directeur départemental des finances publiques du Var a opposé la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête est présentée par une personne qui ne justifie pas d'un mandat lui permettant d'agir en justice au nom de la société Trissima. A défaut de production d'un mandat régulier pour agir au nom de cette société, les conclusions aux fins de remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée en litige sont irrecevables et la fin de non-recevoir opposée à ce titre doit ainsi être accueillie.
4. Dès lors, sans qu'il soit besoin d'examiner le bien-fondé de l'unique moyen invoqué, la requête de la société Trissima doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Trissima est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Trissima et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 25 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, première conseillère,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. BERNABEUL'assesseur le plus ancien,
Signé
F. CROS
La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne à la ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière
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