Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2302055

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2302055
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 1902367 du 5 juillet 2021, le tribunal administratif de Toulon a annulé la décision du 12 avril 2019 par laquelle la ministre de la justice a rejeté la demande de M. B tendant à la reprise des services qu'il avait effectués du 1er octobre 2009 au 28 septembre 2015 en qualité d'adjoint à la sécurité au ministère de l'intérieur pour le calcul de son ancienneté dans le corps des surveillants pénitentiaires.

Par une demande, enregistrée le 1er mai 2023, M. D B demande au tribunal de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1902367 du 5 juillet 2021.

Par une ordonnance en date du 29 juin 2023, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bernabeu, présidente-rapporteure ;

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. D'une part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, si la décision dont l'exécution lui est demandée prescrit déjà les mesures qu'implique nécessairement cette décision, d'en préciser la portée dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.

3. D'autre part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du même code d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.

4. Par un jugement n° 1902367 du 5 juillet 2021, le tribunal administratif de Toulon a annulé la décision du 12 avril 2019 par laquelle la ministre de la justice a rejeté la demande de M. B tendant à la reprise des services qu'il avait effectués du 1er octobre 2009 au 28 septembre 2015 en qualité d'adjoint à la sécurité au ministère de l'intérieur pour le calcul de son ancienneté dans le corps des surveillants pénitentiaires. Ce jugement, devenu définitif, a été notifié le 7 juillet 2021 au garde des sceaux, ministre de la justice. Par un courrier enregistré au greffe le 1er mai 2023, M. B a demandé au tribunal l'exécution de ce jugement. Le tribunal a alors ouvert une phase administrative, puis une procédure juridictionnelle de l'exécution du jugement concerné.

5. A la date de la présente décision, le garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a produit aucune observation, n'a pas pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement du 5 juillet 2021, lesquelles impliquent nécessairement la reconstitution de la carrière de M. B dans le corps des surveillants pénitentiaires et le versement des rappels de traitement auxquels il a droit à raison de cette reconstitution.

6. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à la reconstitution de la carrière de M. B en prenant en compte les services que ce dernier avait effectués du 1er octobre 2009 au 28 septembre 2015 en qualité d'adjoint à la sécurité au ministère de l'intérieur pour le calcul de son ancienneté dans le corps des surveillants pénitentiaires, d'une part, et de lui verser les rappels de traitement correspondants, d'autre part, sans qu'il soit nécessaire à ce stade d'assortir ces prescriptions d'une astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à la reconstitution de la carrière de M. B en prenant en compte les services que ce dernier avait effectués du 1er octobre 2009 au 28 septembre 2015 en qualité d'adjoint à la sécurité au ministère de l'intérieur pour le calcul de son ancienneté dans le corps des surveillants pénitentiaires, d'une part, et de lui verser les rappels de traitement correspondants, d'autre part.

Article 2 : Le garde des sceaux, ministre de la justice, communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 1902367 du 5 juillet 2021.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 3 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente-rapporteure,

- M. A et M. C, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

M. BERNABEUL'assesseur le plus ancien,

Signé

F. A

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.