lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2302336 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DE LA GRANGE & FITOUSSI AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juillet 2023, M. B A représenté par Me Andrac demande la condamnation de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser, en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge par le centre hospitalier de la Dracénie :
1°) une provision de 50 000 euros ;
2°) une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Les suites opératoires sont marquées par une très forte dégradation de l'oreille interne ;
- les préjudices subis entrent dans le champ d'intervention de l'ONIAM ;
Par un mémoire enregistré le 4 août 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représentés par la Selarl De La Grange et Fitoussi Avocats agissant par Me Fitoussi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les préjudices subis n'atteignent pas les seuils prescrits pour sa mise en cause.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 25 octobre 1988, militaire, a présenté une vive douleur de l'oreille droite lors d'un vol en avion le 7 février 2019. A son arrivée à Gao (Mali), une perforation tympanique droite secondaire à un barotraumatisme a été diagnostiquée. Il a alors été rapatrié à l'Hôpital d'Instruction des Armées de Percy, où le bilan a permis de confirmer cette perforation. Le 13 mars 2019, un scanner de l'oreille aurait retrouvé un début de cholestéatome. Le 11 avril 2019, lors d'une consultation au sein de l'Hôpital d'Instruction des Armées Sainte Anne, il a été noté un cholestéatome avec une rétractation tympanique de toute la partie postérieure du côté droit, avec une surdité et des acouphènes. M. A a ainsi été opéré le 17 mai 2019 au sein du Centre Hospitalier de Draguignan pour suspicion de cholestéatome de l'oreille droite. Dans le même temps opératoire, il a été procédé à l'exérèse du cholestéatome et à une tympanoplastie avec mise en place d'une prothèse auditive totale métallique. Les suites ont été marquées par une dégradation de l'oreille interne. M. A a sollicité l'avis du Professeur D, selon lequel le scanner du 13 mars 2019 ne montrait pas d'éléments en faveur d'un cholestéatome. En outre, il considère que la mise en place d'une prothèse auditive en titane, qui engendre une inaptitude définitive à la profession militaire, sans information du patient, constituerait un défaut d'information. A compter du 5 août 2019, la perte auditive s'est aggravée et un audiogramme pratiqué a objectivé une perte auditive moyenne de l'oreille droite à 61 décibels avec une importante labyrinthisation. Le 14 août 2019, il a été noté une perte complète de l'audition de l'oreille droite. La pose de cette prothèse auditive rendrait ainsi inapte le requérant à la poursuite de son activité militaire.
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
3. Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision qu'il peut allouer n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24%. Un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale présente également le caractère de gravité mentionné à l'article L. 1142-1 lorsque la durée de l'incapacité temporaire de travail résultant de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale est au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois. A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ".
5. Il résulte des dispositions précitées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.
6. Il résulte de l'instruction que le Docteur C, expert judiciaire, a évalué le déficit fonctionnel permanent (DFP) de M. A à 10%. Le Docteur E, expert CCI, a évalué le déficit fonctionnel permanent (DFP) à 16%. S'assisant du déficit fonctionnel temporaire, l'Expert judiciaire a retenu un DFT total de 1 jour, un DFT partiel de 15% du 24 mai 2019 jusqu'à la date de consolidation (16 juin 2021). L'Expert CCI a quant à lui retenu un DFT total de 1 jour, un DFT partiel de classe II du 24 mai 2019 au 16 juin 2021. Le déficit fonctionnel temporaire, tel qu'il a été évalué par les deux experts, n'atteint donc pas le seuil de gravité exigé par les textes (6 mois de déficit fonctionnel temporaire partiel à plus de 50% sur une période de 12 mois).
7. Il résulte de ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, les préjudices en lien avec la complication en cause n'atteignent pas les seuils de gravité exigés pour justifier une indemnisation par la solidarité nationale. Par suite, la requête de M. A ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance est déclarée commune à la caisse nationale militaire de sécurité sociale.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et des infections nosocomiales et à la caisse nationale militaire de sécurité sociale.
Fait à Toulon, le 5 août 2024.
Le Vice-président
Juge des référés,
Signé
Ph Harang
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2302336
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026