jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303151 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | ANDREANI - HUMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2023 et un mémoire enregistré le 18 mars 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 août 2023 par laquelle Pôle emploi Provence Alpes Côte d'Azur a radié Mme B de la liste des demandeurs d'emploi à partir du 17 août 2023 pour une durée d'un mois ;
2°) d'enjoindre à France travail Provence-Alpes-Côte d'Azur de lui verser les allocations d'aide au retour à l'emploi dont elle a été privée à partir du 17 août 2023, pour une durée d'un mois.
Elle soutient que :
- la décision de radiation est irrégulière car elle n'a pas été notifiée à la bonne adresse ;
- la décision de radiation n'est pas fondée car elle a effectué les démarches nécessaires en vue de retrouver un emploi.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2024, France travail PACA, représenté par Me Andreani, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de l'irrégularité de la notification de la décision de radiation est inopérant ;
- la décision de radiation est fondée au regard de l'insuffisance des actions menées par Mme B en vue de retrouver un emploi.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C
- et les observations de Me Sauret, substituant Me Andreani, représentant France travail PACA.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Madame B a été inscrite à plusieurs reprises sur la liste des demandeurs d'emploi de France travail PACA entre le 2 février 2010 et le 17 septembre 2023. Le 19 juillet 2023, les services de Pôle emploi ont initié un contrôle de sa recherche d'emploi. Par courrier du 2 août 2023, un avertissement avant sanction lui a été adressé. Par courrier du 17 août 2023, Pôle emploi a décidé sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi, ainsi que la suppression de ses allocations d'aide au retour à l'emploi, pour une durée d'un mois. Mme B a contesté cette décision de radiation auprès de Pôle emploi. Le 1er septembre 2023, France travail PACA a confirmé la décision de radiation. Le 14 septembre 2023, Mme B a saisi le médiateur de France travail qui a mis fin à la procédure de médiation le 27 septembre 2023. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision de de radiation et de suspension de l'allocation d'aide au retour à l'emploi prise le 1er septembre 2023.
2. Par l'effet du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R5412-8 du code du travail, la décision du directeur de Pôle Emploi du 1er septembre 2023 s'est substituée à celle du 17 août 2023 qui a disparu de l'ordonnancement juridique. Dès lors, les conclusions de Mme B doivent être regardées comme uniquement dirigées contre la décision de France travail PACA du 1er septembre 2023 et les moyens tirés des vices propres dont serait entachée la décision du 17 août 2023 doivent être écartés en tout état de cause comme inopérants.
3.En second lieu, aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi ". Aux termes de l'article L. 5411-6 du code du travail : " Le demandeur d'emploi immédiatement disponible pour occuper un emploi est orienté et accompagné dans sa recherche d'emploi par Pôle emploi. Il est tenu de participer à la définition et à l'actualisation du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1, d'accomplir des actes positifs et répétés de recherche d'emploi et d'accepter les offres raisonnables d'emploi telles que définies aux articles L. 5411-6-2 et L. 5411-6-3 ". Aux termes de l'article L. 5412-1 de ce code : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'État, la personne qui : 1° Soit ne peut justifier de l'accomplissement d'actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ; () ". Aux termes de l'article R. 5411-11 du même code : " Sous réserve des dispenses prévues à l'article L. 5411-8 et au deuxième alinéa de l'article L. 5421-3, le demandeur d'emploi immédiatement disponible accomplit de manière permanente, tant sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, en particulier dans le cadre du projet personnalisé d'accès à l'emploi prévu à l'article L. 5411-6-1, que de leur propre initiative, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise. ()". Aux termes de l'article L 5421-3 dudit code : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent, à leur initiative ou sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise ". Et aux termes de l'article R. 5412-1 de ce code dans sa version applicable au litige : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1et L. 5412-2 ".
4.Il est constant que Mme B est titulaire d'un diplôme de product manager, niveau master II depuis janvier 2020 et recherche un emploi pour exercer les fonctions de chef de produite digital/product manager. Il résulte de l'instruction que dans le questionnaire du contrôle de recherche d'emploi que lui adressé Pôle emploi le 19 juillet 2023, Mme B a indiqué en réponse le lendemain, qu'elle déposait une à deux candidatures par mois et a produit quatre justificatifs de sa recherche d'emploi sur la période du 30 mai au 13 juin 2023. Pour contester la décision de radiation de la liste des demandeurs pendant un mois prise à son encontre, Mme B fait valoir qu'elle a transmis une vingtaine de justificatifs de ses recherches d'emploi. Quatre de ces recherches concernent les démarches dont elle faisait état dans la réponse au questionnaire, tandis que les autres ont été effectuées du 29 juillet au 29 août 2023, certes avant la décision de sanction mais après la procédure de contrôle initiée par Pôle emploi. Toutefois, Mme B fait valoir en cours d'instance, pièces justificatives à l'appui, et sans être contredite, qu'elle a envoyé 17 candidatures entre le 15 mars et le 18 mai 2023. Ainsi, entre le 15 mars et le 13 juin 2023, Mme B justifie avoir adressé 21 candidatures. Dans ces conditions et ainsi qu'elle le fait valoir, Mme B doit être regardée comme justifiant d'actes positifs et répétés en vue de trouver un emploi au sens des dispositions citées à l'article R5411-11 du code du travail. Par suite la décision de radiation temporaire de Mme B de la liste des demandeurs d'emploi et de suppression de son allocation pour une durée d'un mois, prise par Pôle emploi est entachée d'une erreur d'appréciation. Il y a lieu dès lors de l'annuler.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il appartient au juge administratif, après avoir annulé la sanction de radiation, de fixer alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressée et en la renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
6. Compte tenu du motif d'annulation énoncé précédemment, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que France travail tire les conséquences de cette annulation et procède à la réinscription de Mme B sur la liste des demandeurs d'emploi pour une période d'un mois à compter du 17 août 2023, date de sa radiation. Par suite, France travail devra procéder à cette réinscription dans un délai de deux mois à compter de la date de la notification du présent jugement. Il lui incombera également d'informer les organismes gestionnaires du régime d'assurance chômage de cette réinscription en les invitant à régulariser les droits éventuels de l'intéressée au versement des allocations de chômage.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de France travail PACA du 1er septembre 2023, portant radiation de Mme B de la liste des demandeurs d'emploi, pour une durée d'un mois à compter du 17 août 2023, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à France Travail de procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement à la réinscription de Mme B sur la liste des demandeurs d'emploi, pour un mois, à compter du 17 août 2023, et d'informer les organismes gestionnaires du régime d'assurance chômage de cette réinscription en les invitant à régulariser les droits éventuels de l'intéressée au versement des allocations de chômage.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie de la présente décision sera transmise à France Travail PACA.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. C La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/ le Greffier en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026