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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2303232

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2303232

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2303232
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationAide sociale

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 octobre 2023 et le 2 novembre 2023, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 12 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var (CAF) ne lui a accordé qu'une remise gracieuse partielle de 1010,54 euros sur un indu de prime d'activité d'un montant total de 2021,07 euros, pour la période de décembre 2020 à février 2022.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi, qu'elle ne comprend pas les raisons de cet indu et qu'elle se trouve dans une situation de précarité l'empêchant de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2024, la caisse d'allocations familiales du var conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que Mme B n'est pas en situation de précarité justifiant la remise totale de l'indu de revenu de prime d'activité.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente, juge statuant seule, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Doumergue,

- et les observations de Mme A, représentant la CAF du Var.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après les observations de Mme A, pour la CAF du Var, à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est enregistrée en tant qu'auto-entrepreneur depuis le 1er juin 2020. Elle a formé une demande de revenu de solidarité active le 19 mars 2020. Par cette demande, la CAF du Var a, également, étudié son droit à la prime d'activité. En fonction de ses déclarations trimestrielles de ressources, Mme B a bénéficié de la prime d'activité à compter du mois de décembre 2020. Le 10 juin 2022, Mme B a été informée qu'elle était redevable d'un indu de prime d'activité et de revenu de solidarité active de 2 903,07 euros pour la période du 1er décembre 2020 au 28 février 2022. Par décision du 17 février 2023, la commission de recours amiable de la CAF du Var a rejeté le recours de Mme B contre l'indu de prime d'activité. Le 8 août 2023, cette dernière a sollicité une remise gracieuse de l'indu de prime d'activité, qui lui a été accordé partiellement pour un montant de 1 010, 54 euros le 12 septembre 2023. Dans la présente requête, Mme B conteste la décision du 12 septembre 2023 en tant qu'elle ne lui accorde qu'une remise partielle de l'indu de prime d'activité et doit être regardée comme demandant la remise totale de cet indu.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.

4. D'une part, il est constant que la bonne foi de Mme B n'est pas remise en cause par la CAF du Var. D'autre part, Mme B fait valoir que sa situation financière est difficile et ne lui permet pas de rembourser la somme qui reste à sa charge, après remise partielle. De son côté, la CAF du Var se borne à faire fait valoir qu'en 2021, l'intéressée qui vivait seule avec une enfant à charge, disposait de ressources mensuelles moyennes de 2 336 euros, avec une charge de logement de 790 euros, alors qu'il résulte de l'instruction, et en particulier des pièces annexées à la régularisation de sa requête le 2 novembre 2023, que pour l'année 2023, Mme B a déclaré un chiffre d'affaires de 8 105 euros à l'URSAF pour six mois, mois d'avril à septembre 2023, et a produit des pièces selon lesquelles ses charges mensuelles s'élèvent à 2 200 euros, et des relevés bancaires présentant des soldes débiteurs en juillet, août et octobre 2023. Dans ces conditions, Mme B doit être regardée comme justifiant d'une situation de précarité. Par suite, les conditions cumulatives de bonne foi et de précarité étant remplies, il y a lieu d'accorder à Mme B la remise totale de la dette restant à sa charge après remise partielle.

D E C I D E:

Article 1er: La décision du 12 septembre 2023 est annulée et il est accordé à Mme B la remise totale de la dette de prime d'activité restant à sa charge.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La présidente-rapporteure,

Signé

Mme DOUMERGUELa greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

P/ la greffière en chef,

La greffière,

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