jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2303325 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Aide sociale |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 octobre 2023 et un mémoire enregistré le 20 octobre 2023 Mme E B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 août 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Var a refusé de lui accorder une remise totale de dette de prime d'activité d'un montant initial de 2886, 60 euros pour la période du 1er novembre 2021 au 31 janvier 2023 ;
2°) de lui accorder la remise de dette de prime d'activité.
Elle soutient que :
- la prime d'activité lui a été accordée par erreur ;
- elle a toujours été de bonne foi, notamment en déclarant la situation de travailleur indépendant de son compagnon ;
- elle se trouve dans une situation de précarité ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, la caisse d'allocations familiales du Var, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que Madame B ne peut être regardée comme de bonne foi et n'est pas dans une situation de précarité qui permettrait de justifier la remise totale de l'indu.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique, ainsi que les observations de Mme A, pour la CAF du Var.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience après les observations de Mme A pour la CAF du Var.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, personne seule avec un enfant à charge s'est vu octroyer le bénéfice de la prime d'activité suite à sa demande présentée le 4 septembre 2016, calculée alors sur ses seuls revenus. Elle a ensuite informé la CAF du Var qu'elle vivait en couple depuis novembre 2019 et a déclaré les revenus de son compagnon, tantôt comme indemnités de chômage, salaires, et comme revenus issus d'une activité commerciale, lesquels ont alors bénéficié d'un abattement pour le calcul de la prime d'activité. Après vérification de sa situation, par une décision du 27 avril 2023, la CAF du Var a notifié à Mme B un indu de prime d'activité pour la période du 1er novembre 2021 au 31 janvier 2023, pour un montant de 2 886,60 euros. Le 17 mai 2023, Mme B a exercé un recours administratif pour obtenir la remise de l'indu en cause. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 29 août 2023 par laquelle le directeur de la CAF du Var a refusé de lui accorder une remise totale de l'indu restant à sa charge et de lui accorder la remise totale de cet indu.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
4. La CAF du Var considère que Mme B ne se trouve pas dans une situation de précarité en relevant que pour l'année 2021, le couple disposait d'une assiette de ressources de 69 303 euros. Toutefois, la situation de précarité de la requérante doit s'apprécier à la date à laquelle le juge statue. Or, Mme B fait valoir et justifie que le PACS qui l'unissait à M. C a été rompu le 25 septembre 2023 et qu'elle ne dispose plus désormais que de son seul salaire pour élever son fils né en 2012, dont elle a la garde alternée. Toutefois, il résulte de l'instruction que le salaire net qu'elle perçoit s'élève à 1 628,18 euros net mensuel selon les termes du bulletin de salaire de septembre 2023. Par ailleurs, Mme B est co-propriétaire du logement qu'elle occupe et n'a donc pas de charge de loyer. Elle ne fait pas état ni ne justifie supporter de charges d'emprunt à acquitter pour ce logement. Enfin, si elle indique que ce logement va être vendu suite à la séparation de son couple et va l'obliger à exposer de nouvelles dépenses pour se loger et se meubler, cette circonstance n'est, à la date de la présente décision qu'éventuelle. Au demeurant, la vente de ce logement pourrait l'assurer d'une prochaine rentrée d'argent. Ainsi, Mme B ne justifie pas se trouver, à la date de la présente décision, dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'incapacité de rembourser l'indu de prime d'activité mis à sa charge. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa bonne foi, Mme B n'est pas fondée à solliciter du tribunal qu'il lui accorde la remise de sa dette de prime d'activité.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La présidente-rapporteure,
Signé
M. D
La greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
N°2303325
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