Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2303722

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2303722
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantCGCB & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 novembre 2023 et 16 mai 2024, la société en nom collectif (SNC) Le Cercle Naval, représentée par Me Donniou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du conseil communautaire de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez du 21 juin 2023 approuvant la modification n°1 du schéma de cohérence territoriale (SCOT) du Golfe de Saint-Tropez, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 20 septembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez une somme de 3 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est propriétaire d'un terrain sur le territoire de la commune de Saint-Tropez et justifie donc d'un intérêt à agir à l'encontre de la délibération en litige ;

- la procédure de révision aurait dû être retenue et non la procédure de modification du SCOT, en application des dispositions de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme ; la délibération du 21 juin 2023 impacte plusieurs des objectifs du document d'orientation et d'objectifs (DOO) relevant de l'article L. 141-10 du code de l'urbanisme ; cette modification approuvée le 21 juin 2023 a opéré des changements significatifs portant sur des catégories d'objectifs et orientations visées à l'article L. 141-1 du code de l'urbanisme ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 143-32 du code de l'urbanisme car la section régionale de conchyliculture n'a pas été consultée préalablement à l'enquête publique ;

- l'étude environnementale réalisée dans le cadre de cette modification, qui a complété l'étude environnementale réalisée dans le cadre du SCOT approuvé en 2019, analyse insuffisamment les incidences du projet sur l'environnement ; la mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) a constaté, dans son avis du 8 décembre 2022, que l'insuffisance de l'évaluation environnementale initiale n'avait pas été corrigée ; cette insuffisance est problématique car 72 % du territoire du SCOT est couverte par des espaces naturels et forestiers ;

- le SCOT n'est pas compatible avec le schéma régional d'aménagement de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET), en méconnaissance des dispositions de l'article L. 131-1-2 du code de l'urbanisme ;

- le SCOT méconnaît les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme, car l'équilibre entre la protection de l'environnement et le renouvellement urbain, et la satisfaction des besoins en termes de mixité sociale, n'est pas respecté ; le site de l'ancien hippodrome de Cogolin, dit A, n'est pas préservé car le DOO du SCOT le désigne comme un espace littoral de développement urbain stratégique ; en outre, le SCOT classe la totalité du territoire de la commune de Saint-Tropez en espaces proches du rivage, annihilant ainsi les possibilités de renouvellement urbain au profit de la protection de l'environnement ;

- le DOO est en contradiction avec le projet d'aménagement et de développement durables (PADD) du SCOT, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-5 du code de l'urbanisme ; le site A de Cogolin est identifié dans le DOO comme un espace littoral stratégique de développement alors que le PADD prévoit d'assurer une protection particulière et une valorisation de cet espace pour améliorer la biodiversité ; la commune de Saint-Tropez est identifiée par le PADD comme un des 3 pôles majeurs du territoire couvert par le SCOT, alors que le DOO classe la vieille-ville de Saint-Tropez en espace littoral sensible devant faire l'objet d'une protection particulière ;

- le classement de la parcelle cadastrée section AH n° 49 en espace proche du rivage est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, cette parcelle n'étant pas située en co-visibilité avec le rivage ; le tracé des espaces proches du rivage sur la commune de Saint-Tropez est trop éloigné du rivage car dans ces zones, il n'y a pas de co-visibilité avec la mer.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 avril 2024, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, représentée par Me Barbeau, conclut au rejet de la requête et demande à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce qu'il n'est pas établi que la société requérante serait propriétaire d'un terrain sur la commune de Saint-Tropez ;

- la requête est irrecevable en ce que la SNC Le Cercle Naval ne justifie pas d'une représentation en justice conforme à ses statuts ; ainsi, elle ne démontre pas avoir qualité à agir à l'encontre de la délibération en litige ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Un mémoire, enregistré le 6 juin 2024 et présenté par Me Barbeau pour la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la constitution, notamment la charte de l'environnement à laquelle renvoie son préambule ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :

- le rapport de M. Bailleux ;

- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;

- les observations de Me Marsaut, représentant la SNC Le Cercle Naval ;

- et les observations de Me Germe, représentant la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la procédure de modification :

1. Aux termes de l'article L. 143-24 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale est publié et transmis à l'autorité administrative compétente de l'Etat dans les conditions définies aux articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. Le schéma est exécutoire deux mois après sa transmission à l'autorité administrative compétente de l'Etat ". En outre, l'article L. 143-25 du même code dispose que : " Toutefois, dans ce délai de deux mois, l'autorité administrative compétente de l'Etat notifie par lettre motivée à l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 les modifications qu'il estime nécessaire d'apporter au schéma lorsque les dispositions de celui-ci : 1° Ne sont pas compatibles avec les prescriptions particulières prévues à l'article L. 122-26 et, en l'absence de celles-ci, avec les dispositions particulières aux zones de montagne et au littoral mentionnées à l'article L. 131-1 ; 2° Compromettent gravement les principes énoncés à l'article L. 101-2, sont contraires à un projet d'intérêt général, autorisent une consommation excessive de l'espace, notamment en ne prévoyant pas la densification des secteurs desservis par les transports ou les équipements collectifs, ou ne prennent pas suffisamment en compte les enjeux relatifs à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques. Dans ce cas, le schéma ne devient exécutoire qu'après l'intervention, la publication et la transmission à l'autorité administrative compétente de l'Etat des modifications demandées ". L'article L. 143-29 de ce code dispose que : " Le schéma de cohérence territoriale fait l'objet d'une révision lorsque l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 envisage des changements portant sur : 1° Les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; 2° Les dispositions du document d'orientation et d'objectifs prises en application des articles L. 141-6 et L. 141-10 ; 3° Les dispositions du document d'orientation et d'objectifs relatives à la politique de l'habitat prises en application du 1° de l'article L. 141-12 ayant pour effet de diminuer l'objectif global concernant l'offre de nouveaux logements.". Aux termes de l'article L. 143-32 dudit code : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 143-29, le schéma de cohérence territoriale fait l'objet d'une procédure de modification lorsque l'établissement public prévu à l'article L. 143-16 décide de modifier le document d'orientation et d'objectifs ". Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L. 141-10 du code précité : " Au regard des enjeux en matière de préservation de l'environnement et des ressources naturelles, de prévention des risques naturels, de transition écologique, énergétique et climatique, le document d'orientation et d'objectifs définit : 1° Les objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain par secteur géographique ; 2° Les orientations en matière de préservation des paysages ainsi qu'en matière d'insertion et de qualité paysagères des activités économiques, agricoles, forestières et de production et de transport d'énergie, les espaces naturels, agricoles, forestiers ou urbains à protéger, notamment en raison de leur participation à l'amélioration du cadre de vie. Il précise la manière dont les paysages vécus et leurs composantes naturelles, historiques et socio-culturelles sont pris en compte dans les choix d'aménagements et veille à limiter les effets de saturation visuelle. Il transpose les dispositions pertinentes des chartes de parcs naturels régionaux à une échelle appropriée ; 3° Les modalités de protection des espaces nécessaires au maintien de la biodiversité et à la préservation ou à la remise en bon état des continuités écologiques et de la ressource en eau. Il peut identifier à cette fin des zones préférentielles pour la renaturation, par la transformation de sols artificialisés en sols non artificialisés ainsi que des zones propices à l'accueil de sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation ; 4° Les orientations qui contribuent à favoriser la transition énergétique et climatique, notamment la lutte contre les émissions territoriales de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques, l'accroissement du stockage de carbone dans les sols et les milieux naturels et le développement des énergies renouvelables, au sens de l'article L. 211-2 du code de l'énergie. Le document d'orientation et d'objectifs peut également identifier des zones d'accélération pour l'implantation d'installations terrestres de production d'énergies renouvelables arrêtées en application de l'article L. 141-5-3 du même code () ".

2. Premièrement, il est constant que la communauté de communes a décidé de procéder à une modification du SCOT approuvé le 2 octobre 2019, après avoir reçu le courrier du préfet du Var du 20 décembre 2019, qui a mis en œuvre les dispositions de l'article L. 143-25 du code de l'urbanisme, qui prévoient une modification du SCOT et non une révision.

3. Deuxièmement, la délibération litigieuse du 21 juin 2023 indique que les changements envisagés ne portent ni sur les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables (PADD), ni sur les dispositions du document d'orientation et d'objectifs (DOO) concernant les objectifs chiffrés de consommation économe de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain, les espaces et les sites naturels, agricoles, forestiers ou urbains à protéger, ni sur les modalités de protection des espaces nécessaires au maintien de la biodiversité et à la préservation ou à la remise en état des continuités écologiques, ni sur les dispositions du DOO relatives à la politique de l'habitat, si les changements ont eu pour effet de diminuer l'objectif global concernant l'offre de nouveaux logements ". Ainsi, la délibération du 21 juin 2023 en litige mentionne que la modification n° 1 approuvée s'inscrit en dehors du champ d'application des dispositions de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme, relatif à la révision du SCOT.

4. Troisièmement, la société requérante soutient que la délimitation des espaces proches du rivage (EPR) ayant été complétement bouleversée dans le cadre de la présente modification n° 1, en particulier sur les communes du Rayol-Canadel sur Mer, de Cavalaire, de la Croix-Valmer, de Ramatuelle, de Saint-Tropez et de Gassin, une révision était nécessaire, et non une simple modification. Sur ce point, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait d'abord valoir que la délimitation des EPR ressort de l'application des dispositions de l'article L. 121-13 du même code et non des orientations en matière de prévention des paysages prévues par les dispositions de l'article L. 141-10 du code de l'urbanisme, contrairement à ce que soutient la société requérante. Ensuite, cette communauté de communes fait valoir que l'objectif n° 8 du DOO relatif à une extension limitée de l'urbanisation à l'intérieur des EPR n'a pas été modifié par rapport au SCOT approuvé en octobre 2019. La communauté de communes fait valoir que si la délimitation des EPR a été modifiée, le régime de protection des paysages n'a quant à lui pas été affecté par la modification en litige.

5. Quatrièmement, la société requérante poursuit en soutenant que la délibération en litige a supprimé la coupure d'urbanisation du Vergeron sur la commune de La Croix-Valmer. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait cependant valoir sur ce point que, contrairement à ce que soutient la société requérante, la modification n°1 du SCOT approuvée le 21 juin 2023 n'a pas supprimé la coupure d'urbanisation de Vergeron. Il ressort en effet des pièces du dossier, en particulier de l'addendum à l'enquête publique, que cette coupure d'urbanisation avait été supprimée par le SCOT approuvé le 2 octobre 2019.

6. Cinquièmement, la SNC Le Cercle Naval indique enfin que l'objectif n° 26 du DOO relatif à la définition des modalités d'accueil du développement par extension et renouvellement urbain, qu'un nombre important de communes ou de secteurs a été supprimé de la qualification d'agglomérations existantes et des autres secteurs déjà urbanisés. Toutefois, la société requérante ne précise pas en quoi ces modifications entreraient dans le champ d'application de l'article L. 141-10 du code de l'urbanisme.

7. Sixièmement et dernièrement, la société requérante soutient que si une procédure de révision avait été mise en œuvre, la communauté de communes aurait dû réaliser une évaluation environnementale en bonne et due forme et le SCOT aurait dû être mis en compatibilité avec le SRADDET. Elle poursuit en soutenant que dans ce cas, le dossier aurait été plus intelligible, notamment pour un lecteur externe et profane. Toutefois, par ces arguments, la société requérante n'établit pas qu'une procédure de révision, en lieu et place de la procédure de modification qui a été mise en œuvre, aurait été rendue nécessaire.

8. Il ressort de ce qui a été exposé aux points 2 à 7 que la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'une procédure de révision aurait dû être mise en œuvre en lieu et place d'une procédure de modification, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 143-29 du code de l'urbanisme.

En ce qui concerne la concertation :

9. Aux termes de l'article L. 143-33 du code de l'urbanisme : " La procédure de modification est engagée à l'initiative du président de l'établissement public prévu à l'article

L. 143-16 qui établit le projet de modification. Avant l'ouverture de l'enquête publique ou avant la mise à disposition du public, le président de l'établissement public notifie le projet de modification à l'autorité administrative compétente de l'Etat et aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-8. () ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 132-7 du même code : " L'Etat, les régions, les départements, les autorités organisatrices prévues à l'article L. 1231-1 du code des transports, les établissements publics de coopération intercommunale compétents en matière de programme local de l'habitat, les collectivités territoriales ou les établissements publics mentionnés à l'article L. 312-3 du présent code, les établissements publics chargés d'une opération d'intérêt national ainsi que les organismes de gestion des parcs naturels régionaux et des parcs nationaux sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. Il en est de même des chambres de commerce et d'industrie territoriales, des chambres de métiers, des chambres d'agriculture et, dans les communes littorales au sens de l'article L. 321-2 du code de l'environnement, des sections régionales de la conchyliculture. Ces organismes assurent les liaisons avec les organisations professionnelles intéressées ".

10. En l'espèce, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez établit que la section régionale de conchyliculture a été saisie pour avis, et ce à deux reprises, le 3 août 2021 et le 3 septembre 2022. Il ressort en outre des pièces du dossier que la section régionale de conchyliculture a répondu par courriel en date du 6 septembre 2021 en indiquant qu'elle n'avait pas d'observations particulières à émettre. Par suite, la SNC Le Cercle Naval n'est pas fondée à soutenir que la délibération attaquée serait entachée d'un vice de procédure, faute pour le projet de modification de n'avoir pas été notifié à la section régionale de Conchyliculture. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne l'évaluation environnementale :

11. Aux termes de l'article L. 104-3 du code de l'urbanisme : " Sauf dans le cas où elles ne prévoient que des changements qui ne sont pas susceptibles d'avoir des effets notables sur l'environnement, au sens de l'annexe II à la directive 2001/42/ CE du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2001, les procédures d'évolution des documents mentionnés aux articles

L. 104-1 et L. 104-2 donnent lieu soit à une nouvelle évaluation environnementale, soit à une actualisation de l'évaluation environnementale réalisée lors de leur élaboration. Un décret en Conseil d'Etat détermine les critères en fonction desquels cette nouvelle évaluation environnementale ou cette actualisation doivent être réalisées de manière systématique ou après un examen au cas par cas ". En outre, l'article R. 104-7 du même code dispose que : " Les schémas de cohérence territoriale font l'objet d'une évaluation environnementale à l'occasion : 1° De leur élaboration ; 2° De leur révision ". Enfin, l'article R. 122-20 du code de l'environnement dispose que : " I. L'évaluation environnementale est proportionnée à l'importance du plan, schéma, programme et autre document de planification, aux effets de sa mise en œuvre ainsi qu'aux enjeux environnementaux de la zone considérée. II. - Le rapport environnemental, qui rend compte de la démarche d'évaluation environnementale, comprend un résumé non technique des informations prévues ci-dessous : 1° Une présentation générale indiquant, de manière résumée, les objectifs du plan, schéma, programme ou document de planification et son contenu, son articulation avec d'autres plans, schémas, programmes ou documents de planification et, le cas échéant, si ces derniers ont fait, feront ou pourront eux-mêmes faire l'objet d'une évaluation environnementale ; 2° Une description de l'état initial de l'environnement sur le territoire concerné, les perspectives de son évolution probable si le plan, schéma, programme ou document de planification n'est pas mis en œuvre, les principaux enjeux environnementaux de la zone dans laquelle s'appliquera le plan, schéma, programme ou document de planification et les caractéristiques environnementales des zones qui sont susceptibles d'être touchées par la mise en œuvre du plan, schéma, programme ou document de planification. Lorsque l'échelle du plan, schéma, programme ou document de planification le permet, les zonages environnementaux existants sont identifiés ; 3° Les solutions de substitution raisonnables permettant de répondre à l'objet du plan, schéma, programme ou document de planification dans son champ d'application territorial. Chaque hypothèse fait mention des avantages et inconvénients qu'elle présente, notamment au regard des 1° et 2° ; 4° L'exposé des motifs pour lesquels le projet de plan, schéma, programme ou document de planification a été retenu notamment au regard des objectifs de protection de l'environnement ; () ".

12. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d'une évaluation environnementale ne sont susceptibles de vicier la procédure et d'entraîner l'illégalité de la décision prise au vu de cette évaluation que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l'information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l'autorité administrative.

13. La SNC Le Cercle Naval soutient que l'analyse des incidences du projet sur l'environnement dans l'évaluation environnementale est insuffisante. Elle poursuit en soutenant que les avis de la MRAé des 2 novembre 2021 et 8 décembre 2022 soulignent le caractère lacunaire de cette évaluation environnementale. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait toutefois valoir, sans être utilement contestée sur ce point, qu'elle a soumis la modification du SCOT à une évaluation environnementale, alors qu'elle n'y était pas tenue. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez poursuit en faisant valoir que la MRAé, dans son avis du 8 décembre 2022, a souligné l'effort accompli pour l'extension du périmètre des espaces proches du rivage, qui aura un impact positif sur l'environnement. La MRAé a ainsi indiqué dans cet avis du 8 décembre 2022 : " La MRAé a déploré que ses observations sur la précédente modification n'aient pas davantage été prises en compte pour celle-ci mais il est patent que cette modification a un impact inférieur sur l'environnement par la quantité notable des ressources qu'il épargne ".

14. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait encore valoir que le public a été correctement informé de la modification, qui répond aux observations de l'Etat, identiques depuis la première procédure de révision de 2019, les différents avis du préfet du Var ayant été joints aux dossiers des enquêtes publiques qui se sont déroulées. La communauté de communes précise en outre qu'un addendum enquête publique a été joint aux différents dossiers d'enquête publique, qui comportait un tableau du suivi des modifications du rapport de présentation, un tableau de suivi des modifications du DOO et la localisation des modifications apportées. Enfin, elle ajoute que la décision prise n'a pas été influencée par le résultat de l'évaluation environnementale, les modifications apportées allant dans le sens d'une protection accrue de l'environnement et ces modifications ayant été exigées par le préfet du Var pour lever la suspension du caractère exécutoire du SCOT du 2 octobre 2019.

15. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'analyse de la modification sur l'environnement par l'évaluation environnementale aurait été insuffisante.

En ce qui concerne le rapport de présentation :

16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 141-5 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable à l'espèce : " Dans le respect des orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables, le document d'orientation et d'objectifs détermine : 1° Les orientations générales de l'organisation de l'espace et les grands équilibres entre les espaces urbains et à urbaniser et les espaces ruraux, naturels, agricoles et forestiers ; 2° Les conditions d'un développement urbain maîtrisé et les principes de restructuration des espaces urbanisés, de revitalisation des centres urbains et ruraux, de mise en valeur des entrées de ville, de valorisation des paysages et de prévention des risques ; 3° Les conditions d'un développement équilibré dans l'espace rural entre l'habitat, l'activité économique et artisanale, et la préservation des sites naturels, agricoles et forestiers. Il assure la cohérence d'ensemble des orientations arrêtées dans ces différents domaines ".

17. Pour apprécier la cohérence exigée entre le DOO et le PADD, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si les objectifs fixés par le DOO ne contrarient pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le PADD, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du DOO à une orientation ou à un objectif du PADD ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre le DOO et le PADD.

S'agissant du site du A :

18. Il ressort des pièces du dossier que l'objectif n° 8 du DOO du SCOT distingue, à l'intérieur des espaces proches du rivage, les espaces littoraux sensibles, à préserver plus particulièrement du développement urbain, les espaces littoraux de développement urbain stratégique, sur lesquels des opérations de renouvellement urbain peuvent s'opérer par intensification, et les espaces neutres, qui n'ont pas de caractère particulier.

19. En outre, l'objectif n° 8 précité, tel que modifié, indique que : " les espaces occidentaux, limitrophes de la Gisclette, du site de l'ancien hippodrome à Cogolin et le site classé ont été identifiés et localisés sur le schéma des paysages et de l'accueil du développement futur par le SCoT comme des espaces littoraux sensibles ", alors que " les espaces bâtis de l'ancien hippodrome à Cogolin sont identifiés et localisés sur le schéma de l'accueil du développement futur par le SCoT de manière exhaustive comme espace littoral de développement urbain stratégique ". La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir sur ce point que l'objectif n° 10 du DOO précise quant à lui que : " Les sites d'extension de l'urbanisation situés à proximité immédiate d'un réservoir de biodiversité principal intègrent dans leur emprise une zone d'interface pourvue d'une gestion qualitative afin de ne pas porter atteinte au réservoir de biodiversité adjacent (par exemple haies, zones tampon, écrans végétaux, etc ". Ce même objectif n° 10 précise que : " Les zones humides de la vallée de la Giscle, de la Mole et de la vallée du Pey sont des cibles prioritaires pour développer les politiques de compensation à défaut de mesures d'évitement et de réduction suffisantes. Enfin, l'objectif n° 8 modifié du DOO précise quant à lui que : " Sur le site de l'ancien hippodrome, les formes urbaines proposeront une transition architecturale entre les Marines de Cogolin et le quartier de Cogolin-Plage, et s'inscriront dans une perspective de préservation globale de l'ambiance arborée du site ".

20. En outre, ainsi que le soutient la société requérante, l'objectif 1.2.4 du PADD indique que : " Malgré le caractère urbanisé des rives du Golfe de Saint-Tropez, l'objectif général poursuivi par le SCoT et son volet maritime est la reconquête de la qualité écologique de ce secteur ". Enfin, le PADD, à son point 1.2.5 intitulé : " Poursuivre les actions de gestion, d'entretien et de valorisation des espaces dans une perspective d'amélioration continue de la biodiversité et de la qualité de vie sur le territoire ", indique que " la trame verte et bleue sert de base à la construction d'un réseau entre les espaces naturels, des liens entre les 12 villes et villages du Golfe et les grands espaces de nature pour garantir une proximité et une accessibilité de tous les habitants ". La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez indique encore que l'espace dans lequel est situé l'ancien hippodrome de Cogolin est identifié, par le PADD lui-même, comme un espace urbain déconnecté des centres-villes et villages.

21. Il ressort ainsi des pièces du dossier que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le PADD et le DOO sont en contradiction en ce qui concerne le site du A à Cogolin.

S'agissant de la commune de Saint-Tropez :

22. Il est constant que la vieille ville de Saint-Tropez a été identifiée, à l'objectif n° 8 du DOO, comme un espace littoral sensible à protéger. La requérante soutient que ce classement est contradictoire avec l'orientation 4.4.1 du PADD qui identifie la commune de Saint-Tropez comme l'un des 3 pôles majeurs du territoire couvert par le SCOT. Toutefois, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir sur ce point que l'identification de la vieille ville de Saint-Tropez en tant qu'espace sensible à protéger, au sein du DOO n'est pas en contradiction avec les dispositions du PADD tendant à optimiser le potentiel d'accueil du développement des espaces urbains proches des centres villes et à classer la ville de Saint-Tropez en pôle majeur et la requérante, à qui il appartenait pourtant de le faire, n'établit pas le contraire.

23. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 141-1 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale respecte les principes énoncés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". En outre, selon les dispositions de l'article L. 101-2 du même code, " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : 1° L'équilibre entre : a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux, la lutte contre l'étalement urbain ; c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; e) Les besoins en matière de mobilité () ". Ces dispositions imposent seulement aux auteurs des documents d'urbanisme d'y faire figurer des mesures tendant à la réalisation des objectifs qu'elles énoncent. Le juge administratif exerce un contrôle de compatibilité entre les règles fixées par le document d'urbanisme et les dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.

24. En outre, selon les stipulations de l'article 6 de la charte de l'environnement : " Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. A cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique et le progrès social ".

25. La SNC Le Cercle Naval soutient que le projet, qui identifie le site du A à Cogolin comme un espace littoral de développement stratégique, en prévoyant des constructions dans les espaces déjà bâtis, méconnaît le principe d'équilibre entre le renouvellement urbain et la protection des milieux naturels, issu des dispositions précitées de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme. Sur ce point toutefois, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir que la commission d'enquête a émis un avis favorable avec la réserve suivante : " Préciser la limite entre les espaces occidentaux et orientaux du site de A au travers d'une définition claire des espaces bâtis de sorte qu'elle passe au plus près des bâtiments existants de la partie orientale. Elle visera à maintenir autant que possible les surfaces sportives et leur environnement dans la partie occidentale à préserver ". En outre, dans ce but, les objectifs n°s 8 et 46 du DOO du SCOT ont été modifiés, afin d'assurer une protection au titre des espaces littoraux sensibles sur ce même site en vue de garantir un équilibre (les espaces occidentaux limitrophes de la Gisclette et du site classé).

26. L'objectif n° 8 précité indique : " Sont identifiés et localisés sur le schéma des paysages et de l'accueil du développement futur par le SCoT comme espaces littoraux sensibles : () Les espaces occidentaux, limitrophes de la Gisclette comprenant les espaces boisés et les terrains sportifs, du site de l'ancien hippodrome à Cogolin et le site classé () ". En outre, ce même article indique que : " Sont identifiés et localisés sur le schéma de l'accueil du développement futur par le SCoT de manière exhaustive comme espace littoral de développement urbain stratégique : () Les espaces de l'ancien hippodrome à Cogolin comprenant les bâtiments principaux existants () ". Enfin, ainsi que rappelé précédemment, l'appréciation du juge sur cette notion d'équilibre devant être effectuée à l'échelle de l'ensemble du territoire du SCOT, le site de A n'est pas représentatif, en termes de superficie, du territoire couvert par ce SCOT.

27. La société requérante soutient ensuite que l'extension de la délimitation des espaces proches du rivage qui résulte de la modification n°1 du SCOT contribuera de manière importante à protéger l'environnement, ce qui ne permettra pas de satisfaire les besoins et les exigences en matière de mixité sociale dans l'habitation. La communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait toutefois valoir sur ce point que l'objectif n° 25 du DOO établit les objectifs chiffrés de consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain, qui a été fixé à 60 % par rapport à la tendance observée entre 2003 et 2014. En outre, la requérante n'établit pas que la délimitation des espaces proches du rivage sur le territoire de la commune de Saint-Tropez s'opposerait à la réalisation de logements sociaux, à l'échelle du territoire du SCOT, les dispositions propres à l'extension limitée de l'urbanisation au sein des espaces proches du rivage ne s'opposant pas à la densification de cette urbanisation.

28. Ainsi que la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait encore valoir sur ce point, l'objectif n° 34, inséré dans l'orientation intitulée " Assurer une production minimale de résidences principales pour répondre aux besoins du Golfe " prévoit l'accroissement de la dynamique de production de logements, et notamment de logements sociaux.

29. Enfin, si la société requérante invoque les stipulations de l'article 6 de la charte de l'environnement, elle ne précise pas suffisamment cette branche du moyen pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé.

30. Il ressort donc des pièces du dossier que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet, en ce qu'il prévoit la localisation du site du A et en ce qu'il instaure une nouvelle délimitation des espaces proches du rivage, méconnaîtrait le principe d'équilibre, tel que fixé par les dispositions de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.

31. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme : " Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 sont compatibles avec : 1° Les dispositions particulières au littoral et aux zones de montagne prévues aux chapitres Ier et II du titre II ; 2° Les règles générales du fascicule des schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires prévus à l'article L. 4251-3 du code général des collectivités territoriales pour celles de leurs dispositions auxquelles ces règles sont opposables () ". En outre, l'article L. 4251-3 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Les schémas de cohérence territoriale et, à défaut, () : 1° Prennent en compte les objectifs du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires ; 2° Sont compatibles avec les règles générales du fascicule de ce schéma, pour celles de leurs dispositions auxquelles ces règles sont opposables. Lorsque les documents mentionnés au premier alinéa sont antérieurs à l'approbation du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires, ils prennent en compte les objectifs du schéma et sont mis en compatibilité avec les règles générales du fascicule lors de la première révision qui suit l'approbation du schéma ".

32. En l'espèce, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir, sans être utilement contestée, que le SRADDET n'a pas été approuvé le 26 juin 2019, contrairement à ce que soutient la requérante, mais le 15 octobre 2019. Ainsi, le SCOT de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, dont il est constant qu'il a été approuvé le 2 octobre 2019, l'a été avant l'approbation du SRADDET. Par suite, il n'était donc pas possible aux auteurs du SCOT, ainsi que le fait valoir la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, de mettre le SCOT en compatibilité avec le SRADDET, qui n'était pas encore approuvé.

33. Il suit de là que le SCOT de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez devait faire l'objet d'une mise en compatibilité avec le SRADDET lors de sa première révision. En l'espèce, et ainsi que le fait valoir la communauté de communes en défense, la procédure actuelle étant une procédure de modification, qui découle de l'application des dispositions de l'article L. 143-25 du code de l'urbanisme, il n'était pas nécessaire, à ce stade, de mettre en compatibilité le SCOT avec ce SRADDET.

34. Par suite, la société requérante ne peut utilement soutenir que la délibération attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 131-1 du code de l'urbanisme.

35. En quatrième et dernier lieu, la SNC Le Cercle Naval, propriétaire de la parcelle cadastrée section AH n° 49, soutient que le classement de sa parcelle en espace proche du rivage est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

36. Tout d'abord, le SCOT, qui n'a pas vocation à se substituer aux plans locaux d'urbanisme, est un document général qui n'a pas à détailler et à justifier la délimitation des espaces proches du rivage au niveau de chaque parcelle du territoire. Les cartes graphiques du SCOT, sur lesquelles sont identifiés les espaces proches du rivage, ne sont pas détaillées au niveau de la parcelle, mais au niveau du territoire couvert par ce schéma. Ainsi, le document graphique du DOO du SCOT n'a pas classé la parcelle AH n° 49 au sein des espaces proches du rivage mais a seulement délimité des espaces proches du rivage au niveau de l'échelle du SCOT et il n'est pas contesté que la parcelle cadastrée section AH n° 49 est incluse au sein de ce périmètre délimité par le SCOT.

37. Ensuite, et en tout état de cause, la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez fait valoir, en se fondant sur une vue du site internet Geoportail de la parcelle, qu'elle produit à l'instance, que cette dernière est située à une distance de 125 mètres environ du rivage de la mer. Elle poursuit en indiquant que le profil altimétrique depuis la parcelle montre un dénivelé de 5 % vers la mer, qui présuppose une situation de co-visibilité avec le rivage de la mer. La société requérante soutient en réplique qu'il ne peut y avoir co-visibilité, d'une part, en raison de l'existence d'un bâtiment d'habitation collectif de plus de 30 mètres de large, dont elle produit une photographie, et, d'autre part, du fait de l'existence d'un pic de hauteur au niveau de la route départementale n° 98, avant que ce profil ne redescende vers le rivage. Toutefois, les espaces proches du rivage sont définis dans le SCOT par une approche combinée de trois critères que sont la distance au rivage, la co-visibilité et la nature des terrains entre la parcelle et le rivage. Ainsi, un seul de ces critères n'est pas suffisant pour déterminer si un espace est situé au sein des espaces proches du rivage, car chacun des critères doit faire l'objet d'une pondération par les deux autres critères. En outre, le critère de la co-visibilité s'apprécie à l'échelle d'un secteur, une parcelle pouvant être située au sein des espaces proches du rivage si elle se rattache à un secteur cohérent, qui serait lui situé en co-visibilité du rivage. La requérante soutient que compte tenu du front bâti à cet endroit, l'espace proche du rivage aurait dû être délimité au niveau de la route départementale n° 98, qui constitue selon elle une rupture avec le front de mer bâti donnant sur le rivage. Toutefois, ainsi que vu précédemment, les espaces proches du rivage définis par le SCOT ne doivent pas détailler le classement de chaque parcelle. En outre, bien que la parcelle objet du litige soit située dans un espace urbanisé, les critères de distance et de co-visibilité, appréciés au niveau du secteur et non de la parcelle, font qu'à supposer que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation soit opérant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les auteurs du SCOT aient commis une telle erreur en classant cette parcelle cadastrée section AH n° 49 au sein des espaces proches du rivage.

38. Pour l'ensemble de ces raisons, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le classement de sa parcelle au sein des espaces proches du rivage tels que définis au sein du SCOT serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

39. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées ne peuvent qu'être rejetées, et ce sans même qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense par la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre de ces dispositions. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez présentées au même titre.

DECIDE

Article 1er : La requête de la SNC Le Cercle Naval est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif Le Cercle Naval et à la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Bailleux, premier conseiller,

Mme Le Gars, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé :

F. BAILLEUX

La présidente,

Signé :

M. BERNABEU La greffière,

Signé :

K. BAILET

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.