Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400377

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400377
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2024, Mme D A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 30 novembre 2023 par lesquelles la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées du Var a refusé de lui accorder le complément de ressources associé à l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et le bénéfice de la prestation de compensation du handicap ainsi que la décision en date du 30 novembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé de lui délivrer la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ".

Par courrier du 20 février 2024, Mme A B été invitée, à peine d'irrecevabilité, à régulariser sa requête en produisant la décision qu'elle entend contester.

Par courrier du 6 juin 2024, Mme A B a été invitée, à peine d'irrecevabilité, à régulariser sa requête en produisant la réponse donnée, par l'administration, à son recours administratif préalable obligatoire ou la preuve du dépôt d'un tel recours, dans un délai de quinze jours, en matière de refus de délivrance de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / () ". Aux termes de l'article R. 612-1 de ce code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. A titre liminaire, si dans sa requête Mme A B vise " la décision du 30 novembre 2023 ", elle ne formule aucune conclusion dirigée contre une décision précisément identifiée alors qu'elle produit plusieurs décisions prises à cette date et dont certaines lui sont favorables. En outre, par un courrier recommandé du 20 février 2024, retourné au greffe du tribunal le 28 février suivant et revêtu de la mention " Défaut d'accès ou d'adressage ", la requérante a été invitée par le tribunal à produire, dans un délai de quinze jours, la décision attaquée ou, si l'administration n'a pas répondu à sa demande, la pièce justifiant du dépôt auprès de l'administration de cette demande. La requérante n'ayant pas fourni d'attestation de changement d'adresse auprès du tribunal, la demande de régularisation est réputée lui avoir été notifiée. Mme A B n'a donc pas précisé au tribunal la ou les décisions qu'elle entendait contester.

Sur les décisions de refus du complément de ressources associé à l'AAH et de la prestation de compensation du handicap :

4. Les dispositions de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles prévoient que : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / () 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, pour l'enfant ou l'adolescent, de l'allocation et, éventuellement, de son complément mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale, de la majoration mentionnée à l'article L. 541-4 du même code, ainsi que de la carte " mobilité inclusion " mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code et, pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale ainsi que de la carte " mobilité inclusion " mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code ; b) Si les besoins de compensation de l'enfant ou de l'adulte handicapé justifient l'attribution de la prestation de compensation dans les conditions prévues à l'article L. 245-1 ; / () ".

5. Aux termes de l'article L. 241-9 du même code : " Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou d'un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux de grande instance spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. () ".

6. A supposer que Mme A B ait entendu demander l'annulation des décisions du 30 novembre 2023 lui refusant le bénéfice du complément de ressources associé à l'AAH et celui de la prestation de compensation du handicap, il résulte de l'ensemble des dispositions précitées aux points 4 et 5 que ces décisions peuvent faire l'objet d'un recours devant le tribunal judiciaire, juridiction de l'ordre judiciaire. Dès lors, il y a lieu, par application du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter ces conclusions comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Sur le refus de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement " :

7. Aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé () devant le président du conseil départemental ". Ces dernières dispositions imposent, avant toute contestation devant le tribunal administratif d'une décision de refus d'attribution de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ", que le demandeur adresse préalablement un recours au président du conseil départemental, dont la décision est seule susceptible d'être contestée devant le juge.

8. A supposer que Mme A B ait entendu demander l'annulation de la décision du 30 novembre 2023 rejetant sa demande de délivrance de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement ", sa requête n'étant accompagnée ni de la décision statuant sur son recours administratif préalable obligatoire, ni d'une pièce justifiant de la date de dépôt d'un tel recours, elle a été invitée par un courrier 6 juin 2024 à la régulariser. Toutefois, ce courrier a été retourné au greffe du tribunal le 12 juin suivant et revêtu de la mention " Défaut d'accès ou d'adressage ". La requérante n'ayant pas fourni d'attestation de changement d'adresse auprès du tribunal, la demande de régularisation est réputée lui avoir été notifiée. Par suite, n'ayant pas justifié de l'accomplissement de la formalité prescrite et le délai imparti de quinze jours étant venu à expiration, sa requête dirigée contre la décision contestée s'avère manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la modalité définie par l'article R. 222-1 4° précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A B.

Copie en sera adressée, pour information, au département du Var.

Fait à Toulon, le 18 juillet 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

N°2400377