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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2400597

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400597

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400597
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon, statuant en référé provision sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, a condamné M. B A à verser à la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques (SNPL) une provision de 4 330,91 euros, assortie des intérêts au taux légal. Cette somme correspond à des charges, redevances et taxes impayées dans le cadre d'un contrat d'amodiation portant sur un local commercial situé sur le domaine public maritime. La créance, justifiée par des relevés de compte et factures, a été jugée non sérieusement contestable en l'absence de défense du débiteur. La décision applique les dispositions du code général de la propriété des personnes publiques et du code civil.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2024, la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques, représentée par Me Tagnon, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative de :

- condamner M. B A à lui verser, à titre provisionnel, la somme de

4 330,91 euros avec intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête ;

- mettre à la charge de M. B A la somme de 1 000 euros à lui payer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- aux termes d'un acte daté des 10 et 14 septembre 2020, la SNPL a conclu avec

M. B A un contrat d'amodiation portant sur un local commercial ;

- conformément aux articles 2-6 et 6-2 de cette convention et du règlement intérieur auquel ces articles renvoient, la SNPL procède périodiquement auprès de l'amodiataire à des appels de fonds pour le paiement des charges, redevances, taxes et impôts ;

- or, il ressort des extraits de compte que M. B A demeure débiteur d'une somme de 4 330,91 euros au 16 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. La Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques (SNPL) est bénéficiaire d'un sous-traité de concession, en date du 29 juillet 1974, par lequel la commune de Saint Cyr-sur-Mer lui a confié la construction et l'exploitation du port de plaisance des Lecques. Dans le cadre de l'exploitation du port, elle conclut avec des tiers des contrats d'amodiation approuvés par le préfet, permettant à ces derniers d'occuper une partie du domaine public maritime, en contrepartie du paiement de redevances.

2. Aux termes d'un acte daté des 10 et 14 septembre 2020, la SNPL a conclu avec

M. B A un contrat d'amodiation portant sur un local commercial lot C214. Conformément aux articles 2-6 et 6-2 de cette convention et du règlement intérieur auquel ces articles renvoient, la SNPL procède périodiquement auprès de l'amodiataire à des appels de fonds pour le paiement des charges, redevances, taxes et impôts. Or, il ressort des extraits de compte que M. A demeure débiteur d'une somme de 4 330,91 euros au 16 février 2024. Face à cette situation, la SNPL a multiplié les relances pour obtenir la régularisation du compte. Malgré de nombreuses promesses de paiement, aucune somme n'a été versée. Une ultime mise en demeure a été adressée à l'intéressé, par une lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 1er décembre 2023, sans que cela ne provoque de réaction.

Sur la demande de provision :

3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

4. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

5. La requête a été communiquée à M. B A le 27 février 2024. En l'absence de mémoire en défense produit, la créance de la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques de 4 330,91 euros, justifiée notamment par le relevé des sommes réclamées et les factures produites au dossier, n'est pas sérieusement contestable. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner M. B A à verser à la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques la somme de 4 330,91 euros à titre de provision correspondant aux sommes restant dues. Il y a également lieu d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du

19 février 2024.

Sur les frais liés au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B A la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1r : M. B A est condamné à verser à la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques la somme de 4 330,91 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du

19 février 2024, à titre de provision.

Article 2 : M. B A versera à la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Société du nouveau port de Saint-Cyr Les Lecques et à M. B A.

Fait à Toulon, le 20 février 2025.

La juge des référés,

Signé

Ph. HARANG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui la concerne, ou à tous commissaire de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droits commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière, 00

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