mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2400650 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 février 2024, la société BOW Medical représentée par Me Abrassart demande la condamnation du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer à lui verser :
1°) sur le fondement de l'article L. 541-1 du code de justice administrative, une provision de 14.868,69 euros, assortie des intérêts moratoires à compter du 30 septembre 2023 sur la somme de 7.825,63 €, et à compter du 18 novembre 2023 sur la somme de 7.043,06 €, jusqu'au complet paiement du prix ; une somme de 40 euros pour chaque facture, soit 140 €, au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
2°) une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'obligation du centre hospitalier n'est pas sérieusement contestable dès lors qu'il n'a pas réglé l'intégralité des factures correspondant aux commandes passées, en dépit de la mise en demeure et du mémoire en réclamation qui lui ont été adressés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'exécution de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction dont le montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
2. Par un bordereau n°230051 passé en date du 22 décembre 2022, le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer a commandé auprès de la société Bow Medical des prestations de maintenance du logiciel Diane pour la totalité de l'année 2023. Les prestations réalisées de maintenance n'ont jamais été contestées. La société Bow Medical a relancé le paiement de ses trois factures par emails en date des 11 octobre et 22 novembre 2023. En l'absence de réponse du centre hospitalier, elle a été contrainte de le mettre vainement en demeure par deux courriers distincts en date des 22 novembre 2023 reçu le 28 novembre 2023, et 14 décembre reçu le 19 décembre 2023
3. L'établissement public de soins, qui n'a produit aucune observation en défense à la requête qui lui a été communiquée, ne conteste au demeurant ni l'existence de son obligation ni le caractère non sérieusement contestable de celle-ci. Les éléments soumis au juge des référés par la société requérante sont de nature à établir l'existence de l'obligation du centre hospitalier avec un degré suffisant de certitude. Ainsi, il y a lieu de condamner le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer à verser à la société Bow Medical une provision de 14.868,69 euros au titre des factures non réglées.
4. L'article R. 2192-11 du code de la commande publique prévoit que, par dérogation à l'article R. 2192-10, le délai de paiement est fixé à cinquante jours pour les établissements publics de santé. L'article L. 2192-13 du même code dispose que dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire, ainsi qu'au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. Selon l'article R. 2192-31 du code de la commande publique, le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. En vertu de l'article R. 2192-32 du même code, ces intérêts courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. Enfin, l'article D. 2192-35 fixe à 40 euros le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
5. Le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer ne conteste pas que les factures mentionnées dans l'état joint à la requête ont fait l'objet d'un retard de paiement, d'un règlement partiel ou d'un défaut de règlement à l'expiration du délai de paiement. En application des dispositions mentionnées au point précédent, les sommes dues en principal au titre de chacune de ces factures porteront intérêts moratoires à l'expiration du délai de paiement de cinquante jours de chacune d'elles. Ces intérêts moratoires seront calculés par application du taux déterminé selon les modalités précisées au point précédent et courront, pour les factures demeurées impayées, jusqu'à leur complet règlement.
6. Il résulte de l'instruction que le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer ne conteste pas que les factures n'ont pas été réglées dans le délai imparti. Il suit de là que l'obligation de l'établissement public de santé au titre des indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement de chacune de ces factures n'est pas sérieusement contestable, à hauteur de la somme de 120 euros.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer doit être condamné au versement à la société Bow Medical d'une provision d'un montant de 14.868,69 euros, ainsi qu'au paiement des intérêts moratoires dans les conditions indiquées au point 5, et au paiement d'une provision de 120 euros.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Bow Medical et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer est condamné à verser à la société Bow Medical, d'une part, une provision de 14.868,69 euros augmentée des intérêts moratoires dans les conditions indiquées au point 5 et, d'autre part, d'une provision de 120 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer versera une somme de 1 000 euros à la société Bow Medical au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Bow Medical et au centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne-sur-Mer.
Copie en sera transmise à l'agence régionale de santé de Provence Alpes Côte d'Azur.
Fait à Toulon, le 7 août 2024.
Le Vice-président
Juge des référés,
Signé
Ph Harang
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,00
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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