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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2400712

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2400712

mercredi 22 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2400712
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationAide sociale
Avocat requérantOTT-RAYNAUD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. B... contestant le refus implicite du département du Var de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « stationnement ». Le requérant invoquait une réduction de son périmètre de marche à moins de cent mètres en raison de violents vertiges. Le tribunal a estimé que les éléments fournis ne permettaient pas d'établir que son handicap réduisait de manière importante et durable sa capacité de déplacement à pied au sens des articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, ni qu'il remplissait les critères de l'arrêté du 3 janvier 2017. Par conséquent, la demande d'annulation de la décision implicite de refus a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 février 2024, M. A... B..., représenté par Me Ott Raynaud, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite du 27 février 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Var a refusé, suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 27 décembre 2023, de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention « stationnement ».

2°) d’enjoindre au département du Var de lui délivrer la carte sollicitée sans limitation de durée ou subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de quatre mois ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il remplit les critères d’attribution de la CMI stationnement dès lors que son périmètre de marche est inférieur à cent mètres en raison des violents vertiges dont il souffre ;
- la carte délivrée devra être accordée sans limitation de durée compte tenu de son état de santé qui ne peut s’améliorer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2025, le département du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Par une décision en date du 29 juillet 2024, le tribunal judiciaire de Toulon a accordé l’aide juridictionnelle totale à M. B....


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Hamon, premier conseiller, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Hamon, magistrat désigné, a été entendu au cours de l’audience publique lors de laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée, en application des dispositions de l’article R. 772-9 du code de justice administrative, après appel de la présente affaire à l’audience.


Considérant ce qui suit :

1. Par une décision implicite du 27 février 2024, le président du conseil départemental du Var a refusé à M. B..., suite à son recours administratif préalable obligatoire déposé le 27 décembre 2023, l’attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement ». Par la présente requête, l’intéressé demande notamment au tribunal d’annuler la décision précitée du 27 février 2024 du département du Var rejetant sa demande.

2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. (…) 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. (…) ». Aux termes de l’article R. 241-12-1 du même code : « I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. (…) IV.- Pour l'attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur (…) ». Le premier alinéa de l’article R. 241-15 du même code précise que : « La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans ».

3. L’annexe à l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles dispose que : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. (…) 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention « stationnement pour personnes handicapées » de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. / Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ».

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

5. Il résulte des dispositions précitées aux points 2 et 3 que l’obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » est subordonnée à la démonstration d’une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspondant à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et pouvant se retrouver chez des personnes présentant, notamment, un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales. Tel est le cas lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à deux cents mètres ou a systématiquement recours à une des aides mentionnées pour ses déplacements extérieurs. Il appartient à la personne qui présente devant le juge administratif des conclusions à fin d’annulation d’une décision lui refusant la délivrance d’une carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » d’établir, par tous moyens et notamment par la production de justificatifs, qu’elle est atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied.

6. M. B... soutient qu’il remplit les critères d’attribution de la CMI « stationnement » dès lors que son périmètre de marche est inférieur à cent mètres en raison des violents vertiges dont il souffre, s’appuyant sur un certificat médical en date du 24 août 2023 établi par son médecin traitant. Toutefois, s’il est justifié à l’instance du polytraumatisme que l’intéressé a subi du fait d’une fracture du sternum, du poignet droit, du coude gauche et de la main gauche et de douleurs à l’épaule gauche des suites d’une luxation acromio-claviculaire ostéosynthésée, entraînant notamment des cervicalgies et une tendinopathie de l’épaule gauche, le requérant ne produit aucun examen médical relatif aux vertiges dont il souffrirait alors qu’il a été considéré sur le certificat médical du 24 août 2023 précité qu’il pouvait se déplacer, certes avec difficultés, mais sans aide humaine ni technique et que l’incapacité était fluctuante. Ainsi, en l’espèce, les vertiges dont se prévaut le requérant et le périmètre de marche inferieur à deux cents mètres ne peuvent être tenus pour établis. Il ne ressort pas davantage des pièces produites que l’intéressé aurait recours à une oxygénothérapie. Ainsi, les éléments médicaux présentés par M. B... à l’appui de sa demande, ne permettent pas de regarder l’intéressé comme remplissant les conditions pour l’octroi de la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement » en application des dispositions visées aux points 2 et 3 du présent jugement. Dans ces conditions, le requérant n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision qu’il conteste ainsi que la délivrance de la carte qu’il sollicite.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation et par voie de conséquence, celles à fin d’injonction, doivent être rejetées, ensemble celles présentées au titre de L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., Me Ott-Raynaud et au département du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2025.

Le magistrat désigné,

Signé


L. HAMON
La greffière,

Signé


G. BODIGER

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation, la greffière.

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