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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2402379

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2402379

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2402379
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A contestant le refus de la caisse d'allocations familiales du Var de lui accorder le revenu de solidarité active (RSA) à compter de novembre 2023. Le requérant invoquait sa situation familiale et financière difficile, mais son moyen était inopérant car, selon l'article L. 262-18 du code de l'action sociale et des familles, le RSA ne peut être ouvert qu'à compter de la date de dépôt de la demande, sans effet rétroactif. Malgré une invitation à régulariser sa requête via un formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, M. A n'a pas fourni d'argumentation ou de pièces justificatives utiles. En conséquence, l'ordonnance a rejeté la requête comme irrecevable sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 24 mai 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var ne lui a pas accordé le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du mois de novembre 2023.

Il soutient que :

- au regard de sa situation, il pouvait bénéficier du revenu de solidarité active au titre des mois de novembre 2023, décembre 2023 et janvier 2024 ;

- il se trouve dans une situation familiale et financière compliquées.

Par un courrier du 24 juillet 2024, le tribunal a invité l'auteur de la requête à régulariser celle-ci dans un délai de quinze jours en lui adressant le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. L'article R. 772-5 du code de justice administrative dispose en outre que : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, sans préjudice des dispositions du chapitre VIII s'agissant du contentieux du droit au logement défini à l'article R.778-1 ". Aux termes de l'article R. 772-6 de ce code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou insuffisance de motivation () qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est invité à régulariser sa requête dans un délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ". Et aux termes de l'article R. 772-7 du même code : " Les dispositions de l'article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête a été introduite par un avocat ou a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l'ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ".

3. Aux termes de l'article L. 262-18 du code de l'action sociale et des familles : " Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ".

4. Pour contester la décision par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var a refusé d'accorder, à M. A, le bénéfice du revenu de solidarité active à compter du mois de novembre 2023, ce dernier soutient que compte tenu de la précarité de sa situation familiale et financière, il pouvait bénéficier du revenu de solidarité active au titre des mois de novembre 2023, décembre 2023 et janvier 2024. Cependant, aux termes des dispositions précitées de l'article L. 262-18 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active n'est ouvert qu'à compter de la date de dépôt de la demande et, par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir du droit au revenu de solidarité active de manière rétroactive. Par un courrier du 24 juillet 2024, qui a été présenté à l'adresse du requérant le 26 juillet suivant et qui a été retourné au greffe du tribunal avec la mention " pli avisé et non réclamé ", le tribunal a invité M. A à régulariser sa requête, dans le délai de quinze jours, à l'aide du formulaire prévu par l'article R. 772-6 précité du code de justice administrative. Ce formulaire invitait notamment le requérant à préciser les motifs de sa demande, et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge une argumentation destinée à établir que la décision contestée avait méconnu ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. M. A n'a pas, à la suite du délai imparti, complété sa requête.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A qui ne comporte qu'un moyen inopérant doit être rejetée en application des dispositions, précitées au point 1, du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Toulon, le 18 septembre 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

N°2402379

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