Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403047

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403047
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait la suspension du refus du CNAPS de renouveler sa carte professionnelle de sécurité privée. La demande a été jugée irrecevable car M. B n'avait pas, au préalable, saisi le juge du fond d'une requête en annulation contre cette même décision, en violation de l'article R. 522-1 du code de justice administrative. L'ordonnance rappelle que la procédure de suspension prévue à l'article L. 521-1 du même code est subordonnée à l'existence d'un recours principal. Aucun examen du fond, notamment sur l'effacement des données du TAJ, n'a donc été effectué.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. A B, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 31 juillet 2024, par laquelle le Conseil National des Activités Privées de Sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande de renouvellement de carte professionnelle de sécurité privée ;

M. B soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que le refus de délivrance de cette carte l'empêche de travailler et de subvenir à ses besoins

- est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation en ce que le CNAPS n'a pas pris en compte, dans sa décision, l'effacement des données contenues dans le traitement des antécédents judiciaires (TAJ).

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le vice-président du Conseil d'Etat a désigné M. Harang en qualité de président du Tribunal par intérim par arrêté du 30 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " L'article L. 522-3 dudit code permet au juge des référés de rejeter une demande sans mener de procédure contradictoire et sans audience notamment lorsque la requête est manifestement irrecevable.

2. Aux termes de l'article R.522-1 du code de justice administrative : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

3. Le juge du fond du tribunal n'a pas été saisi d'une requête de M. B à fin d'annulation de la décision attaquée du 31 juillet 2024. Ainsi, la requête, qui ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 522-1 précité du code de justice administrative, doit être rejetée comme irrecevable sur le fondement de l'article L 522-3 de ce code.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B

Fait à Toulon, le 11 octobre 2024.

Le président du Tribunal par intérim,

Signé

Ph. HARANG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

N°24030471