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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2403292

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2403292

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2403292
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Toulon rejette l’opposition formée par Mme C contre une contrainte émise par la caisse d’allocations familiales du Var pour le recouvrement d’un indu de prime d’activité (1 805,22 €) et d’une aide exceptionnelle de fin d’année (152,45 €). La requérante n’ayant pas exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article L. 845-2 du code de la sécurité sociale, elle n’est pas recevable à contester le bien-fondé de l’indu de prime d’activité. Pour l’aide exceptionnelle, son unique moyen (résidence en France) est insuffisamment précis pour en apprécier le bien-fondé. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er et complétée le 2 octobre 2024, Mme A C doit être regardée comme formant opposition à la contrainte émise par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var le 10 septembre 2024 pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité, référencé IM3 001, d'un montant de 1 805,22 euros pour la période courant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023 et d'un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, référencé ING 001, d'un montant de 152,45 euros au titre du mois de décembre 2022.

Elle soutient que son lieu de résidence se trouve en France.

Par un courrier du 7 octobre 2024, réceptionné le 14 octobre suivant, le tribunal a invité l'auteure de la requête à régulariser celle-ci dans un délai de quinze jours en lui adressant un formulaire de requête.

Par un courrier du 7 octobre 2024, réceptionné le 14 octobre suivant, le tribunal a invité l'auteure de la requête à régulariser celle-ci dans un délai de quinze jours, en produisant la décision de rejet de son recours administratif préalable obligatoire ou la preuve de dépôt d'un tel recours en matière de prime d'activité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que () des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-5 du code de justice administrative dispose que : " Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, sans préjudice des dispositions du chapitre VIII s'agissant du contentieux du droit au logement défini à l'article R.778-1 ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".

3. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ". Aux termes de l'article L. 161-1-5 du même code : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée () le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce code : " () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. () ".

4. Il résulte des dispositions citées ci-dessus qu'un recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif préalable auprès de cette caisse dans les conditions qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent.

5. Mme C forme opposition à la contrainte émise par le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var le 10 septembre 2024 pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année, en soutenant que son lieu de résidence se trouve en France. D'une part, il résulte de l'instruction que la requérante n'ayant pas exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point 3, elle n'est manifestement pas recevable à contester le bien-fondé de cet indu de prime d'activité. D'autre part, s'agissant de l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année, le moyen précité n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. L'intéressée a été invitée à régulariser sa requête par un courrier réceptionné le 14 octobre 2024, qui était accompagné d'un formulaire de requête, qui invitait notamment la requérante à préciser les motifs de sa demande, et l'informait de la nécessité, sous peine de voir sa requête rejetée par voie d'ordonnance, dans un délai de quinze jours, de soumettre au juge une argumentation destinée à établir que la décision contestée avait méconnu ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. Mme C n'a toutefois pas répondu à cette demande.

6. Par suite, sa requête ne peut dès lors qu'être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Toulon, le 6 février 2025.

La présidente de la 4ème chambre,

Signé

M. B

La République mande et ordonne, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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