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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2500417

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2500417

vendredi 16 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2500417
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre - Juge Unique

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon rejette la requête de M. et Mme C... contestant le refus partiel de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement (APL) de 2 688,88 euros. Le juge estime que les requérants ne justifient pas d’une situation de précarité, condition nécessaire à l’octroi d’une remise de dette en application des articles L. 825-3 du code de la construction et de l’habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale. Le moyen tiré de l’absence de fausse déclaration est écarté comme inopérant, faute de recours administratif préalable obligatoire contre la décision d’indu. La solution retenue est le rejet de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 janvier et 4 mars 2025, M. et Mme A... et B... C... demandent au Tribunal d’annuler la décision du 27 février 2025 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var a rejeté partiellement la demande de remise gracieuse de dette de Madame de 2 688,88 euros née d’un trop-perçu d’aide personnelle au logement (ci-après APL).

Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2025, la caisse d’allocations familiales du Var conclut au rejet de la requête.

Vu :
- la désignation du président du tribunal ;
- la décision du magistrat statuant seul de dispenser le rapporteur public, M. D..., sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu au cours de l’audience publique du 5 décembre 2025 :
- le rapport de M. Privat, président.
Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale. ». Aux termes de son article L. 821-2 : « Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ». Aux termes de son article L. 825-1 : « Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale qui attribuent au tribunal de grande instance désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire la compétence pour connaître des contestations relatives aux pénalités prononcées en cas de fraude, les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 sont portés devant la juridiction administrative ». Aux termes de son article L. 825-3 : « Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : (…) 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ».

2. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de la sécurité sociale : « Les prestations familiales comprennent : (…) 4°) L'allocation de logement régie par les dispositions du livre VIII du code de la construction et de l'habitation (…) ». Aux termes de son article L. 553-2 : « (…) Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations (…) ».

3. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu, non seulement d'apprécier la légalité de cette décision, mais aussi de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. D’une part, si la requérante soutient que sa situation financière l’empêche de régler sa dette la caisse d'allocations familiales du Var fait valoir sans être contredite que M. et Mme C... - qui ne produisent que deux pièces ne justifiant pas suffisamment de leurs ressources - ne sont pas en situation de précarité. Il en résulte que la décision attaquée n’est pas entachée d’erreur d'appréciation à l’aune de leurs ressources.

5. D’autre part, aux termes de l’article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : « Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ». Les requérants ne soutenant pas avoir présenté de recours administratif préalable obligatoire contre la décision portant indu leur moyen tiré de ce qu’ils ont toujours effectué leurs déclarations trimestrielles avec exactitude et que l’erreur serait due à la Caf doit être écarté comme inopérant.


6. Il résulte de l’ensemble de ce qui précède que la demande de remise gracieuse doit être rejetée.


D É C I D E :


Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A... et B... C... et à la caisse d’allocations familiales du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2026.


Le président-rapporteur, La greffière,




Signé : J-M. PRIVAT Signé : K. BAILET

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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