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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2500588

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2500588

vendredi 16 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2500588
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre - Juge Unique
Avocat requérantDEBARD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la demande indemnitaire de M. B..., qui sollicitait 3 200 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'absence de relogement suite à une décision de la commission de médiation DALO du Var du 6 janvier 2015. Le tribunal a reconnu que la carence de l'État à reloger le requérant dans le délai légal de six mois constituait une faute engageant sa responsabilité, sur le fondement des articles L. 300-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Cependant, il a estimé que la période de responsabilité avait déjà été indemnisée par un précédent jugement et que, pour la période postérieure, le préfet démontrait que le requérant avait fait obstacle à son relogement en ne se présentant pas à un entretien. La requête a donc été rejetée, sans application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2025, M. A... B..., représenté par Me Debard, demande au Tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui payer la somme de 3 200 euros en réparation du fait de l’absence de relogement à la suite de la décision de la commission de médiation DALO du Var du 6 janvier 2015 ayant reconnu qu’il était prioritaire et devait être logé d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et capacités, outre les intérêts de droit capitalisés ;

2°) de mettre à sa charge au bénéfice de son avocat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la faute :
- l’Etat, sur lequel les dispositions des articles L. 300-1, L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation font peser une obligation de résultat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- le préfet du Var n’a pas assuré son relogement dans le délai légal de six mois après la décision de la commission.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2025, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est infondée.

Vu :
- la désignation du président du tribunal ;
- la décision du magistrat statuant seul de dispenser le rapporteur public, M. C..., sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience ;
- la décision attaquée ;
- la décision du 3 juin 2025 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal judiciaire de Toulon a accordé une aide juridictionnelle totale.
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu au cours de l’audience publique du 5 décembre 2025 :
- le rapport de M. Privat.


Considérant ce qui suit :

Sur la responsabilité :

1. Aux termes de l’article L. 300-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le droit à un logement décent et indépendant (…) est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ». Aux termes du II de l’article L. 441-2-3 du même code : « (…) Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement (…) / La commission de médiation transmet au représentant de l'Etat dans le département la liste des demandeurs auxquels doit être attribué en urgence un logement. (…) / Le représentant de l'Etat dans le département désigne chaque demandeur à un organisme bailleur disposant de logements correspondant à la demande. (…) / En cas de refus de l'organisme de loger le demandeur, le représentant de l'Etat dans le département qui l'a désigné procède à l'attribution d'un logement correspondant aux besoins et aux capacités du demandeur sur ses droits de réservation. (…) ». Aux termes de l’article R. 441-16-1 du même code : « A compter du 1er décembre 2008, le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 peut être introduit par le demandeur qui n'a pas reçu d'offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités passé un délai de trois mois à compter de la décision de la commission de médiation le reconnaissant comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence. Dans les départements comportant au moins une agglomération, ou une partie d'une agglomération, de plus de 300 000 habitants, ce délai est de six mois ». Il résulte de ces dispositions que la responsabilité de l’État, sur qui repose une obligation de résultat, commence dans le Var - qui comporte l’agglomération de Toulon - à l’expiration du délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation. Est inopérante à cet égard la circonstance - puisqu’elle est postérieure à cette décision - que le demandeur ait ou non introduit le recours devant la juridiction administrative prévu au I de l'article L. 441-2-3-1 et que celui-ci ait ou non conduit à une injonction au préfet du Var.

2. Il est constant que M. B... n’a reçu aucune offre de logement à l’expiration - le 6 juillet 2015 - du délai de six mois à compter de la décision du 6 janvier 2015 par laquelle la commission de médiation DALO du Var a déclaré sa demande prioritaire et urgente. Cette carence de l’Etat est constitutive d’une faute de nature à engager sa responsabilité. Toutefois la période de responsabilité de l’Etat a déjà été indemnisée par le jugement n° 2002471 du 18 mars 2022 jusqu’à cette date. Pour la période postérieure le préfet du Var fait valoir sans être contredit que le requérant a été absent en janvier 2016 à l’entretien fixé par la conseillère en situation familiale et qu’ainsi le logement proposé n’a pu lui être attribué. Dès lors ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

Sur l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacun la charge de ces frais.


D É C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au ministre de la ville et du logement et au préfet du Var.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2026.


Le président-rapporteur, La greffière,




Signé : J-M. PRIVAT Signé : K. BAILET

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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