Le Tribunal administratif de Toulon, statuant par ordonnance en plein contentieux, a rejeté la requête de M. A... contestant les décisions de la CAF du Var relatives à des remises partielles et refus de remise de dettes de revenu de solidarité active. Le requérant invoquait sa bonne foi et sa situation financière précaire, mais n'a pas fourni les précisions et justificatifs nécessaires après y avoir été invité par le tribunal. En application des articles R. 222-1, 7° et R. 772-7 du code de justice administrative, la requête a été rejetée car elle ne comportait que des moyens manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2025, M. C... A... doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 7 août 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales du Var ne lui a accordé qu’une remise partielle, à hauteur de la somme de 419,57 euros, de sa dette de revenu de solidarité active, référencée INK 001, d’un montant initial de 1678,26 euros ;
2°) d’annuler la décision du 7 août 2025 par laquelle la caisse d’allocations familiales du Var a refusé de lui accorder une remise de dette de revenu de solidarité active, référencée INK 002, d’un montant de 559,42 euros.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- il est de bonne foi ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme demandée.
Par un courrier du 17 septembre 2025, le tribunal a invité l’auteur de la requête à régulariser celle-ci dans un délai de quinze jours en lui adressant le formulaire prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».
2. L’article R. 772-5 du code de justice administrative dispose que : « Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code, sous réserve des dispositions du présent chapitre, les requêtes relatives aux prestations, allocations ou droits attribués au titre de l’aide ou de l’action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d’emploi, sans préjudice des dispositions du chapitre VIII s’agissant du contentieux du droit au logement défini à l’article R.778-1 ». Aux termes de l’article R. 772-6 du code précité : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou insuffisance de motivation (…) qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S’il y a lieu, le requérant est invité à régulariser sa requête dans un délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ». Et aux termes de l’article R. 772-7 du même code : « Les dispositions de l’article R. 772-6 ne sont pas applicables lorsque la requête a été introduite par un avocat ou a été présentée sur un formulaire mis à la disposition des requérants par la juridiction administrative qui contient l’ensemble des informations mentionnées au premier alinéa de cet article ».
3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
4. Pour contester les décisions de refus de remise de dettes en litige, M. A... soutient que, d’une part, il est de bonne foi dès lors qu’il a sollicité la caisse d’allocations familiales du Var sur la période à laquelle il devait déclarer ses revenus issus de son activité de saisonnier et, d’autre part, sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme demandée en indiquant qu’il ne perçoit que la somme mensuelle de 880 euros d’allocations chômage. L’intéressé a été invité à régulariser sa requête par une demande adressée le 17 septembre 2025 par le biais de l’application « Télérecours citoyens », réputée lue deux jours ouvrés après cette transmission en application de l’article R. 611-8-6 du code de justice administrative, et comportant le formulaire prévu par l’article R. 772-7 précité du même code, qui l’invitait notamment à préciser les motifs de sa demande et l’informait de la nécessité, sous peine de voir son recours rejeté par une décision du juge sans convocation à une audience, de soumettre à ce dernier une argumentation permettant d’apprécier sa bonne foi et l’impossibilité dans laquelle il se trouve de rembourser tout ou partie de la somme réclamée et de produire, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. Le requérant n’a toutefois pas complété sa requête.
5. Par suite, cette requête, qui ne comporte que des moyens qui ne sont manifestement pas assortis de précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée en application des dispositions précitées au point 1 du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....
Fait à Toulon, le 17 décembre 2025.
La présidente de la 4ème chambre,
Signé
M. B...
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.