Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2604583
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2604583 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | BERTOLINO |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2026, M. A..., Ahmed B..., représenté par Me Bertolino, demande au magistrat désigné :
1°) d’annuler la décision prise à son encontre le 9 septembre 2026 par le préfet du Var l’assignant à résidence dans la commune de Le Luc pour une durée de 45 jours avec les obligations et interdictions attachées ;
2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard un titre de séjour temporaire lui permettant d’exercer sa vie privée et familiale ;
Il soutient que :
• l’arrêté est entaché d’une incompétence de son auteur ;
• l’arrêté est insuffisamment motivé ;
• l’arrêté est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
• l’arrêté méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2026, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bailleux pour statuer sur les requêtes présentées dans le cadre du contentieux de l’éloignement, contre les décisions prises à l’égard d’un étranger en situation irrégulière faisant l’objet d’une assignation à résidence.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l’audience publique, a été entendu le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique en application de l’article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., Ahmed B..., ressortissant de nationalité algérienne né en 1994, a fait l’objet d’une interpellation par les gendarmes de Gonfaron le 9 septembre 2026. Après avoir constaté que l’intéressé n’avait pas exécuté une obligation de quitter le territoire français du 30 juin 2025, le préfet du Var a pris, le 9 septembre 2016, à l’encontre de M. B... un arrêté d’assignation à résidence dans la commune du Luc pour une durée de 45 jours à compter de la notification de cet arrêté. Il s’agit de la décision contestée dans le présent litige.
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du préfet du Var du 9 septembre 2026
2. En premier lieu, par un arrêté préfectoral n°2026/08/MCI du 20 mars 2026, M. D... C..., directeur des titres d’identité et de l’immigration de la préfecture du Var, a reçu délégation du préfet du Var pour signer « (…) e) les mesures d’éloignement relevant de la compétence du représentant de l’Etat (…) les décisions de placement en rétention administrative ou d’assignation à résidence des étrangers objet de ces mesures prises en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ». En outre, il ressort des visas de l’arrêté contesté, que cet arrêté de délégation de signature a fait l’objet d’une publication au registre des actes administratifs de la préfecture du Var n°100 du 20 mars 2026, consultable librement sur Internet, et qu’il était donc exécutoire à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’acte contesté, M. D... C..., doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ».
4. En l’espèce, l’arrêté contesté mentionne dans ses visas le procès-verbal d’audition du 9 septembre 2026 réalisé par la gendarmerie nationale de Gonfaron, ainsi que la procédure contradictoire mise en œuvre dans ce cadre, au cours de laquelle l’intéressé a été en mesure de formuler des observations. La décision rappelle ensuite que M. B... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en date du 30 juin 2025 et que la mesure en litige devra permettre à M. B... d’organiser son départ. Après avoir constaté que M. B... présente des garanties de représentation suffisantes, car justifiant d’une adresse située au 21 avenue du Paradis sur la commune du Luc, l’arrêté en litige assigne le requérant à résidence sur la commune de Le Luc pour une durée de 45 jours à son article 1er et l’oblige, à son article 2, à se présenter tous les lundis et jeudis à la brigade de gendarmerie du Luc situé au quartier Les Retraches route de Toulon, afin de faire constater qu’il respecte la mesure d’assignation à résidence dont il fait l’objet. Ainsi, la décision contestée est suffisamment motivée au regard des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l’article R. 733-1 du même code.
5. En troisième lieu, le requérant soutient que l’assignation à résidence est disproportionnée par rapport à sa situation car elle ne lui permet pas de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille. Le requérant poursuit en indiquant qu’il exerce depuis plus de deux ans un emploi de chauffeur au service de la société Actual, dont le siège est situé sur la commune des Arcs-sur-Argens. Le préfet du Var fait valoir toutefois sur ce point que le requérant ne démontre pas en quoi l’activité professionnelle ne pourrait pas être effectuée depuis son lieu de résidence. Toutefois, bien que l’activité de chauffeur routier semble difficile en étant assigné à résidence sur le territoire d’une commune, sans une dérogation spéciale pour en sortir, le requérant ne conteste pas qu’étant privé d’autorisation de séjour sur le territoire français, il ne peut en tout état de cause exercer une activité professionnelle, quelle qu’elle soit d’ailleurs, comme le fait valoir également le préfet du Var. Ainsi, le requérant n’est pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait entaché sa décision d’une erreur d’appréciation ou d’une erreur manifeste d'appréciation.
6. En quatrième et dernier lieu, le requérant soutient que la décision en litige porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le requérant n’explique toutefois pas en quoi, ainsi que le fait valoir le préfet du Var, l’arrêté, qui l’assigne à résidence, serait susceptible de porter atteinte aux conditions de sa vie privée et familiale. Le requérant indique être père de deux enfants français en bas âge. Comme le fait valoir le préfet du Var, si l’assignation à résidence constitue une mesure prise en vue de l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français dont M. B... fait l’objet, cette assignation à résidence n’a pas pour objet ou pour effet de séparer l’intéressé de son épouse ni de ses enfants. Au contraire, l’assignation à résidence de l’intéressé dans la commune du Luc lui permettra au contraire de demeurer à son lieu de résidence, là où se trouve son lieu de résidence, et donc son épouse et ses enfants.
Sur les conclusions à fin d’injonction
7. Les conclusions à fin d’annulation ayant été rejetées dans le présent jugement, celui-ci n’appelle aucune mesure d’exécution. Par suite il y a lieu de rejeter également les conclusions à fin d’injonction. En tout état de cause, les conclusions à fin d’injonction de délivrance d’un titre de séjour ne peuvent qu’être rejetées, la décision n’étant pas une décision de refus de titre de séjour mais une décision assignant l’intéressé à résidence, sur la commune du Luc.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A..., Ahmed B... et au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné, La greffière,
Signé Signé
F. BAILLEUX
L. APARICIO
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2026, M. A..., Ahmed B..., représenté par Me Bertolino, demande au magistrat désigné :
1°) d’annuler la décision prise à son encontre le 9 septembre 2026 par le préfet du Var l’assignant à résidence dans la commune de Le Luc pour une durée de 45 jours avec les obligations et interdictions attachées ;
2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer sans délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard un titre de séjour temporaire lui permettant d’exercer sa vie privée et familiale ;
Il soutient que :
• l’arrêté est entaché d’une incompétence de son auteur ;
• l’arrêté est insuffisamment motivé ;
• l’arrêté est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ;
• l’arrêté méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2026, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Bailleux pour statuer sur les requêtes présentées dans le cadre du contentieux de l’éloignement, contre les décisions prises à l’égard d’un étranger en situation irrégulière faisant l’objet d’une assignation à résidence.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l’audience publique, a été entendu le rapport de M. Bailleux, magistrat désigné.
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique en application de l’article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., Ahmed B..., ressortissant de nationalité algérienne né en 1994, a fait l’objet d’une interpellation par les gendarmes de Gonfaron le 9 septembre 2026. Après avoir constaté que l’intéressé n’avait pas exécuté une obligation de quitter le territoire français du 30 juin 2025, le préfet du Var a pris, le 9 septembre 2016, à l’encontre de M. B... un arrêté d’assignation à résidence dans la commune du Luc pour une durée de 45 jours à compter de la notification de cet arrêté. Il s’agit de la décision contestée dans le présent litige.
Sur les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du préfet du Var du 9 septembre 2026
2. En premier lieu, par un arrêté préfectoral n°2026/08/MCI du 20 mars 2026, M. D... C..., directeur des titres d’identité et de l’immigration de la préfecture du Var, a reçu délégation du préfet du Var pour signer « (…) e) les mesures d’éloignement relevant de la compétence du représentant de l’Etat (…) les décisions de placement en rétention administrative ou d’assignation à résidence des étrangers objet de ces mesures prises en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ». En outre, il ressort des visas de l’arrêté contesté, que cet arrêté de délégation de signature a fait l’objet d’une publication au registre des actes administratifs de la préfecture du Var n°100 du 20 mars 2026, consultable librement sur Internet, et qu’il était donc exécutoire à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’acte contesté, M. D... C..., doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, « L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ».
4. En l’espèce, l’arrêté contesté mentionne dans ses visas le procès-verbal d’audition du 9 septembre 2026 réalisé par la gendarmerie nationale de Gonfaron, ainsi que la procédure contradictoire mise en œuvre dans ce cadre, au cours de laquelle l’intéressé a été en mesure de formuler des observations. La décision rappelle ensuite que M. B... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français en date du 30 juin 2025 et que la mesure en litige devra permettre à M. B... d’organiser son départ. Après avoir constaté que M. B... présente des garanties de représentation suffisantes, car justifiant d’une adresse située au 21 avenue du Paradis sur la commune du Luc, l’arrêté en litige assigne le requérant à résidence sur la commune de Le Luc pour une durée de 45 jours à son article 1er et l’oblige, à son article 2, à se présenter tous les lundis et jeudis à la brigade de gendarmerie du Luc situé au quartier Les Retraches route de Toulon, afin de faire constater qu’il respecte la mesure d’assignation à résidence dont il fait l’objet. Ainsi, la décision contestée est suffisamment motivée au regard des articles L. 731-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l’article R. 733-1 du même code.
5. En troisième lieu, le requérant soutient que l’assignation à résidence est disproportionnée par rapport à sa situation car elle ne lui permet pas de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille. Le requérant poursuit en indiquant qu’il exerce depuis plus de deux ans un emploi de chauffeur au service de la société Actual, dont le siège est situé sur la commune des Arcs-sur-Argens. Le préfet du Var fait valoir toutefois sur ce point que le requérant ne démontre pas en quoi l’activité professionnelle ne pourrait pas être effectuée depuis son lieu de résidence. Toutefois, bien que l’activité de chauffeur routier semble difficile en étant assigné à résidence sur le territoire d’une commune, sans une dérogation spéciale pour en sortir, le requérant ne conteste pas qu’étant privé d’autorisation de séjour sur le territoire français, il ne peut en tout état de cause exercer une activité professionnelle, quelle qu’elle soit d’ailleurs, comme le fait valoir également le préfet du Var. Ainsi, le requérant n’est pas fondé à soutenir que le préfet du Var aurait entaché sa décision d’une erreur d’appréciation ou d’une erreur manifeste d'appréciation.
6. En quatrième et dernier lieu, le requérant soutient que la décision en litige porterait atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le requérant n’explique toutefois pas en quoi, ainsi que le fait valoir le préfet du Var, l’arrêté, qui l’assigne à résidence, serait susceptible de porter atteinte aux conditions de sa vie privée et familiale. Le requérant indique être père de deux enfants français en bas âge. Comme le fait valoir le préfet du Var, si l’assignation à résidence constitue une mesure prise en vue de l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français dont M. B... fait l’objet, cette assignation à résidence n’a pas pour objet ou pour effet de séparer l’intéressé de son épouse ni de ses enfants. Au contraire, l’assignation à résidence de l’intéressé dans la commune du Luc lui permettra au contraire de demeurer à son lieu de résidence, là où se trouve son lieu de résidence, et donc son épouse et ses enfants.
Sur les conclusions à fin d’injonction
7. Les conclusions à fin d’annulation ayant été rejetées dans le présent jugement, celui-ci n’appelle aucune mesure d’exécution. Par suite il y a lieu de rejeter également les conclusions à fin d’injonction. En tout état de cause, les conclusions à fin d’injonction de délivrance d’un titre de séjour ne peuvent qu’être rejetées, la décision n’étant pas une décision de refus de titre de séjour mais une décision assignant l’intéressé à résidence, sur la commune du Luc.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A..., Ahmed B... et au préfet du Var.
Fait à Toulon, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné, La greffière,
Signé Signé
F. BAILLEUX
L. APARICIO
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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