Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2604788

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2604788
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 septembre 2026, M. B... A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Var, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir, de statuer sans délai sur sa demande de titre de séjour formée le 5 novembre 2025 et, à défaut de décision définitive, de lui délivrer un récépissé portant la mention « autorise son titulaire à travailler » et « séjour hors territoire » dans l’attente de l’examen de sa demande, en application de l’article R. 311-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

2°) à défaut, d’enjoindre au préfet du Var de le convoquer dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, afin de procéder à l’examen de sa demande et de lui délivrer un récépissé portant la mention « autorise son titulaire à travailler » et « séjour hors territoire » ;

3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il se trouve dans une situation particulièrement précaire, faute de pouvoir travailler ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que cette dernière est la seule solution pour mettre fin à sa situation de précarité.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant turc né le 5 novembre 1997, déclare avoir sollicité, le 5 novembre 2025, la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Par sa requête, il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer tout document l’autorisant à travailler et à pouvoir quitter le territoire français.

2. D’une part, aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d’une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l’urgence, ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521‑1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

4. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. ». Selon l’article R. 431-15-1 du même code : « Le dépôt d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d’une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l’instruction d’une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l’article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu’il précise. Lorsque l’instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d’expiration de l’attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n’a pas statué sur la demande. »

5. Il résulte de l’instruction que M. A... a sollicité la délivrance d’un premier titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » à la suite de la conclusion d’un pacte civil de solidarité avec une ressortissante de nationalité française, et a bénéficié d’un premier récépissé valable du 2 février 2026 au 1er mai 2026. En l’absence de réponse de l’administration à la date de la présente ordonnance, et le dossier de l’intéressé devant être présumé complet, une décision implicite de rejet de sa demande est nécessairement née, le délai de quatre mois rappelé au point précédent étant écoulé. Celle-ci, qui met fin à la phase d’instruction de la demande de titre, fait obstacle, en l’absence de péril grave, aux conclusions à fin d’injonction présentées par l’intéressé.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A... doivent être rejetées en application des dispositions de l’article L. 522‑3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Toulon, le 1er octobre 2026.


La présidente du tribunal,
juge des référés,


signé


S. BADER-KOZA


La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière.