Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2604826

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2604826
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2026, M. B... A..., demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer, dans un délai de 48 heures, à compter de la notification de la présente ordonnance, un récépissé conforme aux articles R. 431-12 et R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui permettant de travailler dans l’attente de la remise de son titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;

2°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer, dans le même délai, tout document provisoire légalement approprié permettant de justifier de la régularité de sa présence en France et de son droit à travailler dans l’attente de la remise de la nouvelle carte, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;


Il soutient que :

- la condition liée à l’urgence est remplie par l’imminence de l’expiration de son titre de séjour le 6 octobre 2026 ;
- l’absence de tout document permettant de sécuriser sa situation après le 6 octobre 2026 affecte concrètement l’organisation de sa vie familiale ;
- l’absence de remise de document provisoire après le 6 octobre risque de compromettre sa liberté d’aller et venir ;
- il est exposé, à brève échéance, à une suspension de son activité professionnelle ;



- l’absence persistante de délivrance du récépissé prévu par l’article R.431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de tout autre document provisoire juridiquement adapté le place, à compter du 7 octobre 2026, dans l’impossibilité de justifier de la continuité de sa situation au séjour et de son droit au travail.


Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Par une décision du 1er septembre 2026, la présidente du tribunal a désigné M. Bailleux pour statuer sur les requêtes en référé présentées en application des dispositions du livre V du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». L’article L. 522-1 du même code dispose que : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public ». Toutefois, aux termes de son article L. 522-3, « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. Lorsqu’un requérant fonde son action, non sur la procédure de suspension régie par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, mais sur la procédure particulière instituée par l’article L. 521-2 du même code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. En l’espèce, le requérant est un ressortissant de nationalité marocaine, qui dispose d’une carte de séjour temporaire valable jusqu’au 6 octobre 2026. Il indique dans sa requête que, suite à des sollicitations faites auprès de la préfecture du Var en septembre 2026, il lui a été indiqué, à plusieurs reprises, que son nouveau titre de séjour était en cours de fabrication.

4. M. A... invoque des libertés fondamentales auxquelles il est susceptible d’être porté atteinte dans un futur proche, en cas d’absence de délivrance d’un document lui permettant de justifier d’une situation régulière en France ou de son nouveau titre de séjour, au-delà du 6 octobre 2026. Il résulte toutefois de l’instruction qu’au moment où le juge des référés a été saisi, et au moment où il doit se prononcer, aucune atteinte n’est portée aux libertés fondamentales invoquées par le requérant, que sont la liberté d’aller et venir et la liberté de travailler puisqu’à cette date le requérant est en situation régulière sur le territoire français, son titre de séjour expirant au 6 octobre 2026. En outre, la situation exposée par M. A... ne caractérise pas une urgence telle qui nécessiterait pour le juge des référés de se prononcer dans un délai de 48 heures.


5. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée, y compris en ce qu’elle comporte des conclusions à fin d’injonction, par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative précitées.


ORDONNE:


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.


Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Une copie sera adressée au préfet du Var.


Fait à Toulon, le 1er octobre 2026.




Le juge des référés,


Signé

F. Bailleux


La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.