mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-1801249 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juin 2018, M. B C, représenté par Me Teissonnière, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat, en tant qu'employeur, à lui verser la somme totale de 30 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande d'indemnisation présentée à l'administration et de leur capitalisation, en réparation du préjudice moral et des troubles causés dans ses conditions d'existence du fait de son exposition à l'inhalation de poussières d'amiante durant sa carrière à la direction des constructions navales (DCN) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante au cours de sa carrière professionnelle au sein de la Direction des Constructions Navales (DCN) sans bénéficier de protection ou d'information efficaces, ce qui constitue une carence fautive du ministère des armées ;
- en raison de cette exposition, il subit un préjudice moral dû à la crainte de contracter une maladie grave et des troubles dans ses conditions d'existence dus au suivi médical auquel il est astreint.
La requête a été communiquée au ministre des armées, qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction, malgré la mise en demeure qui lui a été adressée dans les conditions prévues par l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Un mémoire a été produit par le ministre des armées le 5 décembre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Le 5 décembre 2022, Me Macouillard a informé le tribunal du décès de M. C, survenu le 12 avril 2020, et de la reprise de l'instance par son épouse et sa fille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 ;
- le décret n° 2001-1269 du 21 décembre 2001 ;
- l'arrêté du 21 avril 2006 relatif à la liste des professions, des fonctions et des établissements permettant l'attribution d'une allocation spécifique de cessation anticipée d'activité à certains ouvriers de l'Etat du ministère de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique.
- les observations de Me Macouillard, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né en 1942, indique avoir travaillé comme ouvrier d'Etat à la société nationale des poudres et explosifs (SNPE) d'Angoulême de 1970 à 1983, puis " à la direction des constructions navales (DCN) " de 1984 au 31 décembre 1992 dans des conditions de travail l'exposant à l'inhalation de poussières d'amiante. Il produit un certificat médical établi en 2014 montrant qu'il a fait l'objet d'un suivi médical pour avoir été exposé à l'amiante à la SNPE. Par la présente requête, il demande au tribunal, à la suite du silence gardé par le ministre des armées sur sa demande indemnitaire préalable, de condamner l'Etat à réparer les préjudices qu'il subit du fait de son exposition à l'inhalation de poussières d'amiante au cours de sa carrière professionnelle sans avoir bénéficié de protection ou d'information efficaces.
2. Le ministre des armées, qui n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction malgré la mise en demeure qui lui a été adressée, est réputé, en application des dispositions de l'article R. 312-6 du code de justice administrative, acquiescer aux faits exposés dans la requête et non démentis par les pièces du dossier.
3. M. C invoque dans sa requête les carences de l'Etat employeur à protéger les ouvriers d'Etat travaillant dans les divers arsenaux dépendant de la direction des constructions navales de l'exposition aux fibres d'amiante. Cependant s'il indique dans sa requête avoir travaillé " à la DCN de 1984 au 31 décembre 1992 ", les attestations présentes au dossier, ainsi d'ailleurs que sa demande préalable reçue le 3 février 2018 ou son état de services, ne font état que d'une affectation à la SNPE d'Angoulême, qui était une société privée depuis mai 1971. Son affirmation selon laquelle il aurait travaillé dans une administration publique relevant du ministère de la défense est ainsi contredite par les pièces du dossier. Dans ces conditions, le lien entre la faute que l'Etat aurait commise en ne protégeant pas les ouvriers d'Etat qui travaillaient à la DCN de l'exposition à l'amiante et les préjudices que dit subir M. C ne résulte pas de l'instruction.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, à lui verser une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié aux ayants-droit de M. B C et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Pellissier, présidente,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
L'assesseur le plus ancien,
Signé
Y. CROSNIER
La présidente rapporteure,
Signé
S. D La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026