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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-1900028

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-1900028

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-1900028
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantLECLER-CHAPERON AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 janvier 2019 et le 17 décembre 2019, et des mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 22 mars 2022, 21 avril 2022 et 18 octobre 2022, la communauté de communes de l'Île de Ré, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal :

- de condamner la société SMA à lui verser la somme de 3 507 395,48 euros Toutes Taxes Comprises (TTC) au titre des travaux propres à remédier aux désordres affectant le centre aquatique Aquare, assortie des intérêts au double du taux légal à compter du 30 avril 2018, date de sa demande préalable, capitalisés chaque année à la date anniversaire d'enregistrement de sa requête, ainsi que les sommes de 182 429,26 euros TTC au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, de 258 794,25 euros TTC aux titres des contributions versées à l'exploitant du centre aquatique sur la période des travaux de reprise, de 61 879,69 euros TTC aux titres des frais d'expert conseil, de 83 966,77 euros TTC aux titres des frais d'avocats exposés dans le cadre des opérations d'expertise et de 59 842,53 euros TTC aux titres des frais de constat et d'expertise judicaire, assorties des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de sa requête, capitalisés chaque année à la date anniversaire de cet enregistrement ;

- de mettre à la charge de la société SMA la somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) à titre subsidiaire :

- de condamner conjointement et solidairement, ou à défaut chacun pour son fait ou sa faute :

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société Entreprise technique second œuvre du bâtiment (ETSB), et la société d'économie mixte pour le développement de l'Aunis et de la Saintonge (SEMDAS), à lui verser la somme de 394 428,03 euros TTC au titre de la réfection des plafonds suspendus extérieurs ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves et Sarec, à lui verser la somme de 8 282,47 euros TTC au titre de la réfection des couvertines d'acrotères ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves et Hervé Thermique à lui verser la somme de 8 243,65 euros TTC au titre du défaut de ventilation de la coupole ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas et Sarec à lui verser la somme de 5 450,67 euros TTC au titre du défaut d'isolation ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves et Sarec à lui verser la somme de 17 908,26 euros TTC au titre de la réfection des bardages bois ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas et SIFAP à lui verser la somme de 967 250,08 euros TTC au titre de la réfection des menuiseries aluminium ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Briand Bois Construction et Eiffage Route Sud Ouest à lui verser la somme de 158 466, 48 euros TTC au titre de la réfection de la terrasse du bassin extérieur ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, et la société Sarec à lui verser la somme de 143 664,52 euros TTC au titre de la réfection des plafonds suspendus intérieurs ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves et Hervé Thermique à lui verser la somme de 196 845,72 euros TTC au titre de la réfection des planchers chauffants ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, Groupe Vinet, ERC Harranger et Players Equipement à lui verser la somme de 543 638,85 euros TTC au titre de la réfection des carrelages et de l'étanchéité des plages ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas et Groupe Vinet à lui verser la somme de 35 848,83 euros TTC au titre de la réfection de la pataugeoire ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, Groupe Vinet, ERC Harranger et Players Equipement à lui verser la somme de 961 750,36 euros TTC au titre de la réfection des ouvrages bétons ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves et Suffixe à lui verser la somme de 5 117,17 euros TTC au titre de la réfection des vestiaires ;

o la société ERC Harranger à lui verser la somme de 6 730,46 euros TTC au titre de la réfection de l'ouvrage de stockage bois ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, Groupe Vinet et Players Equipement à lui verser la somme de 6 979,24 euros TTC au titre de la réfection du toboggan ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, SER Groupe Ridoret, Metalnéo et Players Equipement à lui verser la somme de 31 041,53 euros TTC au titre de la réfection des éléments acier et inox ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, ERC Harranger et Sarec à lui verser la somme de 15 749,16 euros TTC au titre de la réfection du local transformateur et la pompe de relevage ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, SER Groupe Ridoret, Sarec, Players Equipement, Suffixe, Sifap, Briand Bois Construction, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et la SEMDAS à lui verser la somme de 182 429,26 euros TTC au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, SER Groupe Ridoret, Sarec, Players Equipement, Suffixe, Sifap, Briand Bois Construction, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et la SEMDAS à lui verser la somme de 258 794,25 euros TTC aux titres des contributions versées à l'exploitant du centre aquatique sur la période des travaux de reprise ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, SER Groupe Ridoret, Sarec, Players Equipement, Suffixe, Sifap, Briand Bois Construction, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et la SEMDAS à lui verser la somme de 61 879,69 euros TTC aux titres des frais d'expert conseil ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, SER Groupe Ridoret, Sarec, Players Equipement, Suffixe, Sifap, Briand Bois Construction, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et la SEMDAS à lui verser la somme de 83 966,77 euros TTC aux titres des frais d'avocats exposés dans le cadre des opérations d'expertise ;

o les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, SER Groupe Ridoret, Sarec, Players Equipement, Suffixe, Sifap, Briand Bois Construction, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et la SEMDAS à lui verser la somme de 59 842,53 euros TTC aux titres des frais de constat et d'expertise judicaire ;

- de décider que ces sommes porteront intérêt au taux légal à compter de l'enregistrement de sa requête et qu'ils seront capitalisés chaque année à la date anniversaire de cet enregistrement ;

- de mettre à la charge des sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, ERC Harranger, Groupe Vinet, Metalneo, Ser Groupe Ridoret, Sarec, Player's Equipement, Suffixe, Sifap, Briand construction bois, Hervé Thermique, Eiffage Route Sud-Ouest et de la SEMDAS la somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la responsabilité contractuelle de la société SMA, en sa qualité d'assureur dommage-ouvrage, est engagée, dès lors qu'elle n'a pas satisfait à son obligation de transmission des rapports de son expert en amont de la prise de position sur le principe de sa garantie, ni respecté les délais légaux quant à sa prise de position sur la garantie ou son offre d'indemnité, ni, encore, accordé sa garantie sur des désordres relevant manifestement du régime de la garantie décennale, a proposé des indemnités manifestement insuffisantes au regard de la gravité des désordres affectant l'ouvrage et des travaux nécessaires à sa réparation effective, a manqué à son obligation de préfinancement des désordres ayant fait l'objet de déclarations de sinistre, en méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des assurances, et a laissé les désordres affectant l'ouvrage s'aggraver de manière inéluctable ;

- en cas de dépassement des délais légaux ou d'offre manifestement insuffisante, l'indemnité due par l'assureur, est majorée de plein droit d'un montant égal au double du taux de l'intérêt légal, en application de l'article L. 242-1 du code des assurances, à compter de la sommation de payer ;

- la SEMDAS a commis une faute dans l'exécution du contrat de mandat de maîtrise d'ouvrage déléguée de nature à engager sa responsabilité contractuelle ;

- les désordres constatés par l'expert relèvent de la garantie décennale des constructeurs au sens de l'article 1792-1 du code civil, dès lors qu'ils n'étaient pas apparents à la date de réception travaux, ont été dénoncés dans le délai de dix ans et affectent les plafonds suspendus extérieurs, les couvertines d'acrotère, la ventilation de la coupole au-dessus du toboggan, l'isolation entre la structure porteuse bois et la sous face de la couverture, le bardage bois, les menuiseries aluminium, les terrasses extérieures, les plafonds suspendus intérieurs, le plancher chauffant, le carrelage et l'étanchéité des plages, la pataugeoire, les ouvrages de gros-œuvre, les vestiaires, le stockage bois, le toboggan, les éléments acier et inox et le local transformateur en raison d'infiltrations ayant entraîné une panne de la pompe de relevage ;

- le préjudice qu'elle a subi, qui correspond au coût des travaux de réparation des désordres décennaux tel qu'évalué par l'expert judicaire, s'établit au montant de 3 484 481,73 euros TTC, décomposé comme suit :

o 394 428,03 euros TTC au titre des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs ;

o 8 282,47 euros TTC en réparation des désordres affectant les couvertines d'acrotère ;

o 8 243,65 euros TTC au titre du défaut de ventilation de la coupole au-dessus du toboggan ;

o 5 450,67 euros TTC en indemnisation du défaut d'isolation entre la structure porteuse bois et sous face de la couverture ;

o 17 908,26 euros TTC au titre des désordres relatifs au bardage bois ;

o 967 250,08 euros TTC en réparation des désordres affectant les menuiseries extérieures ;

o 158 466, 48 euros TTC au titre des désordres constatés sur les terrasses extérieures ;

o 143 664,52 euros TTC en indemnisation des désordres affectant les plafonds suspendus intérieurs ;

o 196 845,72 euros TTC en réparation des désordres concernant le plancher chauffant ;

o 543 638,85 euros TTC au titre des désordres affectant le carrelage et l'étanchéité des plages ;

o 35 848,83 euros TTC en réparation des désordres relatifs à la pataugeoire ;

o 961 750,36 euros TTC pour indemniser le préjudice résultant des désordres affectant les ouvrages de gros-œuvre ;

o 5 117,17 euros TTC pour réparer les désordres concernant les vestiaires ;

o 6 730,46 euros TTC en réparation des désordres relatifs au stockage bois ;

o 6 979,24 euros TTC pour indemniser les désordres affectant le toboggan ;

o 31 041,53 euros TTC au titre des désordres affectant les éléments acier et inox ;

o 15 749,16 euros TTC en réparation des infiltrations dans le local transformateur et la panne consécutive de la pompe de relevage ;

o 182 429,26 euros TTC au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage des marchés de travaux de reprise ;

o 258 794,25 euros TTC en réparation des contributions dont elle est redevable à l'exploitant du centre aquatique, compte tenu de sa fermeture pendant neuf mois, empêchant la perception de recettes perçues par les usagers au cours de cette période ;

o 61 879,69 euros TTC en indemnisation des frais d'accompagnement d'un expert privé pour faire valoir ses droits dans le cadre des opérations d'expertise dommage-ouvrage et judicaire ;

o 83 966,77 euros TTC en réparation des frais d'avocat exposés au titre des opérations d'expertise ;

o 59 842,53 euros en indemnisation des frais et honoraires d'expertise qu'elle a supportés ;

- la clause dont se prévaut la société SMA stipulant que le préjudice est diminué de 20 % est illicite et doit être écartée, dès lors que son application reviendrait à accorder à l'assureur un avantage injustifié constitutif d'une libéralité ;

- aucun abattement de vétusté n'est justifié, tant en l'absence de plus-value apportée à l'ouvrage par les travaux de reprise qu'au regard de la date d'apparition des désordres ;

- à titre subsidiaire, la responsabilité décennale des participants à l'acte de construire est engagée, les désordres affectant le centre aquatique, non apparents à sa date de réception, étant de nature à porter atteinte à sa solidité, et, le cas échéant, à le rendre impropre à sa destination ;

- la responsabilité contractuelle de la SEMDAS est engagée en sa qualité de maître d'ouvrage délégué à raison des manquements qu'elle a commis à ses obligations découlant de la convention de mandat conclue ;

- les désordres affectant l'ouvrage de stockage bois sont exclusivement imputables à la société ERC Harranger ;

- tous les autres désordres constatés relèvent de la responsabilité du groupement de maîtrise d'œuvre, composé de la société Alta, mandataire du groupement, de la société Arcature, architecte, de la société Ethis, BET Fluides et de la société Hernot Yves, BET Acoustique ;

- en outre, les désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs sont imputables au contrôleur technique, à la société ETSB représentée par la SCP Delphine A et de la SEMDAS, maître de l'ouvrage délégué ;

- les désordres affectant les couvertines d'acrotère et le bardage bois engagent la responsabilité de la société Sarec ;

- le défaut de ventilation de la coupole et les désordres affectant les planchers chauffants sont imputables à la société Hervé Thermique ;

- le défaut d'isolation, résultant de l'absence d'exécution des calfeutrements, engage la responsabilité de la société Sarec et du contrôleur technique ;

- les désordres relatifs aux menuiseries aluminium sont imputables à la société Sifap, venant aux droits de la société Sifap, et au contrôleur technique ;

- les désordres affectant la terrasse du bassin extérieur engagent la responsabilité de la société Briand Bois Construction et de la société Eiffage Route Sud-Ouest ;

- les désordres affectant les plafonds suspendus intérieurs relèvent de la responsabilité de la société Sarec et de la société ETSB, représentée par la SCP Delphine A ;

- les désordres concernant les carrelages et l'étanchéité relèvent de la responsabilité des sociétés Groupe Vinet, ERC Harranger, Players Equipement et du contrôleur technique ;

- les désordres affectant la pataugeoire engagent la responsabilité du Groupe Vinet et du contrôleur technique ;

- les désordres concernant les ouvrages béton sont imputables au contrôleur technique et aux sociétés ERC Harranger, Players Equipement et Groupe Vinet ;

- les désordres affectant les vestiaires relèvent de la responsabilité de la société Suffixe ;

- les désordres affectant le toboggan engagent la responsabilité du contrôleur technique et des sociétés Groupe Vinet,Players Equipementet ERC Harranger ;

- les désordres affectant les éléments acier et inox sont imputables aux sociétés SER Ridoret, Metalnéo et Players Equipement ;

- les infiltrations dans le local transformateur et la panne consécutive de la pompe de relevage relèvent de la responsabilité des sociétés Sarec et ERC Harranger ;

- l'indemnisation devra être versée TTC, dès lors qu'elle bénéficie de la présomption de non-assujettisement à la TVA ;

- elle n'a commis aucune faute, la maîtrise d'ouvrage ayant été déléguée à la SEMDAS ;

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juin 2019 et 8 décembre 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 23 mai 2022, la société anonyme SMA, représentée par la SELAS LLC et Associés, subrogée dans les droits et actions de la communauté de communes de l'Île de Ré, demande au tribunal :

1°) que toute somme allouée à la communauté de communes de l'Île de Ré au titre de son indemnisation soit évaluée en montant HT et non TTC ;

2°) d'appliquer un coefficient de vétusté de 50 % au montant total de la réparation octroyée ;

3°) de déduire des condamnations prononcées à son encontre les sommes de 837 311,34 euros au titre du désordre affectant les menuiseries aluminium, 257 999,14 euros au titre des plafonds suspendus extérieurs, 80 399,29 euros au titre des plafonds suspendus intérieurs, 179 929,83 euros au titre du plancher chauffant et 839 961,64 euros au titre du désordre affectant l'ouvrage béton armé en sous-sol ;

4°) de rejeter les demandes d'indemnisation au titre de la prise en charge des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, d'expert conseil et de constat ;

5°) de ramener à de plus justes proportions, et en tout état de cause au prorata d'une durée de travaux de trois mois, la condamnation prononcée à son encontre au titre des contributions versées à l'exploitant du centre aquatique sur la période de travaux de reprise ;

6°) de statuer sur les frais d'expertise ;

7°) de condamner, in solidum à son bénéfice, désordre par désordre, et à la relever et garantir indemne de toutes les sommes mises à sa charge au titre des désordres indemnisés, les sociétés Arcature Cap Ouest, A/lta, Erc Harranger, Sarec, Groupe Vinet, Briand Construction Bois, Hervé Thermique, Players Equipements, Cormenier, Bureau Veritas, Eiffage Route Sud-Ouest venant aux droits de la société Appia, Suffixe, Sifap venant aux droits de la société Sitral, et son liquidateur la SCP Pimouguet-Leuret-Devos-Bot, ainsi que la SCP Delphine A en sa qualité de liquidateur de la société ESTB ;

8°) de condamner ces sociétés in solidum à lui rembourser la somme de 2 396 431 euros versée à la communauté de communes de l'Ile de Ré en exécution de l'ordonnance n° 19BX00645 du 2 septembre 2019 par laquelle le juge des référés de la cour administrative d'appel de Bordeaux a mis à sa charge le versement d'une provision de ce montant, dans l'hypothèse où le montant final de la condamnation prononcée à son égard serait au moins égal à cette somme ;

9°) de condamner ces sociétés in solidum à lui rembourser et à la relever et garantir de toutes les sommes en principal, frais, accessoires et intérêts qui pourraient être mises à sa charge au bénéfice de la communauté de communes de l'Ile de Ré à l'issue de la présente instance ;

10°) d'enjoindre à la société Player's Equipement de produire son attestation d'assurance en vigueur au commencement des travaux et au jour de l'enregistrement de la requête introduite par la communauté de communes de l'Île de Ré, sous astreinte à définir par le tribunal ;

11°) de mettre à la charge des sociétés précitées, in solidum, la somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'indemnité contractuellement due à la communauté de communes doit être versée HT, en application de l'article 6.4 des conditions particulières de la police d'assurance souscrite, à défaut de quoi elle se garde la possibilité de calculer la sanction financière prévue par le même article en cas d'omission de déclaration par l'assuré qu'il a cessé d'être assujetti à la TVA au cours de la période de garantie ;

- les travaux dont la communauté de communes a demandé le préfinancement excèdent les travaux strictement nécessaires à la réparation de l'ouvrage dès lors qu'ils ont pour effet d'y apporter une amélioration, s'agissant des menuiserie aluminium, dont le surcoût s'élève au montant de 837 311,34 euros TTC sur un montant de 927 250,08 euros TTC, des lames de la terrasse, dont seules certaines auraient dû être changées, des divers défauts d'étanchéité générant des infiltrations parfois corrosives sur les aciers, au titre desquels l'expert ne retient pas les conclusions du bureau d'études Géosynthèse, des plafonds suspendus extérieurs, dont les travaux de reprise, d'un surcoût de 257 999,14 euros TTC au regard de l'évaluation de l'économiste de la MAAF, ne correspondent à une réfection à l'identique, des plafonds suspendus intérieurs, dont le remplacement complet, non indispensable, génère un surcoût, et du plancher chauffant, dont le seul remplacement des nourrices par des modèles résistants à la corrosion était nécessaire, alors que l'expert a retenu le remplacement du système de chauffage dans son entier, dont le montant est dix fois supérieur ;

- un coefficient de vétusté de 50 % doit être appliqué à l'indemnisation au regard, d'une part, de l'écart de plusieurs années entre la date de réception des travaux sans réserve, le 22 juin 2009, et les diverses dates d'apparition des désordres, entre le 8 novembre 2013 et 16 octobre 2017, et, d'autre part, des économies budgétaires que les travaux de reprise vont permettre dans le cadre de l'entretien courant de l'ouvrage ;

- la communauté de communes ne justifie pas la nécessité d'une assistance à maîtrise d'ouvrage, en outre confiée à son expert judiciaire, alors qu'une partie importante de cette mission a d'ores et déjà été réalisée dans le cadre des opérations d'expertise, et que l'expert a inclus dans son estimation, pour chaque désordre, le coût de la mission d'ordonnancement, pilotage et coordination (OPC), du bureau de contrôle, du coordonnateur sécurité protection de la santé (SPS) et de la maîtrise d'œuvre ;

- au regard de la période de fermeture du centre aquatique estimée à trois mois, le montant du remboursement de la contribution versée à l'exploitant du centre a été surévaluée par la communauté de communes ;

- les frais d'expert conseil et d'avocat dont le remboursement est demandé ne sont pas justifiés sur pièces, et, en tout de cause, disproportionnés ;

- les frais de constat n'entrent pas dans le champ de la garantie dommage-ouvrage ;

- les frais d'expertise judiciaire sont à déterminer par le tribunal sous réserve de justification.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 avril 2021, et deux mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 24 mai 2022 et 18 octobre 2022, la SELARL Alta, la SARL Arcature et la société Ethis, représentées par la SCP Drouineau-Le Lain-Verger-Bernardeau, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter les demandes de la communauté de commune de l'Île de Ré en les mettant hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, de juger les sociétés Laumond Faure, Cormenier et Sitral responsables des dommages, de condamner les sociétés Sarec, Acoustique Yves Hernot, Bureau Veritas, Eiffage Route Sud-Ouest, ERC Harranger, Groupe Vinet, Erreba, Metalneo, Player's Equipement, SMA SA, Delphine A en sa qualité de liquidateur de la Société ESTB, SEMDAS, Hervé Thermique, Ridoret Menuiserie, Barrau Pes, Sifap, Suffixe, Briand Construction Bois et Piveteau Bois à les garantir et les relever intégralement indemnes de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre ;

3°) d'appliquer un coefficient de vétusté au moins égal à 50 % à toute condamnation, et de rejeter les demandes d'indemnisation présentées au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, des contributions versées à l'exploitant du centre aquatique pendant la période des travaux de reprise, des frais d'expert conseil et des frais d'avocat exposés dans le cadre des opérations d'expertise ;

4°) de mettre à la charge solidairement de la communauté de l'Île de Ré et de tout défaillant la somme de 4 000 euros à leur verser à chacune, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise et de constat.

Elles soutiennent que :

- à titre principal, les conclusions dirigées à l'encontre de la SARL Arcature sont irrecevables dès lors que la SCP Arcature a été dissoute le 18 décembre 2012, et que la SARL Arcature n'a repris que les dossiers en cours de la SCP Arcature au 29 avril 2011, date de création de la SARL ;

- seules les sociétés Ethis et Laumond Faure étaient titulaires de la mission EXE dans le cadre du groupement de maîtrise d'œuvre, les sociétés Alta et Arcature étant titulaires de la mission VISA ;

- l'expert judiciaire n'ayant pas distingué entre les désordres selon qu'ils relevaient de la mission PRO ou de la mission EXE, son appréciation des responsabilités incombant à chaque constructeur est inexacte ;

- le groupement de maîtrise d'œuvre, qui a pris fin à l'issue de la garantie de parfait achèvement, est conjoint et non solidaire, de sorte que chacun de ses membres n'est responsable que des prestations dont il était titulaire ;

- la responsabilité des sociétés Laumond Faure, ESTB et Cormenier, bien que placées en procédure collective ou radiées, ainsi que celle de la société Erreba, en sa qualité de sous-traitant de la société Groupe Vinet, est engagée ;

- le désordre affectant les plafonds suspendus extérieurs est imputable, d'une part, à la SEMDAS qui a accepté en cours de chantier le changement du faux-plafond bois par un faux-plafond en lames métalliques aluminium, d'autre part, à un défaut d'exécution incombant aux sociétés Cormenier et ESTB, et, enfin, à la société Bureau Veritas qui a manqué à son devoir de vérification des deux types de faux plafonds ;

- il ne peut justifier qu'une indemnisation correspondant à l'installation d'un plafond extérieur en bacs aciers galvanisés clippés correspondant à la prestation initialement mise en œuvre, d'un montant de 120 760,49 euros TTC, et non à la pose d'un plafond bois extérieur de qualité marine ;

- le désordre affectant les couvertines d'acrotères n'est pas de nature décennale, et, en tout état de cause, d'une part, ne nécessite aucune réfection dès lors que la réparation d'ores et déjà effectuée à titre provisoire est suffisante pour y remédier, et, d'autre part, n'est pas susceptible d'engager la responsabilité des sociétés Ethis et Alta en l'absence de lien de causalité entre ce désordre et leurs missions de maîtrise d'œuvre ;

- le défaut de ventilation de la coupole ne revêt pas un caractère décennal, et, en tout état de cause, d'une part, n'est pas imputable à la maîtrise d'œuvre, mais à la société Hervé Thermique, et, d'autre part, ne justifie pas l'adjonction d'une ventilation complémentaire apportant une amélioration à l'ouvrage ;

- le défaut d'isolation est exclusivement imputable à un défaut d'exécution de la part de la société Sarec ;

- le désordre affectant l'isolation des bardages bois n'est pas de nature décennale, en l'absence de justification des conclusions de l'expert judiciaire à ce titre, et, en tout état de cause, ne relève pas de la responsabilité de la maîtrise d'œuvre mais de celle de la société Sarec, alors que, d'une part, les plans que le groupement de maîtrise d'œuvre a fournis comprenaient l'isolation en cause, et d'autre part, il n'est pas démontré que les éventuels manquements à leurs obligations dans le cadre de la mission d'assistance du maître d'ouvrage aux opérations de réception, susceptibles d'engager leur responsabilité contractuelle, sont à l'origine du dommage allégué ;

- le désordre tenant à la corrosion sur les menuiseries aluminium n'est pas de nature décennale dès lors qu'elle est localisée et n'affecte pas la solidité ou la destination de l'ouvrage, l'expert n'évoquant, à ce titre, qu'une possible évolution du dommage, toute réparation ne pouvant, en tout état de cause, excéder le montant de 129 938,74 euros, et relevant de la responsabilité de la société Barrau Pes venant aux droits de la société Sitral, et de la société Bureau Veritas ;

- le désordre affectant la terrasse du bassin extérieur ne constitue pas un désordre de nature décennale, et n'est pas imputable, en tout état de cause, à la maîtrise d'œuvre, dès lors que les lames posées étaient conformes aux normes applicables lors de leur mise en œuvre, qu'elles pouvaient être remplacées sans procéder à leur changement complet, et que seule la responsabilité des sociétés Briand Bois Construction et Piveteau Bois est susceptible d'être engagée à ce titre ;

- le désordre affectant les plafonds suspendus intérieurs est imputable, d'une part, à la société Sarec en l'absence de mise en place des closoirs demandés en phase conception, et, d'autre part, à la société ESTB qui n'a pas mis en œuvre des pièces de suspension en inox, la réparation demandée excédant, en tout état de cause, le désordre constaté, qui ne relève pas non plus de la responsabilité contractuelle de l'équipe de maîtrise d'œuvre ;

- le plancher chauffant ne souffre d'aucun défaut décennal, dès lors qu'il a été remédié aux désordres au cours des opérations d'expertise, et, en tout état de cause, aucune erreur de conception n'est démontrée, la société Hervé Thermique étant responsable de ce désordre, et l'indemnisation demandée, correspondant à l'abandon du plancher chauffant au profit d'un système à air pulsé, qui aboutit à une amélioration de l'ouvrage, n'est pas justifiée ;

- les désordres affectant les carrelages, l'étanchéité des plages et de la pataugeoire ne sont pas imputables à la maîtrise d'œuvre, dès lors qu'il n'est pas démontré que les prescriptions des CCTP n'auraient pas permis d'assurer l'étanchéité des ouvrages, mais relèvent de la responsabilité des sociétés Vinet, Erreba, son sous-traitant, Player's Equipement, et Bureau Veritas, et, en tout état de cause, la réparation complète des ouvrages de carrelage n'est pas justifiée ;

- les désordres affectant les ouvrages béton ne relèvent pas de leur responsabilité, le positionnement de l'isolant en sous face des planchers, que l'expert impute à un défaut de conception, étant sans rapport avec les désordres, dus aux infiltrations d'eau chlorée sur le béton consécutives aux défauts d'étanchéité du revêtement sur les ouvrages en béton ; à titre subsidiaire, ces désordres sont imputables aux sociétés ERC Harranger, Groupe Vinet, Erreba, Bureau Veritas Et Players Equipement ;

- le désordre affectant les vestiaires ne relève pas de la responsabilité décennale des constructeurs dès lors que les cabines constituent des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage, ni de la responsabilité contractuelle de la maîtrise d'œuvre, et, en tout état de cause, la demande d'indemnisation est injustifiée alors qu'une solution réparatoire moins onéreuse a été proposée au cours de l'expertise par la société Suffixe, à laquelle ce désordre est exclusivement imputable ;

- le désordre affectant le toboggan n'est pas de nature décennale dès lors qu'il constitue un élément d'équipement dissociable, et, à titre subsidiaire, d'une part, la création d'un pédiluve, préconisée par l'expert et demandée par la communauté de communes, aboutirait à améliorer l'ouvrage, et, d'autre part, le désordre est imputable à la société Player's Equipement ;

- les désordres affectant les éléments acier et inox, dus au choix de matériaux qui ne résistent pas à la corrosion, ressortissent à la responsabilité des sociétés Metalnéo, Ser Ridoret et Player's Equipement, la qualité de l'acier mis en œuvre n'étant pas visible au moment du chantier ;

- l'absence de description de la réalisation d'une étanchéité sur les parois intérieures du local transformateur est imputable aux sociétés ERC Harranger et Sarec, chargées de définir les détails d'exécution pour le gros-œuvre et l'étanchéité, à qui il appartenait également, le cas échéant, d'émettre des réserves sur les prescriptions techniques émanant de la maîtrise d'œuvre ;

- la nature et la dépréciation des ouvrages à la date d'apparition des désordres, plus de sept ans après la réception pour la plupart, impose l'application d'un coefficient de vétusté au moins égal à 50 % ;

- la communauté de communes bénéficiant du fonds de compensation pour la TVA pour les travaux, qui constituent des dépenses d'investissement, en application des articles L. 1615-1 à L. 1615-12 et R. 1615-1 à R. 1615-7 du code général des collectivités territoriales, l'indemnisation doit être versée HT;

- l'indemnisation demandée au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage indépendamment d'une maîtrise d'œuvre et alors que la communauté de communes dispose de services techniques n'est pas justifiée ;

- aucun préjudice n'est démontré quant aux conséquences de la fermeture du centre aquatique pendant les travaux, du mois d'octobre 2018 au mois de juin 2019, compte tenu des économies de charges réalisées ;

- les frais d'expert conseil ne sont pas justifiés, et sont, en tout état de cause, démesurés ;

- les frais d'avocat sont d'ores et déjà pris en compte au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 3 septembre 2019, 29 septembre 2020 et 13 avril 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 4 mai 2022, la SEMDAS, représentée par la SELARL BRT, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des demandes dirigées à son encontre, et de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, limiter sa part de responsabilité à la somme de 37 875,96 euros, correspondant au seul désordre en lien avec sa mission, circonscrire la part mise à sa charge au titre des demandes immatérielles au prorata des dommages matériels, de sorte qu'elle n'excède pas 1,07 %, rejeter toutes les demandes en garantie dirigées à son encontre et mettre à la charge de tous succombants la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- à titre principal, la communauté de communes est forclose à rechercher sa responsabilité sur le terrain contractuel alors qu'elle est réputée avoir accepté l'achèvement de sa mission technique dans le délai d'un mois à compter de l'expiration du délai de la garantie de parfait achèvement;

- la communauté de communes ne démontre aucune fraude ou dol de sa part susceptible d'engager sa responsabilité contractuelle alors qu'elle a reçu quitus de sa mission technique, le changement de matériau des plafonds suspendus et le dépôt d'un éventuel permis de construire modificatif relevant de la responsabilité de la maîtrise d'œuvre ;

- à titre subsidiaire, elle n'a commis aucune faute dans l'exécution du mandat de maîtrise d'ouvrage déléguée, dès lors qu'il ne lui appartenait pas d'intervenir dans le choix technique du plafond ni de préconiser le dépôt d'un permis de construire modificatif, qui n'apparaissait d'ailleurs pas nécessaire ;

- le lien de causalité entre une faute contractuelle et les préjudices résultant des désordres affectant les plafonds suspendus de la piscine n'est pas établi, dès lors que ces sinistres sont exclusivement dus aux défaillances de la société ESTB et de la maîtrise d'œuvre ;

- à titre très subsidiaire, la somme mise à sa charge au titre de la réfection des plafonds suspendus extérieurs ne peut excéder le montant de 37 875,96 euros TTC, correspondant à 10 % du montant total de ce désordre telle que sa part de responsabilité a été déterminée par l'expert ;

- les sommes demandées au titre de l'indemnisation des dommages immatériels allégués ne sont pas justifiées, ou, du moins, disproportionnées, et ne peuvent excéder 1,07 % du montant total de 652 912,50 euros ;

- les demandes de condamnation en garantie formulées par les sociétés Cormenier, Alta, Arcature, Ethis et Bureau Véritas sont irrecevables, dès lors qu'elle ne constitue pas, en sa qualité de maître d'ouvrage déléguée, un constructeur.

Par des mémoires en défense enregistrés les 18 août 2020 et 22 mars 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 20 mai 2022, la société Bureau Veritas Construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA, représentée par la SELARL Faivre, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter toute réclamation à son encontre et de la mettre hors de cause, et, à titre subsidiaire, de la mettre hors de cause du chef des réclamations de la communauté de communes et de son assureur la société SMA concernant les plafonds suspendus extérieurs et intérieurs, l'isolation en sous face de couverture, le bardage bois, la terrasse du bassin extérieur, l'isolation de la coupole, le plancher chauffant, le carrelage et le garde-corps du toboggan, et de rejeter toute réclamation en principal ou en garantie relative à ces ouvrages, ainsi que la réclamation en garantie de la société SMA portant sur les intérêts au taux double ;

2°) à titre principal, de rejeter les demandes d'indemnisation au titre de la prise en charge des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, d'expert conseil et de constat, et, à titre subsidiaire, de rejeter la demande de condamnation solidaire ou in solidum en appliquant une répartition de l'indemnisation éventuelle au prorata des condamnations prononcées;

3°) de prononcer, le cas échéant, des condamnations en montants HT et non TTC ;

4°) d'appliquer un coefficient de vétusté de 30 % au montant total de la réparation octroyée ;

5°) de rejeter dans ses rapports avec les intervenants à l'acte de construire toute demande de condamnation solidaire ou in solidum à son encontre ;

6°) à titre plus subsidiaire, d'une part, de condamner à la garantir en principal, intérêts, frais et accessoires, le cas échéant in solidum ou solidairement, les sociétés Alta, la SCP Delphine A, ès qualités de liquidateur de la société ESTB, Cormenier avec son assureur MMA IARD, si son intervention volontaire est jugée recevable, et la SEMDAS pour les plafonds suspendus extérieurs, Alta et Sarec pour l'étanchéité, les bacs acier, les couvertines d'acrotères, l'isolation en sous-face de couverture ainsi que le bardage bois, Alta et Sitral pour les menuiseries aluminium, Alta, Briand Bois Construction, Piveteau Bois et Appia pour la terrasse du bassin extérieur, Alta, Sarec et la SCP Delphine A, ès qualités de liquidateur de la société ESTB pour les plafonds suspendus intérieurs, Alta et Hervé Thermique pour le plancher chauffant, Alta, ERC Harranger, Groupe Vinet, Erreba et Player's Equipement pour le carrelage et l'étanchéité associée, ainsi que pour les ouvrages en béton armé en sous-sol, Alta, Groupe Vinet et Erreba pour la pataugeoire, Alta, Groupe Vinet, Erreba et Player's Equipement pour le toboggan, et enfin Alta, ERC Harranger et Sarec pour les infiltrations dans le local transformateur ;

7°) d'autre part, de condamner solidairement la totalité des intervenants à la garantir des condamnations éventuelles prononcées à son encontre, en principal, intérêts, frais et accessoires en réparation des sujétions complémentaires réclamées par la communauté de communes ;

8°) de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré ou tout succombant la somme de 10 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- toute réclamation à l'égard de la société Bureau Veritas SA est vouée au rejet, dès lors que, depuis le 1er janvier 2017, les activités de contrôle technique sont prises en charge par la société Bureau Veritas Construction, qui s'y est substituée dans ses droits et obligations ;

- toute éventuelle indemnisation devra prendre en compte la provision d'ores et déjà ordonnée par la cour administrative d'appel de Bordeaux, par une ordonnance du 2 septembre 2019, d'un montant de 2 396 431 euros ;

- sa mission de contrôle technique a été circonscrite aux missions L - Solidité des ouvrages et des éléments d'équipements indissociables, S - Sécurité des personnes et Hand - Accessibilité des constructions pour les personnes handicapées, de sorte qu'était exclue toute mission relative au contrôle technique de la solidité des éléments d'équipement dissociable des ouvrages ;

- aucune atteinte à la sécurité des personnes et à la solidité sur les éléments de structure et de clos-couvert du complexe aquatique (fondations, structure béton, charpente, couverture, menuiseries extérieures) n'a été constatée, ni aucun écart à la réglementation relative aux personnes handicapées ;

- les désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs ne lui sont pas imputables dès lors qu'ils sont dissociables des ouvrages, et que la chute d'éléments de façades ou de toitures ne fait pas partie des aléas visés par la mission S ;

- les demandes de condamnation en garantie de la société Sarec concernant le désordre relatif aux couvertines d'acrotères, le bardage bois et les infiltrations dans le local transformateur sont injustifiées, les opérations de vérification des vis de fixation des couvertines, la mise en œuvre d'une isolation thermique et l'absence d'avis défavorable sur le système d'étanchéité ne relevant d'aucune de ses missions ;

- la demande de la société Hervé Thermique qu'elle la garantisse au titre du défaut de ventilation de la coupole et du plancher chauffant, qui ne relève pas de sa mission L, n'est pas non plus justifiée ;

- elle n'est pas responsable du défaut d'isolation entre la structure porteuse bois et la sous face de la couverture en bacs acier dès lors que, d'une part, ses missions n'incluaient pas la vérification des travaux d'isolation, et que, d'autre part et en tout état de cause, elle avait rappelé aux constructeurs dans ses CRCT n°26 et 27 leur obligation de ne créer aucun vide non calfeutré et non isolé ;

- les désordres affectant les menuiseries extérieures sont imputables à la maîtrise d'œuvre, et, subsidiairement, d'une part, elle avait relevé dans son RICT que les menuiseries devaient bénéficier du label Qualicoat marine, même si son rapport final ne le mentionne pas, et, d'autre part, il ne lui appartenait pas de vérifier que ses avis étaient suivis d'effet ;

- la demande des sociétés Briand Construction Bois, Eiffage Route Sud-Ouest et Piveteau Bois tendant à ce qu'elle les garantisse, concernant la terrasse du bassin extérieur, et fondée sur des manquements allégués à sa mission "sécurité des personnes", n'est pas justifiée dès lors que le choix du plancher ne relève d'aucune des missions qui lui ont été confiées, et que les lames concernées sont dissociables de l'ouvrage ;

- les plafonds suspendus intérieurs constituant des éléments dissociables des ouvrages, sa responsabilité ne peut être retenue pour réparer les dommages constatés résultant d'un phénomène de condensation ;

- les désordres affectant le carrelage et l'étanchéité associée ne lui sont pas imputables, dès lors, d'une part, que le carrelage, la chape associée et la membrane d'étanchéité posée sur elle ne sont pas solidaires du support constitué par la dalle en béton, et sont ainsi des éléments d'équipement dissociables, d'autre part, que l'expert a retenu une application trop stricte des normes techniques applicables concernant l'absence de " surbot " sous les traverses basses et épines des menuiseries, et, enfin et en tout état de cause, la modification de la goulotte sans son avis n'implique pas de remplacer la totalité de l'étanchéité et du carrelage, et ne justifie pas de fixer sa part de responsabilité à 10 % dans la survenance de ces désordres ;

- les désordres affectant la pataugeoire et l'absence d'étanchéité de l'arrivée du toboggan ne lui sont pas imputables, dès lors qu'ils sont dus à des défaillances ponctuelles dans la mise en œuvre de l'étanchéité des bassins et dans l'absence d'étanchéité des jardinières pourtant prévue sur les plans d'exécution qu'elle a examinés, les visites ponctuelles relevant de sa compétence ne revêtant aucun caractère exhaustif ;

- s'agissant des désordres affectant les ouvrages en béton armé, ni la corrosion des aciers et la désagrégation des bétons, ni le positionnement de l'isolation fibrastyrène sous le dallage du béton armé ne justifient l'ampleur des travaux validés par l'expert et la répartition des responsabilités qu'il établit, alors que seule l'entreprise en charge du gros-œuvre est responsable de ces désordres ;

- concernant les désordres affectant le toboggan, dont la barre d'élan est composée d'un acier non adapté à l'environnement d'une piscine, la demande de garantie de la société Ser Ridoret n'est pas justifiée dès lors que cette barre constitue un élément d'équipement dissociable et qu'il ne lui appartenait pas d'en contrôler l'acier ;

- les désordres affectant les vestiaires, au titre desquels la société Suffixe sollicite sa garantie au motif qu'il lui aurait incombé de fournir un avis technique quant à la solidité et la stabilité des éléments d'équipement, ne lui sont pas imputables, dès lors qu'ils portent sur des éléments d'équipement dissociables des ouvrages.

Par des mémoires en défense enregistrés les 4 février 2020 et 18 mars 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 13 mai 2022, la société Sarec, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société SMA ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum la société Bureau Veritas, la SCP Delphine A ès qualité de liquidateur judiciaire de l'entreprise ETSB et la société ERC Harranger à la relever de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de limiter sa part de responsabilité à 20 % concernant les désordres affectant les acrotères et le défaut de mise en œuvre des closoirs au droit des plafonds suspendus, et à 10 % en ce qui concerne le défaut de mise en œuvre d'un système d'étanchéité au droit du local transformateur ;

4°) en tout état de cause, de rejeter les demandes de condamnation de la communauté de communes de l'Île de Ré exprimée TTC, de mise hors de cause de la société Arcature, de rejet de solidarité des sociétés Alta, Arcature et Ethis, et des appels en garantie formés à son encontre par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Bureau Veritas ;

5°) de mettre à la charge de tous succombants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- les désordres affectant les couvertines d'acrotères ne sont pas de nature décennale, en l'absence d'infiltration après leur reprise, et, très subsidiairement, ne pourront excéder 3 045 euros HT ;

- les désordres affectant l'isolation de l'ouvrage ne lui sont pas imputables, dès lors que les closoirs non mis en œuvre à l'origine de ces désordres, sous les bacs aciers, ne relevaient pas de son lot " étanchéité ", qui prévoyait uniquement la pose de closoirs au droit des ondes des bacs des relevés isolés et des retombées en membrane PVC ;

- les désordres concernant l'isolation derrière le bardage bois ne relèvent pas de la responsabilité décennale des constructeurs, et ne sont, en tout état de cause, pas démontrés ;

- les infiltrations affectant le local transformateur ne lui sont pas imputables en l'absence de travaux de cuvelage ou de mise en œuvre d'un surbau au titre de son lot " étanchéité " ;

- subsidiairement, le groupement de maîtrise d'œuvre, dont la responsabilité de ses membres est solidairement engagée, et le bureau de contrôle la relèveront indemne de toute condamnation relativement aux désordres d'étanchéité et d'isolation, ainsi que les sociétés ESTB et ERC Harranger s'agissant respectivement des closoirs et des infiltrations constatées dans le local transformateur ;

- très subsidiairement, pour les désordres relatifs à la fixation des couvertines d'acrotères et au défaut de mise en œuvre des closoirs, sa part de responsabilité ne saurait excéder 20 %, et s'agissant des infiltrations dans le local transformateur, elle ne saurait être supérieure à 10 % ;

- les demandes de réparation des dommages immatériels sont injustifiées dans leur principe comme dans leur montant.

Par des mémoires en défense enregistré les 30 janvier 2020, 11 février 2020, 19 novembre 2020, 29 septembre 2021 et 15 mars 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 10 mai 2022, la société Piveteau Bois, représentée par Me Buraud, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter les conclusions d'appel en garantie présentées à son encontre par la société Briand Bois Construction comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître, et de rejeter toutes les autres conclusions d'appel en garantie dirigées à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Bureau Veritas, Eiffage Route Sud-Ouest et Briand Bois Construction à la garantir et relever intégralement indemne de toute condamnation prononcée à son encontre, de limiter sa responsabilité dans les désordres affectant les lames en bois composite de la terrasse du bassin extérieur, dont les travaux de reprise ont été chiffrés par l'expert au montant de 126 265,16 euros, en fixant sa part de responsabilité à 10 % maximum dans la commission du dommage, correspondant à une condamnation totale maximale de 14 873,46 euros ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge, in solidum, de la communauté de communes de l'Île de Ré, des sociétés Alta, Arcature, Ethis, Hernot Yves, Eiffage Route Sud-Ouest et Briand Construction Bois la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a commis aucune faute quasi-délictuelle en s'abstenant de communiquer un avis technique du CSTB sur les lames de terrasse en bois, un tel avis n'étant pas obligatoire lorsque les lames sont en bois composite ;

- les désordres affectant la terrasse sont imputables aux sociétés Briand construction bois et Eiffage Route Sud-Ouest ;

- sa responsabilité quasi-délictuelle ne saurait être recherchée valablement par les sociétés Arcature, Ethis et Alta.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2019, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 13 mai 2022, la société Hervé Thermique, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société SMA, et de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner solidairement le groupement de maîtrise d'œuvre et la société Bureau Veritas à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre, et de limiter, d'une part, la réparation des désordres concernant les planchers chauffants à la somme de 16 915,89 euros TTC, et, d'autre part, garantie au groupement de maîtrise d'œuvre et à la société Bureau Veritas à hauteur de sa part de responsabilité de 30 % ;

3°) en tout état de cause, de rejeter les demandes de condamnation de la communauté de communes de l'Île de Ré relatives aux préjudices consécutifs ainsi que les demandes, fins et conclusions dirigées à son encontre par la société Bureau Veritas Construction, et de mettre à la charge solidaire du groupement de maîtrise d'œuvre et de la société Bureau Veritas la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- à titre principal, l'absence de ventilation de la coupole constitue une non-façon et non un désordre de nature décennale affectant le traitement de l'air ;

- il appartient au seul concepteur du projet de supporter la charge des lacunes de son projet ;

- les désordres affectant le système de chauffage du plancher chauffant ne sont donc pas de nature décennale, dès lors que le simple remplacement des nourrices en cours d'expertise a permis d'y remédier ;

- le manquement à son obligation de conseil allégué par la communauté de communes relevant de sa responsabilité contractuelle, la réception sans réserve de l'ouvrage fait obstacle à ce que la communauté de communes puisse s'en prévaloir ;

- les demandes d'indemnisation au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, de contributions dues à l'exploitant pendant la période de fermeture pour travaux et d'expert conseil sont injustifiées dans leur principe comme dans leur montant ;

- l'action en garantie de la société Bureau Veritas n'est pas justifiée, alors que, d'une part, le partage de responsabilité préconisé par l'expert concernant le défaut de ventilation la coupole est contestable, le désordre qui lui est imputé étant lié à la corrosion des pièces métalliques du toboggan mises en œuvre par la société Metalnéo, et, d'autre part, toute éventuelle responsabilité de sa part dans le désordre affectant le plancher chauffant doit être limitée à 30 % soit 5 074,77 euros TTC ;

- à titre subsidiaire, les désordres sont imputables, d'une part, au groupement de maîtrise d'œuvre, qui a manqué à ses missions d'études d'exécution, de direction de l'exécution des travaux et d'assistance aux opérations de réception, et, d'autre part, au contrôleur technique, au titre de ses missions L et S.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2019, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 13 mai 2022, la société Ser Ridoret, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société Metalnéo, et de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum le groupement de maîtrise d'œuvre et les sociétés Bureau Veritas, Metalnéo et Player's Equipement à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) en tout état de cause, de rejeter les demandes de condamnation de la communauté de communes de l'Île de Ré relatives aux préjudices consécutifs ( '), ainsi que les demandes, fins et conclusions dirigées à son encontre par la société Bureau Veritas Construction, et de mettre à la de tous succombants la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- à titre principal, les désordres d'oxydation au droit des accès toboggan et des portes coulissantes, ainsi que des supports de réseaux et des seuils de portes ne lui sont pas imputables, alors qu'elle n'est pas intervenue sur ces parties de l'ouvrage, qui relèvent de la responsabilité de la société Metalnéo ;

- à titre subsidiaire, les désordres sont imputables, d'une part, au groupement de maîtrise d'œuvre, qui a manqué à ses missions d'études d'exécution, de direction de l'exécution des travaux et d'assistance aux opérations de réception, d'autre part, au contrôleur technique, au titre de ses missions L et S, et, enfin, aux sociétés Metalnéo et Player's Equipement ;

- à titre infiniment subsidiaire, les demandes d'indemnisation au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, de contributions dues à l'exploitant pendant la période de fermeture pour travaux et d'expert conseil sont injustifiées dans leur principe comme dans leur montant.

Par des mémoires en défense enregistrés les 23 décembre 2019, 11 août 2020 et 8 mars 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 13 mai 2022, la société Briand construction bois, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société Bureau Veritas, et de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter sa part de responsabilité à 15 %, de rejeter l'ensemble des conclusions de la société Bureau Veritas dirigées à son encontre, et de condamner in solidum les sociétés Alta, Arcature et Ethis composant le groupement de maîtrise d'œuvre, la société Bureau Veritas et la société Piveteau Bois à la relever de toute condamnation prononcée à son encontre, en retenant que la charge de la réparation intégrale sera supportée à 40 % par le groupement de maîtrise d'œuvre, 40 % par la société Piveteau Bois et 20 % par la société Bureau Veritas ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, dans l'hypothèse où le tribunal se déclarerait incompétent pour statuer sur l'appel en garantie qu'elle a formulé à l'encontre de la société Piveteau Bois, de les renvoyer devant le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon pour qu'il se prononce sur cet appel en garantie ;

4°) en tout état de cause, de rejeter les demandes de condamnation de la communauté de communes de l'Île de Ré relatives aux préjudices consécutifs, et de toutes ses demandes en tant qu'elles sont exprimées TTC, de rejeter la demande de la société Piveteau Bois de limitation à 10 % de sa part de responsabilité, la demande de mise hors de cause de la société Arcature, celle de rejet de solidarité des sociétés Alta, Arcature et Ethis, et, enfin, de rejeter l'appel en garantie formé à son encontre par les sociétés Alta, Arcature et Ethis ;

5°) de mettre à la charge de tous succombants la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- à titre principal, les désordres affectant les lames en composite de la terrasse extérieure et le défaut de ventilation sous le plancher sont exclusivement causés par des défauts de conception ;

- la communauté de communes est forclose à engager sa responsabilité contractuelle au titre d'un défaut de conseil alors que l'ouvrage a été réceptionné sans réserve le 22 juin 2009 ;

- les actions en garantie de la société Bureau Veritas et de la société Eiffage Route Sud-Ouest ne sont pas justifiées, alors qu'elle s'est bornée à installer les lames de bois, dont l'inadaptation ne relève pas de son fait ;

- à titre subsidiaire, les désordres sont imputables, d'une part, au groupement de maîtrise d'œuvre, dont les membres sont engagés solidairement les uns envers les autres en l'absence de répartition des éléments de mission, qui a manqué à ses missions d'études de projet et de VISA, d'autre part, au contrôleur technique, au titre de ses missions L et S, et, enfin, à la société Piveteau bois, qui, en ayant fourni des matériaux inadaptés, ne saurait supporter une part de responsabilité inférieure à 40 % ;

- à titre infiniment subsidiaire, les demandes d'indemnisation au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, de contributions dues à l'exploitant pendant la période de fermeture pour travaux et d'expert conseil sont injustifiées dans leur principe comme dans leur montant.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 20 mai 2022, la SARL Acoustique Yves Hernot, représentée par la SCP Lavalette Avocats conseils, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société SMA et de la mettre hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum les sociétés Alta, Ethis, Cormenier, ESTB, Bureau Veritas, Sarec, Hervé Thermique, Sitral, Briand construction bois, Piveteau Bois, ERC Harranger, Groupe Vinet, Player's Equipement, Suffixe, Metalnéo et Ser Ridoret à la relever et garantir indemne de toute condamnation prononcée à son encontre ;

3°) en tout état de cause, de mettre à la charge de tout succombant la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, le groupement de maîtrise d'œuvre était un groupement conjoint et non solidaire, faisant ainsi obstacle à l'engagement de sa responsabilité à raison des fautes commises par les autres membres du groupement, alors que les études acoustiques ne sont mises en cause dans aucun des désordres constatés par l'expert, seulement imputables à des défauts d'exécution, de direction et de suivi de chantier ;

- à titre subsidiaire, d'une part, chaque constructeur dont l'expert a déterminé une part de responsabilité dans la survenue de chaque désordre doit être condamné à la garantir et la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre, et, d'autre part, l'ensemble de ces constructeurs doit être condamné in solidum à la relever et la garantir indemne de toute condamnation de sa part concernant les dommages immatériels dont la communauté de communes demande réparation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 mars 2019, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 23 mai 2022, la SARL MétalNéo, représentée par Me Simon-Wintrebert, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre, et de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré ou tous autres succombants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, d'une part, de limiter sa part de responsabilité aux seuls désordres concernant, dans les éléments acier et inox, le garde-corps d'accès au toboggan, les traces de rouille sur les portes coulissantes du rez-de-chaussée et la corrosion des pièces métalliques diverses au sous-sol, correspondant à la somme de 10 395,84 euros, à laquelle un coefficient de vétusté de 50 % devra être appliqué, d'autre part, de condamner les sociétés composant le groupement de maîtrise d'œuvre et les sociétés Ser Ridoret et Player's Equipements à la garantir et relever indemne à hauteur de leur part de responsabilité retenus par l'expert judiciaire, soit 20 % pour la maîtrise d'œuvre, 26,42 % pour la société Ser Ridoret et 20,09 % pour la société Player's Equipement, correspondant à des sommes respectives de 6 208,31 euros, 8 200,10 euros et 6 237,28 euros, et, enfin, de rejeter toute demande de condamnation immatérielle, ou, à défaut, de limiter la réparation mise à sa charge au prorata des dommages matériels, en la limitant au montant de 2 594,43 euros ;

3°) en tout état de cause, de de mettre à la charge de tout succombant la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- à titre principal, elle n'est pas responsable des désordres concernant le garde-corps de l'escalier d'accès au toboggan, ni des traces de rouille sur les portes coulissantes du rez-de-chaussée et de la corrosion des pièces métalliques diverses au sous-sol, alors qu'elle a installé des éléments conformes au CCTP de son lot, et qu'il n'est pas établi que ses préconisations d'entretien, formulées dans le dossier des ouvrages exécutés (DOE) ont été respectées ;

- sa responsabilité n'est pas engagée dans la commission des dommages immatériels en l'absence de lien de causalité entre ces dommages et les désordres affectant les éléments acier et inox, dont la réparation n'exige aucune fermeture du centre aquatique ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à être garantie et relevée indemne de toute condamnation prononcée à son encontre par les autres constructeurs désignés par l'expert judiciaire comme responsables de ces désordres, après application d'un coefficient de vétusté de 50 % compte tenu du long délai qui s'est écoulé entre la date d'apparition des désordres, au 8 novembre 2013, et la réalisation des travaux.

Par des mémoires en défense enregistrés les 10 septembre 2021 et 23 mars 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 25 mai 2022, la SAS Suffixe, représentée par la SELARL Jean-Philippe Devevey, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société SMA, et de mettre à leur charge la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter la condamnation prononcée à son encontre à la somme de 4 093 euros HT, d'appliquer un coefficient de vétusté minimal de 60 % au montant des travaux de réparation des cabines de vestiaires, de condamner in solidum à la garantir de l'ensemble des condamnations mises à sa charge en frais, principal et accessoire, la société Alta, la SARL Arcature venant aux droits de la SCP Arcature et la société Bureau Veritas, de procéder au partage de responsabilité entre ces trois sociétés à hauteur de 95 % et de fixer sa propre part de responsabilité à 5 %, et, enfin, de mettre à la charge de ces trois sociétés la somme de 10 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- les conclusions subsidiaires dirigées à son encontre par la communauté de communes ne sont pas recevables, l'assureur dommages-ouvrage étant subrogé dans ses droits ;

- les désordres qui affectaient les vestiaires individuels, liés à l'absence de contreventement, apparents lors de la réception de l'ouvrage, ne sont pas susceptibles d'engager sa responsabilité décennale dès lors que la réception a été prononcée sans réserve, que la maîtrise d'œuvre aurait, en outre, dû relever ;

- le faux aplomb des vestiaires individuels ne constitue pas un désordre de nature décennale, ces vestiaires étant des éléments dissociables du clos, du couvert ou de l'ossature de la structure, et ce défaut n'empêchant pas les portes des cabines de fermer ;

- en tout état de cause, l'absence de contreventement n'est pas établie, et l'éventuel désordre en résultant est imputable à un défaut de conception, relevant notamment des sociétés Alta et Arcature ;

- l'indemnisation au titre des travaux de reprise doit être exprimée en euros HT et non TTC, et faire l'objet d'un coefficient de vétusté de 60 %, en raison du délai de plus de sept ans qui s'est écoulé entre la réception des travaux et la date d'apparition des désordres affectant les cabines ;

- les frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, de conseil technique privé, d'avocat pendant les opérations d'expertise et de contributions de l'exploitant du centre ne sont pas justifiés ;

- aucune condamnation solidaire des constructeurs n'est justifiée ;

- elle est fondée à solliciter la garantie des entreprises membres du groupement de maîtrise d'œuvre, y compris celle de la SARL Arcature, venant aux droits de la SCP Arcature, qui ont manqué à leurs obligations, notamment lors des opérations de réception, dont la part de responsabilité ne saurait être inférieur à 90 %, ainsi que la garantie de la société Bureau Veritas, qui a manqué à son obligation de contrôle de la solidité des ouvrages (mission L).

Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2022, la SARL Erreba, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) de rejeter tout appel en garantie présenté par les sociétés Alta, Arcature et Ethis, et toute autre demande, dirigés à son encontre, et de la mettre hors de cause ;

2°) de mettre à la charge solidaire des sociétés Alta, Arcature et Ethis la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- à titre principal, la demande de garantie par les sociétés Alta, Arcature et Ethis est prescrite ;

- à titre subsidiaire, les désordres affectant le gros œuvre, l'ouvrage béton, les carrelages et l'étanchéité sont imputables aux défaillances de la maîtrise d'œuvre, qui a fait le choix du dispositif d'étanchéité par revêtement d'imperméabilisation, la mise en œuvre du produit Sikatop ayant, en outre, été validée par la société Groupe Vinet ;

- la société Groupe Vinet n'ayant pas mis en cause sa responsabilité contractuelle devant le juge judiciaire, aucune faute ne peut lui être reprochée, faisant ainsi obstacle à ce que les sociétés Alta, Arcature et Ethis l'appellent en garantie ;

- l'absence de surbot relève de la responsabilité de la société ERC Harranger, et l'absence d'étanchéité dans les jardinières sous l'arrivée du toboggan de la société Player's Equipements.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 15 septembre 2022, la SA Groupe Vinet, représentée par la SCP Elige La Rochelle Rochefort, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré, ainsi que toute demande formulée à son encontre tant au titre des travaux de reprise que des préjudices annexes ;

2°) à titre subsidiaire, de rejeter toute demande présentée à son encontre, en l'absence de faute commise par elle et par la société Erreba ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de limiter sa part de responsabilité à celle de la société Erreba, et d'appliquer aux préjudices annexes la part de condamnation de chaque entreprise au titre du coût global des travaux de reprise ;

4°) en tout état de cause, de lui allouer la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, les conclusions subsidiaires dirigées à son encontre par la communauté de communes ne sont pas recevables, l'assureur dommages-ouvrage étant subrogé dans ses droits ;

- la nécessité d'une maîtrise d'ouvrage déléguée dans le cadre des travaux de reprise n'est pas démontrée, et la demande tendant à l'indemnisation des contributions versées à l'exploitant n'est pas justifiée ;

- les demandes liées aux frais d'avocat, de constat, d'expertise privée et d'expertise judiciaire, qui n'auraient pas été engagés si la SMA avait rempli ses obligations, lui sont, dès lors, entièrement imputables ;

- à titre subsidiaire, elle n'est pas responsable des choix techniques proposés par son sous-traitant la société Erreba, et validés par la maîtrise d'œuvre, à l'origine de désordres d'étanchéité, qui relèvent aussi, pour leur lot, des sociétés ERC Harranger et Player's Equipements ;

- le défaut d'étanchéité de la pataugeoire, ainsi que la corrosion des aciers et la désagrégation des bétons sont imputables à la maîtrise d'œuvre, sa responsabilité ne pouvant, en tout état de cause, être retenue alors que l'expert judiciaire a déjà retenu celle de son sous-traitant ;

- l'oxydation de la barre d'élan du toboggan et le défaut de ventilation de la coupole n'est pas lié à l'absence de surbots au niveau des plages, de sorte qu'elle n'en est pas responsable ;

- à titre très subsidiaire, seule la responsabilité de la société Erreba pourra être engagée à l'égard des autres constructeurs ;

- à titre infiniment subsidiaire, sa propre responsabilité ne peut qu'être limitée à celle de son sous-traitant.

Par des mémoires en défense enregistrés les 14 mai 2020 et 21 mars 2022, et deux mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 11 mai 2022 et 27 septembre 2022, la société Eiffage Route Sud-Ouest, venant aux droits de la société Appia, représentée par la SCP Equitalia Avocats, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et par la société SMA, ainsi que les appels en garantie formés à son encontre par les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Bureau Veritas Construction et Piveteau Bois, et de mettre à la charge in solidum de la communauté de communes de l'Île de Ré et des sociétés SMA, Alta, Arcature, Ethis, Bureau Veritas Construction et Piveteau Bois des sociétés la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens, comprenant notamment les frais d'expertise ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la communauté de communes de l'Île de Ré de produire les descriptifs, marchés, factures et décomptes des travaux réellement effectués, ainsi que les documents justifiant de la durée de ces travaux, et, à défaut, de rejeter toutes ses demandes, fins et conclusions ou, à titre très subsidiaire, de prononcer les condamnations HT, d'en déduire les sommes versées à titre provisionnel par la société SMA, de limiter le montant des condamnations mises à sa charge à 10 % du montant des travaux de réfection de la terrasse extérieure correspondant à la somme de 8 981,56 euros HT, de rejeter les demandes d'indemnisation présentées par la communauté de communes de l'Île de Ré au titre des honoraires de maîtrise d'œuvre, de bureau de contrôle, de sécurité et de protection de la santé et d'ordonnancement, de coordination et de pilotage, et, à défaut, de réduire ces frais à de plus juste proportions, ces frais ne pouvant en tout état de cause excéder 7 % du montant des travaux de reprise de la terrasse extérieure, de condamner la communauté de communes de l'Île de Ré à prendre en charge une part de 20 % des sommes allouées, d'appliquer un coefficient de vétusté de 30 %, de rejeter la demande de la communauté de communes de l'Île de Ré tendant à l'indemnisation des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, des contributions à l'exploitant du centre aquatique et des frais d'avocat, ou, à défaut, de la réduire à de plus justes proportions, de rejeter les demandes de condamnation solidaire ou in solidum avec les autres défendeurs, ou, à défaut, de limiter sa participation à l'indemnisation des préjudices annexes, des frais irrépétibles et des dépens comprenant notamment les frais d'expertise, à 5 % des sommes allouées, de condamner in solidum les sociétés Alta, Arcature, Acoustique Hernot Yves, Bureau Veritas, Briand Construction Bois et Piveteau Bois à la relever indemne et la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre en principal, frais, intérêts et accessoires, et, enfin, de mettre à la charge in solidum des sociétés Alta, Arcature, Acoustique Hernot Yves, Bureau Veritas, Briand Construction Bois et Piveteau Bois la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- à titre principal, les désordres affectant la terrasse du bassin extérieur ne lui sont pas imputables, alors que les seuls travaux qu'elle a effectués ont consisté à poser des poteaux en bois à l'extrémité de la terrasse, et que les lames se seraient déformées quel que soit l'emplacement des poteaux ;

- les appels en garantie formulés à son encontre ne sont donc pas justifiés ;

- à titre subsidiaire, sa responsabilité est limitée à 10 % du désordre en question, auquel un coefficient de vétusté de 30 % doit être appliqué en raison de la durée d'utilisation de l'ouvrage ;

- les dommages immatériels dont la communauté de communes demande réparation ne sont pas justifiés ;

- les travaux de reprise de la terrasse ne nécessitent pas l'intervention d'un maître d'œuvre, d'un bureau de contrôle et d'un coordonnateur SPS, et doivent donc être limités à la somme de 89 815,61 euros HT, ou prévoir une réduction des honoraires de maîtrise d'œuvre à 8 % ;

- la condamnation solidaire des constructeurs n'est pas justifiée en l'absence de faute commune ayant concouru à la réalisation de la totalité des dommages ;

- la communauté de communes est responsable à 20 % des désordres, au titre des fautes commises par la SEMDAS ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à appeler en garantie l'équipe de maîtrise d'œuvre, la société Briand construction bois, la société Piveteau bois et la société Bureau Veritas compte tenu des fautes qu'elles ont commises dans l'exécution de leurs prestations.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2021, et trois mémoires récapitulatifs produits en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistrés les 22 avril 2022, 10 mai 2022 et 17 octobre 2022, la société ERC Harranger, représentée par la SCP LLM, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et la société SMA, ainsi que toute demande d'appel en garantie formulée à son encontre ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum le groupement de maîtrise d'œuvre et les sociétés Bureau Veritas, Groupe Vinet, Erreba, Player's Equipements et Sarec à la relever indemne de toute condamnation prononcée à son encontre en principal, frais, intérêts et accessoires ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, de limiter sa part de responsabilité à 20 % au titre du défaut d'étanchéité des plages carrelées, 20 % au titre des désordres affectant les ouvrages béton armé, 10 % au titre des désordres affectant le local transformateur et 10 % au titre des désordres affectant le stockage bois, prononcer les condamnations HT, y appliquer un coefficient de vétusté de 50 %, rejeter les demandes indemnitaires de la communauté de communes de l'Île de Ré déjà indemnisées à titre provisionnel à hauteur de 2 396 431 euros, ainsi que celles qu'elle a présentées au titre des frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, des contributions versées à l'exploitant du centre aquatique pendant la période des travaux de reprise, des frais d'expert conseil et des frais d'avocat exposés dans le cadre des opérations d'expertise, et de rejeter la demande de condamnation formulée à son encontre ;

4°) de mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré et tout succombant solidairement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- les divers défauts d'étanchéité ne lui sont pas imputables, dès lors que l'absence d'ailette sur la partie latérale des goulottes finlandaises qu'elle a installées résulte d'une demande de la société Groupe Vinet et d'échanges en cours de ce chantier avec cette société et la maîtrise d'œuvre ;

- en tout état de cause, cette absence d'ailette n'est pas à l'origine du désordre causé par les infiltrations sur les plages, dû à l'absence d'étanchéité en sous-face du carrelage ;

- les désordres d'étanchéité affectant les plages et les ouvrages béton relèvent de la responsabilité de la société Groupe Vinet, du groupement de maîtrise d'œuvre, du bureau de contrôle et des sociétés Erreba et Player's Equipements ;

- les désordres concernant le stockage bois et les infiltrations dans le local transformateur ne sont pas de nature décennale, ou, à titre subsidiaire, sont imputables à la maîtrise d'œuvre ;

- en cas d'indemnisation, elle doit être versée en euros HT, et l'action en justice introduite sept ans après la réception de l'ouvrage justifie l'application d'un coefficient de vétusté de 50 % ;

- sa condamnation doit être limitée, en tout état de cause, à la part de responsabilité que l'expert a retenu à son encontre après application du coefficient de vétusté ;

- les demandes d'indemnisation des dommages immatériels ne sont pas justifiées, ou, à titre subsidiaire, doivent être ramenées à de plus justes proportions ;

- les appels en garantie formulés à son encontre ne sont pas justifiés en l'absence de faute de sa part dans la survenue des désordres.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2019, la SARL Barreau PES, nom commercial SIFAP, représentée par Me Lecler-Chaperon, demande au tribunal :

1°) de rejeter l'ensemble des conclusions dirigées à son encontre par la communauté de communes de l'Île de Ré et la société SMA ;

2°) mettre à la charge de la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que les conclusions dirigées à son encontre sont irrecevables, dès lors qu'elle ne vient pas aux droits de la société Sitral qui a participé à l'acte de construire et a ensuite été placée en liquidation judiciaire, son offre de reprise n'ayant porté que sur l'actif mobilier de la société liquidée, à l'exclusion de tous les contrats qu'elle avait souscrits.

Par des mémoires en intervention, enregistrés les 5 février 2020, 22 mars 2022, 21 avril 2022 et 11 septembre 2022, la société anonyme MAAF Assurances, représentée par la SAS Avodès, demande que le tribunal rejette les conclusions dirigées, à titre subsidiaire par la communauté de commune de l'Ile de Ré et dans le cadre du recours subrogatoire exercé par la société SMA, à l'encontre de la société ETSB, représentée par son liquidateur, la société Delphine A.

Elle soutient que :

- son intervention est recevable dès lors qu'elle justifie, en sa qualité d'assureur responsabilité civile décennale de la société ETSB, d'un intérêt susceptible d'être lésé, au regard des parts de responsabilité retenues par l'expert de son assurée dans la survenue des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs et intérieurs, notamment alors que cette société n'a plus d'existence juridique ;

- les demandes présentées à titre subsidiaire par la communauté de communes correspondant à des indemnités déjà perçues de la part de la SMA sont irrecevables ;

- les demandes étrangères aux travaux indispensables à la reprise matérielle des ouvrages, telles que les contributions versées à l'exploitant du centre et les travaux provisoires en cours d'expertise, sont exclus de sa garantie ;

- toute éventuelle condamnation devra être exprimée en euros HT, faire l'objet d'un coefficient de vétusté de 30 %, plus de sept ans s'étant écoulés entre la date de réception et celle d'apparition des désordres, et être limitée à la part de responsabilité de son assurée déterminée par l'expert, soit 20 126,75 euros HT, ou 63 126,60 euros HT à titre subsidiaire, pour les plafonds suspendus extérieurs, et 10 000 euros HT, ou 23 391,68 euros HT à titre subsidiaire, pour les plafonds suspendus intérieurs ;

- les demandes formulées au titre de l'assistance à maîtrise d'ouvrage et des frais d'expert conseil pendant l'expertise ne sont pas justifiées ;

- les sommes sollicitées au titre des frais d'avocat pendant l'expertise relèvent du champ d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en intervention, enregistrés les 10 mars 2022, 15 avril 2022, 23 août 2022, 18 octobre 2022 et 2 novembre 2022, la société anonyme MMA IARD, représentée par la SELARL AB Vocare, demande que le tribunal rejette les conclusions dirigées, à titre subsidiaire par la communauté de commune de l'Ile de Ré et dans le cadre du recours subrogatoire exercé par la société SMA, à l'encontre de la société Cormenier, représentée par son liquidateur, la SELARL Hirou.

Elle soutient que :

- son intervention est recevable dès lors qu'elle justifie, en sa qualité d'assureur responsabilité civile décennale de la société Cormenier, d'un intérêt susceptible d'être lésé, au regard de la part de responsabilité de 30 % retenue par l'expert de son assurée dans la survenue des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs ;

- ces désordres, liés à la corrosion des éléments métalliques de la structure, ne peuvent être imputables à son assurée, qui avait posé des éléments en bois ayant dû être remplacés par des lames métalliques, fournies et installées par la société ESTB, à l'origine des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs ;

- toute éventuelle condamnation, qui devra être exprimée en euros HT, doit être fixée pour ce désordre au montant de 100 633,74 euros HT, correspondant à une reprise à l'identique, déduction faite de la provision déjà versée par la SMA à la communauté de communes ;

- un abattement pour vétusté d'au moins 50 % devra être appliqué à cette indemnité, compte tenu de la date d'apparition des désordres au moins sept ans après la réception ;

- les demandes liées aux frais d'assistance à maîtrise d'ouvrage, aux contributions de l'exploitant et aux frais d'avocat et d'expert pendant l'expertise ne sont pas justifiés.

Par un courrier du 8 décembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société SMA à fin d'injonction présentées à titre principal, tendant à la demande de production de l'attestation d'assurance de la société Player's Equipements.

Vu :

- l'ordonnance n° 1600444 du 30 mars 2016 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Poitiers a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 1 410,89 euros ;

- l'ordonnance n° 1601494, 1700253, 1701191 et 1800721 du 29 août 2018 par laquelle le président du tribunal administratif de Poitiers a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise à la somme de 58 431,64 euros ;

- l'ordonnance n° 1801314 du 4 février 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a condamné la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré une provision de 3 447 000 euros ;

- l'ordonnance n° 19BX00645 du 2 septembre 2019 par laquelle le juge des référés de la cour administrative d'appel de Bordeaux a ramené la condamnation prononcée par le tribunal administratif à une provision de 2 396 431 euros.

- l'ordonnance n° 2000295 du 6 mars 2020 par laquelle M. A a été désigné pour constater les désordres survenus en complément des constats ordonnés dans le cadre de la procédure n° 1903081 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des marchés publics ;

- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 ;

- la loi n°2013-100 du 28 janvier 2013 ;

- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,

- les observations de Me Robin, substituant la SELARL Cabinet Coudray, représentant la communauté de communes de l'Île de Ré, de Me Taillan, représentant la société SMA, Me Bernardeau, représentant les sociétés Alta, Arcature et Ethis, de Me Lecler-Chaperon, représentant les sociétés Sarec, Ser Ridoret, Hervé Thermique, Barreau PES, Briand construction bois et Erreba, de Me Karpinski, représentant la société Eiffage Route Sud-Ouest, de Me Verger, représentant Acoustique Yves Hernot, de Me Devevey, représentant la société Suffixe, de Me Faivre, représentant la société Bureau Veritas construction, de Me Lamarque, représentant la société Groupe Vinet, de Me Rey, représentant la MAAF, et de Me Boudet, représentant la MMA IARD.

Une note en délibéré, présentée par la société SMA, a été enregistrée le 21 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. La communauté de communes de L'Île de Ré a décidé de procéder à la réalisation d'une piscine intercommunale, le centre aquatique " AQUARE ", par une délibération du 12 avril 2005. La maîtrise d'ouvrage du projet a été confiée à la SEMDAS, par un acte d'engagement du 25 avril 2005. La SEMDAS a attribué le marché de maîtrise d'œuvre à un groupement d'entreprises constitué des sociétés A/lta, architecte et économiste, mandataire du groupement, Arcature, architecte, Ethis, bureau d'études (BET) fluides, Laumond Faure, BET structure, Hernot Yves, BET acoustique et Concept paysage, paysagiste. Le contrôle technique de l'opération a été confié à la société Bureau Veritas, par un acte d'engagement conclu le 26 octobre 2005. Par des actes d'engagement du 16 avril 2007, le lot n°3 " étanchéité " a été attribué à la société Sarec, le lot n°20 " chauffage - traitement d'air " à la société Hervé Thermique, le lot n°1 " gros-œuvre " à la société ERC Harranger, le lot n°9 " menuiseries extérieures " à la société Ser groupe Ridoret, le lot n°11 " carrelage-faïence " à la société Groupe Vinet, le lot n°10 " agencement mobilier cabines " à la société Suffixe, le lot n°6 " serrurerie - escaliers métalliques " à la société Metalnéo et le lot n°5 " menuiseries aluminium - murs rideaux - fermetures " à la société Sitral. L'exécution du lot n°16bis " travaux de reprise toboggan " a été confiée à la société Player's Equipements par un acte d'engagement du 11 mars 2009. Par des actes d'engagement du 5 février 2007, le lot n°8 " faux plafonds " a été attribué à la société ETSB et le lot n°23 " voirie et réseaux divers /aménagements extérieurs " à la société Appia, devenue Eiffage Route Sud-Ouest. Le lot n°3b " terrasses extérieures " a été attribué, par un acte d'engagement du 11 mars 2009, à la société Berton-Demangeau, aujourd'hui dénommée Briand construction bois. Enfin, par un acte d'engagement du 5 février 2008, un marché d'assurance dommage-ouvrage a été conclu avec la société Sagena, devenue SMA SA. Les travaux ont été réceptionnés le 22 juin 2009 sans réserve. L'exploitation du centre aquatique " Aquare " a été déléguée à la société Vert Marine.

2. Dès la fin de l'année 2013, l'exploitant a constaté des infiltrations d'eau dans l'ouvrage. La SEMDAS a alors déclaré un sinistre auprès de l'assureur dommages-ouvrage de la communauté de communes de l'Île de Ré. D'autres sinistres ont ensuite été déclarés par le maître de l'ouvrage, notamment des désordres affectant le gros œuvre ou de nature à porter atteinte à la sécurité des utilisateurs et des usagers de l'ouvrage. L'ensemble de ces désordres a fait l'objet de vingt-cinq déclarations de sinistres auprès de l'assureur dommages-ouvrage.

3. Le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a désigné M. A en qualité d'expert, par une ordonnance du 4 mars 2016 afin de procéder au constat des désordres allégués et plus généralement de l'état de l'ouvrage. Le rapport de l'expert, déposé le 24 mars suivant, a relevé de nombreux désordres nécessitant la fermeture temporaire du complexe aquatique. Puis, par une ordonnance du 14 octobre 2016, le même juge des référés a désigné à nouveau M. A en tant qu'expert afin d'analyser les désordres concernés. Au cours des opérations d'expertise, le 15 novembre 2017, la communauté de communes a mis en demeure la société SMA de se conformer à ses obligations contractuelles, en assurant le préfinancement des travaux de reprise des désordres de nature décennale. Par un courrier du 15 mai 2018, la communauté de communes de l'Île de Ré a fait part à la société SMA de son intention de procéder aux réparations telles que préconisées par l'expert judiciaire dans une note aux parties datée du 2 mars 2018 et l'a mise en demeure de lui verser la somme de 3 471 221 euros au titre de son assurance dommages-ouvrage.

4. Par une ordonnance n° 1801314 du 4 février 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Poitiers a condamné la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré une provision de 3 447 000 euros au titre de sa garantie dommages-ouvrage. Par une ordonnance n° 19BX00645 du 2 septembre 2019, le juge des référés de la cour administrative d'appel de Bordeaux a réformé cette ordonnance en ramenant la condamnation prononcée à une provision de 2 396 431 euros. Par sa requête, la communauté de communes de l'Île de Ré demande la condamnation de la société SMA à lui verser la somme de 3 507 395,48 euros TTC au titre du préfinancement des travaux de reprise des désordres affectant le centre aquatique " Aquare ", dans le cadre de la garantie dommages-ouvrage souscrite.

Sur l'étendue du litige :

En ce qui concerne le désistement de la société Barreau PES de ses conclusions :

5. Aux termes de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative : " () le président de la chambre chargée de l'instruction peut demander à l'une des parties de reprendre, dans un mémoire récapitulatif, les conclusions et moyens précédemment présentés dans le cadre de l'instance en cours, en l'informant que, si elle donne suite à cette invitation, les conclusions et moyens non repris seront réputés abandonnés () / () le président de la chambre chargée de l'instruction peut en outre fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois, à l'issue duquel, à défaut d'avoir produit le mémoire récapitulatif mentionné à l'alinéa précédent, la partie est réputée s'être désistée de sa requête ou de ses conclusions incidentes. La demande de production d'un mémoire récapitulatif informe la partie des conséquences du non-respect du délai fixé ".

6. Par une lettre du 27 avril 2022, il a été demandé à l'ensemble des parties de produire, en application de ces dispositions, dans le délai d'un mois, un mémoire récapitulatif reprenant les conclusions et les moyens qu'elles entendaient, à l'issue de l'instruction, soumettre au tribunal.

7. Selon les dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 611-8-1, les parties en défense qui ne produisent pas de mémoire récapitulatif doivent être regardées comme s'étant désistées de leurs conclusions incidentes. En l'espèce, la société Barreau PES, représentée par Me Lecler-Chaperon et ayant repris l'actif de la société Sitral, liquidée, n'a pas produit de mémoire récapitulatif malgré la demande de production dont elle a accusé réception le 27 avril 2022. Elle est donc réputée s'être désistée de ses conclusions incidentes.

En ce qui concerne les interventions des sociétés MAAF et MMA IARD :

8. Une intervention ne peut être admise que si son auteur s'associe soit aux conclusions du requérant, soit à celles de l'un des défendeurs.

9. D'une part, la SCP Delphine A, liquidateur judiciaire de la société ETSB, défendeur, à qui la requête a été communiquée, n'a pas présenté de mémoire tendant à son rejet. Par suite l'intervention de la société MAAF, assureur de la société ETSB avant sa mise en liquidation judiciaire, qui tend au rejet de la requête, n'est pas recevable.

10. D'autre part, la SELARL Hirou, liquidateur judiciaire de la société Cormenier, défendeur, à qui la requête a été communiquée, n'a pas présenté de mémoire tendant à son rejet. Par suite l'intervention de la société MMA IARD, assureur de la société Cormenier avant sa mise en liquidation judiciaire, qui tend au rejet de la requête, n'est pas recevable.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions d'appel en garantie présentées à l'encontre de la société Piveteau Bois par la société Briand Bois Construction :

11. La compétence de la juridiction administrative, pour connaître des litiges nés de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux ne s'étend pas à l'action en garantie du titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé.

12. La société Piveteau bois, qui a fourni les lames de bois de la terrasse extérieure, a agi, dans le cadre du marché de construction du centre aquatique, en qualité de sous-traitante de la société Briand construction bois. Dès lors, la juridiction administrative n'étant pas compétente pour connaître de l'appel en garantie qu'elle a formé à l'encontre de la société Piveteau Bois, l'exception d'incompétence du tribunal opposée par cette dernière aux conclusions d'appel en garantie présentées par la société Briand construction bois à son encontre doit être accueillie.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions présentées à titre infiniment subsidiaire par la société Briand construction bois :

13. Il n'appartient pas à la juridiction administrative d'ordonner le renvoi d'une affaire auprès d'un tribunal judiciaire déterminé, quand bien même elle se serait déclarée incompétente pour connaître du litige au profit de la juridiction judiciaire. Par suite, les conclusions présentées par la société Briand construction bois, tendant à ce que l'appel en garantie qu'elle a formulé à l'encontre de son sous-traitant, la société Piveteau bois, soit renvoyé devant le tribunal de commerce de La-Roche-sur-Yon, irrecevables, ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions à fin d'injonction de la SMA :

14. Il n'appartient pas à la juridiction administrative d'enjoindre à une personne privée, partie à l'instance, de produire une attestation d'assurance qui n'est pas utile à la solution du litige. Il s'ensuit que les conclusions de la SMA tendant à ce que le liquidateur de la société Player's Equipements produise l'attestation d'assurance de cette société valable à sa date d'intervention dans le chantier, sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur la responsabilité contractuelle de la SMA :

15. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des assurances, dans sa rédaction en vigueur à la date de souscription du contrat d'assurance en litige : " Toute personne physique ou morale qui, agissant en qualité de propriétaire de l'ouvrage, de vendeur ou de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser des travaux de construction, doit souscrire avant l'ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs au sens de l'article 1792-1, les fabricants et importateurs ou le contrôleur technique sur le fondement de l'article 1792 du code civil. / Toutefois, l'obligation prévue au premier alinéa ci-dessus ne s'applique ni aux personnes morales de droit public () lorsque ces personnes font réaliser pour leur compte des travaux de construction pour un usage autre que l'habitation. / L'assureur a un délai maximal de soixante jours, courant à compter de la réception de la déclaration du sinistre, pour notifier à l'assuré sa décision quant au principe de la mise en jeu des garanties prévues au contrat. / Lorsqu'il accepte la mise en jeu des garanties prévues au contrat, l'assureur présente, dans un délai maximal de quatre-vingt-dix jours, courant à compter de la réception de la déclaration du sinistre, une offre d'indemnité, revêtant le cas échéant un caractère provisionnel et destinée au paiement des travaux de réparation des dommages. En cas d'acceptation, par l'assuré, de l'offre qui lui a été faite, le règlement de l'indemnité par l'assureur intervient dans un délai de quinze jours / () ".

16. L'article L. 242-1 du code des assurances institue une procédure spécifique de préfinancement des travaux de réparation des désordres couverts par la garantie décennale avant toute recherche de responsabilité. Par suite, l'assureur ne peut exiger de l'assuré la réalisation de ces travaux avant le versement de l'indemnité prévue par cet article. Il résulte de l'article L. 242-1 du code des assurances et des clauses-types prévues par l'article A. 243-1 du code des assurances que l'assureur a l'obligation de notifier à l'assuré le rapport préliminaire d'expertise préalablement à sa prise de position sur le principe de l'indemnisation. A défaut, il ne peut plus refuser sa garantie, notamment en contestant la nature des désordres déclarés par l'assuré.

17. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté par la société SMA, que pour quinze des seize sinistres déclarés par la communauté de communes entre le 8 novembre 2013 et le 20 septembre 2017, la société SMA a transmis le rapport préliminaire d'expertise en même temps que sa position de garantie, le seizième sinistre, causé par les infiltrations dans le local transformateur déclarées le 4 mars 2016, n'ayant pas fait l'objet d'un rapport préliminaire d'expertise. Dans ces conditions, l'assureur ne peut plus refuser sa garantie en se prévalant de l'absence de caractère décennal des quinze sinistres déclarés, concernant les plafonds suspendus extérieurs, les couvertines d'acrotères, le défaut de ventilation de la coupole, le défaut d'isolation entre la structure porteuse bois et la sous-face, en lien avec les plafonds suspendus, le bardage bois, les menuiseries aluminium, les terrasses extérieures, les plafonds suspendus intérieurs, le plancher chauffant, les carrelages et l'étanchéité des plages, la pataugeoire, les ouvrages de gros-œuvre, les vestiaires, le stockage bois au titre duquel il avait d'ailleurs accordé sa garantie amiable, le toboggan, les éléments acier et inox du toboggan et les infiltrations du local transformateur. En particulier, quand bien même la réfection des plafonds suspendus intérieurs modifierait l'aspect visuel du plafond finalement installé en métal en cours de chantier, pour le remplacer par du bois dans le cadre des travaux de reprise, la société SMA ne peut refuser sa garantie au motif que la réception a été prononcée sans réserve pour un plafond d'aspect métallique alors qu'il aurait dû être initialement posé en bois.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne la TVA :

18. La société SMA soutient, sans être contredite, que les conditions de garantie annexées au marché d'assurance contracté initialement par le maître d'ouvrage délégué le 5 février 2008, stipulent que le montant de l'indemnité de préfinancement au titre de la garantie décennale à verser le cas échéant doit l'être en euros HT. La communauté de communes n'établit pas, en se bornant à alléguer qu'elle doit renoncer à 20 % du montant d'une indemnisation versée TTC, que cette clause représente un avantage manifestement disproportionné accordé à l'assureur dommages-ouvrage, constitutive d'une libéralité consentie de façon illicite. Par suite, le montant de l'indemnité due au titre du préfinancement des travaux doit être exprimé en euros HT.

En ce qui concerne l'abattement pour vétusté :

19. Si la vétusté d'un bâtiment peut donner lieu, lorsque la responsabilité contractuelle ou décennale des entrepreneurs et architectes est recherchée à l'occasion de désordres survenus sur un bâtiment, à un abattement affectant l'indemnité allouée au titre de la réparation des désordres, il appartient au juge administratif, saisi d'une demande en ce sens, de rechercher si, eu égard aux circonstances de l'espèce, les travaux de reprise sont de nature à apporter une plus-value à l'ouvrage, compte tenu de la nature et des caractéristiques de l'ouvrage ainsi que de l'usage qui en est fait. Cette vétusté doit s'apprécier à la date d'apparition des désordres.

20. Eu égard au délai écoulé entre les opérations de réception des travaux, intervenues en juin 2009, et l'apparition des désordres, à partir de novembre 2013 et au cours des années suivantes, et à la durée de vie prévisible des équipements, il ne résulte pas de l'instruction que les travaux de reprise aient pour effet d'apporter à l'ouvrage une plus-value autre que celle qui résulte de la disparition des désordres, ni, en conséquence, que l'évaluation de leur coût et de leurs prestations annexes auraient dû faire l'objet d'un abattement pour vétusté, pratiqué de façon forfaitaire.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

S'agissant des dommages matériels :

21. Il résulte de l'instruction et notamment de la note du 2 mars 2018 diffusée aux parties par l'expert, que ce dernier a constaté l'existence de dix-huit désordres affectant le complexe aquatique Aquare et a proposé, pour dix-sept d'entre eux, une évaluation du coût des travaux de reprise d'un montant total de 2 040 822,85 euros HT. En vertu du rapport final d'expertise du 6 juillet 2018, la somme totale de ces travaux reprise est évaluée à 2 550 535,99 euros HT, à laquelle s'ajoute un montant de 145 158 euros HT au titre de l'assistance à maîtrise d'ouvrage. L'ordonnance de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 2 septembre 2019 a condamné la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré une provision de 2 396 431 euros HT, correspondant à l'indemnisation des travaux de réparation de onze désordres.

22. La société SMA soutient que les évaluations proposées par l'expert sont excessives s'agissant de cinq de ces désordres, soit ceux relatifs à la menuiserie aluminium, à la corrosion des aciers et la carbonatation au titre du lot gros œuvre-ouvrage béton armé, aux plafonds suspendus intérieurs et extérieurs, et au plancher chauffant. Elle doit ainsi être regardée comme demandant que le montant de l'indemnité qu'elle a versée soit réduit, pour ces désordres, à concurrence des montants qu'elle propose, ou, en tout état de cause, ramené à des montants moindres.

23. En premier lieu, la société SMA soutient que l'évaluation retenue par l'expert du coût des travaux de reprise afférents aux plafonds suspendus extérieurs, de 160 387,85 euros HT, intègre indûment une réparation utilisant le bois avec renforcement de la structure pour lui permettre de supporter le poids supplémentaire en résultant, alors qu'une simple remise en l'état suffisait, avec l'utilisation d'aluminium au lieu d'acier.

24. Il résulte de l'instruction que si, initialement, ces plafonds devaient être réalisés en bois, ainsi que le prévoyait le permis de construire, et l'ont effectivement été, leur poids s'est avéré trop lourd pour la structure porteuse et qu'il a été nécessaire en cours de chantier de remplacer ces plafonds par des plafonds en lames d'acier. Toutefois, le matériau mis en œuvre s'est lui-même révélé inadapté à l'environnement climatique et sa corrosion a abouti à la chute de certaines lames et à sa dépose totale en 2016 en raison du péril imminent constaté. L'expert a envisagé, pour remédier à ce désordre, d'une part, la fourniture et la pose d'un plafond en bacs aciers galvanisés clippés et, d'autre part, la fourniture et la pose d'un plafond en bois, nécessitant la réalisation de mesures de confortement de la charpente. Il a opté, in fine, pour cette seconde solution, afin de se conformer au permis de construire initial, et compte tenu du caractère plus adapté du matériau bois aux conditions climatiques, mêlant air iodé et vents violents. Si la société SMA soutient qu'un plafond en aluminium permettrait une remise en état identique avant sinistre, tout en étant insensible à la condensation et inerte à l'eau, elle produit, en tout état de cause, un devis établi par la société A4 Menuiserie le 9 septembre 2016 proposant la pose d'un " plafond type MODULBAC 300 F ACIER 6/10 " et non un plafond en aluminium. En outre, comme l'a relevé l'expert, les bacs acier galvanisés clippés envisagés comme matériaux de reprise à l'identique auraient les mêmes faiblesses que le plafond qui a dû être déposé en urgence face aux aléas climatiques, le fabriquant de ces bacs acier soulignant lui-même les " précautions particulières " à prendre en cas de pose en extérieur, " au cas par cas ". Dans ces conditions, il y a lieu d'indemniser ce poste de préjudice par l'octroi à la communauté de communes, par la société SMA, du montant de la réparation préconisée par l'expert, soit 315 633,03 euros HT, auquel il convient d'ajouter le montant des réparations effectuées en urgence en mars 2016, pour une somme de 13 057 euros HT, portant ainsi le montant de l'indemnisation à 328 690,03 euros HT.

25. En deuxième lieu, s'agissant des couvertines d'acrotère en rives de couverture, la société SMA ne conteste ni l'existence du désordre, ni l'évaluation des mesures réparatoires proposées par l'expert, consistant notamment à remplacer des couvertines d'acrotères et des rives de couverture. Par suite, il y a lieu de condamner la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré une somme de 6 902,06 euros HT.

26. En ce qui concerne, en troisième lieu, le défaut de ventilation de la coupole située au-dessus du toboggan, dont la société SMA ne conteste pas l'existence, l'expert constate que la ventilation de cette coupole n'a pas été prévue dans le CCTP alors qu'elle est mentionnée sur les plans de coupe, et estime que son absence, qui concentre l'air chaud chloré des bassins, entraîne une corrosion importante des pièces métalliques présentes dans la zone, notamment des pièces inox du toboggan. Dans ces conditions, la société SMA doit être condamnée à indemniser la communauté de commune de l'Île de Ré à hauteur du montant des mesures réparatoires préconisées par l'expert, soit 6 869,71 euros HT.

27. En quatrième lieu, s'agissant du défaut d'isolation entre la structure porteuse bois et la sous face de la couverture en bac acier, il résulte de l'instruction que l'absence de fermeture entre les ondes des bacs acier a eu pour conséquence la corrosion jusqu'à l'altération des suspentes et des visseries des plafonds suspendus, extérieurs et intérieurs, compte tenu des flux entrants d'air iodé et des flux sortants d'air chloré. Il est de plus constant que des closoirs prévus au marché, afin de fermer les espaces entre les ondes des bacs acier et d'assurer une parfaite étanchéité à l'air et à l'eau, n'ont pas été réalisés et qu'il convient de les installer. En outre, la société SMA ne conteste pas l'existence de ce préjudice ni l'évaluation des réparations par l'expert. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en condamnant la société SMA à indemniser la communauté de commune d'un montant de 4 542,23 euros HT.

28. En ce qui concerne, en cinquième lieu, le bardage bois des menuiseries extérieures, il résulte de l'instruction, sans que la société SMA ne le conteste, que n'a pas été réalisée l'isolation prévue contre les murs en remontée au-dessus des toitures accessibles des locaux de rangement 1 et 2 et du bureau du maître-nageur-sauveteur. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner la société SMA à verser à la communauté de commune de l'Île de Ré une somme de 14 923,55 euros au titre de ce préjudice.

29. En sixième lieu, s'agissant des désordres affectant la menuiserie aluminium, les murs rideaux et les fermetures, il résulte de l'instruction que l'expert avait initialement retenu un montant de travaux de 108 282,28 euros HT pour y remédier, correspondant au remplacement d'une surface de 97 m² de menuiseries mais a retenu, dans son rapport final, un montant total de 806 041,73 euros HT incluant le coût du remplacement de l'ensemble des façades. Il résulte de l'instruction que l'option pour ce remplacement complet trouve notamment son origine dans l'absence de conformité du laquage des profils en aluminium - qui n'est pas conforme au label Qualicoat Marine, son épaisseur, de 69 microns, n'atteignant pas l'épaisseur de 110 microns imposée par ce label. Si la société SMA soutient que l'eau ne pénètre que dans des zones limitées à l'intérieur du bâtiment, rendant inutile le remplacement de l'ensemble des menuiseries, quand bien même elles ne seraient pas conformes au label précité, elle ne conteste pas utilement les constatations de l'expert sur le caractère évolutif des désordres, par l'aggravation des oxydations des menuiseries extérieures et des infiltrations par leur partie haute conduisant, à terme, outre au risque pour la sécurité des personnes, à l'impropriété de l'ouvrage. En outre, si la société SMA invoque la circonstance que la mesure d'épaisseur d'aluminium a été réalisée de manière non contradictoire, elle a pu toutefois utilement présenter ses observations quant à cette mesure dans le cadre de l'expertise judiciaire ayant abouti au rapport du 6 juillet 2018. Dans ces conditions, et alors même qu'aucun dommage n'affectait les murs rideaux lors des premières opérations d'expertise en dehors de la surface précitée de 97 m², il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à un montant de 806 041,73 euros HT à verser par la société SMA à la communauté de communes.

30. S'agissant, en septième lieu, des lames des terrasses extérieures, si la société SMA soutient que les travaux de reprise proposés et effectués par l'entreprise Briand construction bois en 2017, qui a posé initialement ces lames, ont permis de remédier au désordre constaté, il résulte de l'instruction et notamment des constatations effectuées par l'expert, le 17 novembre 2017 puis le 19 avril 2018, que la non-conformité de ces lames engendre des poussées sur les caniveaux carrelés du bassin extérieur et sur les garde-corps vitrés. Contrairement à ce que soutient la société SMA, la non-conformité constatée des lames composites révèle ainsi le caractère évolutif du dommage, et impose le remplacement de la totalité de ces lames, ainsi que la reprise des dommages consécutifs, pour un coût total de 105 220,96 euros HT, auquel il y a lieu d'ajouter la somme de 2 739,64 euros HT, correspondant aux travaux provisoires auxquels la communauté de commune justifie avoir procédé par la production de deux factures, de 1 556,70 euros HT et 1 182,94 euros HT. Il sera donc fait une exacte appréciation du montant de ce préjudice en le fixant à la somme de 107 960,60 euros HT.

31. En huitième lieu, en ce qui concerne les plafonds suspendus intérieurs, l'expert relève que la condensation constatée sous la couverture en bacs acier, engendrée par le choc thermique entre les entrées d'air froid salin et les sorties d'air chaud chloré en l'absence des closoirs mentionnés ci-dessus au point 27 du présent jugement a provoqué des infiltrations sur les plafonds acoustiques en dalles minérales en périphérie intérieure du bâtiment, et, en conséquence, une détérioration, par l'attaque de rouille, des pièces métalliques des plafonds suspendus, intérieurs comme extérieurs. Afin d'y remédier, l'expert préconise de remplacer non l'ensemble des faux plafonds, comme l'allègue la société SMA, mais les plafonds intérieurs périphériques, sur une largeur de trois mètres, correspondant à une surface de 600 m². Si la société SMA se prévaut d'un devis de l'entreprise A4 Menuiserie du 9 septembre 2016 chiffrant notamment le remplacement des seules dalles dégradées, correspondant à un linéaire de 176 m², au montant de 42 987,50 euros HT, il résulte du rapport d'expertise que les traces d'infiltrations ayant provoqué la condensation corrosive sont visibles sur une largeur de trois mètres environ, impliquant des mesures réparatoires permettant la pose de nouvelles dalles sur une largeur de trois mètres. Par suite, la société SMA doit être condamnée à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré une somme de 116 958,40 euros HT au titre de ce préjudice, à laquelle s'ajoute le coût des mesures réparatoires réalisées en urgence, consistant en l'enlèvement des panneaux métalliques, la dépose partielle des plaques de faux-plafonds minérales situés au-dessus des bassins ainsi que la dépose des faux-plafonds et de la laine de verre situés dans le hall d'entrée de l'ouvrage, pour un montant de 2 762,03 euros HT, portant la somme totale à indemniser à 119 720,43 euros HT.

32. En neuvième lieu, il résulte de l'instruction que la corrosion de plusieurs nourrices du système de plancher chauffant, compromettant le fonctionnement de ce dernier, a été constatée et que l'origine de ce phénomène réside dans le positionnement des pièces de raccordement métalliques dans une atmosphère chlorée. Il découle de l'expertise qu'en raison de la cause de la corrosion des nourrices, le seul remplacement de ces dernières par des nourrices identiques ne peut pas permettre de remédier durablement au désordre concerné, bien qu'elle mette fin, pendant cinq ans environ, aux fuites constatées, ce que l'expert a pu relever lors de son contrôle du 11 octobre 2017 après le remplacement des nourrices, en notant que la pression était parfaitement stable. Dans ces conditions, ainsi que le soutient la société SMA, il est possible de remplacer ces éléments par des nourrices en PVC ou en inox, donc résistantes à la corrosion, le changement du système de chauffage n'apparaissant pas indispensable à la reprise de ce désordre. Par suite, il y a lieu de condamner la société SMA à verser une indemnisation globale de 17 152,58 euros HT au titre de ce désordre, dont 3 055,58 euros HT au titre du remplacement des nourrices par la société Hervé Thermique en 2017, et 14 097 euros HT correspondant à la pose de collecteurs en PVC et aux frais de maîtrise d'œuvre afférents.

33. En dixième lieu, concernant les désordres relatifs à l'étanchéité des plages et de la pataugeoire ainsi qu'à la corrosion et à la carbonatation des éléments métalliques du gros-œuvre, provoquées par les infiltrations et percolations d'eau dans les bétons, la société SMA conteste l'évaluation retenue par l'expert et, à sa suite, par la communauté de communes, au motif qu'il n'aurait pas été apporté d'explication quant au choix de ne pas se fonder sur le devis réalisé par l'entreprise Erreba en vue de la protection et des réparations des bétons du sous-sol technique, qui repose lui-même sur une étude effectuée par le cabinet Géosynthèse, dont l'expert estimerait, à tort, qu'elle est incomplète.

34. D'une part, il résulte de l'instruction qu'un défaut d'étanchéité généralisé et un apport d'eau sous l'arrivée du toboggan dépourvu d'étanchéité ont entraîné une inondation généralisée des circulations du sous-sol avec pour conséquence la corrosion des pièces métalliques et le soulèvement et développement des carreaux constituant l'ensemble des plages au rez-de-chaussée du centre aquatique. Il ressort du rapport d'expertise, et n'est pas contesté, que ce désordre, évolutif, est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination et affecte la solidité de ses éléments d'équipement et la solidité de sa construction. La société SMA, qui ne contredit pas l'évaluation de ce poste de préjudice par l'expert, doit donc être condamnée à indemniser la communauté de communes pour un montant de 445 927,35 euros HT, auquel il convient d'ajouter le coût des mesures conservatoires entreprises par la communauté de communes, afin de procéder à la reprise des revêtements carrelés les plus dégradés en octobre 2018, pour un montant de 7 105 euros HT, portant ainsi le montant total de la réparation de ce désordre à la somme de 453 032,35 euros HT.

35. D'autre part, en ce qui concerne les désordres affectant la pataugeoire, il résulte du rapport d'expertise qu'en dépit d'une légère fuite en périphérie d'une canalisation d'amenée d'air dans la pataugeoire, la baisse du niveau d'eau de 2 m3 en 48 heures constatée le 6 septembre 2017 ne peut provenir que d'un défaut d'étanchéité du bassin, qui provoque une diffusion de l'eau chlorée dans les ouvrages béton armé. Ce désordre, qui n'est pas contesté par la société SMA, justifie sa condamnation à verser à la communauté de l'Île de Ré une somme de 29 874,02 euros HT.

36. Enfin, contrairement à ce que prétend la SMA, qui ne produit d'ailleurs pas l'étude du cabinet Géosynthèse à laquelle elle se réfère, mais seulement le devis de l'entreprise Erreba, d'un montant de 87 838,08 euros HT, l'expert a présenté de manière détaillée dans les chapitres 13, 14 et 15 de sa note adressée aux parties au mois de mai 2018, et de son rapport du 6 juillet 2018, les raisons pour lesquelles il considère que les infiltrations d'eau dues au défaut d'étanchéité des carrelages des plages et de la pataugeoire sont de nature à affecter l'ensemble du gros-œuvre en raison de la corrosion des fers du béton armé du sous-sol abritant les locaux techniques, risque mis en évidence dans une étude réalisée par le cabinet d'ingénieurs conseils structure BAG. S'il ressort du devis proposé par la société Erreba que les solutions qu'elle propose consiste à protéger les ouvrages en béton armé par l'application de trois couches d'un inhibiteur de corrosion, sur les voiles et les sous-faces de plages, et par la réparation des ouvrages en béton en dérouillant les aciers oxydés, en y appliquant un revêtement anti-corrosion et en revêtant les bétons reprofilés d'une imperméabilisation, il résulte du rapport d'expertise que si, dans un premier temps, l'expert envisageait une pathologie mineure induisant seulement le traitement des aciers rouillés, les sondages avec analyse chimique des bétons, sur plusieurs secteurs, révèlent une pathologie affectant les bétons, exposant, à terme, les aciers à des problématiques d'oxydations provoquant leur gonflement et, ainsi, l'éclatement du béton. En outre, l'expert relève que lors de la réunion d'expertise à laquelle a participé la société Géosynthèse, le 20 avril 2018, cette dernière lui a elle-même indiqué que sa mission était circonscrite aux ouvrages béton verticaux. Par suite, il y a lieu d'indemniser les dommages résultant de la corrosion et de la désagrégation des ouvrages en béton armé pour un montant de 801 458,63 euros HT, correspondant à la désoxydation des aciers, au regarnissage des zones purgées et à la mise en œuvre d'anodes sacrificielles.

37. En onzième lieu, s'agissant des cabines de vestiaire, il résulte de l'instruction que les blocs de vestiaire ont subi, chacun, une déformation du côté de l'ouverture des portes, ainsi qu'un affaissement de cinq centimètres, faute de contreventement. La société SMA ne conteste pas l'existence de ce désordre, qui nécessite la réinstallation de vestiaires avec contreventement, ni l'évaluation du préjudice en résultant effectuée par l'expert, pour un montant de 4 264,30 euros HT. Il en sera donc fait une juste appréciation en le fixant à cette somme et en condamnant la société SMA à la verser à la communauté de communes.

38. En douzième lieu, des dégâts ayant été causés au local de la chaufferie par le stockage de bois entreposé contre le mur en parpaings du local, qui a basculé vers la chaufferie, la société SMA a versé une indemnité pour procéder aux réparations dans le cadre de l'expertise dommages-ouvrage. Cependant, les profils métalliques en H alors posés pour supporter les bastaings en bois servant à la retenue du stockage des copeaux de bois se sont ensuite oxydés et l'expert a proposé d'y porter remède en appliquant une peinture anti-rouille. La société SMA ne contestant pas l'existence de ce désordre ni son caractère décennal, il y a lieu de la condamner à verser une somme de 5 608,72 euros HT à la communauté de communes en réparation de ce préjudice.

39. En treizième lieu, il résulte du rapport d'expertise que la barre d'élan du toboggan a été réalisée en inox de qualité A2 alors qu'il ne convient pas pour une utilisation dans un environnement chloré. En outre, l'arrivée du toboggan étant dépourvue de bassin de réception type " pédiluve ", l'arrivée des utilisateurs de l'équipement entraîne l'inondation des plages. En vertu des mesures réparatoires préconisées par l'expert, qui ne sont pas discutées par la société SMA, il y a lieu de condamner cette dernière à verser à la communauté de communes une somme de 5 816,03 euros HT en réparation de ce préjudice.

40. En quatorzième lieu, s'agissant des désordres affectant les éléments acier et inox du toboggan, l'expert a constaté une oxydation sur les garde-corps, les soudures d'assemblage, les pièces de fixation les rails et quincaillerie de tenue des vitrages, cette oxydation étant particulièrement forte sur les éléments du haut de l'escalier et de la passerelle du toboggan, confinés sous la coupole non ventilée. Il préconise leur remplacement par des aciers inoxydables résistant à une atmosphère chlorée corrosive, de type A4 et non de type A2, tels que ceux qui ont été attaqués par l'oxydation. En outre, le même phénomène d'oxydation a été constaté sur des pièces d'huisserie métalliques et des supports de canalisation et gaines, qu'il convient de remplacer par des éléments adaptés aux milieux humides. Par suite, la société SMA ne contestant pas l'existence et l'évaluation de ce désordre par l'expert, il en sera fait une juste appréciation en fixant la somme qu'elle doit être condamnée à verser à la communauté de communes à 25 867,94 euros HT.

41. En quinzième et dernier lieu, en ce qui concerne les infiltrations dans le local transformateur et la panne consécutive de la pompe de relevage, l'expert a constaté la présence d'eau dans le local " haute tension ", des infiltrations d'eau au droit des pieds des murs et des câbles " haute tension " dans un regard rempli d'eau, ainsi que le dysfonctionnement des pompes de relevage. D'après l'expert, il peut être remédié à ce désordre, dont l'existence n'est pas contestée par la société SMA, en mettant en œuvre un cuvelage étanche au sol et en remontée des murs périphériques, en créant un surbot étanche au droit du regard électrique, et en mettant en œuvre un report d'alarme en cas de défaillance des pompes de relevage, pour un montant évalué à 13 124,30 euros HT. Par suite, la société SMA doit être condamnée à verser à la communauté de communes cette somme au titre des travaux de reprise de ce désordre.

S'agissant des dommages immatériels :

42. En premier lieu, si la société SMA allègue qu'il est inutile d'indemniser la communauté de communes au titre de l'assistance à maîtrise d'ouvrage pour les travaux de reprise, alors que l'expert a déjà chiffré, désordre par désordre, le coût de la maîtrise d'œuvre, du contrôle technique, de la mission d'ordonnancement, de pilotage et de coordination et de la mission de coordination, sécurité et protection de la santé, l'ampleur des travaux de reprise, relevée par l'expert, impose cependant que la mission de maîtrise d'ouvrage déléguée, qui ne se confond pas avec la maîtrise d'œuvre, soit prise en charge par un organisme extérieur, au regard des moyens techniques et matériels de la communauté de communes requérante, dont la faible importance n'est pas remise utilement en cause par son assureur dommages-ouvrage. En outre, il résulte du marché d'assurance dommages-ouvrage que la garantie couvre les dommages immatériels. Dans ces conditions, dès lors que l'établissement public local produit les marchés qu'elle a passés à cette fin avec la SAS Excobat, pour un montant modifié par un avenant du 3 janvier 2018 de 71 759,32 euros HT en phase de conception, et un montant de 80 958 euros HT en phase de réalisation, en vertu d'un marché du 23 juillet 2018, il y a lieu de condamner la société SMA à indemniser la communauté de communes à ce titre pour une somme totale de 152 717,32 euros HT, la circonstance que l'expert conseil de la communauté de communes dans le cadre des opérations d'expertise soit le gérant de la SAS Excobat n'ayant pas d'influence sur les modalités de la réparation.

43. En deuxième lieu, il ressort du rapport d'expertise que les travaux de reprise des désordres affectant le centre aquatique nécessitent la fermeture du centre pendant une période de neuf mois. La société SMA soutient quant à elle que les travaux nécessaires à la remise en état de l'ouvrage pourront être effectués sur une période de trois mois, en se bornant à indiquer qu'il est possible de réaliser des travaux en même temps que d'autres. A cet égard, le coordonnateur sécurité et protection de la santé a estimé, par un courrier du 29 avril 2018, qu'il était préférable, pour des questions de sécurité des usagers, d'entreprendre les travaux pendant la fermeture totale du centre. Toutefois, bien que la communauté de communes puisse ainsi se prévaloir d'une fermeture de neuf mois du complexe aquatique pour la réalisation des travaux de reprise, sa demande d'indemnisation par la société SMA d'une somme de 258 794,25 euros, qui correspond au montant des contributions qu'elle doit verser, durant cette période, à la société exploitante du centre aquatique, au titre de la compensation annuelle institutionnelle et de la sujétion annuelle de service public, la fermeture implique l'absence de service rendu au public, induisant mécaniquement la réduction des charges pesant sur l'exploitant, renforcée par les aides attribuées au titre du chômage partiel, ce que relève l'expert-comptable sapiteur dans son rapport. Dans ces conditions, et alors que seul le préjudice net subi doit être indemnisé, la communauté de communes n'établit pas la perte de marge nette à sa charge. Par suite, aucune indemnisation n'est due par la société SMA au titre de sa garantie dommages-ouvrage concernant les contributions versées à l'exploitant.

44. En troisième et dernier lieu, la communauté de communes de l'Île de Ré soutient avoir exposé des frais d'avocat et d'expert conseil dans le cadre des opérations d'expertise, pour des montants respectifs de 83 966,77 euros TTC et de 50 166,36 euros HT, ce dont elle justifie par la production d'une attestation du cabinet d'avocat du 3 janvier 2019 et par le rapport de l'expert-comptable sapiteur, selon lequel " toutes les factures en cause sont acceptées et réglées " par la communauté de communes s'agissant des frais d'expert conseil. Il y a donc lieu de condamner la société SMA à indemniser la communauté de communes, sur ce poste de préjudice, à raison d'un montant de 117 339,78 euros HT.

45. Il résulte de ce qui précède qu'il sera fait une juste appréciation des travaux de reprise des désordres affectant le centre aquatique Aquare et prestations nécessaires à leur réalisation en condamnant la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 3 021 906,31 euros HT.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

En ce qui concerne les intérêts au double du taux légal :

46. Aux termes du 5ème alinéa de l'article L. 242-1 susmentionné du code des assurances : " Lorsque l'assureur ne respecte pas l'un des délais prévus aux deux alinéas ci-dessus ou propose une offre d'indemnité manifestement insuffisante, l'assuré peut, après l'avoir notifié à l'assureur, engager les dépenses nécessaires à la réparation des dommages. L'indemnité versée par l'assureur est alors majorée de plein droit d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal. ". Il résulte de ces dispositions que l'indemnité versée à l'assuré n'est majorée d'un intérêt égal au double du taux de l'intérêt légal que si, alors que l'assureur n'a pas respecté les délais impartis ou a présenté une offre manifestement insuffisante, l'assuré a engagé au préalable les dépenses nécessaires à la réparation des dommages.

47. En l'espèce, la communauté de communes de l'Île de Ré n'établit, ni même ne soutient, qu'elle aurait engagé les dépenses permettant de remédier aux désordres affectant le centre aquatique Aquare couverts par le contrat d'assurance. Par suite, sa demande tendant à ce que l'indemnité que la société SMA est condamnée à lui verser au titre des seuls dommages matériels causés à l'ouvrage soit majorée d'un intérêt au double du taux de l'intérêt légal doit être rejetée.

En ce qui concerne les intérêts au taux légal et la capitalisation des intérêts :

48. La communauté de communes de l'Île de Ré a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité de 270 056,70 euros couvrant les dommages immatériels à compter du 3 janvier 2019, date d'enregistrement de sa requête, et à la capitalisation de ces intérêts à compter du 3 janvier 2020, date à compter de laquelle les intérêts étaient dus depuis un an, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les constructeurs responsables :

En ce qui concerne la société Bureau Veritas construction venant aux droits de la société Bureau Veritas SA :

49. Il résulte de l'instruction que les activités de contrôle technique de la société Bureau Veritas SA ont été transférées, à compter du 1er janvier 2017, par une filialisation organisée par un traité d'apport partiel d'actif, à la société Bureau Veritas construction. Dans ces conditions, les conclusions de l'ensemble des parties dirigées à l'encontre de la société Bureau Veritas, en sa qualité de contrôleur technique du marché de travaux à l'origine des désordres en litige, doivent être regardées comme étant dirigées contre la société Bureau Veritas construction. A cet égard, la circonstance que certaines parties, malgré la production des extraits du registre du commerce et des sociétés adéquats des deux sociétés " Bureau Veritas ", aient continué à conclure à la responsabilité de la société Bureau Veritas dans leurs écritures ultérieures, sans y ajouter le terme " construction ", n'a pas d'incidence sur leur recevabilité, alors qu'il en ressort sans conteste qu'elles entendent engager la responsabilité du contrôleur technique de l'opération, ou l'appeler en garantie. Par suite, contrairement à que soutient la société Bureau Veritas construction, les demandes initialement formées à l'encontre de la société Bureau Veritas doivent être regardées comme l'étant à l'encontre de la société Bureau Veritas construction.

En ce qui concerne la SARL Arcature venant aux droits de la SCP Arcature :

50. Il résulte de la convention de cession du 30 mai 2011 que la SCP Arcature a cédé à la SARL Arcature la " clientèle attachée au cabinet et la dénomination sociale " ARCATURE " ", ainsi que " tous contrats souscrits pour les besoins de l'activité architecture et tous ceux obtenus dont l'exécution est l'objet de cette activité ", en vertu de l'article 1.1 de cette convention. En outre, son article 7 stipule que le cessionnaire " s'oblige expressément à représenter le cédant et à prendre en charge l'entier suivi technique ainsi qu'à le représenter lors de toutes réunions d'expertises à l'occasion de tous sinistres et toutes de garanties dont pourraient faire l'objet les bâtiments ou missions architecturales réalisés par le cédant préalablement aux présentes ". Dans ces conditions, nonobstant la signature du marché de maîtrise d'œuvre par la SCP Arcature, la réception des ouvrages en 2009 et la circonstance que les gérants de la SCP Arcature et celui de la SARL Arcature ne sont pas les mêmes personnes physiques, la SARL Arcature ne peut sérieusement soutenir ne pas venir aux droits de la SCP Arcature dans le cadre de la présente instance.

En ce qui concerne la solidarité des sociétés du groupement de maîtrise d'œuvre :

51. En l'absence de stipulations contraires, les entreprises qui s'engagent conjointement et solidairement envers le maître de l'ouvrage à réaliser une opération de construction s'engagent conjointement et solidairement non seulement à exécuter les travaux, mais encore à réparer le préjudice subi par le maître de l'ouvrage du fait de manquements dans l'exécution de leurs obligations contractuelles. Un constructeur ne peut échapper à sa responsabilité conjointe et solidaire avec les autres entreprises cocontractantes, au motif qu'il n'a pas réellement participé aux travaux révélant un tel manquement, que si une convention, à laquelle le maître de l'ouvrage est partie, fixe la part qui lui revient dans l'exécution des travaux.

52. L'acte d'engagement du 19 avril 2006 conclu entre la SEMDAS et le mandataire solidaire du groupement de maîtrise d'œuvre, la société Alta, ne définit pas la part qui revient à chacun des six membres du groupement de maîtrise d'œuvre dans l'exécution des tâches qui lui ont été contractuellement confiées, quand bien même ces membres seraient regroupés conjointement. En outre, le tableau de décomposition des tranches ferme et conditionnelle qui y est annexé, s'il répartit les honoraires attribués à chacun des membres du groupement de maîtrise d'œuvre au titre des différentes missions confiées à ce groupement, ne permet, non d'identifier la part qui revient à chacun de ces membres dans l'exécution des missions confiées contractuellement, mais seulement de constater que la société Hernot n'a pas participé aux missions d'études d'exécution (EXE), d'assistance à la passation des contrats de travaux (ACT) et d'assistance aux opérations de réception (AOR), et que la société Concept Paysage, qui n'a au demeurant plus d'existence et n'est pas partie à l'instance, n'est pas intervenue au stade de la mission EXE, et, par suite, de limiter, dans cette seule mesure, la responsabilité conjointe et solidaire de la société Hernot avec les autres entreprises membres du groupement. A cet égard, l'avenant n° 1 au marché de maîtrise d'œuvre, qui avait pour objet de supprimer la mission EXE sur les lots architecturaux, sauf pour les sociétés Ethis et Laumond Faure, n'est pas daté ni revêtu de la signature du maître d'ouvrage délégué, de sorte que les sociétés Alta, Arcature et Ethis ne peuvent s'en prévaloir pour exclure du périmètre de leurs prestations la mission EXE. Ainsi, en ce qui concerne les appels en garantie des membres du groupement de maîtrise d'œuvre entre eux et à l'égard des autres constructeurs, il y a lieu de fixer à parts égales entre ces membres la charge de leur condamnation.

En ce qui concerne la prescription des appels en garantie formulés à l'égard de la société Erreba :

53. D'une part, aux termes de l'article 2244 du code civil, dans sa version antérieure à la loi du 17 juin 2008 : " Une citation en justice, même en référé, un commandement ou une saisie, signifiés à celui qu'on veut empêcher de prescrire, interrompent la prescription ainsi que les délais pour agir ". Alors même que l'article 2244 du code civil dans sa rédaction antérieure à la loi du 17 juin 2008 réservait ainsi un effet interruptif aux actes " signifiés à celui qu'on veut empêcher de prescrire ", termes qui n'ont pas été repris par le législateur aux nouveaux articles 2239 et 2241 de ce code, il ne résulte ni des dispositions de la loi du 17 juin 2008 ni de ses travaux préparatoires que la réforme des règles de prescription résultant de cette loi aurait eu pour effet d'étendre le bénéfice de la suspension ou de l'interruption du délai de prescription à d'autres personnes que le demandeur à l'action, et notamment à l'ensemble des participants à l'opération d'expertise. La suspension de la prescription, en application de l'article 2239 du code civil, lorsque le juge accueille une demande de mesure d'instruction présentée avant tout procès, le cas échéant faisant suite à l'interruption de cette prescription au profit de la partie ayant sollicité cette mesure en référé, tend à préserver les droits de cette partie durant le délai d'exécution de cette mesure et ne joue qu'à son profit, et non, lorsque la mesure consiste en une expertise, au profit de l'ensemble des parties à l'opération d'expertise, sauf pour ces parties à avoir expressément demandé à être associées à la demande d'expertise et pour un objet identique.

54. D'autre part, le délai de prescription de l'action en garantie décennale se prescrit par dix ans à compter de la date de l'établissement du procès-verbal de réception définitive des travaux, nonobstant la circonstance que ce document indique une date d'effet de la réception antérieure.

55. Si la société Erreba a été attraite aux opérations d'expertise par une ordonnance du 16 juin 2017, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait demandé à être associée à la demande d'expertise. Dans ces conditions, le délai de prescription de l'action en garantie décennale, qui a commencé en l'espèce à courir le 24 juillet 2009, n'a pas été interrompu à l'égard de la société Erreba par sa citation au cours des opérations d'expertise. Par suite, les appels en garantie formulés à son encontre à partir du 24 mai 2022 sont, ainsi qu'elle le soutient, frappés de prescription.

Sur le recours subrogatoire de la société SMA à l'égard des constructeurs :

En ce qui concerne l'étendue du recours subrogatoire :

56. Aux termes du premier alinéa de l'article 1346-4 du code civil : " La subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu'il a payé, la créance et ses accessoires, à l'exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier ". Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ; qu'il incombe à l'assureur qui entend bénéficier de la subrogation prévue par l'article L. 121-12 précité du code des assurances d'apporter la preuve du versement de l'indemnité d'assurance à son assuré, et ce par tout moyen ". Il résulte de ces dispositions que la subrogation légale ainsi instituée a lieu dans la mesure de ce qui a été payé et dans la limite de la créance détenue par l'assuré contre le responsable. En revanche, dès lors qu'elle est subordonnée au seul paiement à l'assuré de l'indemnité d'assurance en exécution du contrat d'assurance, il appartient seulement à l'assureur, pour en bénéficier, d'apporter par tout moyen la preuve du paiement de l'indemnité.

57. Il résulte de l'instruction que la société SMA a, tout d'abord, été condamnée à verser une provision de 3 447 000 euros TTC à la communauté de communes de l'Île de Ré, correspondant à l'indemnisation des travaux de réparation de dix-sept désordres, par l'ordonnance n° 1801314 précitée du 4 février 2019 du juge des référés du tribunal administratif de Poitiers. Cependant, par son ordonnance n° 19BX00645 du 2 septembre 2019, le juge des référés de la cour administrative d'appel de Bordeaux a ramené le montant de la provision à verser à la somme de 2 396 431 euros HT, et a, en conséquence, ordonné à la communauté de communes de reverser le montant de 1 059 569 euros à la société SMA, sous réserve du versement effectif de la totalité de la provision au paiement de laquelle elle avait été condamnée en première instance. Il résulte également de l'instruction que la société SMA a établi un chèque le 28 février 2019 d'un montant de 3 448 600 euros à la communauté de communes, en exécution de l'ordonnance précitée du 4 février 2019, et qu'elle soutient, sans être contredite, que l'établissement public local lui a remboursé un montant de 1 050 569 euros en exécution de l'ordonnance de la cour administrative de Bordeaux du 2 septembre 2019.

58. En application des dispositions de l'article L. 121-12 du code des assurances, la subrogation de l'assureur dans les droits et obligations de son assuré, quelle que soit la nature de la garantie souscrite, ne joue qu'à concurrence du montant de l'indemnité dont il apporte la preuve, par tout moyen, du paiement effectif à son assuré. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la société SMA, le recours subrogatoire qu'elle exerce dans le cadre de la présente instance, qui ne se confond pas avec le mécanisme d'appel en garantie d'un constructeur à l'égard d'un autre, ne peut qu'être limité au montant de 2 396 431 euros HT correspondant à la garantie qu'elle a apportée à la communauté de communes de l'Île de Ré, au titre, en outre, des seuls désordres qui ont fait l'objet de sa condamnation à titre provisionnelle, soit des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs, les couvertines d'acrotères, le défaut d'isolation entre la structure porteuse bois et la sous-face de la couverture en bac acier, les menuiseries aluminium, la terrasse du bassin extérieur, les plafonds suspendus intérieurs, le plancher chauffant, les carrelages et l'étanchéité des plages, la pataugeoire, les ouvrages de gros-œuvre et les vestiaires.

En ce qui concerne la nature décennale des désordres :

59. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les désordres affectant le centre aquatique Aquare, au titre desquels la société SMA est condamnée à accorder sa garantie dommages-ouvrage à la communauté de l'Île de Ré, sont de nature décennale. Par suite, pour ceux des désordres qui ont fait l'objet de la condamnation de la société SMA à titre provisionnelle, ils sont de nature à engager la responsabilité solidaire des constructeurs auxquels ils sont imputables.

En ce qui concerne l'imputabilité des désordres couverts par le recours subrogatoire :

60. En premier lieu, il résulte du rapport d'expertise que le désordre portant sur les plafonds suspendus extérieurs est imputable à la SEMDAS en sa qualité de maître d'ouvrage délégué, à hauteur de 10% pour avoir négligé le dépôt d'un permis de construire modificatif à la suite du remplacement de la structure des plafonds par du métal, aux sociétés composant le groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 30% pour avoir manqué à leurs missions DET, VISA et AOR en ayant validé d'abord le faux plafond en bois sans relever les surcharges induites puis le faux plafond en lames métalliques non adaptées, à la société Bureau Veritas construction en sa qualité de contrôleur technique de l'opération à raison de 10%, pour s'être abstenue de vérifier les surcharges précitées et la résistance des lames métalliques dans leur environnement salin et venteux, à la société Cormenier en charge de la structure bois métal à raison de 30%, pour ne pas avoir anticipé que les surcharges du faux plafond en bois auraient nécessité le renforcement de la charpente, rendant ainsi nécessaire son remplacement par des lames métalliques moins lourdes, et à la société ETSB en charge des plafonds en lames métalliques pour le reste, soit 20%, qui ne s'est pas assurée que les lames qu'elle a installées étaient adaptées à l'environnement climatique. La société SMA ne sollicitant pas l'engagement de la responsabilité de la SEMDAS, les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, la SELARL Hirou, en qualité de liquidateur de la société Cormenier, et la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, doivent être condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 116 100 euros HT.

61. En deuxième lieu, le désordre affectant les couvertines d'acrotère est imputable au groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 20%, à défaut d'avoir, dans le cadre de ses missions DET, VISA et AOR, vérifié la conformité des travaux aux normes en vigueur et aux prescriptions techniques particulières du lot, et à la société Sarec à raison de 80%, pour un défaut d'exécution, en l'absence de réalisation des ouvrages prévus par les pièces particulières du marché. Il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et la société Sarec à verser à la société SMA la somme de 6 667 euros HT.

62. En troisième lieu, le défaut d'isolation de la structure porteuse bois et la sous-face de la couverture est imputable au groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 40% à défaut d'avoir, dans le cadre de ses missions DET, VISA et AOR, vérifié la conformité des travaux aux normes en vigueur et aux prescriptions techniques particulières du lot, à la société Sarec à hauteur de 50%, à défaut de réalisation des calfeutrements au droit des ondes de bacs acier pourtant prévus au cahier des charges de son lot, et à la société Bureau Veritas SA à raison de 10%, en l'absence de vérification des travaux d'isolation, relevant de ses missions de contrôle technique. Les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, ainsi que les sociétés Sarec et Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA, doivent, dès lors, être condamnées solidairement à indemniser la société SMA à hauteur de 4 167 euros HT.

63. En quatrième lieu, le désordre affectant les menuiseries aluminium, les murs rideaux et les fermetures est imputable, d'une part, à la société Sitral à hauteur de 70%, en l'absence de revêtement des menuiseries extérieures par une peinture labellisée Qualicoat marine et compte tenu de la mise en œuvre de façades rideau en acier et non en aluminium, en contradiction avec les prescriptions de son lot, d'autre part, au groupement de maîtrise d'œuvre à raison de 20% à défaut d'avoir, dans le cadre de ses missions DET, VISA et AOR, prévu des surbots sous les menuiseries, lesquelles auraient dû être labellisées Qualicoat marine, permis la mise en œuvre de façades rideau en acier dans un environnement agressif et vérifié la conformité des ouvrages réalisées aux normes applicables, et, enfin, à la société Bureau Veritas SA à hauteur de 10%, pour avoir validé l'absence de label Qualicoat marine en s'abstenant de la mentionner dans son rapport final. Par suite, il y a lieu de condamner solidairement la société Barreau PES, venant aux droits de la société Sitral, les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, ainsi que la société Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA, à verser à la société SMA la somme de 805 833 euros HT.

64. En cinquième lieu, le désordre affectant les terrasses du bassin extérieur est imputable à la société Piveteau bois, sous-traitante de la société Briand construction bois, à hauteur de 40%, pour avoir fourni des lames de terrasse non pourvu de l'avis technique du centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et ne respectant pas la dilatation maximale prévue par la fiche produit, à la société Briand construction bois à raison de 15% pour avoir accepté la pose de ces lames et ne pas avoir réalisé de ventilation sous certaines zones du plancher, au groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 35%, pour ne pas avoir, dans le cadre de ses missions DET et VISA, vérifié que les lames étaient pourvues d'un avis technique du CSTB, et à la société Appia à raison de 10%, pour avoir fourni et posé les poteaux de clôture contre les lames sans s'être informée de leurs contraintes. Ainsi, il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Piveteau bois, Briand construction bois, Eiffage Route Sud Ouest venant aux droits de la société Appia, ainsi que les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot à indemniser la société SMA à hauteur de 105 000 euros HT.

65. En sixième lieu, le désordre affectant les plafonds suspendus intérieurs est imputable au groupement de maîtrise d'œuvre à raison de 40% en l'absence de vérification, dans le cadre de ses missions DET, VISA et AOR, de la conformité des travaux réalisés aux pièces techniques particulières du marché, le défaut de calfeutrements au droit des ondes des bacs acier étant à l'origine des infiltrations ayant fragilisé les plafonds intérieurs et dégradé les pièces support métalliques, à la société Sarec à hauteur de 40%, dès lors qu'elle n'a pas mis en œuvre les calfeutrements précités pourtant prévus au marché, et à la société ETSB à raison de 20%, à défaut d'avoir mis en œuvre des pièces de suspension des faux plafonds en inox. En conséquence, il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, la société Sarec et la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, à verser à la société SMA la somme de 50 000 euros HT.

66. En septième lieu, le désordre affectant le plancher chauffant est imputable au groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 70%, compte tenu d'un défaut de conception, pour avoir prévu des nourrices de chauffage, non en inox, dans une atmosphère corrosive, et à la société Hervé Thermique à raison de 30%, à défaut d'avoir alerté les maîtrises d'ouvrage et d'œuvre des risques encourus à mettre en œuvre ces nourrices dans un volume d'air ambiant agressif. Dès lors, les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et la société Hervé Thermique doivent être solidairement condamnées à verser à la société SMA la somme de 14 097 euros HT.

67. En huitième lieu, les dégradations du carrelage et de l'étanchéité des plages sont imputables, tout d'abord, au groupement de maîtrise d'œuvre à hauteur de 40% au titre de manquements à sa mission EXE concernant la structure béton en l'absence de surbots sous les menuiseries, à sa mission de conception pour avoir prévu des solutions d'étanchéité dépourvues d'avis technique ou ne répondant d'aucune norme, ainsi qu'à sa mission DET en l'absence de vérification de l'exécution des ouvrages aux normes en vigueur et aux pièces techniques. Ensuite, la société Bureau Veritas SA a concouru à 10% du dommage pour s'être abstenue de contrôler la conformité de la modification de la goulotte finlandaise aux dispositions contractuelles, la société ERC Harranger à 20% pour avoir procédé à cette modification, la société Groupe Vinet à 10% et la société Erreba à 15%, pour avoir réalisé l'étanchéité sans alerter les maîtrises d'ouvrage et d'œuvre sur l'absence de surbots et les défauts d'étanchéité affectant les jardinières et l'arrivée du toboggan, et la société Player's Equipements à 5%, qui a posé le toboggan sans s'assurer de la mise en œuvre d'une étanchéité. En outre, compte tenu de ces mêmes manquements à leurs obligations contractuelles, les infiltrations de la pataugeoire sont imputables à la société Groupe Vinet à raison de 25%, au groupement de maîtrise d'œuvre pour 40%, à la société Bureau Veritas SA à raison de 10% et à la société Erreba pour 25%. Enfin, les désordres affectant le gros œuvre sont imputables, à raison des manquements précités, au groupement de maîtrise d'œuvre à raison de 35%, à la société Bureau Veritas SA pour 10%, à la société ERC Harranger à raison de 20%, à la société Groupe Vinet pour 15%, à la société Erreba à hauteur de 15% et à la société Player's Equipements pour 5%. Dans ces conditions, il y a lieu de condamner solidairement les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger, Groupe Vinet, ainsi que la société Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA et la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements, à verser à la société SMA la somme de 1 277 500 euros HT au titre de cette série de désordres.

68. En neuvième et dernier lieu, les désordres affectant les vestiaires sont imputables à la société Suffixe à hauteur de 80%, pour avoir installé les cabines en îlot central et non contre une cloison, et au groupement de maîtrise d'œuvre à raison de 20%, pour avoir commis un défaut de conception en prévoyant l'installation des cabines en îlot central, et en l'absence de contrôle, dans le cadre de sa mission DET, de la stabilité de l'ouvrage. Dès lors, les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et Suffixe doivent être solidairement condamnées à indemniser la société SMA pour un montant de 4 167 euros HT.

Sur les appels en garantie :

69. D'une part, le recours entre constructeurs, non contractuellement liés, ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel. Les coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage ne sont tenus entre eux que chacun pour sa part, déterminée à proportion du degré de gravité des fautes qu'ils ont personnellement commises, caractérisées par un manquement dans les règles de leur art. Ils ne peuvent, en outre, être solidairement condamnés à garantir l'un d'eux que si leur faute personnelle a concouru à la survenance d'un dommage commun.

70. D'autre part, en ce qui concerne les appels en garantie des membres du groupement de maîtrise d'œuvre entre eux, le contrat conclu avec le maître de l'ouvrage ne définissant pas les tâches assignées à chacun de ses membres, il y a lieu de fixer à parts égales entre ces membres la charge de leurs condamnations, pour chaque désordre au titre duquel leur responsabilité est engagée. Par suite, les conclusions des sociétés Alta, Arcature et Ethis tendant à ce que la société Acoustique Yves Hernot soit condamnée à les garantir des condamnations prononcées à leur encontre, ainsi que les conclusions de la société Acoustique Yves Hernot tendant à ce que les sociétés Alta et Ethis soient condamnées à la garantir des condamnations prononcées à son encontre, doivent être rejetées.

71. Enfin, il résulte de l'article 3 de la loi du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d'œuvre privée, repris aux articles L. 2422-6, L. 2422-8 et L. 2422-10 du code de la commande publique, qu'il appartient aux constructeurs, s'ils entendent obtenir la réparation de préjudices consécutifs à des fautes du mandataire du maître d'ouvrage dans l'exercice des attributions qui lui ont été confiées, de rechercher la responsabilité du maître d'ouvrage, seule engagée à leur égard, et non celle de son mandataire, y compris dans le cas où ce dernier a signé les marchés conclus avec les constructeurs, dès lors qu'il intervient au nom et pour le compte du maître d'ouvrage, et n'est pas lui-même partie à ces marchés. Le cas échéant, le maître d'ouvrage dont la responsabilité est susceptible d'être engagée à ce titre peut appeler en garantie son mandataire sur le fondement du contrat de mandat qu'il a conclu avec lui. La responsabilité du mandataire du maître d'ouvrage à l'égard des constructeurs, qui ne peut jamais être mise en cause sur le terrain contractuel, ne peut l'être, sur le terrain quasi-délictuel, que dans l'hypothèse où les fautes alléguées auraient été commises en-dehors du champ du contrat de mandat liant le maître d'ouvrage et son mandataire. En revanche, ni les constructeurs ni l'assureur du maître d'ouvrage ne sauraient rechercher la responsabilité du mandataire du maître d'ouvrage en raison de fautes résultant de la mauvaise exécution ou de l'inexécution de ce contrat.

72. Il résulte de l'instruction que les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et Bureau Veritas construction sollicitent la garantie de la SEMDAS, en sa qualité de maître d'ouvrage délégué, pour les condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre affectant les plafonds suspendus extérieurs, dont le SEMDAS est responsable à hauteur de 10 %, pour avoir négligé le dépôt d'un permis de construire modificatif à la suite du remplacement de la structure en bois des plafonds par du métal. Toutefois, et alors que ces sociétés ne démontrent ni n'allèguent même que cette faute aurait été commise en dehors du champ du contrat de mandat conclu entre la SEMDAS et la communauté de communes de l'Île de Ré, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que seule la responsabilité de cette dernière peut être engagée pour obtenir la réparation des éventuelles fautes commises par la SEMDAS dans l'exécution de la convention de mandat dont il s'agit. Par suite, les conclusions d'appel en garantie formées à l'encontre de la SEMDAS doivent être rejetées.

En ce qui concerne les désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs :

73. Il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'il y a lieu de condamner la société Bureau Veritas construction à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 10% des sommes mises à leur charge, la société Alta à garantir la société Bureau Veritas construction à hauteur de 7,5% de la somme mise à sa charge, la SCP Delphine A, en qualité de liquidateur judiciaire de la société ETSB, à garantir la société Bureau Veritas construction, et les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 20% des sommes mises à leur charge, et, enfin, la SELARL Hirou, en qualité de liquidateur de la société Cormenier, à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 30% des sommes mises à leur charge.

74. En l'absence de condamnation, au titre de ce désordre, du bureau d'études Laumond Faure et des sociétés Sarec, Eiffage Route Sud Ouest, ERC Harranger, Groupe Vinet, Erreba, Metalneo, Player's Equipements, SMA, Hervé Thermique, Ser Ridoret, Barreau PES, Sifap, Suffixe, Briand construction bois et Piveteau bois, les appels en garantie formés à leur encontre doivent être rejetés.

En ce qui concerne les désordres affectant l'étanchéité des bacs acier et les couvertines d'acrotères :

75. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à garantir la société Sarec à hauteur de 20% de la somme mise à sa charge, et la société Sarec à garantir la société Acoustique Yves Hernot à hauteur de 80% de la somme mise à sa charge.

76. En l'absence de condamnation, au titre de ce désordre, de la société Bureau Veritas construction, l'appel en garantie qu'elle a formulé à l'égard des sociétés Alta et Sarec et l'appel en garantie formé par la société Sarec à son encontre doivent être rejetés.

En ce qui concerne le défaut d'isolation entre la structure porteuse et la sous-face de la couverture en bac acier :

77. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que doivent être condamnées la société Sarec à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et Bureau Veritas construction à hauteur de 50% des sommes mises à leur charge, les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot à garantir la société Sarec à raison de 40% des sommes mises à sa charge, la société Bureau Veritas construction à garantir la société Sarec à raison de 10% de la somme mise à sa charge, la société Alta à garantir la société Bureau Veritas construction à hauteur de 10% de la somme mise à sa charge.

En ce qui concerne les menuiseries aluminium, murs rideaux et fermetures :

78. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Barreau PES, venant aux droits de la société Sitral, à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et Bureau Veritas construction à hauteur de 70% des sommes mises à leur charge, et la société Bureau Veritas construction à garantir les sociétés Alta, Arcature et Ethis à hauteur de 10% des sommes mises à leur charge.

En ce qui concerne les terrasses du bassin extérieur :

79. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que doivent être condamnées les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à garantir les sociétés Briand construction bois, Eiffage Route Sud Ouest, venant aux droits de la société Appia, et Piveteau bois à hauteur de 35% des sommes mises à leur charge, la société Briand construction bois à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et Eiffage Route Sud Ouest à hauteur de 15% des sommes mises à leur charge, la société Eiffage Route Sud Ouest à garantir la société Piveteau bois à hauteur de 10% de la somme mise à sa charge, la société Piveteau bois à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et Eiffage Route Sud Ouest à hauteur de 40% des sommes mises à leur charge, et, enfin, la société Eiffage Route Sud Ouest à garantir la société Piveteau bois à hauteur de 10% de la somme mise à sa charge.

80. En l'absence de condamnation, au titre de ce désordre, de la société Bureau Veritas construction, l'appel en garantie qu'elle a formulé à l'encontre des sociétés Alta, Briand construction bois, Piveteau bois et Eiffage Route Sud Ouest, ainsi que les appels en garantie formés à son encontre par les sociétés Briand construction bois, Piveteau bois et Eiffage Route Sud Ouest doivent être rejetés.

En ce qui concerne les plafonds suspendus intérieurs :

81. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à garantir la société Sarec à hauteur de 40% de la somme mise à sa charge, la société Sarec à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 40% des sommes mises à leur charge, et la SCP Delphine A, liquidateur de la société ETSB, à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Sarec à raison de 20% des sommes mises à leur charge.

82. En l'absence de condamnation, au titre de ce désordre, de la société Bureau Veritas construction, l'appel en garantie qu'elle a formulé à l'encontre des sociétés Alta, Sarec, et Delphine A, liquidateur de la société ETSB doit être rejeté.

En ce qui concerne le plancher chauffant :

83. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que la société Hervé Thermique doit être condamnée à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 30% des sommes mises à leur charge, et que les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot doivent être condamnées à garantir la société Hervé Thermique à hauteur de 70% de la somme mise à sa charge.

84. En l'absence de condamnation, au titre de ce désordre, de la société Bureau Veritas construction, l'appel en garantie qu'elle a formé à l'encontre des sociétés Alta et Hervé Thermique, ainsi que l'appel en garantie formulé contre elle par la société Hervé Thermique, doivent être rejetés.

En ce qui concerne le carrelage et l'étanchéité des plages :

85. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner les sociétés Alta, Arcature, Ethis, et Acoustique Yves Hernot à garantir la société ERC Harranger de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 40% de la somme mise à sa charge, la société Alta à garantir la sociétés Bureau Veritas construction à hauteur de 10% des sommes mises à sa charge, la société Bureau Veritas construction à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et ERC Harranger à raison de 10% des sommes mises à leur charge, la société ERC Harranger à garantir les sociétés Bureau Veritas construction et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 20% des sommes mises à leur charge, la société Groupe Vinet à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger et Bureau Veritas construction à raison de 10% des sommes mises à leur charge, et, enfin, la société Theetten Jérôme, liquidateur de la société Player's Equipements, à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger et Bureau Veritas construction à hauteur de 5% des sommes mises à leur charge.

86. Les appels en garantie formulés par les sociétés ERC Harranger, Alta, Arcature, Ethis et Bureau Veritas construction à l'encontre de la société Erreba doivent, en raison de leur prescription, être rejetés.

En ce qui concerne la pataugeoire :

87. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Alta à garantir la société Bureau Veritas construction à hauteur de 10% de la somme mise à sa charge, la société Groupe Vinet à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Bureau Veritas construction à hauteur de 25% des sommes mises à leur charge, et la société Bureau Veritas construction à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis à hauteur de 10% des sommes mises à leur charge.

88. Les appels en garantie formulés par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Bureau Veritas construction à l'encontre de la société Erreba doivent, en raison de leur prescription, être rejetés. En outre, en l'absence de condamnation de la société Player's Equipements au titre de ce désordre, l'appel en garantie formé à son encontre par les sociétés Alta, Arcature, Ethis ne peut qu'être rejeté.

En ce qui concerne le gros-œuvre, l'ouvrage en béton armé et le sous-sol :

89. Il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'il y a lieu de condamner les sociétés Alta, Arcature, Ethis, et Acoustique Yves Hernot à garantir la société ERC Harranger de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 35% de la somme mise à sa charge, la société Alta à garantir la société Bureau Veritas construction à hauteur de 35% des sommes mises à sa charge, la société Bureau Veritas construction à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot et ERC Harranger à raison de 10% des sommes mises à leur charge, la société ERC Harranger à garantir les sociétés Bureau Veritas construction, Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 20% des sommes mises à leur charge, la société Groupe Vinet à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger et Bureau Veritas construction à raison de 15% des sommes mises à leur charge, et, enfin, la société Theetten Jérôme, liquidateur de la société Player's Equipements, à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger et Bureau Veritas construction à hauteur de 5% des sommes mises à leur charge.

90. Les appels en garantie formulés par les sociétés ERC Harranger, Alta, Arcature, Ethis, et Bureau Veritas construction à l'encontre de la société Erreba doivent, en raison de leur prescription, être rejetés.

En ce qui concerne l'aménagement des vestiaires :

91. Il résulte de ce qui précède que la société Suffixe doit être condamnée à garantir les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot à hauteur de 80% des sommes mises à leur charge, et que les sociétés Alta et Arcature doivent être condamnées à garantir la société Suffixe à hauteur de 20% de la somme mise à sa charge.

92. En l'absence de condamnation de la société Bureau Veritas construction au titre de ce préjudice, l'appel en garantie formé à son encontre par la société Suffixe doit être rejeté.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

93. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " les dépens comprennent les frais d'expertise () ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

94. Il y a lieu de mettre à la charge solidaire et définitive des sociétés SMA, Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, Bureau Veritas construction, à Sarec, SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, Hervé Thermique, ERC Harranger, Theetten liquidateur de la société Player's Equipement, Groupe Vinet, Suffixe, Barreau PES, Eiffage Route Sud Ouest, Hirou liquidateur de la société Cormenier, Briand construction bois et Piveteau Bois les frais et honoraires de l'expert, liquidés et taxés à la somme de 58 431,64 euros TTC euros par une ordonnance du 29 août 2018.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

95. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la communauté de communes de l'Île de Ré, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, verse à la société SMA et aux autres parties les sommes qu'elles réclament au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de condamner la société SMA à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré la somme de 10 000 euros au même titre.

96. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge des sociétés Alta, Arcature, Bureau Veritas construction, à Sarec, SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, Hervé Thermique, ERC Harranger, Theetten liquidateur de la société Player's Equipement, Groupe Vinet, Suffixe, Barreau PES, Eiffage Route Sud Ouest, Hirou liquidateur de la société Cormenier et Briand construction bois une somme de 700 euros chacune à verser à la société SMA en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

97. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par les autres parties à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de ses conclusions incidentes par la société Barreau PES, nom commercial Sifap, venant aux droits de la société Sitral.

Article 2 : Les conclusions de la société Briand construction bois en appel en garantie de la société Piveteau bois sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 3 : Les interventions des sociétés MMA IARD et MAAF ne sont pas admises.

Article 4 : La société SMA est condamnée à verser à la communauté de communes de l'Île de Ré la somme totale de 3 021 906,31 euros HT au titre des désordres affectant le centre aquatique Aquare, dont l'indemnité de 270 056,70 euros, couvrant les dommages immatériels, sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 janvier 2019 et de leur capitalisation le 3 janvier 2020 et à chaque date anniversaire.

Article 5 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, la SELARL Hirou, en qualité de liquidateur de la société Cormenier, la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB et la société Bureau Veritas sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 116 100 euros HT au titre des désordres affectant les plafonds suspendus extérieurs.

Article 6 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et Sarec sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 6 667 euros HT au titre des désordres concernant l'étanchéité des bacs acier et les couvertines d'acrotères.

Article 7 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot, Sarec et Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 4 167 euros HT au titre du défaut d'isolation entre la structure porteuse et la sous-face de la couverture en bac acier.

Article 8 : La société Barreau PES, nom commercial Sifap, venant aux droits de la société Sitral, les sociétés Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot, ainsi que la société Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA, sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 805 833 euros HT au titre des désordres affectant les menuiseries aluminium, les murs rideaux et les fermetures.

Article 9 : Les sociétés Piveteau bois, Briand construction bois, Eiffage Route Sud Ouest venant aux droits de la société Appia, Alta, Ethis, Arcature et Acoustique Yves Hernot sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 105 000 euros HT au titre des désordres concernant les terrasses du bassin extérieur.

Article 10 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot, Sarec et la SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 50 000 euros HT au titre des désordres relatifs aux plafonds suspendus intérieurs.

Article 11 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et Hervé Thermique sont solidairement condamnées à verser à la société SMA la somme de 14 097 euros HT au titre des désordres affectant le plancher chauffant.

Article 12 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot, ERC Harranger, Groupe Vinet, Bureau Veritas construction, venant aux droits de la société Bureau Veritas SA et la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements, sont condamnées solidairement à verser à la société SMA la somme de 1 277 500 euros HT au titre des désordres affectant les carrelages, l'étanchéité des plages, la pataugeoire et le gros-œuvre, ouvrage en béton armé, sous-sol.

Article 13 : Les sociétés Alta, Ethis, Arcature, Acoustique Yves Hernot et Suffixe sont solidairement condamnées à verser à la société SMA la somme de 4 167 euros HT au titre des désordres affectant les vestiaires.

Article 14 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 10% de la somme mentionnée à l'article 5 par la société Bureau Veritas construction, de 30% par la SELARL Hirou, en qualité de liquidateur de la société Cormenier et de 20% par la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 7,5% de cette somme par la société Alta, de 30% par la SELARL Hirou, en qualité de liquidateur de la société Cormenier et de 20% par la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB.

Article 15 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 80% de la somme mentionnée à l'article 6 par la société Sarec. La société Sarec sera garantie à hauteur de 20% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot.

Article 16 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 50% de la somme mentionnée à l'article 7 par la société Sarec. La société Sarec sera garantie à hauteur de 40% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot, et de 10% par la société Bureau Veritas construction. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 50% de cette somme par la société Sarec et de 10% par la société Alta.

Article 17 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 70% de la somme mentionnée à l'article 8 par la société Barreau PES. Les sociétés Alta, Arcature et Ethis seront garanties à hauteur de 10% de cette somme par la société Bureau Veritas construction. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 70% de cette somme par la société Barreau PES et de 5% par la société Alta.

Article 18 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 40% de la somme mentionnée à l'article 9 par la société Piveteau bois, et à hauteur de 15% de cette somme par la société Briand construction bois. La société Briand construction bois sera garantie à hauteur de 35% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot. La société Eiffage Route Sud Ouest sera garantie à hauteur de 40% de cette somme par la société Piveteau bois, de 35% par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot et de 15% par la société Briand construction bois. La société Piveteau bois sera garantie à hauteur de 10% par la société Eiffage Route Sud Ouest et de 35% par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot.

Article 19 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 40% de la somme mentionnée à l'article 10 par la société Sarec, et de 20% par la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB. La société Sarec sera garantie à hauteur de 40% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot, et de 20% par la société Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 50% de cette somme par la société Sarec et de 10% par la société Alta.

Article 20 : Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 30% de la somme mentionnée à l'article 11 par la société Hervé Thermique. La société Hervé Thermique sera garantie à hauteur de 70% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot.

Article 21 : Les sociétés Alta, Arcature et Ethis seront garanties à hauteur de 10% de la somme de 445 927,37 euros au titre des désordres affectant les carrelages et l'étanchéité des plages, comprise dans la condamnation prononcée à l'article 12, par la société Groupe Vinet, de 10% de cette somme par la société Bureau Veritas construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 20% de cette somme par la société ERC Harranger, de 10% par la société Groupe Vinet, de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements et de 10% par la société Alta. La société ERC Harranger sera garantie à hauteur de 40% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot, de 10% par la société Groupe Vinet, de 10% par la société Bureau Veritas construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements. La société Acoustique Yves Hernot sera garantie à hauteur de 20% de cette somme par la société ERC Harranger, de 10% par la société Groupe Vinet, de 10% par la société Bureau Veritas construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements.

Article 22 : les sociétés Alta, Arcature et Ethis seront garanties à hauteur de 25% de la somme de 29 874,02 euros au titre des désordres affectant la pataugeoire, comprise dans la condamnation prononcée à l'article 12, par la société Groupe Vinet, et de 10% de cette somme par la société Bureau Veritas construction. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 25% par la société Groupe Vinet et de 10% par la société Alta.

Article 23 : Les sociétés Alta, Arcature et Ethis seront garanties à hauteur de 15% de la somme de 801 458,63 euros au titre des désordres affectant le gros œuvre, ouvrage béton armé, sous-sol, comprise dans la condamnation prononcée à l'article 12, par la société Groupe Vinet, de 10% de cette somme par la société Bureau Veritas construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements. La société Bureau Veritas construction sera garantie à hauteur de 20% de cette somme par la société ERC Harranger, de 15% par la société Groupe Vinet, de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements et de 8,75% par la société Alta. La société ERC Harranger sera garantie à hauteur de 35% de cette somme par les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot, de 15% par la société Groupe Vinet, de 10% par la société Bureau Veritas construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements. La société Acoustique Yves Hernot sera garantie à hauteur de 20% de cette somme par la société ERC Harranger, de 15% par la société Groupe Vinet, de 10% par la société Bureau Veritas Construction et de 5% par la SELARL Theetten Jérome, en qualité de liquidateur de la société Player's Equipements.

Article 24 : La société Suffixe sera garantie à hauteur de 10% de la somme mentionnée à l'article 13 par les sociétés Alta et Arcature. Les sociétés Alta, Arcature, Ethis et Acoustique Yves Hernot seront garanties à hauteur de 80% de cette somme par la société Suffixe.

Article 25 : Les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 58 431,64 euros TTC euros par une ordonnance du 29 août 2018 sont mis à la charge solidaire et définitive des sociétés SMA, Alta, Arcature, Ethis, Acoustique Yves Hernot, Bureau Veritas construction, Sarec, SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, Hervé Thermique, ERC Harranger, Theetten liquidateur de la société Player's Equipement, Groupe Vinet, Suffixe, Barreau PES, Eiffage Route Sud Ouest, Hirou liquidateur de la société Cormenier, Briand construction bois et Piveteau Bois.

Article 26 : La société SMA versera à la communauté de communes de l'Île de Ré une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 27 : Les sociétés Alta, Arcature, Bureau Veritas construction, à Sarec, SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, Hervé Thermique, ERC Harranger, Theetten liquidateur de la société Player's Equipement, Groupe Vinet, Suffixe, Barreau PES, Eiffage Route Sud Ouest, Hirou liquidateur de la société Cormenier et Briand construction bois verseront chacune une somme de 700 euros à la société SMA au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 28 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 29 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes de l'Île de Ré, à la société SMA, à la société Alta, à la société Arcature, à la société Acoustique Yves Hernot, à la société Bureau Veritas construction, à la société Sarec, à la SCP Delphine A, en qualité de liquidateur de la société ETSB, à la société Hervé Thermique, à la société ERC Harranger, à Me Theetten liquidateur de la société Player's Equipement, à la société SER Groupe Ridoret, au groupe Vinet, à la société Métalneo, à la société Suffixe, à la société Barreau PES, à la société Eiffage Route sud ouest, à la société Hirou liquidateur de la société Cormenier, à la société Ethis, à la société Piveteau Bois, à la société Briand construction bois, à la société Erreba, à la MAAF Assurances et à MMA IARD.

Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

Le président,

Signé

P. CRISTILLELa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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