mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2000990 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BURSTOW |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement du 8 juillet 2021, le tribunal a, sur la requête de M. B A enregistrée sous le n° 2000990 et tendant à la condamnation de la commune de Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime), solidairement avec son assureur la compagnie SMACL Assurances, à l'indemniser des préjudices subis à la suite de sa chute survenue le 25 octobre 2017, déclaré la commune responsable à hauteur de 80 % des dommages subis par le requérant et ordonné avant dire droit une expertise en vue d'évaluer les préjudices de celui-ci.
L'expert désigné a remis son rapport le 24 novembre 2021.
Par deux mémoires enregistrés les 18 décembre 2023 et 18 janvier 2024, M. A, représenté par Me Burstow, demande au tribunal de condamner solidairement la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances à lui verser, sous déduction de la provision déjà perçue, une indemnité de 27 728,80 euros, avec intérêts à compter du 21 janvier 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 21 janvier 2021, de mettre les frais d'expertise s'élevant à 1 176,01 euros à la charge définitive de la commune et de la SMACL Assurances et de mettre à la charge des défenderesses une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 19 janvier 2024, la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances, représentées par la SCP KPL avocats, demandent au tribunal de réduire les prétentions du requérant à de plus justes proportions.
La caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine et la mutuelle MGEN, qui ont reçu communication de la procédure, n'ont produit aucun mémoire.
Vu
- l'ordonnance du 28 janvier 2022 par laquelle le magistrat chargé des expertises a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 1 176,01 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- les conclusions de M. Revel, rapporteur public,
- et les observations de Me Pielberg, représentant la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 octobre 2017, M. B A a été victime d'un accident sur le territoire de la commune de Saint-Georges-de-Didonne en s'asseyant, côté plage, sur un muret en béton séparant la plage de la promenade publique du boulevard de la Côte de Beauté. La dalle constituant la margelle du muret s'étant descellée, M. A a fait une chute d'une hauteur de 1,50 m et a reçu la dalle sur les chevilles. Il a été transporté par les sapeurs-pompiers au service des urgences du centre hospitalier de Royan, où ont été diagnostiquées, à droite, une fracture bi-malléolaire de la cheville avec emphysème sous-cutané et, à gauche, une fracture de la malléole tibiale et du péroné. Des réductions-ostéosynthèses ont été réalisées le 27 octobre à la polyclinique Saint-Georges de Saint-Georges-de-Didonne. Après une période d'immobilisation, M. A a été hospitalisé dans un service de rééducation entre le 26 décembre 2017 et le 12 janvier 2018, puis le matériel d'ostéosynthèse a été retiré le 5 novembre 2018.
2. Par un jugement du 8 juillet 2021, le tribunal a déclaré la commune responsable à hauteur de 80 % des dommages subis par M. A et ordonné avant dire droit une expertise en vue d'évaluer les préjudices de celui-ci. L'expert a remis son rapport le 24 novembre 2021. Par un arrêt n° 21BX03621 du 6 avril 2023, la cour administrative d'appel de Bordeaux a condamné solidairement la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL à verser une provision de 9 000 euros à M. A, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 janvier 2020 et de leur capitalisation à compter du 27 janvier 2021, et rejeté le surplus des conclusions présentées par les parties contre le jugement du tribunal du 8 juillet 2021.
3. Dans le dernier état de ses écritures, M. A demande au tribunal de condamner solidairement la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL à lui verser, sous déduction de la provision déjà perçue, une indemnité de 27 728,80 euros en réparation des préjudices qu'il a subis, avec intérêts à compter du 21 janvier 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 21 janvier 2021.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
4. En premier lieu, l'expert désigné par le tribunal a retenu un besoin d'assistance par tierce personne à hauteur de 1 h 30 par jour pour la période de 61 jours pendant laquelle M. A était en fauteuil roulant, avec la possibilité de réaliser lui-même ses transferts, et un besoin d'assistance de 2 h par semaine, correspondant aux déplacements extérieurs, pour la période du 13 janvier 2018 au 26 mars 2018, soit 11 semaines, pendant laquelle il ne pouvait conduire. Si le requérant conteste l'évaluation ainsi faite par l'expert, il n'apporte aucun élément circonstancié de nature à établir qu'il aurait eu besoin, comme il l'affirme, d'une assistance de 3 h par jour pendant la première période décrite ci-dessus et de 5 h par semaine pendant la seconde. Il y a donc lieu de retenir l'évaluation du besoin d'assistance par tierce personne réalisée par l'expert. Sur la base d'un taux horaire de 14 euros et d'une année de 59 semaines, soit 413 jours, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés, le préjudice s'élève à 1 799 euros. Compte tenu de la part de responsabilité de la commune, M. A est fondé à demander, à ce titre, une indemnité de 1 439,20 euros.
5. En second lieu, si M. A soutient que son état de santé a nécessité de nombreux déplacements entre sa résidence principale à Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine) et sa résidence secondaire à Meschers-sur-Gironde (Charente-Maritime), il n'apporte aucun élément circonstancié de nature à établir que sa prise en charge médicale aurait effectivement nécessité de tels déplacements, outre ceux qu'il effectuait déjà habituellement entre ses deux résidences.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
6. D'une part, concernant les préjudices temporaires, l'expert désigné par le tribunal a retenu, en lien avec l'accident du 25 octobre 2017, un déficit fonctionnel temporaire total de 23 jours, de classe IV (75 %) durant 61 jours, de classe II (25 %) durant 47 jours et de classe I (10 %) durant 282 jours, des souffrances endurées de 3,5 sur 7 et un préjudice esthétique temporaire de 4 sur 7 durant 61 jours. Il sera fait une juste appréciation de l'ensemble des préjudices ainsi subis par M. A en les évaluant à 8 000 euros. Compte tenu de la part de responsabilité de la commune, M. A est fondé à demander une indemnité de 6 400 euros.
7. D'autre part, concernant les préjudices permanents, l'expert désigné par le tribunal a retenu un déficit fonctionnel permanent partiel à hauteur de 2 %, que le requérant ne remet pas sérieusement en cause, ainsi qu'un préjudice esthétique permanent évalué à 1 sur 7. Il résulte en outre de l'instruction que M. A, qui était sportif, souffre d'un préjudice d'agrément tenant au fait que, par appréhension du risque de rechute, qui n'est pas purement hypothétique, en particulier s'agissant de sa cheville gauche, qui est la plus atteinte, il a diminué l'intensité de sa pratique sportive, notamment la randonnée. Il sera fait une juste appréciation de l'ensemble des préjudices ainsi subis par M. A en les évaluant à 7 000 euros. Compte tenu de la part de responsabilité de la commune, M. A est fondé à demander une indemnité de 5 600 euros.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A est fondé à demander une indemnité de 13 439,20 euros. Il y a donc lieu de condamner solidairement la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances à lui verser cette somme, sous déduction de la provision de 9 000 euros qui lui a été accordée par l'arrêt du 6 avril 2023 de la cour administrative d'appel de Bordeaux.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
9. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. Ainsi, M. A a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 13 439,20 euros à compter du 27 janvier 2020, date de réception de sa demande préalable par la commune de Saint-Georges-de-Didonne.
10. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée dans la requête, enregistrée le 14 avril 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 27 janvier 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
11. En application de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 176,01 euros par ordonnance du magistrat chargé des expertises du 28 janvier 2022, à la charge solidaire de la commune de Saint-Georges-de-Didonne et de la SMACL Assurances.
12. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les défenderesses demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Saint-Georges-de-Didonne une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances sont solidairement condamnées à verser une indemnité de 13 439,20 euros à M. A, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 janvier 2020 et de leur capitalisation à compter du 27 janvier 2021, sous déduction des sommes provisionnelles déjà versées.
Article 2 : Les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 176,01 euros, sont définitivement mis à la charge solidaire de la commune de Saint-Georges-de-Didonne et de la SMACL Assurances.
Article 3 : La commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances verseront solidairement à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées par la commune de Saint-Georges-de-Didonne et la SMACL Assurances au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Saint-Georges-de-Didonne, à la société SMACL Assurances, à la caisse primaire d'assurance maladie des Hauts-de-Seine et à la mutuelle MGEN.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. HENRY
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026