mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2001520 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2020 et un mémoire complémentaire enregistré le 19 juillet 2020, M. B A, représenté par Me Laplagne, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice d'anxiété et la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il dit subir du fait d'avoir été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante lorsqu'il a travaillé comme soudeur, employé d'entreprises sous-traitantes, dans divers arsenaux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a exercé la profession de soudeur pour diverses sociétés de droit privé et réalisé, dans le cadre de sa profession, des chantiers pour le compte des arsenaux sur lesquels il a été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante ;
- l'Etat doit réparer le préjudice d'anxiété dont il souffre, alors même qu'il n'est pas un ouvrier d'Etat ; la différence entre les salariés de l'Etat et ceux des sous-traitants n'est pas justifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaitre de la demande d'indemnisation de M. A, l'Etat n'étant pas son employeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 ;
- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en 1962, a travaillé comme soudeur dans plusieurs sociétés de construction navale de 1982 à 2003 et à la DCN, à Toulon, du 1er septembre 2003 au 28 février 2017. En novembre 2016, il lui a été notifié qu'il était éligible au bénéfice de l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante. En novembre 2019, M. A a demandé au ministre des armées de bénéficier de l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété en raison de son exposition à l'amiante. Sa demande a été rejetée par une décision expresse du 4 juin 2020 lui opposant qu'il ne satisfaisait pas aux conditions posées par la jurisprudence administrative pour bénéficier d'une indemnisation. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice d'anxiété et la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il dit subir du fait d'avoir été exposé à l'inhalation de poussières d'amiante lorsqu'il a travaillé comme soudeur, employé d'entreprises sous-traitantes, dans divers arsenaux.
2. En premier lieu, dès lors que la requête de M. A tend à la condamnation de l'Etat, et non d'une société privée, en raison de fautes que le ministre des armées aurait commises en tant qu'employeur dans les arsenaux, le tribunal administratif est compétent pour en connaitre.
3. En second lieu, M. A produit ses certificats de travail dans plusieurs entreprises privées, puis, pour la période de septembre 2003 à février 2017, dans l'établissement de Toulon de la DCN (renommée DCNS), qui était alors une société anonyme. Il est constant que M. A a toujours travaillé sous statut de droit privé et que l'Etat n'a jamais été son employeur. Pour demander sa condamnation, M. A se borne à faire valoir qu'il souhaite être indemnisé de la même façon que l'ont été les ouvriers d'Etat. Ce faisant, il n'apporte aucun élément de nature à justifier que c'est du fait d'une faute de l'Etat qu'il a été exposé durant sa carrière à l'inhalation de poussières d'amiante. Il n'apporte non plus aucun élément personnel relatif au préjudice d'anxiété qu'il dit subir. Dans ces conditions, en l'absence de démonstration d'une part d'une faute imputable au ministre des armées, d'autre part d'un lien direct entre cette faute et l'exposition de l'intéressé à l'amiante et enfin d'un quelconque élément circonstancié concernant les préjudices qu'il dit subir, la requête de M. A ne peut qu'être rejetée, y compris, l'Etat n'étant pas partie perdante, les conclusions tendant à ce qu'une somme soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Pellissier, présidente,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
L'assesseur le plus ancien,
Signé
Y. CROSNIER
La présidente rapporteure,
Signé
S. C La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026