jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2002635 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NOCENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 octobre 2020, M. B A, représenté par Me Nocent, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 24 février 2020 par lequel lui a été concédée une pension de retraite, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux et d'enjoindre à l'administration de prendre en compte les années de service effectués entre le 28 novembre 2017 et le 31 mars 2020 pour la liquidation de sa retraite ;
2°) à titre subsidiaire, d'une part, d'annuler la décision implicite par laquelle la direction générale des finances publiques a rejeté sa demande d'indemnisation et la condamner à lui verser une somme de 10 873,56 euros au titre des cotisations réglées sans contrepartie, d'autre part, d'annuler la décision implicite par laquelle l'administration pénitentiaire a rejeté sa demande d'indemnisation et la condamner à lui verser une somme de 12 000 euros en réparation des préjudices de toutes natures pour placement tardif à la retraite ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté du 24 février 2020 :
- il n'est pas motivé ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la responsabilité de l'administration :
- il a subi un préjudice constitué par l'enrichissement sans cause de la direction générale des finances publiques dès lors qu'il a réglé les cotisations retraite sur la période du 29 novembre 2017 au 31 mars 2020 ;
- il a subi plusieurs préjudices en raison de la faute de l'administration constitué par son placement tardif à la retraite.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués par le requérant n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 avril 2022 par une ordonnance du 17 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- l'ordonnance n° 58-696 du 6 août 1958 ;
- la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;
- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 ;
- le décret n° 2011-2103 du 30 décembre 2011;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gomez, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Ancien surveillant brigadier pénitentiaire, M. A a fait l'objet, par un arrêté du 4 février 2019, d'un report de l'âge de la retraite d'un an à compter du 29 novembre 2017. Par un arrêté du 4 février 2019, il a été maintenu en activité du 29 novembre 2018 au 28 mai 2021. Il a été admis à la retraite, par un arrêté du 18 décembre 2019, à compter du 1er avril 2020. Une pension de retraite lui a été concédée par un arrêté du 24 février 2020. Par deux courriers du 26 juin 2020, M. A a formé deux recours administratifs respectivement auprès de la direction générale des finances publiques et de la direction de l'administration pénitentiaire, lesquels ont donné lieu à deux décisions implicites de rejet le 1er septembre 2020.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 24 février 2020 et la décision portant rejet de son recours gracieux :
2. En premier lieu, les titres de pension ne se trouvent pas au nombre des décisions administratives devant être motivées en vertu d'un texte. Par suite, le moyen du défaut de motivation est inopérant.
3. En second lieu, aux termes de l'article 4 de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, dans sa version applicable au présent litige : " Les limites d'âge sont reculées d'une année par enfant à charge, sans que la prolongation d'activité puisse être supérieure à trois ans. Les enfants pris en compte pour l'application de la présente disposition sont ceux qui sont définis par les lois et règlements régissant l'attribution des prestations familiales, ainsi que ceux qui ouvrent droit au versement de l'allocation aux adultes handicapés. / Les limites d'âge seront également reculées d'une année pour tout fonctionnaire et employé civil qui, au moment où il atteignait sa cinquantième année, était parent d'au moins trois enfants vivants, à la condition qu'il soit en état de continuer à exercer son emploi. Toutefois, cet avantage ne peut se cumuler avec celui prévu à l'alinéa précédent que si l'un des enfants à charge est atteint d'une invalidité égale ou supérieure à 80 p. 100 ou ouvre droit au versement de l'allocation aux adultes handicapés. / () ". Aux termes du I de l'article 4 du décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, dans sa version applicable au présent litige : " La demande de prolongation d'activité est présentée par le fonctionnaire à l'employeur public au plus tard 6 mois avant la survenance de la limite d'âge. () ". Aux termes de l'article 2 du décret n° 2011-2103 du 30 décembre 2011 portant relèvement des bornes d'âge de la retraite des fonctionnaires, des militaires et des ouvriers de l'Etat, dans sa version applicable au présent litige, le nouvel âge d'ouverture des droits à une pension de retraite est fixé à 55 ans et 9 mois pour les fonctionnaires et ouvriers de l'Etat dont l'âge d'ouverture du droit à pension de retraite était antérieurement fixé à 55 ans et nés durant l'année 1957. Enfin, les droits de l'agent à bénéficier d'un recul de la limite d'âge ne peuvent être appréciés qu'à la date à laquelle il a atteint la limite d'âge de son grade.
4. Il résulte de l'instruction que cette limite d'âge a été atteinte par M. A le 29 novembre 2017. Par suite, sa demande de prolongation d'activité aurait dû être demandée, au plus tard, six mois avant cette date, Dans ces conditions, et alors que M. A ne conteste pas avoir déposé sa première demande de prolongation d'activité le 12 janvier 2019, il ne peut se prévaloir de ce que les décisions de prolongation et de maintien d'activité dont il a bénéficié ultérieurement à cette date ont fait naître à son profit des droits à pension.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 février 2020 et de la décision portant rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
S'agissant de la responsabilité sur le fondement de l'enrichissement sans cause :
6. Aux termes de l'article L. 63 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Toute perception d'un traitement ou solde d'activité soit au titre d'un emploi ou grade conduisant à pension du présent code, quelle que soit la position statutaire de l'agent qui en bénéficie, soit en qualité de fonctionnaire stagiaire est soumise au prélèvement de la retenue visée aux articles L. 61 et L. 62 même si les services ainsi rémunérés ne sont pas susceptibles d'être pris en compte pour la constitution du droit ou pour la liquidation de la pension. / () ". Aux termes de l'article L. 64 du même code : " Les retenues légalement perçues ne peuvent être répétées. () ".
7. Il résulte de l'instruction que M. A a perçu des traitements du 29 novembre 2017 jusqu'à son admission à la retraite. Toutefois, ces sommes étaient soumises légalement à cotisation, alors même que les services correspondants ne pouvaient être pris en compte pour la liquidation de sa pension. Par suite, sa demande tendant à ce que l'administration soit condamnée à lui verser la somme de 10 873,56 euros au titre des cotisations réglées sans contrepartie doit être rejetée.
S'agissant de la responsabilité sur le fondement du placement tardif à la retraite :
8. Aux termes de l'article 68 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984, dans sa version applicable au présent litige : " Les fonctionnaires ne peuvent être maintenus en fonctions au-delà de la limite d'âge de leur emploi sous réserve des exceptions prévues par les textes en vigueur. ". Aux termes du I de l'article 4 du décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, dans sa version applicable au présent litige : " La demande de prolongation d'activité est présentée par le fonctionnaire à l'employeur public au plus tard 6 mois avant la survenance de la limite d'âge. () ". Par ailleurs, lorsqu'une demande de prolongation d'activité est présentée par un fonctionnaire moins de six mois avant la date de survenance de sa limite d'âge, l'administration est tenue de refuser cette prolongation.
9. Il résulte de ses dispositions que l'administration pénitentiaire était tenue de refuser les demandes de prolongations présentées par M. A. Ainsi, en s'abstenant de le faire, elle a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
10. Comme cela a été mentionné au point 4 du présent jugement, M. A ne peut se prévaloir de ce que les décisions de prolongation et de maintien d'activité dont il a bénéficié ultérieurement à sa première demande de prolongation d'activité faite le 12 janvier 2019 ont fait naître à son profit des droits à pension. Par ailleurs, comme cela a été mentionné au point 7 du présent jugement, les sommes qu'il a perçues étaient soumises légalement à cotisation, alors même que les services correspondants ne pouvaient être pris en compte pour la liquidation de sa pension. En outre, il ne produit aucun élément de nature à établir que son état de santé se serait dégradé en raison de sa prolongation d'activité jusqu'au 31 mars 2020. Toutefois, il résulte de l'instruction que la faute de l'administration a causé un préjudice moral à M. A dès lors qu'il a continué à travailler jusqu'au 31 mars 2020 sans obtenir une majoration de ses droits à pension. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant l'Etat à lui verser une somme de 400 euros.
Sur les frais du litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 400 euros.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
A. LE MEHAUTE
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
G. DUMONT La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
N°2002635
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026