LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2003121

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2003121

jeudi 19 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2003121
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantAFFANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 décembre 2020, 1er octobre 2021, 11 octobre 2021 et 23 mai 2022, les héritiers de Mme C B, représentés par Me Robin, demande au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision en date du 21 août 2020 par laquelle le ministre des armées a rejeté la demande de pension militaire d'ayant-cause présentée par Mme B et enregistrée le 2 janvier 2014 ;

2°) d'enjoindre au ministre des armées de procéder au réexamen de la demande dans un délai de 15 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Robin de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- Mme B est décédée le 12 août 2016 et ses héritiers ont repris son action tendant à l'obtention d'une pension de réversion ;

- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée en droit ;

- elle est erronée en droit et en fait, dès lors que l'extrait d'acte de naissance produit par Mme B mentionne bien son mariage en 1953 et sa qualité d'épouse ; le mariage a été transcrit sur les registres de l'état civil par un jugement du 6 novembre 1973 du tribunal d'El-Abiodh ; en outre, la fiche familiale d'état civil précise que 7 enfants sont issus du mariage, entre 1955 et 1970.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 6 août 2021 et 5 juillet 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Dans le dernier état de ses écritures, il soutient que :

- la décision contestée a été signée par une autorité compétente et est suffisamment motivée ;

- Mme B a produit un jugement du 6 novembre 1973 du tribunal d'El-Abiodh ordonnant la transcription du mariage de 1953 sur les registres de l'état civil de la commune de Brezina ; pourtant, l'extrait d'acte de mariage produit au dossier, établi le 2 décembre 2020, ne précise pas que le mariage de 1953 a été transcrit dans les registres de la commune de Brezina et la preuve que le registre de 1953 n'existait pas ou a été détruit n'est pas rapportée au sens de l'article 46 du code civil français ;

- des registres des actes de mariage présentant des versions différentes ont été produits, (du 31 juillet 2013, 4 avril 1975, 7 mars 2010) ce qui les rend irrecevables au regard de l'article 47 du code civil français ;

- le mariage n'aurait été transcrit sur les registres de l'état civil que le 31 décembre 1973, soit plus de trois ans après le décès de M. A ;

- en tout état de cause, si la demande était accueillie, il y aurait lieu de faire application des dispositions de l'article L. 53 du code des pensions civiles et militaires de retraite limitant le versement des arrérages de la pension.

Les héritiers de Mme B, décédée en 2016, ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010, notamment son article 211 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E ;

- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public ;

- et les observations de Me Robin, représentant les héritiers de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A, titulaire d'une pension militaire de retraite proportionnelle est décédé le 1er mars 1970. Mme B, qui fait valoir qu'elle s'est mariée avec lui en 1953 et que sept enfants sont issus du mariage a, par une demande enregistrée le 2 janvier 2014, sollicité l'octroi d'une pension de réversion. Par une décision du 21 août 2020, la ministre des armées a rejeté cette demande au motif que le mariage n'avait été transcrit à l'état civil que par un jugement du 5 novembre 1973, postérieur au décès du militaire. Les héritiers de Mme B, décédée le 12 août 2016 avant qu'il soit statué sur sa demande, sollicitent l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article 211 de la loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, applicable aux demandes de pension de réversion : " I. - () les pensions civiles et militaires de retraite () servies aux ressortissants des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France sont calculées dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. () / V. - Les demandes de pensions présentées en application du présent article sont instruites dans les conditions prévues par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et par le code des pensions civiles et militaires de retraite. () / VIII. - Un décret fixe les modalités d'application du présent article, notamment () les modalités de présentation et d'instruction des demandes mentionnées aux III, IV et V./ () / XI. - Le présent article entre en vigueur au 1er janvier 2011 ". Aux termes de l'article L. 4 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur à la date du décès de M. D A : " Le droit à la pension est acquis : / 1° Aux fonctionnaires après quinze années accomplies de services civils et militaires effectifs ; / (). ". Aux termes de l'article L. 39 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur à la même date : "Le droit à pension de veuve est subordonné à la condition : / a) Si le mari a obtenu ou pouvait obtenir une pension accordée dans le cas prévu à l'article L. 4 (1°), que depuis la date du mariage jusqu'à celle de la cessation de l'activité du mari, celui-ci ait accompli deux années au moins de services valables pour la retraite, sauf si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage antérieur à ladite cessation ; / Nonobstant les conditions d'antériorité prévues ci-dessus, le droit à pension de veuve est reconnu : / 1° Si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage ; / 2° Ou si le mariage, antérieur ou postérieur à la cessation de l'activité, a duré au moins quatre années. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 47 du code civil français : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Cet article pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère. Il incombe à l'administration de renverser cette présomption en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question.

4. Il résulte de l'instruction que, pour rejeter la demande présentée par Mme B, la ministre des armées s'est fondée sur la circonstance que le jugement supplétif de mariage a été rendu postérieurement au décès de M. A et qu'il ne peut être pris en considération. Cette condition ne résulte toutefois ni des articles L. 39 et L. 47 du code des pensions civiles et militaires de retraite ni d'aucune autre disposition. En outre, pour justifier de l'existence de son mariage, les héritiers de Mme B avaient produit devant le ministère des armées un extrait des registres de l'état civil en date du 4 avril 1975 faisant mention de l'acte de transcription datant du 31 décembre 1973, mentionnant également l'existence de ce mariage en 1953 et indiquant l'existence d'un jugement supplétif de mariage intervenu le 6 novembre 1973. De plus, les requérants avaient également produit un autre extrait des registres des actes de mariage daté du 7 mars 2010 qui indiquait l'existence d'une transcription du mariage célébré en 1953 entre M. A et Mme B le 31 décembre 1973, ainsi que l'intervention d'un jugement supplétif de mariage le 6 novembre 1973. L'existence de ce mariage est corroborée par la copie d'acte de naissance de Mme B, sur lequel est inscrit son mariage avec M. A intervenu en 1953, par les actes de naissance de ses enfants, mentionnant M. A et elle-même comme leur père et mère ainsi que par les traductions des actes de succession au moment du décès de M. A puis de Mme B, mentionnant leur union et leurs enfants. Il n'est pas établi que ces actes seraient irréguliers, falsifiés ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondraient pas à la réalité. Dans ces conditions, ces documents sont de nature à établir l'existence du mariage de Mme B avec l'ancien militaire. Ce mariage ayant duré plus de quatre ans et sept enfants en étant issus, Mme B remplissait les conditions pour bénéficier d'une pension de réversion.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les héritiers de Mme B sont fondés à demander l'annulation de la décision du 21 août 2020 par laquelle la ministre des armées a refusé de faire droit à la demande de Mme B de réversion de la pension militaire de M. D A.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

6. Eu égard à ses motifs, l'annulation de la décision contestée implique nécessairement qu'il soit fait droit aux conclusions des requérants tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre des armées de statuer à nouveau sur la demande présentée par Mme B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

7. Les héritiers de Mme B ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, leur conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Robin d'une somme de 1 100 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 21 août 2020 par laquelle la ministre des armées a refusé de faire droit à la demande de réversion de la pension militaire de M. D A, présentée par Mme B, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au ministre des armées de procéder au réexamen de cette demande dans un délai de deux mois.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 100 euros à Me Robin, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié aux héritiers de Mme B, à Me Robin et au ministre des armées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.

Le magistrat désigné,La greffière,

Signé Signé

A. EG. FAVARD

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

G. FAVARD

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions